‹ Recherches historiques sur l'Abbaye de Doue [microform]: et sur les prieurés qui en dépendaientChapitre 64 sur 78 · LES ABBES I DE RACHAT-DESGRANGES · texte numérisé non relu

LES ABBES I DE RACHAT-DESGRANGES

ledit M® Maurin de donner à la fin du présent bail au dit sieur abbé de Doue une liève desdits cens et rentes sus affermés, contenant les changements qui seront faits pendant le cours du présent bail. Fait et récité dans ladite abbaye de Doue ^^)c.. »

Si M. Desgranges néglige son abbaye, ou du moins s'il ne s'en occupe qu'à de rares intervalles, il ne reste cependant pas inactif. Nous allons le voir mettre au service de la religion et de son évêque toutes les ressources de son intelligence et tous les trésors de son noble cœur.

Vers la fin de l'année 1788, quelques mécontents ou ambitieux choisirent le moment où Mgr deGalard assistait^ à Paris, à la dernière assemblée du clergé de France, pour s'arroger le droit réservé à Tévêque de convoquer les Etats du Velay ; ils invitèrent les représentants des trois ordres du clergé, de la noblesse et du tiers-état à se trouver au Puy le 22 décembre, dans une salle du couvent des Carmes^. Il s'agissait, disait la lettre de convocation^ d'aviser ce aux moyens de remédier aux abus sous lesquels gémissait le pays, de réduire les impositions injustes... »

La réunion eut lieu, en effet, au jour fixé, mais ses promoteurs avaient compté sans l'abbé Desgranges qui répondit par un discours remarquable, plein de modération, aux attaques violentes dont l'administra-

■ {i) Archives départementales de la Haute-Loire, f. de, Doue.

tion diocésaine fut Tobjet (i). î) prouva par une foule de détails les trois assertions suivantes :

1° Que radministration était juste dans la. répartition des impôts; 2" qu'elle, était sage et mesurée dans ses projets ; 3° qu'elle était économe dans ses dépenses.

« L'attrait de la nouveau té^ s'écria-t-il dans la péroraison, sur un ton prophétique, séduit et entraîne; mais ks grandes secousses et les grandes révolutions qui les suivent, ne laissent presque toujours après elles que de grands regrets et de plus grands maux.. Craignons, en voulant abattre le grand arbre de la Constitution de cette grande province, à, l'ombre duquel, avouons-le,, nos pères ont vécu,, pendant plusieurs siècles, tranquilles, et heureux, craignons, dis-je, que notre bonheur et celui de nos neveux- ne butte à tous les orages des passions et de l'intérêt personnel,, ne s'évanouisse sous le frêle roseau de la liberté sans bornes qu'on veut lui substituer... Heureuse ma patrie, si elle n'est pas réduite à la triste ressource.de verser un jour des larmes inutiles sur les débris de l'édifice qu'elle aura détruit et qu'il ne sera peut-être plus en son pouvoir de rétablir! » .

Ce 'discours, dit M . -Péala l^)^ fut prononcé .avec conviction, chaleur et dignité. Mais il ..était trop

(i) Mémoire fait et lu par 5VC. l'abbé Desgranges, vicaire général, et Vun des commissaires ordinaires diï pays de Velay à ViAssemblée tenue dans la ville du Puy, le 22 décembre iy88, in-4-i. ■{q,) ^Conférence de 1844, pages 13 à i<^, passini'.

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