CHAPITRE XIII
Les abbés de Doue. — joseph-Vosy-Stanislas Bergonhon de Rachat-Desgranges, dernier abbé de Doue. — Sa famille.
— Il est nommé curé de Monis'trol-sur-Loire, vicaire-général du Puy et abbé de Doue. — Projet de restauration de l'abbaye.
— M. Desgranges accompagne son évêque en exil. ■— Ses dernières années^ sa mort .
oseph-Vosy-Stanislas Bergonhon de KACUAr-T)ESGRA^GES,quarante-deî{xiême et dernier abbé, naquit au Puy le 1^ novembre 1741. Il était fils de Jean- François- Armand Bergonhon, seigneur de Rachat, la Roche, Chantillac et autres lieux, conseiller du Roi, lieutenant particulier de la sénéchaussée du Puy, et de Marie-Jacqueline Roche. Dieu bénit visiblement l'union de ces époux chrétiens, car il leur donna quinze ou seize enfants, parmi lesquels nous comptons plusieurs religieuses et six prêtres, tous d'un mérite distingué. Leur maison est occupée aujourd'hui par
les. religieuses de la Présentation qui ont fondé une école de sourdes-muettes (i).
Joseph- Vosy-Stanislas fut, comme ses frères, élevé au collège des Jésuites, au Puy. Il ne le quitta que pour aller au séminaire de Sâint-Sulpice, à Paris, se préparer, au sacerdoce. Pendant le cours de ses études théologiques, il se présenta à la Sorbonne pour prendre ses grades ; il fut le cinquième aux examens de licence et n'eut pas de peine à conquérir le bonnet de docteur. ,
Ordonné prêtre le ii décembre 1765 par Mgr Hachette-Desportes, dans la chapelle de l'archevêché de Paris, l'abbé Desgranges ne tarda pas à rentrer dans son diocèse. Au commencement de l'année 1770, Mgr Lefranc de Pompignan, évêque du Puy, qui l'avait en grande estime, le nomma à l'importante cure de Monistrol, dont il prit possession le 25- mars de la même année.
Plein de modestie, le jeune curé fut loin de se prévaloir de sa position; il travailla de toutes ses forces, sans ostentation et sans bruit, pendant six ans consécutifs^ à transformer sa vaste paroisse, et il y 4"éussit . Aussi la population de Monistrol le vit-elle à regret s'éloigner d'elle lorsque, en 1776, Mgr de Galard,
(ij Sur cette famille, voir A. Boudon, Les Municipalités du Puy, pendant la période révolutionnaire, I, p. 164 et suivantes; — PÊALA, Conférence de 1S44, pages 12 et 13 ; — - annales de la Société agricole et scientifique du. Puy, YIl, pages 46 et 47.
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successeur de Mgr Lefranc de Pompignan sur le siège du Puy, l'appela auprès de lui pour en faire son grand vicaire.
Nos renseignements, sur la vie, et les œuvres de l'abbé Desgranges,, de 1776 à 1787, sont bien peu nombreux. Nous savons qu'il était abbé de Saint- Vosy en 1782;, en remplacement de M. de Pina, nommé doyen du Chapitre ; qu'il était président de l'ofïicialité diocésaine, supérieur; et confesseur de plusieurs communautés religieuses, entre autres, des Dames de Sainte-Marie, et c'est tout (^). V
Nous ne regrettons pas trop jusqu'ici la pénurie -de documents sur l'abbé Desgranges, car nous nous préoccupons surtout de son passage au gouvernement de l'abbaye de Doue. Louis XVI le nomma abbé coramendataire de cette abbaye par brevet du 2 juillet 1787. Cette maison était alors en pleine décadence. Le choix que l'on avait fait, pour la. relever, de rinteiligent et vertueux grand vicaire de Mgr de Galard fut accueilli au Puy avec faveur. « Les bienfaits des rois, écrivait le chanoine Laurent à cette Occasion, tendent toujours à récompenser le mérite, et jamais leur destination n'a été mieux remplie î^). »
Le nouvel abbé de Doue se met tout de -suite à l'œuvre pour rendre au couvent de saint Norbert son
(ij Semaine Religieuse du Tuy, VI, pages 255 et 256. (2) PÉÀLA, Conférence de i^44\ note. -
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ancienne splendeur. Il s'entend pour cela avec Jean- François Ghapuis, régisseur du domaine, fait toutes les démarches nécessaires et remplit toutes les formalités requises en pareil cas. Deux ingénieurs et architectes du Puy, les frères Jean-Pierre et Jean- Claude Portai, experts à ce nommés, le premier par le régisseur et le second par Tabbé, suivant ordonnance rendue par M® Pierre-Marcellin Calemard de La Fayette^ conseiller, au sénéchal et présidial du Puy, font un rapport sur l'état de l'abbaye et dressent le devis des réparations à y faire. Leur travail, que nous reproduisons au chapitre suivant, est terminé le 9 février 1788. Malheureusement les idées révolutionnaires qui commencent à agiter le Velay, comme le reste de la France, obligent Fabbé Desgranges à donner à son activité une autre direction. Il semble abandonner non seulement le projet de restaurer son abbaye, mais même le souci de la gouverner ; nous le voyons à peine une autre fois s'en occuper.
Le 17 juillet 1789, il donne « à titre de bail à ferme à M® Maurin, notaire royal de La Roue, paroisse de Vorey, tous les cens et rentes que l'abbaye de Doue a droit de prendre et percevoir aux lieux de Champvert, la Garnasse, Saint-Paulien, Vorey et autres lieux cirçonvoisins, de conformité aux titres de ladite abbaye... pour le, temps de neuf années et neuf perceptions... moyennant pour chacune d'ycelles le prix et somme de trois cent cinquante livres... promettant