‹ Recherches historiques sur l'Abbaye de Doue [microform]: et sur les prieurés qui en dépendaientChapitre 14 sur 78 · CHANOINES REGULIERS · texte numérisé non relu

CHANOINES REGULIERS

« l'évêque du Puy, puisque lui-même avait été abbé « de Saint-Euverte, avant de devenir abbé de Saintece Geneviève. Il faut donc dire, d'après la seconde « lettre écrite à B., chanoine du Puy, que Etienne: « écrivit à Pierre pour la maison de Doue, et non i< pour l'église de Saint-Euverte qui était déjà sous sa « juridiction,, et dont il ne pouvait pas dire : « Je « désire voir ce lieu. » Dans le cas contraire, il (( faudrait affirmer que saint Euverte fut d'abord le « patron titulaire de la maison de Doue, ce qui est « invraisemblable, ou qu*un copiste a écrit Saintce Euverte pour Saint-Vosy, ce qui ne Test pas moins. « Quoiqu'il en soit, les lettres de l'évêque de Tournai « n'eurent pas le résultat désiré, nous ne savons pour « quelle raison, Pierre, évêque du Puy, céda ou « plutôt confirma aux Prémontrés la possession de c( Tabbaye de Doue ('i-' » .

L'opinion contraire à celle que nous venons d'exposer, à savoir que Doue n'a pas été donné d'abord aux Prémontrés, est soutenue par Dom Martène (2), Hugo (3), Arnaud (4) et Rocher (sA Nous croyons les arguments qu'ils apportent péremptoires et décisifs.

Ecoutons d'abord l'annaliste Prémontré Hugo :

(î) GaJlia Chrlstiana, II, col. 759-770.

(2) ^tnplissima Collectio, VI, col. 237-238.

(3) Afin, ord . Can. Pram., col, 613 et suiv.

(4) Histoire du VeJay, I^ 127-128.

(5) Tablettes historiques du Veîay, TV, 520.

« Tout ce que le jeune abbé (de Doue), assez étranger à l'histoire du pays anicien, nous dit de l'ancien état de son abbaye, mérite à peine créance ; car il l'affirme sur la foi des traditions populaires ». Hugo ajoute sur le même ton malin : « Qui croira que, à cette époque (i 138), l'Ordre de Prémcntré, encore tout imprégné de l'esprit de ferveur que lui avait communiqué saint Norbert^ son fondateur (ri2o)^ ait eu besoin de la férule de chanoines vivant d'une manière relâchée pour être ramené à l'exacte observance de ses Règles? » Il s'accorde ensuite admirablement avec les autreS;, Dom Martène, Arnaud et Rocher sur les points suivants : La maison de Doue n'a pas été d'abord habitée par des chanoines Prémontrés, mais par d'autres chanoines réguliers; il est certain que^ aux environs de l'an iiéo^ pendant les désordres qu'amenèrent les contestations des évêques avec les vicomtes de Polignac, la règle s'était fort relâchée parmi ces chanoines ; Pierre IV (0^ ce grand évêque du Puy, qui siégait depuis 1159 et « qui fut dans le Velay le contrepoids le plus efficace de la puissance féodale », se préoccupait beaucoup des désordres qui affligeaient cette maison ; il accepta avec empressement les propositions que lui faisait Etienne, abbé de Saint-Euverte

(i) Pierre IV de Solignac. Il appartenait à une illustre fanaille du Velay qui s'est fondue, au milieu du xive siècle, dans la maison de Polignac.

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