ELLE EST DONNEE A SAINT-EUVERTE D ORLEANS
d'Orléans, de venir apporter la réforme à Doue. Nous avons la preuve de cette acceptation dans une lettre de Tévêque du Puy trouvée par dom Martène dans les Fêtera Documenta de l'abbaye de Saint- Victor, de Paris. Voici cette lettre importante inconnue aux auteurs de la Gallia Christiana :
« Pierre, par la grâce de Dieu, évêque du Puy^ à « tous les fidèles de l'Eglise à perpétuité. — La soUi- « citude et la prudence des pasteurs doivent spéciale- « ment se préoccuper de ce qui touche à l'honneur de ■ c( Dieu et aux progrès de la religion et corriger les « négligences qui se glissent parmi leurs sujets. C'est « pourquoi, comme la discipline régulière et la règle « canoniale s'étaient presque perdues dans l'église de a Doue, Nous avons, à la demande de notre très cher « frère et ami Etienne, abbé de Téglise Saint-Euverte « d'Orléans, permis et accordé audit abbé et à ses a successeurs de travailler à faire désormais régner « l'ordre à Doue, suivant les coutumes approuvées « par l'Eglise, et à procurer là un plus grand honneur « à Dieu et à sa sainte Eglise, en y établissant des ce chanoines qui le servent régulièrement dans la « suite des temps. Ont été présents ànotre donation « et nous ont même prié de la faire : les chanoines de « l'église du Puy, Odo Caprasius, sacristain, Pierre « Gualli, trésorier, Maurice Sauverius. En ratification, « confirmation et perpétuelle mémoire de ladite dona- « tion, nous avons fait écrire la présente petite charte,
2é l'abbaye de doue
« que nous avons fait munir de notre sceau C^). » Cette lettre nous permet de corriger plusieurs erreurs commises par le Frère Théodore et, après lui, par la Gallia Christiana, relativement à Doue. Cette abbaye ne fut pas comme on l'a dit, donnée d'abord à l'Ordre de Prémontré. Quand même, ce que l'on ne peut faire, on rapporterait son origine à l'année 1138, on ne pourrait pas dire que ce fut la seconde maison de l'Ordre, parce que, à cette date, l'Ordre s'était déjà répandu dans le monde entier. On ne peut pas dire, non plus, qu'une erreur se soit glissée dans la lettre d'Etienne de Tournai à Pierre^ évêque du Puy, lettre intitulée : « Tro ecclesia Sancti Evurtii. Pour l'éojlise de Saint-Euverte » . En effet, comme Etienne, abbé de Saint-Euverte, avait demandé à l'évêque du Puy de lui donner à lui et à ses successeurs l'église de Doue^ il n'est pas étonnant que cette lettre porte le titre : « Pour l'église de Saint-Euverte. » Enfin les deux.lettres d'Etienne, naguère abbé de Saint-Euverte d'Orléans, devenu coup sur coup abbé de Sainte- Geneviève de Tournai et évêque de cette dernière ville, adressées l'une à Pierre IV, évêque du Puy, et l'autre à un chanoine de cette ville n'offrent plus de difficultés. Nous y voyons seulement que Pierre IV, pour des raisons que nous exposerons tout à l'heure,
(i) Dom Martène AnipUssima Collectio, VI, 237-238. — Tablettes historiques du Feîay, IV, 531.
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avait renoncé à son premier projet d'abandonner Doue aux chanoines réguliers de Saint -Euverte d'Orléans. Etienne, poussé peut-être par les religieux de son ancienne abbaye à laquelle il devait s'intéresser encore, presse l'évêque du Puy et ses chanoines de tenir parole. Voici ces deux lettres dans toute leur teneur :