X INTRODUCTION
Christiana (^^ et les Annales de l'Ordre de Prémontré (^'5 sont trop peu nombreux et. souvent trop laconiques pour satisfaire pleinement la curiosité du lecteur ; ils ne présentetît ni la liste complète des abbés, ni la durée du gouvernement de chacun d'eux s
Faut-il renoncer pour cela à décrire d'une manière acceptable V établissement et le long séjour des enfants de saint Norbert dans notre pays? Non, certes, ce serait ne comprendre ni l'humanité ni Vhistoire. Les monastères, même les plus isolés et les plus rigides, ont eu nécessairement et toujours des rapports d"" abord entre eux, puis avec le clergé séculier' et le monde laïque. C'est pourquoi, en étudiant les relations de V Abbaye de Doue avec les Prieurés qui en dépendaient, avec les évêques du Puy et le Chapitre cathédral, avec les couvents groupés autour de la Basiliqtie angélique ou -répandus ça et la dans le Velay-, avec les seignetirs voisins, petits ou grands, ses bienfaiteurs ou ses ennemis, nous découvrirons sur cette Abbaye et ses religieux un ensemble défaits bien propres à nous donner tme idée suffisante de sa vie extérieure. Quant à sa vie intérieure, nous pourrons plus facilemeitt encore nous en rendre compte.
L'intérieur de l'Abbaye de Doue s'est modelé certainement sur celui des autres maisons ?îorbertines , puisque ses religieux suivaient la même règle. Nous donnerons donc,
(i) Tome II, col. 769 à 773, édition Palmé, Paris, .1873-. . ,(2) Col.. 613 et suivantçs.
;iNTRODUCT)ON XI
dans un chapitre préliminaire, quelques courtes notions sur r Ordre de Prémoniré en général. La connaissance même sommaire de cet ordre, jadis si florissant, jettera une vive lumière sur les phases les plus obscures de notre humble monastère ; des documents qui, sans celte connaissance, auraient pu paraître vils et fastidieux, prendront de l'importance et revêtiront un réel intérêt. Ainsi, par exemple, a mesure que nous arracherons h V oubli le nom, d'un abbé ou même d'un simple chanoine, ce nom prendra tout de suite
Un corps, une. âme, un esprit, un visage.
Il passera devant nos 'yeux un personnage vêtu de blanc de la tête aux pieds, qui s'arrêtera pour nous dire : « J'ai fui la maison paternelle, — chaumière ou château, — pour faire à mes semblables tout le bien possible ; f ai prié, f ai fait pénitence, je me suis donné sans réserve. Si je n'ai pas fait davantage, metttTi en cause la faiblesse des hommes et' ma propre fragilité, mais n accusez^ pas mon bon vouloir, car toutes les fois que Von m'a proposé une bonne œuvre à accomplir , f ai dit sans hésiter avec l'apôtre saint Paul : ce Me voici, je suis prêt ! Ad omne opus bonum parati 1 »
Notre travail sur Doue se divisera en deux parties ; la première sera consacrée tout entière à V abbaye et la seconde aux l^ rieur es qui en dépendaient.
Nous laissons à de plus habiles et à de moins occupés que nous le soin de o^eprendre notre ouvrage, de le compléter et
înTroductiôk
de^nous dire le dernier mot. Heureux serons-nous si nous avons pu déblayer le terrain^ frayer un peu la voie et servir de guide aux futurs investigateurs !
La Chartreuse près Le Puy^ en la fête de saint Norbert, le 6 juin 1899-