‹ Recherches historiques, généalogiques et bibliographiques sur les ElsevierChapitre 12 sur 25 · DANIEL · texte numérisé non relu

DANIEL

hANIEl, fils de Bonaventure Elsevier et de Sara Van \ Ceulen (1) (de Cologne), petit-fils de Louis Elsevier et de | Marie Duverdyn, naquit à Leyden. fl fut baptisé (2) à l'église de Saint-Pierre, le 14 août 1626. C'est donc à tort que le professeur Adry fixe l'époque de sa naissance au 26 novembre 1617 (5).

Il fit ses études à l'université de Leyden, où il entra à l'âge de douze ans. Après y avoir étudié quelques années, il partit pour Paris, le 23 juin 1645 (4), ville que son cousin Jean Elsevier avait quittée en 1644.

Daniel resta trois années à Paris et revint dans sa patrie en 1648, où il suivit de nouveau les cours de l'université à dater du 2 mars de cette année.

(1) Elle naquit à Rotterdam, le 20 août 1601.

(2) A ce baptême assistèrent comme témoins Daniel de Cologne, Gilles Elsevier et Sara de Cologne.

(o) Vérification faite à l'état civil de la ville de Leyden , on trouve : « Baptisé à l'église wallonne, le 26 novembre 1617, Daniel, fils de Monsieur Clyver; témoins MM. Heynsius, de Mérule, et la femme du professeur Meursius. » On a certainement lu Elsevier pour Clyver.

(4) Avec attestation ecclésiastique.

Bonaventure Elsevier ayant laissé après sa morl, en 1652, sa part dans l'imprimerie qu'il possédait en commun avec son neveu Abraham , et sa part dans leur boutique de La Haye à son fils Daniel , il est évident que celui-ci en a pris ce qui lui convenait pour fonder son nouvel établissement à Amsterdam. Il est généralement connu que Daniel avait pour correcteur et directeur de son imprimerie le savant Zetterus ou Zetter, homme aussi recommandable par sa profonde instruction que par ses qualités personnelles, et dont plusieurs savants ont parlé avec le plus grand éloge; et que Carpzovius qualifiait du nom de ministre elsevirien. 11 y a eu des libraires de ce nom à Amsterdam, ïl a également eu pour correcteur M. Simon Moinet, de Paris, dont nous nous entretiendrons ultérieurement.

La Bibliothèque de la ville d'Utrecht possède une correspondance entre Daniel Elsevier et Nicolas Heins (Heinsius) de 1675-1679; cette correspondance a duré trop peu d'années, pour faire supposer qu'elle soit d'une haute importance, mais elle présente toujours certain intérêt bibliographique, ce qui nous a décidé à en faire mention. Il est à regretter que cette correspondance ne soit pas plus connue.

Dans une de ces lettres, Daniel fait connaître à Nicolas Heinsius qu'il n'aime pas à imprimer des livres hollandais, à cause du peu de débit qu'ils ont dans l'intérieur du pays, débit qui est encore moindre à l'étranger.

Dans une autre lettre, en date du 8 juin 1677, il écrit ce qui suit :

« J'ai imprimé un livre philosophique, intitulé : de Deo, Anima et « Malo, l'auteur est Bipontinus, dit Poirret. Quant aux Poemata de « Messieurs Forreest, je ne serai pas disposé de les imprimer à mes « frais, ayant bien appris par ceux de Monsieur Ménage et Hoogerse, « dont le dernier fut obligé par contrat de prendre et de payer quel- « ques centaines d'exemplaires; mais lui étant décédé, je n'en ai pas « reçu grand'chose; mais si ces Messieurs (Forreest) veulent prendre « 500 exemplaires , je les leur laisserai pour un prix raisonnable, et si « je saurai de quelle manière ils désirent que l'ouvrage soit imprimé, en « sachant en même temps la grandeur, je leur enverrai le prix (sic). »

La plupart de ces lettres sont cachetées avec les lettres D E; on en trouve une à la date de 1675 avec les armes des Elsevier (1).

(1) On remarque à Délit, sur la pierre sépulcrale de I-ouis Elsevier (fils d'Arnout), les

Daniel Elsevier avait épousé, le 4 février 1655, à Utrecht, sa cousine Anne Beeminck, fille de Frédéric Beerniock et de Barbe Elsevier (1), et par conséquent, pelite-fille de Joost Elsevier et de Marguerite Van der Woert.

De ce mariage naquirent trois fils : Bonaventure (2), Daniel (5) et Louis (4), et plusieurs filles, entre antres Marie (5).

Daniel Elsevier mourut à Amsterdam et fut inhumé dans l'église de Saint-Pierre à Leyden, le 26 octobre 1680. Il adopta pour marque d'imprimeur Minerve et l'Olivier, avec la devise ne extra oleas.

Les éditions anonymes ou pseudonymes de Daniel sont ordinairement distinguées par une sphère.

On trouve depuis 1629, dans les livres des Elsevier, en tète des pré

mêmes armes que nous avons décrites au commencement de cet. ouvrage. Il Êfcrâii pourtant à désirer qu'on connût l'époque précise de l'adoption de ces armes par les Elsevier, et qu'on sût si Louis Ier les possédait.

(1) Elle naquit à Utrecht et y épousa, le 19 février 1632, Frédéric Beerninck. Elle y mourut Is 25 juin 1638, laissant deux fils (Joost et Frédéric), et deux tilles, savoir :

a. Wilhelmine, née le 9 décembre 1632, épousa, le 18 juin 165-i, Jean de Bruin, professeur à l'université d'Ulrecht.

b. Anne, née le 13 mars 1634, épousa, le 4- février 1655, Daniel Elsevier.

Frédéric Beerninck, veuf de Barbe Elsevier, épousa en secondes noces Marie de SolingUe. De cette union naquit une fille, Barbe, qui épousa, en 1666, l'avocat Guillaume Elsevier, frère de Daniel, imprimeur à Amsterdam.

(2) Né à Amsterdam et mort à Leyden, le 25 septembre 1679. Sans alliance. (5) Décédé en bas âge à Amsterdam, le 15 août 1669.

(4) Né à Amsterdam. Il avait étudié à l'université d'Oxford (Angleterre). Ce fnït est consigné dans la correspondance de Daniel Elsevier avec Nicolas Heinsius. Il avait épousé N. de Roos. Ils moururent sans laisser d'enfants.

(5) Elle épousa M. Gerbrand Elias, avocat à Amsterdam.

faces, desépîtres dédicatoires et du texte, un fleuron où est figuré un masque de buffle.

Dès le Salluste (1) de 1634, et peut-être auparavant, ils en adoptèrent un autre, où Ion remarque la ressemblance d'une sirène; ils employèrent probablement pour la première fois, page 216 de cette édition, un cul de lampe qui représente la tête de Méduse.

Cependant Daniel ne fut pas toujours fidèle à ces insignes; dans le Térence de 1661 , par exemple, il substitua à la tête de buffle et à la sirène une guirlande de roses trémières qu'on retrouve dans un grand nombre de ses éditions.

Dans le Perse de Wederburn, il adopta un large fleuron dont le milieu est occupé par deux sceptres croisés sur un écu.

La Sagesse de 1662, trois livres, par Pierre Charron, à Amsterdam," chez Louys et Daniel Elsevier, in-12, 8 feuilles y compris le titre, 622 pages, en représente un autre qui porte dans son centre un triangle ou delta renversé inscrit sur un X. Certaines de ses éditions anonymes de cette dernière époque portent, à la place de la sphère, un bouquet composé de deux grandes palmes courbées en ovale , avec quatre larges fleurs rosacées en losange, et une cinquième qui fait le milieu de l'ornement.

La plupart de ses derniers volumes sont sans fleuron (Ch. Nodier). Un certain Pierre Du Marteau a imprimé à Cologne pour Daniel Elsevier, les :

« Dialogues où les fables les plus curieuses de V antiquité sont expliquées « d'une manière fort agréable, à Cologne, chez Pierre Du Marteau, 1671, « in-12, 4 feuill. y compris les deux titres, et 547 pages avec la sphère, « la guirlande de roses trémières et les palmes croisées. » Volume rare et fort bien imprimé.

Après la mort de son mari , Anne Beerninck continua son établissent) C.Salluslius Crispus, Lugduni Balavorum, officina Elzeviriana. Anno 1G34; in-12, 8 feuillets y compris le texte gravé , 510 pages, et 17 1'. I.

ment sous le nom de La veuve de Daniel Elsevier; elle publia : Esclaircissement ou la suite du Traité de la nature et de la grâce, par M. Malebranche, de l'Oratoire. A Amsterdam, chez la veuve de Daniel Elsevier, 1681 , in-12 de 68 pages ; ouvrage fort rare, qui n'a jamais paru dans aucune vente (Ch. Nodier, Mélanges tirés d'une petite bibliothèque).

Anne Beerninck mourut à Amsterdam, et fut inhumée à Leyden, le 15 mars 1681 , dans le caveau de son mari.

Après leur mort, leurs enfants n'ont pas longtemps continué l'imprimerie. Ils imprimèrent cependant Tibère, discours politique sur Tacite, etc., in-4". Amsterdam, 1682, chez les Héritiers de Daniel Elsevier. Par ces héritiers, il faut comprendre son fils Louis et ses sœurs, car les autres étaient décédés avant cette époque.

Le savant M. Brunet, connu par son Manuel de la librairie, possède une lettre du liquidateur de la succession de Daniel Elsevier au .nom de ses enfants : cette lettre, en date du 15 janvier 1682, est adressée à M. Toynard à Paris, et commence ainsi : « Comme par la mort de feu « M. Elsevier et celle de Madame sa femme, les enfants, par l'avis de « Messieurs leurs tuteurs, ont quitté le négoce, elc » • En 16§1, il y eut une vente de livres du fonds de Daniel Elsevier à La Haye (in ofjicina Elsevirianà), et, à Amsterdam, dans la même année parut le Catalogue de ces livres, qui furent vendus le 14 août 1681. Malgré la rareté de l'argent à'cette époque, son fonds produisit la somme de 100,000 florins.

M. Adrien Moetjens (1), imprimeur libraire à La Haye, en avait acheté une grande partie dont il renouvela purement et simplement les feuillets préliminaires; c'est au savant M. Ch. Nodier que nous devons cette découverte. Elle se trouve consignée dans ses Mélanges (ouvrage déjà cité).

(I) Adrien Moetjens avait pris pour devise : Amat librariœ curam.

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