‹ Recherches historiques sur l'Abbaye de Doue [microform]: et sur les prieurés qui en dépendaientChapitre 45 sur 78 · LÈS ABBÉS : JEAN VII DE BURIÂNNE I · texte numérisé non relu

LÈS ABBÉS : JEAN VII DE BURIÂNNE I

des agneaux, pourceaux et toutes autres dîmes charfi elles, comme aussi celles des terres, prés, vignes, etc. Or, les paroissiens de Saint-Germain^ par la voix de leurs syndics, soutenus du reste par vénérable homme Frère Jean de Burianne, jeune, qui se dit vrai prieur et recteur, puisqu'il administre seul les sacrements, entretient un vicaire à ses dépens, exerce l'hospitalité, supporte toutes les charges du prieuré, contestent à l'abbé de Doue le droit exclusif de prélever les dîmes de la paroisse. Ils appuient leurs reven-. dications sur les motifs que nous venons d'énumérer ; mais, de plus, ils allèguent :

1. Qu'ils payent à leur curé les offrandes, oblations et prémices ;

2. Qu'ils donnent pour les obsèques d'un chef de famille, homme ou femme, un linceul, une couverture et trois sols tournois, et pour celles des petits enfants trois sols tournois;

3 . Que beaucoup de propriétés de Saint-Germain ne doivent pas payer de dîmes à Doue, parce qu'elles relèvent de la directe de Monsieur l'Evêque/du Chapitre Notre-Dame du Puy, de l'Université Saint- Mayol, des vicomtes de Polignac et de Bouzols, du baron de Saint- Vidal, des seigneurs de Poinsac et de Servissas, et quelles ont été exemptées de la dîme par le Saint-Père de Rome, à Tépoque des Croisades, exemption qui a été respectée de temps immémorial.

Bref, un procès est engagé depuis longtemps sur

ces dits et contredits, lorsque intervient entre les parties un accord dont voici les principaux articles :

1. L'abbé de Doue percevra la dîme à la gerbe en certains terroirs de Blavosy et de Fay-la-Triouleyre, comme par le passé ;

2. Il partagera avec le prieur de Saint-Germain cette dîme, de telle façon que, sur trente setiers blé, il en ait dit-huit, soit neuf froment et neuf seigle, et le prieur douze, soit six froment et six seigle ;

3 . Est annulée la transaction passée précédemment entre les parties devant M^ Farger, notaire au Puy ;

4. Les habitants de Saint-Germain prélèveront la dîme de la manière qu'ils voudront;

5. Des dix-huit setiers 'de blé accordés à l'abbé, trois seront rétrocédés par lui au prieur de Saint- Germain pour faire célébrer par les religieux de Doue une vigile avec une messe des morts à haute voix, à diacre et sous-diacre, chaque année, le mardi avant la fête de Monsieur saint Michel archange. Le prieur de Saint-Germain donnera trois sols tournois à chacun des religieux pour leur assistance ;

6. Quant à la dîme charnelle, l'abbé et le prieur percevront annuellement pour chaque agneau deux deniers tournois, mais dans les villages seulement où chacun d''eux percevra respectivement la dîme a la gerbe ; '

7. Le prieur de Saint-Germairi seul percevra, au décès de chaque chef de maison, homme ou femme.

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sept sols six deniers; au décès des adolescents, cinq sols ; à celui des enfants, trois sols neuf deniers ;

8. Ne sont compris dans la présente transaction ni l'évêque, ni les couvents et seigneurs susnommés.

Fait, passé et récité dans la chambre capitulaire du monastère de Doue, en présence de haut et puissant seigneur Antoine de La Tour, sieur de Saint-Vidal, égrège et vénérable personne M® Jean Olivi, licencié et avocat du Puy ; Jacques Olivi, son frère ; Jean Maleys, granger de Doue; Grégoire A uffève, laboureur d'Oudinet, aliàs moulin vieux de Doue ; Mathieu Queyrère, sergent royal de Saint-Germain, et Jean Savin, notaire royal du Puy C^).

Jean de Burianne passe, le lo juin 1545, un accord avec les habitants d'Orzilhac « pour raison des dîmes des terres qu'ils ont rière la paroisse de Saint-Germain, pour lesquelles ils sont tenus de payer tous les ans audit abbé quatre-vingts livres d'huile de noix. — Acte reçu Rivier, notaire (2). »

En 1548, il passe une autre transaction avec N, de Montanhac, qui s'engage à fournir à l'abbaye trente livres d'huile pour dîmes et censives. Les deux parties déterminent d'un commun accord les limites du. domaine de Montanhac (3). Dans le courant de la

(i) Archives départementales de la Haute-Loire^ fonds de Doue. Copie sur papier, du xvie siècle, comprenant 45 pages. (2) Inventaire de 1782.

il). Ibidem.

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même année^ il fait dresser par Prunet, notaire, un nouveau terrier de 1* abbaye (0.

En 1550, il investit Laurent Souveton d'un champ appelé jadis la Chambade, aujourd'hui la Varenne, sous la censive d'un carton de seigle (2). Le 25 novembre de la même année, en la fête de sainte Catherine, vierge égyptienne, il eut la douleur de voir la maison que son couvent possédait au Puy incendiée comme beaucoup d'autres de ce quartier (3). ■

Enfin, le 4 juin 1552, il préside comme juge et conservateur des privilèges de l'égHse du Puy, et termine heureusement en faveur du Chapitre un procès apostolique engagé au sujet de quelques lettres de monition et de l'excommunication fulminée par Tévêque de Viviers contre les chanoines du Puy pour raison de visite aux églises d'Issarlès et du Béage ^4).

Les auteurs de la Gallia Christiana disent que Antoine de Sénecterre et le baron de Saint-Vidal, gouverneur du Languedoc, auraient arrangé^ en 1582, un différend survenu entre Jean VII de Burianne et le seigneur de Montanhac (5). Il y a certainement là erreur de date, puisque Christophe Allard, dont nous allons parler, était déjà abbé de Doue en 1560.

(i) archives départementales de la Haute-Loire, fonds de Doue.

(2) Inventaire de 1782.

^3) E. MÈDicis, Chroniques du Puy, l, 441 ; II, 254.

(4) Payrard, Inventaire-Chartier de V Eglise du Puy, p. 50.

(5) II, col. 772.

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