‹ Recherches historiques sur l'Abbaye de Doue [microform]: et sur les prieurés qui en dépendaientChapitre 28 sur 78 · ÎRAVEE SUR LE TOMBEAU DE ROBERT DE LA ROCHETTE · texte numérisé non relu

ÎRAVEE SUR LE TOMBEAU DE ROBERT DE LA ROCHETTE

Chanoine de Doue

LES ABBÉS : BERNARD d'eSPALY 59

venons de parler, celui des seigneurs de Lardeyrol, qui avaient fondé dans l'église du monastère la chapelle de Sainte-Catherine (^). Les différentes familles qui posséderont le château de Lardeyrol se montreront, dans la suite des siècles, également généreuses* envers les religieux Prémontrés de l'abbaye de Doue.

Armand Dussoyre résigna sans doute son abbaye, pour des raisons que nous ne connaissons pas, en faveur de Bernard d''Espaly, troisième abhi de 'Doue, L'existence de cet abbé est restée inconnue aux auteurs de la Gallia Christiana et des Annales de f Ordre de Prémontré. Il figure comme témoin dans un acte d'hommage rendu, le 2 septembre 1233, par Rolland, chanoine de Saint-Agrève, à la Collégiale du même nom, pour une maison sise au Puy, qu'il avait acquise de Bertrand Gire i^). Il resta probablement à la tête de l'abbaye jusqu'en 1240.

Sous son gouvernement, le 21 janvier 1238^ Pons d'Ariane, chanoine du Puy, dispose en faveur du monastère de Doue, sur son lit de mort, d'une somme de trente sous. Le 3 des ides d'octobre (13 octobre) 1239, Guillaume, aliàs Guigon de Roche, abbé de Saint-Pierre-Latour, au Puy, institue un legs en sa faveur dans les termes suivants : « Je veux que les

(1) Gallia Christiana, II, col. 771.

{2) Archives départementales de la Haute-Loire, f. de l'Evêché, G. 499.

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treize chanoines de Doue^ Ordre de Prémontré, reçoivent en argent (Jibrentur), aux jours de mon enterrement et de mon anniversaire, une somme de douze deniers, égale à celle que j'ai léguée ci-dessus aux 'clercs de l'Eglise du Puy portant surplis, .. De même je veux qu''il soit prélevé sur mes meubles de quoi me recommander une fois aux prières des maisons de la Séauve, de Clavas, de la Chaise-Dieu, de Doue... et que le lendemain l'on donne quelque pitance aux maisons susdites pour le repos de mon âme et de celle de ma mère (^). »

Le successeur de Bernard d'Espaly sur lé siège abbatial de Doue fut Hymbert, quatrième abbé. Hymbert, dont le nom s'écrit encore, Ymbert et Imbert, dut veiller soigneusement au maintien de la discipline dans son propre monastère ; car à peine installé comme abbé, il s'occupe en 1240, de concert avec Bernard de Montaigu, évêque du Puy, de la réforme des religieux de l'Ordre de Saint-Benoît (2). S'agissaitil dé réformer l'Ordre entier ou une maison en particulier ? Nous l'ignorons. Aucun des auteurs que nous avons consultés ne parle de cette réforme des Bénédictins.

Hymbert s'occupa des intérêts spirituels de son

(i) Tablettes historiques du Veîay, II, 294 à 297. — Du Molin, ^aronnie de %oche, 12 et 13.

(2) Payrard, Inventaire {Chartier) de Sancta Aniciensi Ecclesia, p. 16.

LES ABBÉS : HYMBERT ET JÀRENÏON 6l

monastère sans négligePses intérêts temporels. C'est, ainsi que dans le cours de la même année 1240, il obtint de Gilbert de Goudet, seigneur dudit lieu^ la cession des dîmes de la paroisse de Saint-Martin-de- Fugères f^L Vers la fin du gouvernement de cet abbé, Laurent;, devenu de chanoine du Puy, évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux, léguait par testament beaucoup de propriétés, multa praedia, au monastère^ de Doue (2).

Le successeur d'Hymbert, et par conséquent le cinquième ahhi connu de Doue, fut Jarenton . Il appartenait à la riche famille seigneuriale de Glavenas, originaire de la petite paroisse de ce nom, près Yssingeaux. Avant de devenir abbé, il était depuis longtemps prieur.

A peine installé dans sa haute charge, en 1246, il achète de Bertrand et de Giraud de Servissac dix sous de rente imposés sur une vigne appelée /aj Me//lice'\i).

Aux nones de septembre 1250, Castus de Saint- Nectaire, abbé de Saint-Vosy, renouvelle en sa faveur Tinvestiture des maisons que l'abbaye possédait au Puy; il lui permet de les habiter, de les louer, d'y faire des ouvertures, d'en disposer selon

(i) A. Jacotin, Prmws de. la Maison de PoUgnac, 1, p. 74. {2) Gallia Chrdstiàna^ Il col. ^yji .

(3) Inventaire de xjSz,

é2 L* ABBAYE DE DOUE '

ison bon plaisir. Il Finvestit ensuite d'une autre maison qu'il vient d'acquérir de Pierre et d'Etienne Lanier. Etienne renonce à la part du prix qui lui revient ; Pierre reçoit dix livres podienses. En retour des services que l'abbé de Doue lui a rendus, l'àbbé de Saint-Vosy le tient quitte des trente-neuf livres podienses auxquelles s'élevaient ses droits seigneuriaux d'investiture. Guillaume, évêque du Puy, le doyen et quelques membres du Chapitre cathédral, appelés à donner leur consentement à cet acte, reconnaissent de concert avec l'abbé de Saint-Vosy le dévouement obséquieux et la bienveillance des abbés de Doue à l'égard du monastère de Saint-Vosy et de l'Eglise du Puy; ils s'estiment tous heureux de témoigner leur reconnaissance, non seulement aux religieux de Doue, mais encore aux autres religieux de Prémontré dont l'institut et la renommée se sont répandus comme une bonne odeur par toute la terre, cujus religionis odor et fama uhique terrarum rédolet i^K

Nous avons, sous le gouvernement deJarentoU;, un legs pieux en faveur du monastère à enregistrer. Hérail d'Ariane, chanoine du Puy, veut et ordonne « par testanient ien date du 29 juin 1253, que l'Université des clercs de la ville du Puy, portant surplis,

(i) archives dép. de la Haute-Loire, f. de Doue. Voir aux Pièces justificatives, no 4. . ;

LES ABBES : JARENTON 6^

ses principaux légataires^ donnent une certaine somme aux treize chanoines de la maison de Doue, à chacun d'eux autant qu'à chaque clerc, c'est-à-dire douze deniers, qu'ils donnent aussi à toute la maison cinquante sous podiens pour un repas (^K

Jarenton dut prolonger sa vie au delà de 1255, puisque Armand de Polignac, élu évêque du Puy vers cette date, lui donne à lui et à son monastère plusieurs bénéfices, ceux sans doute de Borne et du Pontempeyrat querabba5'-e a possédés jusqu'à la Révolution française (2).

Au mois de septembre 1,261, sous l'abbé Jarenton ou sous son ■ successeur, André du Bois, prieur du monastère de Doue, fait, au nom de l'abbé et des chanoines, un échange de quelques propriétés avec la maladrerie de Brives. La charte où nous avons puisé ces renseignements est en si mauvais état que nous n'avons pu en tirer autre chose (?).

Le 17 août 1265, Guigue, seigneur de Rochè-en- Régnier, donne^ par testament, un repas à la maison de Doue (4).

(1) Archives de l'Hôpital du Puy, B, 710. — A. Chassaing, Car Maire des Hospitaliers, 52 et 54.

(2) Gallia Christiana, II, col. 771. — Odo de Gissey, Hist, de N.-D. du Puy, P'. 391,

0) Archives dép. de la Haute-Loire, fonds de la Maladrerie de Brives,

(4) Du MoLiN, "Baronnie de Roche, p. 22.

Ces dons plus ou moins importants maintiennent une certaine aisance au sein de notre pieuse colonie norbertine; nous ne tarderons pas cependant à la voir traverser de terribles épreuves.

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