PREFACE
Nous n'aurions probablement jamais pensé à faire un livre de la nature de celui-ci , sans une critique intempestive qui a été faite d'un passage de notre Histoire de Chalon-sur-Saône. En efîet , il eût été peut-être par trop présomptueux à nous de traiter une matière pareille à celle qui est contenue dans ce volume , après les impérissables écrits de MM. de Bréguigny, Renouard, Augustin Thierry , Guizot , Léber et autres écrivains éminents , sur l'affranchissement des communes ; aussi notre première pensée fut-elle de répondre en quelques mots à l'honorable professeur , au collège de Chalon, qui a critiqué notre livre dans sa TVbtiee sur les communes de Bourgogne. Mais nous ne
tardâmes pas à reconnaître que notre réponse était sans intérêt pour le public ; nous résolûmes alors (le faire un cadre à cette réponse , et notre premier travail , de principal qu'il était , n'est plus qu'un très mince accessoire , mis en notes au bas de quelques pages.
La matière de ce volume est ainsi divisée :
La première partie renferme le récit des excès , des abus de la féodalité , et de l'histoire de la Révolution communale au moyen-âge.
La deuxième partie est en quelque sorte le corollaire , le complément de la première partie ; elle comprend, outre l'histoire de la révolution communale de plusieurs villes , une appréciation des chartes d'affranchissement, soit des chartes dues à la conquête , soit des chartes dites de commune , qui n'étaient rien autre que des marchés entre le peuple et les seigneurs. C'est dans cette deuxième partie , aux articles Châtillon-sur- Seine et des chartes de commune , que se trouvent les notes qui réfutent la critique de notre Histoire de Chalon.
Dans la troisième partie, nous avons fait l'historique du système électoral appliqué aux communes depuis le moyen-âge jusqu'à nos jours , l'histoire
de la bourgeoisie , des principales coutumes de cette puissante classe de la société moderne, etc. Selon nous, la partie de ce livre , qui traite du système électoral appliqué aux communes , est un travail neuf ; du moins nous ne connaissons aucun traité sur cette matière écrit au même point de vue que le nôtre.
Si ce livre a un mérite , c'est celui de grouper une foule de faits épars , perdus , noyés dans le sein de nos vénérables in-folio , des archives poudreuses des bibliothèques publiques , et connus seulement des rares personnes qui se livrent à l'étude des Antiquités nationales.
Nous recommandons ce nouvel ouvrage à la bienveillance de nos concitoyens ; nous désirons qu'ils lui fassent le même accueil que celui qu'ils ont bien voulu faire à l'Histoire de Chalon-sur-Saône.