‹ Recherches historiques, généalogiques et bibliographiques sur les ElsevierChapitre 11 sur 25 · ABRAHAM II · texte numérisé non relu

ABRAHAM II

^Kf- ils de Jean Elsevier et d'Eve Van Alphen, Abraham II vit ' le jour à Leyden, le 5 avril 1655. Il fit ses études à l'université de sa ville natale, où il fut inscrit sur les registres, S le 7 septembre 1667, à l'âge de 14 ans. En 1679 (1), il y reçut le titre de docteur en droit; quoique avocat, il se fit inscrire sur la liste des corps de métiers en qualité d'imprimeur, le 15 août 1681. Le 17 mai 1681, Abraham sollicita auprès des curateurs de l'université le titre d'imprimeur juré, en remplacement de sa mère qui venait de se démettre de ces fonctions. Sa demande lui fut accordée (2). Le 20 décembre 1694, il s'adressa de nouveau aux curateurs de l'université, pour leur faire connaître que sa mère lui avait cédé l'imprimerie des langues orientales, que ses aïeux avaient achetée de la veuve du professeur Thomas Erpenius, et que par un acte en date du 20 décembre 1694, passé par-devant le notaire Henri de Munt, cette imprimerie ne serait plus vendue sans en donner préalablement la préférence à l'université, et qu'elle devra toujours se trouver disponible au service de cette université.

(1) Il avait écrit à cette fin une dissertation intitulée de Lcge Falcidia, imprimée le 12 janvier 1679.

(2) Voir n° 17, aux Pièces justificatives.

Les curateurs, prenanl eu considération que l'imprimerie des langues orientales a pu être vendue à diverses reprises par leurs possesseurs, pour des sommes considérables, résolurent d'accorder à Eve Van Alphen une pension annuelle de 500 florins, dont son fils jouirait après sa mort.

Abraham II, nommé échevin de la ville de Leyden, prêta le serment voulu pour cette fonction, le 6 août 1710. Il est clairement démontré qu'il n'a pas pris à cœur l'intérêt de son imprimerie et qu'il négligeait considérablement les produits typographiques sortis de ses presses, à la grande honte de ses aïeux. Plusieurs plaintes furent même faites à ce sujet.

Dans la livraison du 4e trimestre 1842 de l'intéressant recueil périodique publié à Gand sous le titre de Messager des sciences historiques de Belgique, est inséré un article intitulé : le Dernier des Elsevier, qui contient sur Abraham II et son imprimerie les renseignements curieux qu'on va lire. Ils sont extraits du Journal de voyage du docteur C. A. Lammermann, qui a fait un séjour en Hollande en 1710. Meuse! les a insérés dans sa publication intitulée : llistorish-Litterarisli Bibliographischer Magazin, Zurich et Chemnitsz, 1788-94, in-8°. En voici la traduction, telle que le Messager la donne :

« L'imprimerie Elsévirienne, qui était jadis célèbre à si juste litre, « est maintenant bien déchue et parait décroître encore de jour en « jour, parce que son possesseur, Abraham Elsevier, étant devenu « échevin de la ville de Leyden, néglige l'imprimerie, et parce qu'il est « assez ignorant. On peut du moins assurer avec vérité que dans toute « l'Europe on n'imprime pas d'une manière aussi vicieuse que là, k puisque les ouvriers y font les maîtres et ne repassent les corrections « que lorsqu'ils le veulent bien. La plus grande partie de ce qu'ils « impriment consiste en thèses, dont on soutient ici un nombre « incroyable. Si les étudiants n'étaient pas forcés de se servir de cette « imprimerie, et si Abraham Elsevier n'était pas devenu échevin de la « ville, il n'aurait certes pas grand' chose à mettre sous la dent. On « doit payer 5 florins pour la feuille d'impression; la main de mauvais « papier coûte 5 1/2 sols de Hollande, de papier fin 1 florin 2 sols; de « sorte qu'une petite thèse revient facilement à 60 ou 70 florins. Cette « imprimerie a la forme d'une équerre, et a par conséquent deux corce ridors; elle a beaucoup de casses, mais elle n'a en tout que quatre

« presses, dont on n'emploie journellement qu'une seule et tout au « plus deux. »

Abraham avait épousé, le 22 juin 1095, Marie Vermeulen, fille de Corneille Vermeulen, avocat à Amsterdam. Il mourut à Leyden, le 50 juillet 1712, laissant une fille, Eve-Marie, épouse de Pierre Du Mée, secrétaire à Soelermeer, laquelle mourut sans enfants. Sa veuve, Marie Vermeulen, épousa en secondes noces, en 1725, Isaac Elsevier, échevin à Bois-le-Due et bourgmestre de Saint-Michel-Geslel , où elle décéda, le 17 mars 1758, et lui, le 5 octobre 1742.

Ses affaires furent très-brouillées après sa mort. Le 20 février 1715 eut lieu la vente de son imprimerie, qui, à cause de la rareté de l'argent, n'a produit qu'environ 2,000 florins, et est passée en différentes mains.

M. Rammelman-Elsevier est en possession d'un catalogue imprimé, où est annoncée la vente de son imprimerie, qui consistait en 4 presses, poinçons-matrices et plusieurs caractères pour les langues arabe, syrienne, samaritaine, éthiopienne, grecque, hébraïque, latine, allemande et hollandaise. ,

PIERRE

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près avoir parlé des Elsevier qui ont été libraires et imprimeurs à Leyden jusqu'en 1712, nous allons nous occuper de ceux qui ont exercé cet art à Utrecht et à Amsterdam. Depuis la mort de Joost Elsevier, en 161 7, nous ne trouvons pas d'autres Elsevier qui se soient occupés de l'imprimerie à Utrecht, que son petit-fils Pierre Elsevier, qui s'est établi dans cette ville. Ce Pierre, né à Rotterdam, le 8 mars 1645, fut le fils de Pierre Elsevier, négociant à Rotterdam, et d'Anne Van der Mast, et petitfils de Joost Elsevier et de Margarete Van der Woert, et par conséquent arrière-petit-fils de Louis Elsevier et de Marie Duverdyn.

Après la mort de ses parents, avant 1657, il eut pour tuteurs ses oncles, Louis Elsevier, fils de Joost, imprimeur à Amsterdam, et André Hellerus , qui avait épousé Marie Elsevier, fille de Joost Elsevier. Ce Pierre fit ses études à l'université d'Ulrecht, où il reçut le titre de docteur en droit. C'est à son mérite et à ses talents distingués qu'il dut les fonctions honorables qu'il remplit à Utrecht pendant les années 1677 et 1678, de conseiller, échevin et enfin trésorier de la ville (1).

(1) Voir n° 18, aux Pièces justificatives.

Nous ne trouvons nulle part qu'il eut une imprimerie à Utrecht, mais en 1667 il sollicita la permission d'exercer l'état de libraire, permission qui lui fut accordée à la condition de ne vendre que des livres non reliés. Défense lui fut même faite d'avoir chez lui des outils de relieur, sous peine d'une amende de 100 florins pour chaque fois qu'on en trouverait. Il est probable que ces livres provenaient du fonds de Daniel Elsevier, imprimeur à Amsterdam.

On connaît de lui quatre productions littéraires (1), qui figurent dans la biographie des poètes hollandais intitulée : Biographisch-Anthologisch en critisch Woordenboek der Nederduytsche dichters, par P. G. Witsen- Geysbeek, imprimée à Amsterdam en 1822, in-8°.

Comme ces livres ont été imprimés à Amsterdam, on est tenté de croire qu'ils sont sortis des presses de Daniel Elsevier.

Pour constater certains faits bibliographiques, il est essentiel de constater la date précise de la mort de Pierre Elsevier; nous pouvons assurer qu'il mourut à Utrecht, le 22 septembre 1696.

Ce fait établi, il est évident que c'est lui-même, tout en exerçant les fonctions d'échevin, qui s'est chargé d'imprimer les Mélanges de Colomies, ml 2 ; à Utrecht, chez Pierre Elsevier. Anno 1692.

C'est donc à tort que le professeur Adry, dans sa notice sur les Elsevier, de 60 pages in-8° (1806), extraite du Magasin encyclopédique, et imprimée à part chez Delance, à Paris, suppose que le livre susmentionné à été publié par son fils, qui portait aussi le nom de Pierre; ce fils n'avait alors que quatorze ans,

Nous rectifierons en même temps une erreur de ce savant professeur, lorsqu'il cite une lettre dans les Syllog. Epp. de Burman, tome IV, pages 684-685, dans laquelle il avance que Pierre Elsevier s'est occupé, en 1680, de la succession d'une sœur de Daniel Elsevier. En

(1) Savoir :

a. Scheele Griel, of de gestraflc tvellusl, 1662.

b. De gestoorde vreucht, 1664.

c. De Sp ring end e docler, 1 666.

d. De broek dragcndevrouw, 1666.

Ces quatre livres, qu'il a écrits lui-même, ne sont que des scènes de lieux de débauches, dont il a été peut-être témoin pendant sa vie d'étudiant.

Bérard, dans son Essai bibliographique sur les éditions des Elzevier, page 43, dît que l'ouvrage de Benjamin Priolo , de Rébus gallicis , est imprimé : Ullrajecli, apud Pclrum Ehevirium, 1669.

lisant attentivement cette lettre, on voit qu'il ne s'agit pas d'une sœur de Daniel, mais bien d'une sœur de Louis Elsevier, imprimeur à Amsterdam, et fils de Joost.

Elle se nommait Marie Elsevier et épousa, en 1656, André Hellerus. Elle mourut à Utrecht, le 18 octobre 1680, sans progéniture. Par son testament, en date de 1671, elle nommait pour héritiers de sa succession les enfants de feu son frère Pierre, négociant à Rotterdam, ainsi que ceux de sa sœur Barbe Elsevier, épouse de Frédéric Beerninck, dont Daniel épousa une fille, nommée Anne Beerninck. Il est donc évident que Pierre Elsevier (1) (I'échevin) et Anne Beerninck durent hériter de leur tante Marie Elsevier.

C'est justement cette erreur, commise par M. Adry, qui a donné lieu à M. Rammelman-Elsevier de faire des recherches très-étendues sur la personne de ce Louis, imprimeur à Amsterdam, et il est maintenant prouvé qu'il était un fils de Joost Elsevier, comme nous le verrons plus tard

Pierre Elsevier contracta deux mariages : il épousa en premières noces, le 50 octobre 1666, à Utrecht, Alette Van Benthem, fille de Jean Van Benthem et de Clara Van Wyckersloot. De ce mariage naquirent deux jumeaux (2).

Sa première épouse mourut le 10 octobre 1668.

Il épousa en secondes noces, le 25 mars 1677, Sophie Van Luchtenburg, fille de Jonathan Yan Luchlenburg, secrétaire aux états généraux, dont il eut deux fils, Jonathan (5) et Pierre (4). Il mourut le 22 septembre 1696, à l'âge de 55 ans (5).

(1) Il eut encore un frère, nommé Adrien, qui épousa, en 1670, Pélronille-Cornélie Van Oudensleyn , d'Alckmaar, laissant un fils, Pierre Elsevier, ministre protestant à Amsterdam, dont le fils, Adrien- Jean, fut également ministre prolestant à Amsterdam. Ce dernier épousa Jeanne-Magdalène de Marées. Il existe un portrait de chacun d'eux (les ministres), gravé par .T. Houbraken en 1753-1754. Leurs descendants sont les Elzevier-Dom, d'Amsterdam.

(2) Clara, née le 21 avril 1667, morte en bas âge.

Anne, née le 21 avril 1667, épousa, le 27 mai 1693, M. Albert Van Overmaer, avocat, et en secondes noces, le 1er janvier 1699, M. l'avocat Jean Van Muyden.

(3) Jonathan, né à Utrecht, le 3 février 1678, mort le 25 mars 1718, sans alliance.

(4) Pierre, né à Utrecht, le 8 juin 1679, tué en 1709 à la bataille de Malplaquet, à laquelle il assistait comme lieutenant.

(5) A la bibliothèque de la ville d'Utrecht, se trouve une dissertation de Corneille Luchtenburg, de 1686, qu'il dédia à son père Mathieu Van Luchtenburg, et à son oncle Pierre Elsevier, jurisconsulte et ex-échevin de la ville d'Utrecht, etc., etc.

Lui et son frère Adrien avaient choisi pour leurs armes un bûcher enflammé ,

signe parlant de leur nom; leurs descendants reprirent celles de leurs ancêtres.

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