JURIDICTIONS TERRITORIALES
Les grandes subdivisions des comtés (shires, counties) étaient le Treding ou Riding, (Yorshire et Lincolnshire) : il formait le tiers du comté, avait sa cour particulière. Le Lalhe, Lest, Last se confond avec le Treding et le Rape de Sussex. Le Wapeatakchium est synonyme dans les comtés du Nord avec la Hundred des autres comtés. Les historiens sont en désaccord au sujet de la Hundred. Faut-il entendre un territoire de 108 Hides (Leiger-Book of Pelerborougli Abbey), ou un territoire sur lequel vivent 100 hommes {Lambard et Spdman), ou enfin un territoire renfermant 100 villages {BromLon) ? La question est obscure.
Castra, Châteaux, Castles. — • Avant la Conquête, les châteaux-forts étaient rares en Angleterre. Guillaume en fit élever de nombreux. « Ad castra quoque construenda, rex antecessores suos omnes superabat. » Les principaux châteaux furent ceux de Cantorbéry, d'Hastings, d'Alwinetune, (aujourd'hui Carisbrook, île de Wight), de Windsor, de Warcham, de Torre, de Dunhevet, d'Estrighoiel, deWigemore, de Cambridge, de Shrewbury, d'York, de Richemont, etc.
Manerium, manoir, manor. — C'était la résidence du propriétaire sur sa terre. Le domaine royal (the demesne of the Crown) se composait de 1422 manoirs ; le comte de Mortain en possédait 793, Alain Fergent, duc de Bretagne, 442, l'évêque de Bayeux 439, celui de Coutances 218. Le seigneur faisait deux parts de son manoir : il en conservait une que cultivaient ses vilains et ses censitaires (copyholders) ; l'autre était partagée entre des gens qui, en retour, lui devaient des services. La Halla, Aida, était la maison principale du manoir. On trouve une fois le diminutif Maneriolum. Mansio est un terme qui signifie manoir.
Les Prefecti ou Prepositi Maneriorum aut Villai^um étaient les Rceves, les Bailiffs et les Stewards.
Ceux qu'intéresseraient des études plus approfondies sur le Domesday-Book, sur la condition des personnes et la nature des biens, en Angleterre, au xi® siècle, pourront trouver d'utiles renseignements dans les ouvrages anglais suivants :
Allen : Inquiry into the rise and growth of the Royal Prérogatives in England. London, 1830.
Ellis : A General Introduction to Domesday-Book. London 1833.
Kelham : Domesday-Book Illustrated.
Spelman : Glossary, 1687.
Lyttleton : History of Henri IL London, 1767. Lambard : Gloss. L. L. Anglo-Sax. Ed. Whel. Daines Barrington : Observation on the Statutes. London, 1768.
Madox : History of the Exchequer. London, 1769. Webb : Short account of Domesday-Book.
Whitaker : History of Craven. London, 1812. Sandfort : Geneal. History. London, 1707. Glossary to Kennef s Parochial Antiquities. Blomefield : History of Norfolk.
Clarke : Connexion of the Roman, Saxon and English Coins London, 1771.
Serjeant Heywood : Dissertations of the ranks of the people under the Anglo-Saxon Government.
Turner : History of the Manners, Landed Property of the Anglo-Saxons. London 1805.
Tanner : Notit. Monast. 1787.
Fleta : Commentarius juris anglicani, sic nuncupatus sub Ldwardo rege.
Et parmi les ouvrages récents :
J. H. Round : Feudal England.
SiR James Ramsey : Foundation of England. Bateson's : « Mediœval England « (1066-1350).
Henry B. Wheatley : Domesdaj Bibliography, publiée dans le Domesday Stuclies, 11, pp. 663-695.
Knight Charles : History of British Costume. London,
LISTES
Le Domesday-Book n'est pas la seule source où il soit possible de puiser pour rechercher et découvrir quels furent, tout au moins en partie, les compagnons de Guillaume. Les Listes donnent aussi quelques indications. On appelle Listes les tables nominales dressées par divers auteurs, des seigneurs, gentilshommes ou guerriers qui suivirent le duc dans son expédition.
Le récit de la bataille d'Hastings, dans le Roman de Rou de Wace, (vers 7349 à 8885^) peut être considéré comme la plus ancienne liste des combattants à Hastings. Ce rôle est déposé au Bristish Muséum (MS. Régis 4 C, XI, folio 246). Il a appartenu au monastère de Tabbaye de la Bataille, où les religieux conservaient le rôle des Normands, qui avaient suivi en Angleterre le duc de Normandie ; sous Henri VIII, Leland le publia dans son premier volume des Collectanca. En 1799 parut : « The Master RoU of the principal officers in the Norman army commanded by William the Conqueror, wiih an hi^iorical account of the Baille of Hastings, and some interesting particulars respecting the Abbey of Waltham Holy-Cross founded by king Harold. (London : Plunner). Mais, d'après Dugdale, presque toutes les copies de ce document sont fausses, les moines ayant très souvent, par flatterie et par intérêt, inséré après coup dans cette liste les noms de bienfaiteurs et de personnes de marque. La Chronique des ducs de Normandie par Benoit est également intéressante à
1. Nos références sont données à l'édition du D"" Hugo Andresen : Maistre Wace's Roman de Rou et des ducs de Normandie, nach den Handscriften von Neuem hcrausgegeben. Heilbronn : Henninger 1S79. Cet ouvrage est bien supérieur comme critique et comme texte à celui de Frédéric Pluquet, publié à Rouen en 1827, Edition Frère.
consulter au titre : Ci passe li Dux e ses genz e ci est la Bataille, (du vers 36784 au vers 37989) ; Ed. Francisque Michel III, pp. 189, 252.) On cite encore la Liste d'ANDRÉ Duchesne publiée dans les Historiœ Normannorum Scriptores antiqui 1619), celle de Bromton, insérée dans les Historiœ Anglicanœ Ed. Selden (1652) ; celle de Tabbé De La Rue, dans ses Nouveaux Essais Historiques sur la ville deCaen ( T. I, p. 254). Dumoulin, de Gerville, Le Héricher, Léchaudé d'Anisy et de Caumont ont également dressé des listes : on les trouve disséminées dans leurs ouvrages. Les Nobiliaires, dont il ne faut accepter les affirmations qu'avec une extrême réserve, font souvent remonter à Tépoque de Texpédition des familles dont le seul titre de noblesse est d'avoir souscrit, beaucoup plus au nobiliaire lui-même, qu'à la charte de la fondation d'une ancienne abbaye. Enfin en 1862, fut dressée par les soins de M. Léopold Delisle une liste des compagnons de Guillaume. Leurs noms sont gravés sur le mur occidental de la nef de l'église de Dives (Calvados), ainsi que sur la colonne commémorative, érigée par M. de Caumont sur le promontoire qui domine le port de cette petite ville.