DONATIONS A ALAIN FERGANT, COMTE DE BRETAGNE
Guillaume lui donna probablement avant son mariage avec sa fille Constance vers 1076 ou 1077, tous les domaines saisis sur le rebelle Morkard, qu'il tenait en chef, en baronnie, savoir : 1° Herlfonliire, 3 maisons à Herford ; il tenait in capite les manoirs de Watone et de Mundene et
10 seign. dans les centenies d'Odesey, d'Edwin-Strew et de Hertford. — 2« Cambridgeshire, 5 burgenses à Cambridge ;
11 tenait en chef dans le même comté Fuleberne, Hintone, Tevresham, 67 seigneuries dans les centenies de Cildeford, "Wittelesford, Norestow, Chavelay, Stanie et Radefelle. — 3^' Norlliamplonshire, il T. E. c. la seigneurie de Warafeld. —
4^ Derbyshire, il t. e. c. la seigneurie d'Elnod. — 5" Nottinghamshire, il t. e. c. 5 seigneuries. — 6° Lincolnshire, il t. e. c. plus de 80 seigneuries qui appartenaient presque entièrement à Morckard et dans lesquelles il avait le droit de Soca. — Enfin il réclamait les domaines et le droit de Soca, à Treding, des terres de Tevêque de Durham, de Robert le Dépensier, (Clamores in North Reding Lincolniœ (fol. 376) etc. etc.) Il obtint aussi du Conquérant les titres et les droits de comte palatin (Yorshire folios 298 et 313). Enfin il sous-tenait dans les comtés d'Hertf. (137) d'Essex ^4) et de Norfolk (HO b. 115).
Alain Fergent est appelé Alain Felgan, Alain et Alains Ferganz et Fergant par Wace qui le cite quatre fois dans le Roman de Rou :
Alain Felgan vint al passage
Qui des Bretons ont grand barnage
Vers 6389-6390. Ed. Andresen .
De l'aultre part Alain Fergant Et Haimmeri le connbatant.
Vers 6679 6690.
Alains Fergant, quens de Bretaigne De Bretons mené grant compaigne...
Bien se combat Alains Ferganz.
Chevalier ert proz e vaillanz.
Vers 8715 et suiv.
DONATIONS A ALAIN LE ROUX, DIT AUSSI LE REBRE DEUXIÈME FILS d'eUDON DE PENTHIÈVRE, COMTE EN BRETAGNE
Il tenait en chef en baronnie le domaine d'Edwin, fils d'Olgar, que celui-ci possédait dans le comté d'York et dont Guillaume s'empara après la prise de cette ville. Alain Le Roux jouissait dans cette ville de 3 car. ter. Il tenait en chef le domaine de Ghellinges, d'où relevait Berewithe et 8 seign. dont se composait surtout la baronnie du comte Edwin et dont se forma ensuite le comté de Richemond. On y ajouta Aplebj, seize autres localités de ses dépendances et au moins 160 seigneuries dont 6 dans le West-Reding et une dans FEst-Reding. 199 manoirs dépendaient de sa çhatellenie, mais 108 étaient dévastés-
(Yorshire fol. 298, 309, 314 — Clamores in York 379, 380, 38J). Mr. Gough, dans ses Additions lu Camdeni, (Vol. III, p. 91), parle de la tour carrée du château principal de cette châtellenie (castelry) comme étant Tœuvre du Conan, comte de Richemont, au xii® siècle.
DONATIONS A ALAIN LE NOIR, TROISIEME FILS d'eUDON DE PENTHIÈVRE, COMTE CU BRETAGNE
Il tenait en chef et en baronnie : 1^ au comté de Hants, Croftone, Fantelej et un autre manoir dans la centenie de Ticefelle. 2° au comté de Dorset, le manoir de Derenis, pour 15 hydes de terre, que Brictric tenait t. r. e. 3° au comté de Norfolk 51 seign. 5'' au comté de Suffolk 41 seign.
Nous avons dit que William Dugdale et après lui les généalogistes anglais avaient répété que Guill-aume avait récompensé Alain Fergent, son gendre, qui commandait Tarrière-garde de Tarmée à Hastings, en lui attribuant 442 manoirs, dont 199 situés dans le North-Riding de TYorshire avaient appartenu au comte Edv^an et formèrent plus tard le comté de Richemond.
Léchaudé d'Anisy a signalé cette erreur. (Rech. sur le Domesday-Book, I, p. 75;. « En étudiant, dit cet auteur, Tacte suivant par lequel le Conquérant donne à Alain de Bretagne, son neveu, les terres du comtes Edw^in, nous avons pu nous convaincre qu'il n'avait pas fait cette dernière concession à Alain Fergent, son gendre, mais bien à Alain le Roux. Cet acte s'exprime ainsi : « Ego Guillelmus cognomine Bastardus, rex Angliœ do et concedo tibi nepoti meo Alano Britaniœ comité et heredibus tuis in perpetuum omnes villas et terras quœ nuper fuerant comiti Ed wini, in Eboraschira, cum feodis militum et ecclesiis et aliis libertatibus et consuetudinibus, ita libère et honorifice sicut idem Edw^inus eas tenuit. Dat. in obsidione coram civitate Eboracens. (Ms. Coll. Faust. B. VII : Intitulé Honnear de Richemond.) Ce ms. contient un dessin représentant le conquérant délivrant cette charte à Alain.
Il est évident que le mot nepos ne peut s'appliquer à Alain Fergent, gendre de Guillaume, mais le roi duc pouvait très bien appeler Alain le Roux, son neveu nepos,
Alain le Roux, étant petit-fils d'Havoise, laquelle était fille de Richard I*''". Guillaume avait sur Alain le Roux le droit d'issu de germain et par conséquent il devait l'appeler son neveu, à la mode de Bretagne.
Asinus Hugo. — Il tenait en chef dans le Wiltshire (f. 73), dans le Worcestershire (f. 177 b.), dans le Herefordshire (180-180 b.) et sous-tenait dans ce dernier comté. Dans le premier comté, il est dit à son nom : « Ecclesia Sanctœ Mariœ Winton tenet de Hugone (l'Asne) Chenete pro filio ejus. « Dans le Worcestershire il tenait en chef et par baronnie trois hydes de terre à Tichenapletrew, ainsi que deux charmées et le sel à Wich. Dans le Herefordshire, il tenait directement, à Letflede, cinq hydes de terre qui dépendaient de Leofminster t. r. e. Enfin, dans le même comté de Nigel-le-Médecin, plusieurs terres dans la centenie de Tornelans.) Voir la remarque d'Ellis : Intr. to Domesday, I, p. 443.) « II est vraiment extraordinaire, dit M. Léchaudé d'Anisy, (I, p. 225), qu'un aussi puissant tenancier qui avait évidemment accompagné le duc Guillaume en Angleterre n'ait laissé aucune trace de sa famille dans ce royaume. Les auteurs des Peerages Eteints n'en parlent même pas et ne font même pas connaître dans quelles mains passèrent les domaines que Guillaume avait donné à cet Hugues TAsne. »
T/origine de Asinus Hugo, en France est très incertaine. Etait-il venu du pays d'Evreux ? Il figure comme témoin dans un acte de donation de l'église de Guernauville à l'abbaye de Saint-Evroult. (Ordéric Vital, V, p. 575). Etait-ce un Avranchinais ou un Coutançais? Dans un manuscrit de l'abbaye du Mont Saint-Michel, mentionnant l'état des vavassories qu'elle possédait à St-Germain sur Ay, figure le nom de Thomas TAsne. Aux environs de Caen, au livre des Cens de la baronnie de Bretteville, figure souvent Ranulphe Lasnier ou Ranulf TAsnier . En désespoir de cause, M. Léchaudé d'Ahisy émettait l'hypothèse d'une origine bretonne : « Peut-être, dit cet auteur, faudrait-il chercher Hugo Asinus dans la Bretagne, arrondis-
sèment de Vannes, où il existe un hameau, appelé encore aujourd'hui TAsne, dont un sieur TAsne de la Batardière avait pris sans doute les armes, d'or à un aigle à deux têtes de sable, perché sur trois branches du même ? « Un arrêt de réformation de la noblesse de Bretagne, rendu le 3 Décembre 1668, déclara usurpateur TAsne de la Batardière. A notre connaissance, il n'existe en Bretagne aucune famille se réclamant d'Hugo Asinus. « Saint-Marcel, paroisse de révêché de Vannes, renferme une terre noble, Lanée : en Saint-Martin sur Oust existe aussi une autre terre noble, Lannée. Au xv*^ siècle, il y avait en Ploerdut une famille bourgeoise. Le Lanier. (Communication de M. le Comte de Laigue).
Auray. — Chef-lieu de canton de l'arrondissement de Lorient ^Morbihan). Cette paroisse est le lieu d'origine ou le berceau de la seigneurie de Willelmus d'Alré. Ce conquérant n'est pas inscrit dans le Domesday-Book, ni sur les Listes. Il figure cependant sur celle de l'Abbé De La Rue. Guillaume d'Auray est mentionné ainsi dans les Add. Exon Domesday, folio 61 : « Pro una virgata quam tenet Willelmus de Aire in Devon, in Sulferton hundred, rex non habet geldum. » D'après Léchaudé d'Anisy, (Recherches sur le Domesday-Book, p. 116), les chartes de l'abbaye d'Abendone nous montrent un Radulfus de A Ira, tenant un fief de chevalier, dépendant de la baronnie que cette abbaye possédait dans le Berskire. Un Guillaume d'Auré figure comme témoin dans une charte de Robert Malherbe, par laquelle il donnait à son fils sa terre de Cheddoc. (Collect. cartrar, Bib. Harl, n° 616.) Un Herbert d'Auré fut témoin dans la Charte d'Emma d'Auvers, en faveur de l'abbaye de Thama, comté d'Oxford. {Cart. Ex. cod. cart. by Sanderson.)
Vers la fin du xiv^ siècle, la famille d'Auray (branche bretonne) s'établit de Normandie dans l'arrondissement de Mortain, par le mariage de Jean d'Auray avec Jeanne de Meulan, dame de la baronnie de Saint-Pair le Servain, (voir Saint-Pois). Les d'Auray se subdivisèrent en plu-
sieurs branches, notamment dans ïAvranchin, à la Chaise- Beaudoin, à Cuves et aux Cresnays.
Baderon. — Il se rattache à Thistoire de Tabbaye de la Vieuville (lUe-et-Vilaine). (Cf. D. Morice : Preuves à l'Histoire de Bretagne, 1. 1, col. 666.)
Brito Aluredus. — Le Domesday renferme plusieurs exemples de la désignation d'une famille par son nom de province d'origine. X, Angevinus, X, Lolliariensis, X, Ispaidensis^ X, Brito. On trouve aussi Bret et même Brelun. Nous avons trouvé six Brito au Domesday-Book. Un seul présente quelque intérêt, Aluredus Brito ; mais il est impossible de le rattacher à une partie déterminée de la Bretagne. Il tenait directement du roi en baronnie vingtdeux seigneuries dans le comté de Devon. (Domesday- Book, Devonshire, fol. 155 b. et 116). Il devait compter parmi les chevaliers bretons les plus considérables qui suivirent la bannière d'Alain, étant donné l'importance des terres qui lui furent concédées. Le nom de Brito, Le Breton, Le Breton reste assez commun en Angleterre ; on le trouve encore dans les chartes anglaises jusque sous le règne d'Edouard P^
BRITO, Gotzelius, ou Gozelinus. (Buckingham. 152. Gloucester. 162. 170. Bedf. 217.)
BRITO, Maigno, sen Maino, Bucks, 143-151 b. Leic. 236. Sir Ellis (Introd. to Domesday) fait cette remarque : « In this entry of III burgenses, he bas called Manno Brito. »
BRITO, Ogerus.
11 est ainsi écrit : « Ogerus Brito, tenet de rege II partes uni. Hidœ, id est XII car, trœ. » (Domesday-Book, Leic. 236 et Lincoln, 364 b.
BRITO, Ranialdus, t. e. c. (Suffolk 445).
BRITTO, Tihellus sen Tehelus. (Ess. 81b. Norfolk, 261 b.)
Bruc. — Commune du canton de Pipriac, arrondissement de Redon (lUe-et- Vilaine). Quelques auteurs veulent que cette paroisse soit le lieu d'origine de Brus, Brius,' Bruis, dit aussi Robertus de Bruis, porté au Domesday- Book, (Yorshire, 332 b. et 333.) Nous avons établi d'une façon indiscutable que le Brius ou Brus, compagnon de Guillaume en 1066, était originaire de Brix, arrondissement deValognes, (voir Brix). De même, Topinion de M. Guillotin de Corson, (Les Grandes Seigneuries de Haute-Bretagne, t. III, p. 144), ne doit aussi être rapportée qu'à titre documentaire : « Dans la paroisse de Guémené Penfao, cheflieu de canton de l'arrondissement de Saint-Nazaire, le manoir seigneurial de Bruc a donné son nom à Tune des plus anciennes familles de la chevalerie bretonne. Cette famille, connue depuis le xi® siècle, possède encore Bruc de nos jours. Un des principaux seigneurs du lieu prit part à la bataille d'Hastings. » Le Brus ou le Brius de la Conquête était indiscutablement d'origine normande. En sens contraire, mais sans preuve, Mazas ; Vie des Grands Capitaines, tome VII, p. 60.
Campenéac. — Commune du canton et de l'arrondissement de Ploërmel. Cette paroisse faisait partie de l'ancien diocèse de Saint-Malo. Elle est le berceau de la famille Larcher, l'Archer ou Larchier ; (terre de l'Abbaye). Nous trouvons au Domesday-Book ArcuariusWillelmus, comme tenant en chef et en baronnie les domaines de Beneclie et de Centune, centenie de Sunburne (Hauts, folio 48 b.)
Barlow (Peerage, p. 339) prétend que la famille des lords Archers descendait de Fulbert l'Archer, père de Robert l'Archer, qui tous deux suivirent Guillaume. Mais Robert n'était ni le frère de Guillaume l'Archier, ni le fils de Fulbert, ni les Listes, ni le Domesday ne parlent de Fulbert. Peut-être, après tout, était-il mort avant 1086, date de l'achèvement du Domesday-Book. Mais Robert y est mentionné : Nous trouvons, en effet, au registre, Robertus filius Willelmi. comme t. e. c. dans le Derbyshire (f. 278) et dans le Nottinghamshire (f. 292). Ce Robert, fils présu-
mé de Fulbert, que la faveur de Guillaume appela comme éducateur de son jeune fils Henri, fut un personnage considérable. Il est probable que, conformément à l'usage, il ne prit le nom de TArcher qu'après la mort de son père. Henri P"^, reconnaissant envers son précepteur, lui donna de grands biens dans le comté de Berks. Henri H ajouta a ces posessions la seigneurie d'Umberslade, à Tamworth, ( Warwickshire), qui devint le siège principal de la maison d'Archer, dont les armes étaient d'azur à trois traits d'argent. Sa baronnie s'éteignit avec André Larcher (1778).
Il y a bien eu en Normandie plusieurs familles Larcher. On trouve un Julien l'Archer, Julianus Arcuarius, comme réclamant des droits sur la forêt de Lyons, en 1205. Le cartulaire anglais de l'abbaye de Sainte-Trinité de Caen mentionne des Allain, des Richard et des Jean l'Archer. Mais il nous paraît certain que cette famille est d'origine bretonne. En 1171, Pierre l'Archer, capitaine de 100 hommes d'armes, est tué au siège de Fougères, alors que Conan IV était duc de Bretagne. Cette famille a possédé les terres et seigneuries de l'Abbaye en Campenéac du Quilly, en Loyat, de Barenton, si célèbre par sa Fontaine Enchantée, en Concoret, et plusieurs autres terres en Augan, c'est-à-dire dans un pays très voisin de Gaël. Les Larcher avaient certainement suivi Raoul de Gaël. Les armoiries des Larcber de Bretagne sont de gueules à trois flèches tombantes d'argent. Que l'on veuille bien hs rapprocher des armoiries des Larcher d'Angleterre et la question sera définitivement tranchée.
Châteaugiron. — Chef lieu de canton de l'arrondissement de Rennes. Le comte de Rennes donna, dans la première moitié du xi^ siècle, un domaine considérable à Anquetil, seigneur breton. Celui-ci construisit sur la rivière d'Yaine une forteresse qui porta d'abord le nom de Chatel-Anquetil. Giron, son fils, fit partie du contingent breton. D'après P. du Paz, « Geoffroy Giron fut un des chefs de l'armée que le duc Hoël envoya à Guillaume le Bastard, duc de Normandie, sous la conduite d'Alain Fer-
gent, et eut le dit Giron pour récompense de son service plusieurs terres et seigneuries en Angleterre. » (P. du Paz, Histoire Générale des principales maisons de Bretagne, p. 242.) Il avait épousé une femme nommée Contesse. De ce mariage naquit Geoffroy Giron, qui, vers 1096, changea le nom de la demeure féodale de son père et devint le premier baron de Châteaugiron. (Cf. D. Lobineau, Preuves de THistoire de Bretagne et Cart. Sancti Georgii, 138).
Le château actuel de Châteaugiron parait remonter à la fin du xiii^ siècle. Ses murailles ont de dix à quinze pieds d'épaisseur ; elles sont en assez bon état de conservation, n'ayant perdu que leur couronne et leurs mâchicoulis ; il ne reste aucune trace du château primitif, qui s'élevait sur l'emplacement du château actuel. (Cf. P. de la Bigne- Villeneuve : Bretagne Contemporaine, Ille-et- Vilaine, 22).
Combourg. — Chef-lieu de canton de l'arrondissement de Saint-Malo (Ille-et- Vilaine). Voir Dol et ce qui a trait à Rualdus Adobed, dit aussi Ruallon, Rivallon, sire de Combourg et de Dol.
Cornillé. — Commune du canton et de l'arrondissement de Vitré (Ille et-Vilaine). De cette paroisse, située entre Vitré et la Guerche, les seigneurs de cette première ville semblent avoir été, de tout temps, les véritables maîtres ; toutefois, les de Cornillé y possédaient les principaux fiefs de leur recouvrance immédiate, de là leur surnom, par suite d'un usage généralement répandu dans le Vitrais, où l'on préférait le nom de la paroisse à celui du fief luimême. Leur nom était Hamelin. Un Hamelin était passé avec ses fils, vers 1050, au service de Robert, baron de Vitré. C'était un prieuré de la maison des Biards, en Normandie. (Voir Biards, les). Il eut deux fils, Odon et Gefïroy : « Odo, filius Hamelini et Gofredus, frater ejus. » (Charte passée au château de Vitré, vers 1060.) Ils étaient majeurs à cette époque. Hamelin, peut-être même ses fils, suivirent la bannière du baron de Vitré, en 1066. Le nom d'Hamelin figure dans beaucoup de Listes : Hameline (Leland), Hamelyn
(André Duchesnj;. D après D. Morice, (I, col. 482 et 725), Hamelin aurait contribué puissamment au mariage du baron de Vitré avec Agnès, héritière de Mortain. Odon, Taîné de ses fils, aurait eu pour parrain Odon, évéque de Bayeux, frère de Guillaume. (Voir aussi Généalogie Historique de la maison de Cornulier^ autrefois de Cornillé en Bretagne. Orléans : Herluison, 1889.) Hamelin est enregistré au Domesdaj-Book, Yorshire, 298, sous le nom de Hamelinus.
Nous croyons que Hamelin tira son nom de la paroisse de Hamelin, (canton de Saint-James, arrondissement d'Avranches, Manche), voisine des Biards. Le nom d'Hamelin figure assez souvent dans les manuscrits de Fabbaye du Mont Saint-Michel. D'un acte d'aumône, transcrit au Cartulaire, (ms. 210 de la Bibliothèque d'Avranchesj, nous extrayons ce passage : « Eg oHildranda, uxor Escirardi cujusdam militis, Do et Concedo S. Michaeli ecclesiam
S. Martini de Capello Hameline ; Do duodecim acras
terre et reliquas in Racineio ad spinam de Vileirs medietatem videlicet patris mei Hamelini. » Cette donation de 1114, faite par une femme mariée et qui mentionne le nom de son père, établit l'existence des Hamelin, tout au moins au xi° siècle.
Hamelin figure comme s. t. dans le Devonshire (105), le Cornw. (120,123etpassim), leYorksh. (306). Y a-t-il identité entre Hamelin du Devonshire et Hamelin du comté de Cornouailles ? Dans ce dernier comté, Hamelin tenait 22 manoirs du comte de Mortain. EUis suppose qu'il fut l'ancêtre de la famille Trelaw^ny, dont la résidence était Trelaen. Le rapprochement d'Hamelin, (originaire des Biards, près de Mortain) avec le comte de Mortain démontre bien l'origine normande de ce sous-tenant.
Dinan. — Chef-lieu d'arrondissement du département des Côtes-du-Nord. Bertrand de Dinan, fils d'Hamon, petit-fils d'Hamon, était à la Conquête : « Bertrand, qui vivait du temps du duc Conan H, du nom, fils du dict Alain III, accompagna Alain Fergent avec les autres barons et seigneurs bretons allant ayder à Guillaume le
Bâtard, duc de Normandie, à conquérir le royaume d'Angleterre, l'an 1066. Et eut plusieurs chasteaux, manoirs, terres et seigneuries que lui donna le dit Guillaume, devenu roi, pour le récompenser. (De Paz, verbo : Histoire Généalogique des Vicomtes de Dinan, pp. 116-117). Wace dit : Li sire y vint de Dinan. (Roman de Rou, vers 8.392).
Dinan parait aussi être le lieu d'origine de Alselin, Goisfrid Alselin ou Ascelin. lequel tenait directement du roi, tant en chef qu'en baronnie, quarante manoirs, vingtquatre maisons et une église dans les Northamptonshire, (219-227), Leicestershire (235 b.), Derbyshire (276 b.), Nottinghamshire (280-289), Yor s hire (326) et Lincolnshire (336- 369 b.) (Voir aussi Clainores Ebor, 373 b. 374). Selon Léchaudé d'Anisy, (Recherches sur le Domesday-Book, p. 120), la plus grande partie des Domaines qui furent concédés après la Conquête à Ascelin appartenaient t. r. e. au saxon Tochi, et ce fut à raison de la possession de ce dernier qu'il réclamait encore, dans le Yorshire, quelques terres tenues par Roger de Busly, parce qu'elles faisaient partie des domaines du saxon. Mais il fut débouté de sa demande par les jurés, qui dirent ignorer à quel titre et de quel droit il pouvait réclamer. Kelham (Illustr. p. 105) dit de lui : « His estâtes after two générations went by a daughter to the Bardolphs. »
Près d'un siècle avant la Conquête, il y avait en Normandie et en Bretagne de nombreuses familles portant le nom d'Asselin ou Ascelin. Une charte relative au Mont Saint-Michel porte : « Ego Rolbertus Pincerna, filius Ascelini. Do et Concedo Deo, sanctoque Michaeli Archangelo, in monte videlicet Tumba, pro salute patris mei et matris meae filiique mei Gosceleni, fratrisque mei Galteri, pro remedio animœ meae, omnem meam consuetudinem quam jure hœreditario tenebam in castello de Dinam ; videlicet patellam et omnia quœ propriis usibus monachorum empta fuerunt. « Léchaudé d'Anisy (Recherches sur le Domesday-Book, I, p. 121) déclare, d'après cette charte, qu'il est présumable qu'Ascelin, qui fut le père commun de Goisfrid Alselin ou Asselin, ainsi que de Robert et de Gautier, aurait été un cadet ou un bâtard de la famille bre-
tonne de Dinan, qui aurait eu en apanage quelques droits coutumiers sur le château de cette ville. Il aurait transmis ces droits à son second fils Robert, car il n'est pas probable qu'il soit ici question du château de Dinan, situé dans le pays de Galles, qui ne fut, d'ailleurs, concédé à Foulques, l'un des compagnons du duc Guillaume, que par le roi Henri P'" ; d'où ce chevalier prit ensuite le nom de Foulques de Dinan.
Les généalogistes anglais ont défiguré le nom d'Alselin, en convertissant Al en Han, pour y trouver l'origine de Hanselyn. (Voir sur cette altération et ses conséquences Léchaudé d'Anisy : Recherches sur le Domesday-Book, pp. 121-122.)
Le Domesday mentionne aussi : Radulfus nepos Gosifridi Alselin (Lincoln. 336": « He held the hall or mansion in the city of Lincoln, which had belonged to Tochi, the son of Outi. » (Ellis, Intr. to Domesday, I, p. 472, en note.; 2° Drogo homo Radulfi nepotis Goisfridi Alselin. Il soustenait dans le comté de Lincoln (Lincolns. 369 b.) — Deux hommes de Godefroy Alselin fHomines II et Goisfridi Alselin) sous-tenaient aussi dans le Lincolnshire (363 b. 370).
Dol ou Dol-de-Bretagne. — Chef-lieu de canton de l'arrondissement de Saint-Malo (llle-et- Vilaine). On trouve au Domesday-Book Rualdus Adobed. Il tenait en baronnie, dans le comté de Devon, Lamberton Bridge et vingtsept manoirs : il possédait une maison à Exeter. (Devonshire, folios 114 b. 115 et Exon. Domesday Add. 382-387- 494). Dans Rualdus Adobed, il faut voir Ruallon ou Rival- Ion, sire de Combourg, appelé aussi Rivallon de Dol, frère de l'archevêque Junguené. En 1064, Rivallon s'était révolté contre Conan II, duc de Bretagne : « Conan II, dit M. de la Borderie, (Histoire de Bretagne, III, p. 16), s'étant mis en campagne pour réprimer cette révolte, Rivallon ne l'attendit point dans son château de Combourg dont la force, en cas de siège, ne le rassurait pas suffisamment : il s'enferma dans la Tour de Dol, puissante forteresse, élevée par lui en cette ville, à l'ombre de la cathédrale. Le duc de Brç-
tagne vint l'y assiéger. Comme il pressait le siège et poussait vivement les autres rebelles, ceux-ci demandèrent secours au duc de Normandie, Guillaume le Bâtard, qui accueillit fort bien leur requête et fit même, en leur faveur, une démonstration des plus menaçantes, en élevant contre la frontière bretonne, pour les soutenir au besoin, une grosse forteresse, le château de Saint-James-de-Beuvron.» Quelques temps après, Guillaume, accompagné d'Harold, envahissait la Bretagne. La Broderie de Bayeux représente l'armée de Guillaume sous les murs de Dol, que les troupes de Conan abandonnent précipitamment. On peut supposer que Rivallon, ayant fait cause commune avec le Bâtard, fut armé chevalier par le duc de Normandie, d'où son nom Adobed, miles adobatus, terme assez fréquent dans le Roman de la Chevalerie. {Roman de Girard de Vienne et Roman de Garin.)
11 convient de signaler ici un poème de Baudry, archevêque de Dol, sur la Conquête de TAngleterre. Ce poème ne fait pas partie de la Collection Eisloriœ Francorum Scriptores 5 de la Bibliothèque Nationale. Il a pour titre : « Baldrici Burguliensis abbatis versus de Conquestu Angliae per Guillelmum, Normannorum ducem, ex majore poemete ad Adelam comitissam. » Il contient 370 vers, copie du xvii^ siècle, très probablement de la main de Duchesne : mauvaise écriture II commence par un long discours de Guillaume à ses vassaux, à la manière antique ; il se continue par une description de la bataille d'Hastings. Il ne renferme aucun détail historique et est muet sur la participation des Bretons à la Conquête. — Collection Duchesne, XIX, Vol. XLIX, p. 537. (Renseignement fourni par M. Paul Le Brethon, archiviste-paléographe, attaché à la Bibliothèque Nationale.)
Voici quelles étaient les possessions de Rualdus Adobat ou Adobed, d'après TExchequer Domesday, dans le Devonshire.
Çxon Domesday
Hodie
Value
La libre ton a Brige
Lamarlon Bridge
50 shellings
Wenforda
Wanford
Panestan
Panson
Tamarlade
Tamarland
Pech
Peek
Chiemparbera
Kimber
Radecliva
Radcliffe
Petaforl
Putford
Wera
Wear (^Gifford)
Hochevilla
Huxwele
Honham
Holham
Mirlanda
Marland
Tucabeara
Twigberre
Winescota
Wincot
Wuverwille
Winswell
Lovecota
Lovascot
Tucabeara
Twigbeare
Hancheforda
Henkford
Lobba
Lob
Polham wilb Prawmby
Crokerwelt or Crochewellza
Sigeford
Pochehella
Ponghill
Dochorda
Doc4iworthy
Aveton
Alfelmerston
Hairmemerdon
Hemmerdon
Wicherche
Whitchurch
Machesvelle
Ces cinq dernières tenures ne sont pas mentionnées dans TExon Domesday, mais figurent dans rExchequer Domesday. Ruald possédait à Exeter une maison qui payait au roi le droit coutumier.
Nous extrayons de FExchequer Domesday Ja description plus complète des domaines de Lanbretona et de Sigeforda. Lanbretona : Ruald has a manor called Lanbretona hodie Lamecton which Ardulph held t. r. e. and it paid geld for a hide and a half. This 17 ploughs can till. Thereof R(uald) has 1/2 hide and 5 ploughs in demesne, and the velleins one hide and tevelve ploughs. There R(ualdus) has 34 villeims, 16 serfs, 5 swincherds, 4 beasts, 20twine, 75 sheep, 3 mills paying 9 shellings a year, wood (land) seven fur-
longs long, 3 broad, 40 acres of meadow pasture 1 1/3 leagues.long bj 1 broad, worth 12 pounds ; when Ruald received it, it was worth 9 pounds. (Fol. 411)
Sigeforda, hodie Sigeford. Rualdus habet i mansionem quœ vocatur Sigeforda quam tenuit Bristritius ea dia qua rex Edwardus fuit vivus et mortuus et reddidit geldum pro i virga. Hanc potest arare (una) carruca et dimidia. Modo tenet hanc Salomon de Rualdo. In ea habet Salomon iiii boves et V oves et X capras et i vaccam et VI agros nemoris et viii agros pasecuœ et valet per annum V solidos et quando Rualdus accepit velebat iii solidos (Fol. 414 bj.
Fougères. — Chef-lieu d'arrondissement du département dM Ile-et-Vilaine. Les princes bretons formèrent la baronnie de Fougères en faveur d'un seigneur de leur race. Le premier baron de Fougères s'appelait Main ; il vivait au commencement du xi^ siècle. Son fils et successeur Onffroy construisit vers 1024, à Fougères dans la vallée du Nançon, un château dont il ne subsiste plus aucune trace. Vers 1048, Main II lui succéda, il eut pour fils Raoul P'* qui fut un des plus illustres barons de Fougères. Il prit part à l'expédition de Guillaume, combattit à Tinchebray, fonda ]'abbaye de Savigny, qui devint le lieu ordinaire de la sépulture des barons de Fougères, et mourut sous l'habit monacal en 1122. (Cf. G de Corsoii : Les Grandes Seigneuries de Bretagne, IP p. 188. j
Wace : Roman de Rou, vers 8386, (Edition allemande de Hugo Andresen) dit :
Grant pries i out cil de Felgières Qni de Bretaigne ont genz mull fières
11 figure au Domesday Book sous le nom de Radulphus de Felgeres. Il tenait en chef dans les comtés de Surrey (36 b), de Devon (113 b), de Buckingham (151 b), de Norfolk (263 b), de Suffolk (432). Dans plusieurs comtés, ses terres avaient appartenu à la comtesse Goda. (Voir Index of Persons, monasteries, etc. entered in d. b. as holding lands in the time ot Edward thc Confessor. Ellis. Int. to D. B. pp. 119 et 120, verbo Goda comitissa.) Rad. de Fel-
gères et encore Rad. de Felgeris sous tenait aussitôt dans le comté de Berks (63 b) et dans celui de Norfolk (278). On trouve dans le Yorshire (331 b. et Clam. Ebor. 374) un Lanclricus, comme t. e. c. Ce Landry est très probablement la même personne que Landricus, carpentarius, mentionné dans le même comté (fol. 298). Peut-être était-il originaire du pays de Fougères où le nom de Landry est très répandu.
On trouve aussi un Guillaume de Fougères, Willelmus de Felgeres dans le comté de Buckingham (151).
GaëL — Commune du canton de Saint-Méen, arrondissemens de Montfort, f Ille-et-Vilaine). Le seigneur de Gaël, Raoul de Gaël -Montfort, était à la Conquête : Radulplius Cornes, mentionne le Domesday-Book (Suffolb 284 b.)
Et Raoul y vint de Gaël
Et maint Breton de maint chastel.
Les hommes amenés par Raoul de Gaël se distinguèrent à Hastings :
losle la compaigne Néel Chevalcha Raol de Gael, Bret estoit et Bretons menoit
(Rom. de Rou 8517 20)
Il reçut des biens considérables en Angleterre : « Radulphus de Waher (ou Wader, Guader, Guadel) erat per donum régis comes Northfolki et Suthfolki. » TWill. Malmesbur. Gesta reg. Angl. 111, 255, ed : Duffres Hardy. » — « Rex dédit Radulfo comitatum in Northfolc et Suthfolc. » (Chron. Sax. Ed. Gilson p. 182). Ce territoire formait un état de THeptarchie anglo-saxonne, l'Estanglie. 11 compredait les villes de Newmarket, de Norwich et d'IpsM^ich et toute la côte, baignée par la mer du Nord depuis Tembouchure de la Stoure, jusqu'au golfe de Boston. On sait que Raoul de Gaël s'étant attaqué à Guillaume le Conquérant succomba dans la lutte, repassa sur le continent et revint dans sa baronnie de Gaël. Cette baronnie comprenait toute la forêt de Paimpont et les territoires qui formèrent plus tard les baronnies de Gaël, de Montfort et de Mon-
tauban. (Cf. A. de la Borderie : Essai sur la Géographie féodale de la Bretagne, pp. 119-420). « Ralph. Guader married Emma the daughter of William Eitz Osbern, Earl of Hereford. William the Conqueror outlawed him. He then went to the duchy of Britany, where he possessed the two castles of Guader (lisez Gaêl) and Montefort (lisez Moutfori-sur-Meu). His daughter Amicia, who had been contracted to the natural son of Henri the Eirst, married Roger de Bellemont, earl of Leicester. « (Ellis. Int, to d. b. I, p. 471).
On voit encore, sur les bords du Meu, dans la commune de Gaël, l'emplacement de l'ancien château. La tradition le faisait remonter aux origines mêmes de la monarchie bretonne : Juthaël ou Judicaël, son fils, roi de Domnonée y aurait habité, dit-on, au commencement du vu*' siècle ; mais son histoire, vraiment authentique ne date que de Raoul P'' sire de Gaël, conquérant. (Cf. G. de Corson : Les Grandes Seigneuries de Haute-Bretagne, 2® série p. 200 et abbé Orevée : Histoire de Montfort, 17.)
Gollan. — Il est inscrit au Liber Wintoniae. Il sous tenait dans la baronnie d'Alain de Bretagne à Grantexte, centenie de Wederlay, comté de Cambridge. Son nom et la dépendance de ses biens permettent de supposer que Gollan était venu de Bretagne. Son fils Alexandrus (Voir ce mot), est également inscrit au Liber Wintoniae.
Guerche (F-ia). — Chef-lieu de canton de l'arrondissement de Vitré. Le seigneur de la Guerche (Goisfridus de Wira, au Domesday Book) suivit Guillaume. Il reçut des biens importants dans les comtés de Leicester, de Northampton et de Warwick. (Northampt. 219, 227 b. Warw. 238, 243 b, Nottingh. 291. Lincoln 369.) Kelham (lllust. p. 105) dit qu'il venait de la Petite-Bretagne « He was of Little Brittany in France. « Il figure dans le Domesday Book, (Yorshire 326 b) sous le nom de Lav\arce. « Goisfridus de Werce tenat in Leicestershire vu h. 7 un, car. terrœ, 7 una bovata. In unaq. hida. st. xiiii car. t. 7 dim. » (Dom. I,
1. 235.) 11 sous tenait aussi dans le Warwickshire (239 b.) Ellis le mentionne comme « custosoî the land of Earl Aubery. »
La Guerche est appelée dans les anciens titres Wuïrchia, Guercha. Elle avait des seigneurs particuliers. En 1062, Conan II avait assiégé le château de la Guerche. Son château a subi plusieurs sièges. Il fut détruit au cours des guerres du xv® siècle. Il n'en reste rien : la motte subsiste.
Dans le Warwickshire, il obtint douze manoirs, desquels dépendaient en viron 9000 acres. Il favorisa les moines de Saint-Nicolas dWngers en leur concédant rentes et terres à Kirbj dans le Warwickshire. « Goisfridus de Wira tenet de rege Chircheberre ; in hoc manerio habent monachi S. Nicolai II car. et XXII villanos et VI bord, cum V car. Totum valuit C. sol et port XL sol. modo X lib. Lenninus tenuit. (Domesday Book, WarM^ick. I, p. 243, r°.
Léon. — Au xi^ siècle, le comté de Léon avait la même configuration que Tévêché de ce nom. Il occupait la partie nord du département du Finistère (arrondissement de Morlaix et de Brest.) Il était limité au nord et à Touest par la mer, à Test, il était séparé du comté de Goëlo par la rivière le Douron et, au sud, du comté de Poher par la rade de Brest, (Bresta oppidum) et la chaîne des montagnes d'Arès. Vers 1035, on y rattacha un assez vaste territoire, (châtellenie de Morlaix et de Lanmeur), compris entre le Douron et la rivière de Tréguier. Le Léon renfermait quatre châtellenies : Lesneven, Saint-Renan, Daoudour et Landerneau. Elles ne constituaient pas des fiefs, mais seulement des subdivisions du comté de Léon. Le seul fief important à signaler dans ce comté, au moment de la Conquête, était le Regaire ou Seigneurie temporelle de TEvêque, comprenant la ville épiscopale de Saint-Pol ou Castel-Pol, dix paroisses et les îles de Batz et d'Ouessant, (Insula Betho — Insula Ossa).
En 937, ce pays fut délivré des Normands par Even le Grand, que Ton peut considérer comme le premier comte du Léonnais. Son successeur, Guiomarch P"", eut seulele titre de Vicomte (Dom Morice : Histoire de Bretagne, 1,
pp. 362, 366, 367), que prirent aussi ses descendants. Ses seigneurs suivirent presque toujours le parti des ducs de Bretagne contre les grands féodaux. A Tépoque de la Conquête, le Vicomte de Léon était Morvan, celui-là même qui avait assiégé le château de Combourg, d'où Rivallon de Dol (Ruellonus Capra Canuta) avait longtemps bravé l'autorité de Conan II. D'après d'Argentré et la plupart des historiens de Bretagne, y compris M. de la Borderie, le Vicomte de Léon était à la Conquête. Ce pays dut fournir à l'expédition un contingent assez appréciable. Nous trouvons au Domesday-Book une famille d\Asc ou Ask^ originaire du pays de Léon. (Essex, folios 45, 45 b 63 b. 74 b.) Il sous-tenait dans la baronnie de Swain une hyde et demie de terre, 82 acres, 111 hommes libres, le panage de 70 porcs et la pâture de 23 brebis. Il sous-tenait également dans la baronnie de Robert de Germon.
« La famille d'Asc, dit Léchaudé d'Anisy, (Recherches sur le Domesday-Book, I, p. 221), était alliée à la maison de Bretagne et ses descendants ou ceux de Walter, son frère, s'établirent en Angleterre. Nous voyons, en effet, dans le cartulaire du prieuré de Marrig, situé dans le North Reding de l' Yorshire, que Roger d'Asc fonda ce monastère, en 1165, pour sa fille, qui s'y fit religieuse, du consentement de Warner, fils de Guiomare de Léon, son suzerain, et de celui de Conan, duc de Bretagne et de Richemond. Il donna aussi à ce monastère le tiers du domaine qu'il possédait à Marrig. »
Une charte de Conan le Petit, duc de Bretagne et comte de Richemont, (1165-1171), porte qu'il donna à Conan de l'Ask, son parent, (consanguineo meo), toutes les terres qu'il tenait de son aïeul. Une endenture de 4380 mentionne également un Conan d'Ask. Après cette date, toute mention de ce nom disparaît en Angleterre ; en France, l'extinction dût se produire plustôt encore.
Lohéac. — Commune du canton de Pépriac, arrondissement de Redon (Ille-et-Vilaine). Les seigneurs de Lohéac apparaissent dès le x'- siècle. Le plus aacien senible avoir
été Hervé de Lohéac, qui vivait v^ers 992. Il eut pour fils Judicaël qui épousa Gasceline. Judicaël prit part à la Conquête. (Cf. Dom Morice : Preuves à l'Histoire de Bretagne, I, p. 434.) D'Argentré le cite ; il figure dans la Liste de Léopold Delisle.
Peu de temps après l'expédition, il donna à Tabbaye de Redon la terre de Govez, en Guiprj, vers 1070. (Cartulaire de Redon.) Le château primitif était construit sur remplacement d'un oppidum gallo-romain, au sommet de la plus importante des quatre buttes ou mottes artificielles, voisines du bourg de Lohéac. Le château était déjà disparu à la fin du XV'' siècle. On lit, en eff'et, dans un Aveu : « Les vieilles mottes, anciennes esquelles autrefois, y avoit un chasteau et forteresse, sises au lac de Lohéac. » Une déclaration, passée en 1695, porte : « L'ancien emplacement du chasteau de Lohéac, situé proche de la ville du dict lieu, où il y avait encore de vieilles mottes et terrasses eslevées, où était le dict chasteau et forteresse, avec les fossés autour, sur une desquelles il y avait une chapelle fondée de Saint- Sauveur. »
Mousteru. — Chef-lieu de canton de l'arrondissement de Guingamp (Côtes-du-Nord). Cette paroisse renferme les ruines d'un château qui domine le cours du Dourdan. L'ancienne chapelle seigneuriale est blasonnée des armes de Lisle. Raoul de Lisle figure parmi les gentilshommes bretons ayant pris part à la Conquête de l'Angleterre. Il est inscrit dans le Domesday-Book et les chartes anglaises qui ont servi à dresser la liste des compagnons de Guillaume. (Bibliothèque Nationale, L. K. 2. 1872). Les de Lisle figurent deux fois dans cette liste. Raoul de Lisle est le 9® enregistré sur ce nom de baptême et Honfroy de Lisle, le 6®. Le Domesday-Book mentionne Hunfridus de Insula, (Wilts 64 b. 70 b.), comme tenant en chef una masura in burgo Malmesberie et Radulphus de Insula. (Bedf. 217). On trouve aussi comme sous-tenant dans le Nothinghamshire (282 b.) Roberlas de Mosters, homo comitis Alani.
La branche des de Lisle, fixée en Angleterre depuis la
Conquête, est inscrite au Wapenbœck de Geldre (1334- 1370, p. 60) : « Jehan de Lisle, fils de Robert, seigneur et baron de Lisle. » Cf. La Noblesse de Bretagne, par M. le Marquis R. de TEstourbillon. Consulter aussi Gauttier du Mottay : Répertoire archéologique des Côtes-du-Nord, p. 140, et Archives départementales des Côtes-du-Nord, Série E, 28 X, 1701. Dans la monographie qu'il a consacrée à la famille de Lisle, M. de TEstourbeillon s'exprime ainsi : « D'origine chevaleresque, cette tamille apparaît dès le xii° siècle à la Seigneurie de Lisle, château-fort, dont le nom est venu de sa position sur une île de la Rance, à 300 mètres au sud de Saint-Jouan, et qui a donné le nom de Lisle à cette paroisse. » (D'après le Dictionnaire d'Ogée, t. Il, p. 771). L'erreur est évidente ; la paroisse de Saint-Jouan, baignée par la Rance, fleuve d'où émerge, en effet, quelques îlots, s'appelle Saint-Jouan-des-Guérets et dépend du canton de Saint-Servan. Saint-Jouan-de-Lisle est une commune du canton de Dinan, séparée de la première par plusieurs lieues.
Paimpont. — Commune du canton de Plélan-le-Grand, arrondissement de Montfort (lUe-et-Vilaine). Paimpont se trouve à peu près au centre de la forêt du même nom, appelée au moyen-âge Brocéliande, Brecheliant, Brécilien, et célébrée dans de nombreux romans de chevalerie.
Wace dit qu'il vint à la Conquête des gens qui habitaient le voisinage de cette forêt :
E maint Breton de maint cliastel
Et cil decers Brcchcliaat
Dont Breton vont souvent fablant.
(Roman de Rou, vers 6934-5-0.) Comme le trouvère cite expressément Raoul de GaëJ, dont la seigneurie comprenait une grande partie de la forêt de Paimpont, beaucoup plus étendue au xi^ siècle qu'elle ne l'est aujourd'hui, il nous parait certain que d'autres bretons du voisinage se joignirent à Raoul. Ils durent recevoir des terres, soit comme tenants, soit comme sous-tenants dans les comtés de Norfolk et de Suffolk, à la tête desquels Raoul fut place
par le Conquérant. Nos recherches à ce sujet ont été infructueuses.
Plessé. — Commune du canton de Saint-Nicolas du Pélem, arrondissement de Saint-Nazaire (Loire-Inférieure). P. du Paz : Hisloire Généalogique des principales Maisons de Bretagne, s'exprime ainsi : « Et furent les Bretons au corps de la deuxième bataille, donnée le quatorzième jour d'octobre, au dit au comte Harold ; à cette expédition de guerre furent quatre frères de la maison d'Espinay, que l'histoire ne nomme point par leurs propres noms, ce qui est à plaindre ; deux desquels furent tués en cette bataille et moururent au lict d'honneur, combattant valeureusement. L'un des deux qui restèrent fut seigneur d'Espinay et l'autre se maria en Flandre et de lui sont venus les seigneurs et princes d'Espinay. » Voir aussi De Courcy : Nobiliaire et Armoriai de Bretagne, 2^ éd. I, p. 288. Wace mentionne bien un d'Espiné, mais c'est un seigneur normand :
Cil d'Espiiie (i) et cil de Port.
(Roman de Rou, vers 8.504.) Cette famille tire son nom d'un domaine seigneurial situé dans la commune de Plessé. L'identité du nom patronymique et de la désignation de la terre permet de supposer que ses auteurs habitaient la même localité dès les premiers temps de la féodalité. Cf. Généalogie de la Maison de Lespinay, originaire de Bretagne, par Léon Maître. Nantes, Grimaud, 1897. Bizeul, dans une étude sur les Voies Romaines, (Annuaire du Morbihan, 1841, p. 176) décrit ainsi le château : « C'était une petite place-forte, dont l'enceinte, de forme pentagonale, contenait environ vingt-cinq ares. Elle était défendue par une muraille et par un fossé d'une vingtaine de pieds de largeur, alimenté par le ruisseau sortant de l'étang de Plessé ej; sur lequel était jeté un pont-levis. »
Plouasne. — Commune du canton d'Evran, arrondissement de Dinan (Côtes-du-Nord). Cette paroisse était habitée, vers la fin du xiii'^ siècle, par Robert de Courson,
descendant d'Hubert de Courson qui avait quitté la Normandie, vers 1225, pour venir s'établir en Bretagne, dans révêché de Saint-Malo. (Cf. La Noblesse de Bretagne, par M. le Marquis de l'Estourbeillon, II, p. 128 et surtout R. Courson de la Villeneuve : Histoire d'une Maison bretonne et de ses origines anglo-normandes.) Le ou les Courson de la Conquête, qui accompagnèrent Guillaume, (voir les Listes et le Monast. Ang. t. III, IV, V), seront étudiés au mot Courson (Calvados). La famille de Courson, devenue très puissante en Angleterre, a été Tobjet d'une remarque de la part de M. Usher dans son History of Croxhall.
Pont-TAbbé. — Chef-lieu de canton de l'arrondissement de Quimper (Finistère). D'après Lécbaudé d'Anisy, (Recherches sur le Domesday-Book, I, p. 26J), Guillaume de Pont, signalé comme devant une redevance dans le Liber Wintonice ou Rôle de Winchester, {i""^ partie, p. 541), serait originaire de cette paroisse, d'où est sortie une ancienne famille bretonne. Signalons, toutefois, que l'on trouve deux autres paroisses de Pont l'Abbé dans deux autres pays qui ont fourni un contingent à Guillaume : Pont l'Abbé (Manche) et Pont-Labbé (Charente-Inférieure).
Pordic. — Chef-lieu de canton de l'arrondissement de Saint-Brieuc. D'après du Paz, (Histoire Généalogique de plusieurs maisons illustres de Bretagne, édition de 1G19), Brient, fils d'Eudo, comte de Penthièvre et d'Ouquen de Cornouailles, partagea la succession de ses père et mère avec ses frères et eut la terre et la seigneurie de Pordic pour lui et ses hoirs.
Porhoët. — Le Pontrocoët, dont les formes s'adoucirent successivement en Portrcoët, Podcroët, Podrhoët et Porhoët, était formé, au ix° et au x.^ siècle, par la grande foret centrale de Brécelien (aujourd'hui Paimpont). Il était
limité au nord par une partie des montagnes d'Arez et les montagnes de Menez, à l'est par la Vilaine jusqu'à Redon, au sud par i'Artz et les landes de Lanvaux (Lanvas Saltus), enfin, à Touest, par une ligne fictive remontant des sources du Scorf à la forêt de Carnoët. Il renfermait les abbayes de Wadel (Gaël), (voir ce mot), de Mauron, de Ballon, de Loc Menech, de Redon, etc. Les principales seigneuries étaient celles de Gaël, de Lohéac, de Malestroit. Le seigneur de Gaël, Raoul, aida Guillaume à conquérir l'Angleterre ; (voir Gaêl et sur son histoire et celle de son fils, Dom Morice, Preuves, I, 466, 489, 570, etc. et Ordéric Vital, t. V, p. 421, éd. Le Prévost. Sur l'étendue du comté de Porhoët, cf. Annuaire Historique el Archéologique de la Bretagne, par A. de la Borderie, 1861, p. 154.) Le sire de Lohéac était aussi à l'expédition. « Un descendant de Robert de Courson, de 1066, tenait un de ses fiefs sous Alain de la Souche, vicomte de Porhoët. De nos jours, c'est Robert de Courson qui porte le nom et le titre de la Souche, qu'il tient de sa grand'mère, dernière héritière de la maison de Porhoët. » (Courson de la Villeneuve : Histoire d'une maison bretonne, 1, p. 143).
Rennes. — Chef-lieu du département d'Ille-et- Vilaine. Cette ville est considérée comme la capitale de la Bretagne. A la mort de Conan II, en 1066, Hoël de Cornouaille devint comte de Rennes et duc de Bretagne. Il envoya son fils Alain, dit Alain Fergant ou Fergent, à la Conquête de l'Angleterre. Cet Alain ne fut duc de Bretagne qu'après la mort de son père, le 10 avril 1084. Alain, au moment de l'expédition, était vraiment comte de Bretagne, tandis que deux de ses compagnons, Alain Le Roux et Alain Le Noir, fils du duc de Penthièvre, n'étaient que comtes en Bretagne. Les généalogistes anglais n'ont pas fait cette distinction très importante. Au sujet d'Alain Fergant, voir au mot Alain, (les). La liste de Léopold Delisle porte Hughes de Rennes.
Retz. — Le territoire de Retz (pagus retiacensis ou ratensis) situé entre la Loire, la mer et la frontière poitevine
formait une importante baronnie dite de Retz ou de Rais, comprenant plus de quarante paroisses, avec de nombreux châteaux : Machecoul, Collet, Prigni, Prince et Pornic, qui existaient dès le commencement du xi^ siècle (Cf. René Blanchard : Introd. au Cart. des sires de Rais. (Archives historiques du Poitou.) Ce pays a certainement fourni un contingent à Guillaume, compris qu'il était entre le Poitou et la Bretagne, à laquelle il était incorporé.
On trouve dans le Domesdaj, comme s. t. (Hants, folio 50) Alwin Ret. Ne figurant pas parmi les tenanciers t. r. e. il est à peu près certain que Alwin n'était pas un indigène. On peut donc conclure à cause de la similitude du nom de Ret avec celui de Rets ou Retz que ce sous tenant était originaire de cette partie de la Basse-Bretagne et qu'il a été inscrit dans le Domesday sous le nom de sa province. Toutefois EUis (Intr. to Domesday, p. 372) mentionne cet Alwin (Hants, 50 ; Oxf. 161) comme tenant t. r. e.
Saint-Brieuc . — Chef-lieu du département des Côtesdu-Nord. Cette ville peut être considérée comme la capitale du pays connu, au Moyen-Age sous le nom de Pentever ou Penthièvre. M. de la Borderie (Hist. de Bret. II, p. 414) le décrit ainsi : « Entre la limite ouest du diocèse d'Aleth et du comté de Rennes et la limite est du comté etdeTévêché de Léon s'étendaient les deux diocèses de Saint-Brieuc et de Tréguier, répondant aux deux grands pays ou pagi, signalés vers le vi'' siècle sous le nom de Goëlo et de Pentevr et qui devaient aux ix^ et x^ siècles former deux comtés. » Au moment de l'expédition de Guillaume, Eudon ou Eudes était comte de Penthièvre deux de ses fils Alain le Roux et Alain le Noir passèrent en Angleterre. (Voir sur les deux Alain, fils du comte de Penthièvre, verbo Alain (les).
Saint-Malo. — Chef-lieu d'un des arrondissements de rille-et- Vilaine. On trouve dans la liste de Bromton SaiiU- Malou. Rien ne permet de supposer qu'il s'agisse de Saint- Malo de Bretagne, mais nous croyons que le pays malouin a donné un guerrier à la conquête.
Wace, dans une énumération partielle et restreinte des Bretons qui combattirent à Hastings, dit au Roman de Rou De '^celelt le filz Bertran.
Vers 6391.
M. le Dr. Hugo Andresen dans le commentaire de son édition du Roman de Rou (Maistre Wace's Roman de Rou et des Ducs de Normandie, II, p. 705, en note) dit quePeleit ou Peeleit dans un autre ms. signifie Porrehoit ou Porrohoit. C'est une erreur. Il y avait en Bretagne, au moment de la conquête, deux pays parfaitement distincts, le Pontrocoët nom dont les formes s'adoucirent successivement en Portcoët, Podcroët, Porhaët et Porhoët (Voir ce dernier mot) et le Poulet ou Clos-Poulet. Le Clos-Poulet était formé de l'ancien Pagus Alethensis ; il comprenait une partie du canton de Cancale, celui de Châteauneuf et de Saint-Servan, (anciennement Aleth). Nous ne voyons pas dans Poulet le mot breton Plou, synonyme de clan, mais bien Pool, marais, à cause des terres basses, humides et presque submergées qui s'étendaient entre la baie du Mont St-Michel et la Rance et dont la mare de Saint Coulban est encore un vestige très important. Au point de vue étymologique Peeleit et Peleit sont plus près de Poulet que Porrohët, qui, d'ailleurs, dans ses transformations successives n'a jamais perdu son R. Il faut remarquer aussi que le fils Bertran de Peeleit est cité tout auprès du sire de Dinan, pays limitrophe du Clos-Poulet.
Quel était ce fils Bertran ?
Dans le Domesday-Book nous ne trouvons comme t. e. c. (Hauts 47) que Willelmus de Bertram. D'après Dudgale (Bar. I, p. 543) et Kelham (p. 42), ce Guillaume serait le fondateur du prieuré de Brinkburn dans le Northumberland et l'ancêtre des Mitfords. Dans la liste des s. t. nous trouvons Bertran (Som. 93 b. 94) et Bertrannus (Kent. 13). Aucune mention aux Filius, Fitz, etc. ne peut être relevée.
Si Wace, dont la liste est assez limitée, cite ce breton, c'est qu'il était un personnage important. Sa participation à la conquête a été certainement récompensée par Guillaume autrement que par des attributions de sous-tenant. Il y a donc lieu de croire, mais nous n'avons pas la certitude,
que le fils Bertran, originaire du Clos-Poulet, devint t. e. c. dans le Hampshire.
Vitré. — Chef-lieu d'arrondissement du département dllle-et-Vilaine. Wace et Leland mentionnent le sire de Vitré. De la Borderie l'enregistre sous le nom de Robert, baron de Vitré (Cf. De la Borderie : Vitré et ses premiers barons : Revue de Bretagne et de Vendée XVIII, 436.) Geoffroi duc de Bretagne, ayant donné à Rivallon, un de ses chevaliers, un fief limitrophe du Maine et de TAnjou, Rivallon construisit deux châteaux, Tun à Vitré, l'autre à Marcillé Robert. Le premier baron de Vitré se maria à Gwent Angan : de cette union naquit Tristan. qui devint baron de Vitré, à la mort de son père en 1030. Tristan épousa Inoguen de Fougères ; ils eurent pour fils Robert de Vitré, le véritable fondateur de Vitré qui prit part à la conquête de l'Angleterre. Il était alors âgé de 21 ans. Il fit le pèlerinage de Jérusalem et mourut vers 1090. Il avait épousé Berthe de Craon, dont il eut un fils André qui lui succéda, comme baron de Vitré et qui mourut en 1135. « Les barons de Vitré, dit M. de la Borderie {La ville de Vitré et ses premiers barons, p. 437) furent une race, rude et batailleuse bien digne de son auteur Riwallon et qui défendit intrépidement, pendant plus de deux cents ans les frontières bretonnes, guerroyant presque sans relâche, tantôt contre les seigneurs de Laval et de Mayenne, tantôt contre les comtes d'Anjou, les ducs de Normandie, les rois d'Angleterre, même parfois, quand la guerre du dehors chômait, contre les ducs de Bretagne et ses propres vassaux.
Le superbe château actuel de Vitré s'élève sur l'emplacement du château construit par Robert, quelque temps avant la conquête. Il n'en reste aucune trace. Le château primitif que transporta Robert se trouvait à l'emplacement même de l'église et du cimetière de Sainte Croix.
Waldinus-Brito. — Il tenait en chef dans le Lincolnshire : 365. Il figure aussi dans les Clam, in Chetst. 377. Il
est impossible de lui assigner une origine précise en Bretagne. On trouve aussi Waldin, Waldinus, comme soustenant dans le Devonshire. Il est peu probable qu'il y ait identité entre ces deux hommes. Le Waldinus, mentionné dans le Lincolnshire (353 b.) était d'origine normande : il avait suivi Guillaume de Perci.
Winemarus. — Ce Winemarus, intendant du comte de Bretagne est inscrit comme t. e. c. douze maisons dans le comté de Northampton. Northampt. (219-226 b.) : « In Northantom, Winemarus XII domus de III sold. ex his quatuor sunt vastœ. » Ellis le mentionne comme Chief steward to the earl of Britany. Il ne semble pas avoir de rapport avec avec Anslepe ou Hanslepe (Winemarus qui soustenait dans le Devonshire). Son lieu de naissance en Bretagne est impossible à préciser.
Sous-Teiianls d'origine bretonne
Homo comitis Alani. Lincolnshire : 346 bis
et 348 b.
Oxford, 155.
Drogo homo Radulfi nepotis Goisfridi Alse-
lin (Lincoln. 369 b.) Homo comitis Alani. Lincolnshire : 347 b. 348 b. ter.
Homo comitis Alani. Lincolnshire : 348 b. Homo Waldini Britonis. Lincolnshire 365.
Deux hommes de Godfroy Alselin (Voir Dinan) soustenaient dans le Lincolnshire (369 b. 370).
Homo Alani comitis. Yorshire : 310 b. 310 b. bis. Lincolnshire : 347. Landicus, Landry, nom très répandu dans le pays de Fougères.
Homo Alani comitis. Yorshire 310 b. et passim.
COLEGRIM
CONAN DROGO
EUDO
GODRICUS GODUINUS HOMINES DUO
LANDRICUS ODO
PICOT Homo Alain comitis. Yorshire : 310 b. Lin-
colnshire : 347 ter.
ROBERTUS Homo Goisfridi de VVirce (Geffroy de la
Guerche). Lincolnshire : 369.
ROBERTUS Homo comitis Alani. Yorshire : 312 b. 313
STEPHANUS Homo comitis Alani. Lincolnshire 348.
TORNAI Goisfridus Tornai, bomo comitis Alani.
Lincolnshire 348 b.
WALTERUS Walterus, homo Goisfridi Alselin (Voir Dinan) Nottinghamshire 289.
WAZELINUS Wazelinus, homo Goisfridi de Wirce ; Lincolnshire 369.
WIHOMARE (Guiomar) homo comitis Alani ; Yorshire
310 b. bis et 311 bis.
WIHOMARE (Guiomar) Cornwall.
WIHUMARC (Guiomar) Cornwall. Ces deux derniers sous-tenants ne sont pas autrement désignés. Leurs noms attestent qu'ils étaient d'origine bretonne.
WIMUNDUS Homo comitis Alani. Lincolnshire 347 bis, 347 b.
Le Contingent Poitevin