LÈS ABBES : PIERRE RODIER
lité, sa bonté à Tégard de ses religieux, sa sollicitude à maintenir parmi eux la charité fraternelle.
Pierre Rodier^ nous dit Le Paige, fut le trentecinquième abbé de Prémontré et par conséquent le trente-cinquième général de notre Ordre. Il remplaça, en cette qualité, Jean VIII de la Fère, Fan du Seigneur 1443, et resta à la tête de l'Ordre six ans et sept mois. Ce fut toujours un parfait religieux, d'une probité et d'une pureté de moeurs remarquables. Quoique sa science eût rendu son nom célèbre^ il se plut toujours dans l'obscurité et dans la pauvreté. Toujours docile aux inspirations secrètes de PEsprit de Dieu, il travailla sans relâche avec crainte et tremblement à l'œuvre, de sa sanctification et de son avancement spirituel. Sa mansuétude et sa charité à l'égard de ses subordonnés furent toujours admirables. Lorsqu'il venait à apprendre que quelques-uns de ses religieux nourrissaient entre eux des inimitiés, qu'ils étaient tentés ou affligés de quelque manière que ce fût, il les faisait venir chez lui, les retenait souvent jusqu'à une heure avancée de la nuit, leur distribuait avec tant d'à-propos les monitions et les bons conseils qu'ils abandonnaient aussitôt tout esprit d'animosité^ revenaient à de meilleurs sentiments, sentaient enfin le courage et l'espérance renaître dans leurs cœurs. Avec cela, son zèle fut toujours éclairé et guidé par une science profonde. Que nos prélats trop sévères le prennent pour modèles! Qu'ils déposent
iio l'abbaye de doue
leurs cornes et leurs fronts sourcilleux, se souvenant qu'eux-mêmes sont hommes et qu'ils portent des vases d'argile ! Après avoir cueilli une riche moisson de mérites, et désiré ardemment d'être uni à Dieu, notre bien-aimé Père, Pierre Rodier, consomma cette union tant désirée et rendit son âme à son Créateur le 8 mars de l'an du Seigneur 1449.
Au dire des auteurs de la Gallia Chrisùana, Casimir Oudin, écrivain Prémontré comme le Paige, objecte à celui-ci que Pierre Rodier a dû mourir avant 1449, puisque son successeur immédiat donne des lettres, le 26 août 1448, à Jean Baudoin, abbé d'Averbode, dont parle S^dvius ^Eneas (0.
Pierre Rodier avait cédé la crosse et la mitre abbatiales à JoBERT DE M0NTANHAC5 vingt -deuxième abbé de Doue, qui appartenait sans doute à la famille de Montanhac^ du- Puy, dont plusieurs membres furent notaires de l'abbaye^ entretinrent avec elle les meilleurs rapports et possédèrent pendant plusieurs siècles, comme nous le verrons, la ferme située au pied de la montagne de Doue et connue encore sous îe nom de Montanhac.
L'abbé Jobert de Montanhac transige, le 12 mars 1443, au sujet du résinage d'une vigne sise au terroir
(i) Gallia Christiatia, II, col. 771. — Hugo, au tome I^i' des Annales, p. 34, dit ; « At istani epocham (1449) nonnihil élevai nomen Joannis Ahhatis Prœm. in limine Actorum Capihili gênera-- Us, anno 1446 apud S. Quintinum hàbiti.