SS
de Marolles, ( lievalier de St-Louis; Gauihier , Baguenault de Viëville, Daudier, Armand Lféon, marquis de Sailly, chevalier daâl<>Louis; (Moreau, Fougeron le jeune, Uéine- Lemoine-Montbrun , Benoist-Merat , Hubert-Crignon y Lecauohoia père« Colas-Desfrancs, le baron de Carobray, Augustin Miroo, Pelit-Semon ville, Pompon , tous membres do conseil municipal, et le comte Dufaur de Pibrac, le vicomte Bigot de Morognes et Noury, adjoints à la mairie {*)*
7 féMier 1816.
iJeiin de M, h conMler de préfecture déiegué à M. le
comte dé Rocheplatte,
Monsieur le maire , Le vœu exprimé par le conseil municipal, dans sa séance du 3 courant, que vous me ïmtes connaître par votre lettre du 5 , est conforme à la résolution qne j'avais prise pour la destruction de tous les signes proscrits de l'ancien gouvernement. Cependant, et préalablement pour ni*assurer si mon arrêté du i5 novembre dernier a été réellement exécuté par toutes les autorités et individus qu'il devait atteindre, je fais faire en ce moment le lëcolenient de tous les objets de cette nature déposés jusqu'à ce j<>nr à la préfecture, et je prendriii ultérieurement telles mesures qu il appartiendra cuiitre les retardataires. Ces détails, qui emportent du temps, ue me permettent pas de croire que la mesure proposée soit exécutable au premier jour de marché; mais, d'après les instructions que j ai reçues du. ministre de Tiatérieiir (de yaublaoc),il est indispensable oue j en réfèi^i S. Eâu^ du désir que le oonaeîi exprime oe voir livrer au feu- le (lortruil en {Âed de Boo* naparte quittait à la mairie,
{*) Quelques joui-s après cette séance» Iei7 février, M. lepiélet lit
passer à M. le maire l'injonction de faire rapporter la décision ci-^lessus» TOgouvernemenl ayant «Icsapprouvé le fait particulier qui y est rapporté. Il» 4e Aocbe|>Ialte éprouva uuc grande rèstsiance de la pari de plosieurs membres, 4|ni reAisnieiit, avec menaces, dVtbtempérfr aox ordres dn mi» nistre; mais, malgré ceUe opposition, M. le maire ayant tenn bon, le pix)cés- verbal « les discours et ia première adresse fm:ent brûlés séance tenante et en présence des récalcitrans.
Digitizixi by GoOgl(
Ced«5ir,>lonsieur le manc, je le partage dautant plus avec vous et avec le conseil niumcipal, que nous ne pouironaii^p regretter d'avoir vu reparaître en î8r5 le tahX!T V^.' ete impossible de replacer alors s'il eût été ^I^aJ^ J' Monsieur , je ne puis que re-
produire a Son Excellence les motifs que donne le con-
nkL^^r "® ^"""'^ comprendre ce tableau au rang des o^eu Uart, et assurément j app.i.na. de tout mon assentiment re vœu ju.Ltmt ia expnme Je détruire par cet î^lUnte ««P^'-a"^*^* coupables de la créduiiié mal-
mJ!if?^^'^-*'"*'*"''.',*' l'awurancede mes senti-
mens de par&ite considération.
Poar le conseiller d Etat, préfet du Loiret, absen^
Le conseiller de préfecture délégué^
Rabellead. (4.)
àr^rxi"''"" '^""^ ^^^^
dVrleans sont m,s en campagne pour faire ies déllUfclMlI les toudleset les perquisitions les plus scrupuleuses ^
a/nl 1 /""^ ministre de la police
générale de France (de Gazes), quatre régicides réWiës dans les environs de cette ville, ainsi que le général de Avision Lefehvre-Desnouettes, Asselîn , avocat^du département de la Somme , et de Dufen, conseiller de préfec- ^^^f^-I"^^' tous proscrits , et pour I arres-
m^on desquels une forte rëoooipense était promise. (3.)
février 1 8 1 6. — Descente et perquisition fiiite chez le sieur H. ushn , maire de ôl>4eftn-le-Blanc, dénoncé par un de ses voisins comme ajam cfanlui un dépât denamph ets 5. ditieux contre les Bourbons et en fiwswtteHapolc on et de son fils. Cette dénonciatiwi «îëlMK ttouvée tnnsse le maire de cette petite commune n*en fut pas moins destitué. (3-76.) , ^
«féfrterlSfè.
Ordonnance relative au renoiweile/nent de ia cour ^ytUe
dOrléofls*,
Louis, par ia.gMce 4e DiM, ihm de Fiamctt el 4e
Sur le rapport de notre garde des sceaux, ministre secrétaire d*JBtat au dëpaneneDt de la justice ;
Nous avons nommé et nommons, institué et instituons membres de notre cour royale d'Orléans^
Premier ordêident ^ M. le tMiron Arfhuis de Gnamisaj, en place du baroa Petit'Lafosse, destitué.
Présidens de cluimbre y MM. BuucIk ron-Despones , Enouf, réélus; Delaplace de Montevray , en place du baïua Artimis de Charoisaj, passé premier président.
Conseillers ,
MM. Loyré, Colas de !>a iSOne fils, le chevalier Dugaigneaii de Champvallins fils, HauLeieuille , FericUi(J , Bordier, Fougeron aîné , Taschereau, de Thébaudières, Baschet-St-Aignan, Boulanger, Légier, réélus ; Durzy, en place de M. Delaplace de Montevray, passé président de chambre^ Colas de Brou ville.
Conseillers auditeurs , MM. Perrot, Brossard fiis» réélus.
Procureur'général , M.Gouét de Montarand^ conseiller à la cour royale de Paris, en place du baron Séaeur, destiné.
AvocaU-génémux , MM. Russeaui réélu; Deschanipe , «n place de M. Bureau du GolomlHer, destitué.
Suh^iUutedu pr^eureur'générai ^ MM. Ephi^m àe Li^ TUl|e> en place de M. Lerowc, des^ titué ; Gauli^r de la Grandière , en place de M. Gilbert* Boucher, deatilivé*
Greffier en chej\ M. Deinachy, réélu.
** mm
Donné a l'aris, en notre château des Tuileries, le i4 fé* vrier an de grâce 1 8 1 6, de notre règne le a i *.
Loris.
Ne furent pas réélus pai mi lescoiisoillers, \1M. Foucher ain<% Lemolt-Phalaiy, Goubeau de la Madeleine, Bout^uerot-Voligny, Moisand, Magon de St-Elier.
— Sgx ~
22 rérttor i8l6.
Inêtallation de la eour royale d Orléans,
Le préfet du Loiret, M. de Talleyrand (Alexandre)^ en sa qualité de conseiller d'£tat, vient installer la nouTelle oour royale d'Orléans, dans la salle du tribunal criminel , ancienne église du couvent des Ui^ulines, rue de la Bretonnerie; la séance fut très-solennelle, M. de Monta* rand, procureur-général, prononça ua discours remarquable j des sermens y furent prêtés ; des cris de vwe le Roil vivent les Sourbons! se firent entendre à plusieurs reprises; ensuite la séance fui levée, non pour se séparer, mais pour se rendre en corps, en robes rouges et en toques, à J hôtel de la mairie, et faire partie du coî tégequi devaitse rendre sur le Martroi et assister à renibrasement du portrait en pied de Napoléou et des signes proscrits de son gouvernemeot. (76-77.)
— Destructioo des signes proscrits de Napoléon et de son gouvernement , laîte à Orléans par l'autorisation du ministre de l'intérieur, M. le comte Viennot de Yaublanc, accordée par Son Excellence, d'après la demande à lui £iite par les autorités d'Orléans. (4*)
ARK£TÉ DU MAIBE d'oRLÉANS , POKIANT REDACTION DU PROCÈS- VERBAL DE CETTE EXECUTION
Maine d Orléans,
Aujourd'hui, vingt-deux février, deux heures aprcs midi, nous, maire d'Orléans, pour l'exécution des dispositions contenues dans la lettre de M. le conseiller d'Etat, préfet de ce département, en date de ce jour, par laquelle il annonce que Son Elxcelience le ministre secrétaire d'Etat de Tintérieur a autorisé Tanéantissement en public des Signes proscrits du dernier gouvernement, et notamment du portrait en pied defusurpateur, qui était à l'hôtel de la mairie » en nous invitant à saisir Toccalyon de T-organisa* tion totale des autorités pour consomme^ cet acte ; -
{*) En marge du registre, une main exaltée n nioulé: Lê mmuitfn y ra/n/iropûphayef U mangeur d^kommes de Bonaparte,
En conséquence, ayant hk dremr iin bûcher sur la place duMartroi de celte ▼ille^noiu noQij sommes transporté, accompagné de MM. nos adjoints^ de la musique et duo dÀaohement nombreui de la garde nationale ;et là, en présence de M. le conseiller d^Etaty préfet de ce d^ parfeemenCy délégué par S. M. pour l^nstalhtion de la cour royale j de M. le premier président, de MM. les préndens de chambres y de MM. les conseillers et gens du roi de ladite oour, et de tous les fonetionnaires publics, tant ci* ▼ils que militabes qui venaient d'assister à Tinstallation de cette cour, et qui , à h Mite de cette cérémonie, avaient bi«a Yonki être présens à cet aclOy qui détmisait les signes d*un gevremement abhorré, nous ayons fiiit apporter tous les signes proscrits de ce gouvernement despotique et dévastatenry tons Jes bastei de Fusurpateur, portraits et estampes qui pouvaient retracer son affreux souvenir, qui avaient été précédemment déposés à l'hôtel de la préfectmrey et qui nous ont été remis suivant un état détaillé ^ nous avons fait àrùer /«s Wis et jeter les autres sur le bûcher dressé à cet effet, et au son de la musique répétant tous les airs chéris des français, et des cris mille fois répétés de vive le Roi! vivent les Bourbons! par la population entière de la ville, réunie sur la place, le feu y a été mis et a consumé le tout, dont les cendres ont été jetées à Teau. (4-7 7 •)
Dont du tout nous avons dressé le présent procés-Terbal les jour, mois et an que dessus.
Le comte cfe Bocheplàtte, maire; Dufaoe DX PiaaAG et NouBTi adjoints.
Description lietaillêe de F auto-da-je du por trait en pied de A/apoléon et des signes de son gouvernement.
Le 22 février i8i6, jeudi gras, à deux heures après midi, le maire d Orléans, Florizel-Drouin comte de Kocheplatte , sortit de la cour de la mairie acconopagné de deux de ses adjoints, MM. le comte Dufaur de Pibrac père, et Noury de plusieurs membres du conseil gé-
(*) M. le vicomiA <!• M«rsgoc8, Imisiéne adtioint, était Absent.
néral tlu cieparteiiieiit , de Unih les luembi es de la cour rovale nouvellement uumiués et qui venaient d'être installés depuis une demi-heure, ayant à leur tète M. le premier président, baron Arthuys de Charnisay; MM. les présidens de rhanibie, les conseillers, etc., du préteL du Loiret, Alexandre de Talleyrand; du chevalier Olivier de Ma)S()iineuve, secrétaire-général ,* des trois conseillers de prete( lin e , MM. Rabelleau , Delahaye et Colas de La Noue [lère, de plusieurs membres du conseil municipal de la coiiiuiiine d Orléans , des commissaires de police, de quelque s gardes naUoiiaux, des officiers de 1 claL major et cîe ceux des compagnies de la garde nationale, musique en tête: 1<J cuiLége était suivi de plusieurs valets de ville en livrée et fie V exécuteur de la haute justice^ ayant des torches allumées à la main, dediJtou douze sergens de la mairie, portant sur des brancards des drapeaux tricolores, des bustes, des statues, des portraits, des médaillons , des titres , des livres et papiers, des cachets, des timbres, des écussons, des armes, des aigles, des N couronnés, des basreliefr, etc., etc., etsurtout un superbe portrait' de Tempereur appartenant à la commune.
Ce tableau, précieux sous le rapport de Tart, fut 6té de son cadre doré dans la cour de la mairie, puis roulé et attaché avec un ruban blanc et vert, ensuite enlevé de cet hôtel, malgré les observation énergiques du secrétaire de la mairie^ M» Petit-^émonpiile , qui eut seul le <iourage de désapprouver la destruction de ce chef*d'œuvre fait par te peintre Gérard , el qui avait coûté dix mille francs à la vide.
liC maire, précédé de la musique bourgeoise, des tam<% bours, et suivi de tout le cortège, se rendit sur la place du Martroî, au milieu de laquelle un bûcher avait été élevé, et au centre duquel s'élançait un grand mât.
Arrivé près de ce bûcher, les drapeaux, les livres, les pan piers, les gravures, les cachets et autres petits objets pros crits furent jetés pêle-mêle et à la volée sur Je bois qui ie fonnatt.
Au moment où la tuile du tableau de la commune ùêA déroulée , le sieur le sabre nu à la main , se précipita dessus et porta sur les traits inanimés de Napoléon un û
furieux coup de son arme, qu il pouriuudit le ti^su tlana une s^rnnde étendue, les lambeuux furent pendus au haut du niât dans une position naturelle, cest-à dire le portrait debout; mais, par un raffinement de zèle ei d enthousiasme, le sieur parent du sabreur ci«des8us, se mit à crier avec force : « La téte en bas, la télé en bas , à ce coquinlal • Ce qui fut répété par plusieurs voix. Aussitôt le pauvre tableau, maudit et transpercé, fut retourne, aux bravos des spectateurs qui liaient aux éclats de voir Napoléon les pieds en Tair et la téte en bas.
Pendant ce temps, les sergens de ville plaçaient circu* lairemeat au bas du bûcher les bustes et les statues de Napoléon , de Marie-Louise et du roi de Rome, debout et la figure tournée du côté du public.
Tout étant ainsi préparé , le préfet , le preaûer préai* ^nt de la oour royale et le maire, s'arment chacun d*une torche qu'ils arrachent des mains des valets de ville, et s'élancent sur le bAcher : la flamme s*éleva de plusieurs endroiu à la fois.
Le préfet donna le signal de lenthousiame, en élevant de la main droite son chapeau à panache et eu criant fortement : Vw^ le Roi^ 'viveniieM Bourbons! mort à Bonor pmrt9 T anthropophage ^ le mangeur d hommes ^ et à sa fih mille maudiieS Ces cris 9 répétés par les assistans , étaient accompagnés par une musique guerrière qui excitait encore le courage martial des spectateurs, qui faisaient brandir leurs armes étincelantes.
' Lorsque la flamme du bûcher eut atteint le tableau de Tempcreur, les cris de joie et d'imprécation redoublèrent avec plus de force | c'est dans ce moment de délire que les «ffiders de l'état-major, comme ceux des compagnies de la garde nationale, l'épée nue à la main, se mirent à percer, larder, briser et renverser les bustes, les statues en nuurbrt», en plâtre ou en biscuit, qui étaient rangés à leurs pieds.
A cet exemple de leurs chefs, les soldats de la garde nationale mirent la baïonnette en avant et, marchant au pas de ( har^e coture ces statues, renversèrent dans l^ UflMn* mes les images proscrites.
Cette (leiiiière exécution se fit au retrain delà chailfiOii pépétée eu çhoeuc : On va iukpmer kjlanc^ eta, .
La ct remouie finit par des airs chéris des Français 6t des rondes exécutées à letitour de cet auto-da-fé,/7ar préfet^ les magistrats de la cour royale en robes rouges, les conseillers de préfecture y le corps municipal , les officiers, les soldats de la garde nationale et les habitans qui se trouvaient à cette fête.
Il n*y eut d*autre sang de répandu que celui d*un garde national nommé Pomageau^ pâtissier- traiteur de son état,
aui^, dans le feu de Faction et en embrochant un buste e Napoléon, s était maladroitement déchiré ^ le doigt indi* cateur de la main gauche avec la pierre de son fîisiL
Vingt ans auparavant, sur la même place, on avait, avec les mêmes démonstrations de joie, avec le même enthou* siasme^ au son des chansons et des danses , brûlé les attributs de la royauté, alors proscrits !!!
La seule différence qu il y eut entre ces deux exécutions, c*est que les cris de rage étaient, à la première, pour la li* berté, au refrain de la Marseillaise ^ et ceux de ce jour pour le roi, aux sons de F'içe Henri IF'! (76-77.)
a3 février 1816. — Les cendres du bûcher de 1 autoda-fé de la veille et des signes pi osciits qui en faisaient partie, sont 1 amassées par les sergens de ville, mis dans des baquets à main, puis portes tambour battant, drapeau blanc en tête , jusques sur le milieu du pont ; et là, sous rinspection du sieur Hersant-Oesmares , commissaire de police, elles sont jetées dans l'eau, aux cris de vii'c le Roi! 'vwent les Hourhons 1 mort au monstre^ au mangeur d hom' mes, Bonaparte!
Un très-beau buste de Napoléon en marbre blanc , fait par Ghaudet, fut retrouvé intact dans le bûcher ; il avait seulement changé de couleur: ce qui fit dire aux napoléo- DÎstes que ce grand homme, dans son apothéose sur le biV cher, avait quitté la couleur blanche , signe de ralliement de ses meurtrierS| pour prendre le deuil de leur bon sens* (^6-77-80.)
Ce bel ouvrage de sculpture , si digne d*être respecté comme objet d*art, fut reporté à i'hêtel de la mairie, et là, au milieu de la principale cour, il îxïX^ktinscu de M, le Jktaire^ brisé avec des masses de fer au milieu àe vociféra-
lions et de plaisanteries dignes des sans -culottes de 93. (76.77.)
— Le sieur Mangin , professeur de musique à Orl^^'ans, et première clarinette dans la garde nationale de cette ville, est cité à comparaître de suit<; devant le conseil municipal pour répondre à une dérioncialion faite contre lui par plusieurs de ses confrères, qui l'avaient accusé d'avoir fait exécuter, pendant lincendie des signes proscrits, une marche lugubre au lieu d'un morceau gai et dansant, et surtout d'avoir, lui personnellement, joué les airs chéris des Français, qui y furent entendus, avec peu d'enthousiasme et une mollesse qui peignait son mécontentement. Malgré les bonnes raisons de l'artiste, justifié par le caractère mâle, vigoureux et martial du morceau de musique, et l'observation péremptoire de l'impossibilité physique de juger de la manière naturelle ou contrainte avec laquelle il arat exécuté les airs ^ il n'en fut pas moins destitue.
3 mars 1816. — Le sieur Callier, employé à la préfecture du Loiret, est nommé archiviste de cette administration , pour remplacer le sieur Olivier de Maisonneuve, qui, à la rentrée du roi Louis XVlll, avait été élevé aux fonctions de secrétaire-général de la préfecture d'Orléans.
10 7?iars 1816. — Arrivée à Orléans d'une colonne de troupes anglaises, intantprie et cavalerie; ces troupes, d'une belle tenue, étaient d un grand éclat, vu leurs habits ronges galonnés en argent, et leurs chapeaux à deux cornes ornés de plumes de c«jf| de diverses couleurs.
Ces étrangers affectèrent pendant leur séjour de répandre b'^aucoup d'argent dans la Tille.
Par ordre du préfet Alexandre de Talleyrand, qui avait reçu et fêté les officiers y n filais a sa table, le directeur du théâtre fut obligé de doimerun spectacle extraordinaire; les principaux officiers furent placés dans les loges du préfet et du maire, et virent jouer un opéra de Méliul , intitulé Hélène y ou /a Fuite de Cojistaniin ^ donné coiiinie pièce de circonstance, suivi de l'inauguration des bustes de S. M. Louis XVIII et de Henri IV, le tout terminé par les Deux Boxeurs anglais ^ vaudeville en un acte.
1 1 mars 1 8i6. — Par ordonnance royale, le lycée ti Orléans reprend sa première dénomination de collège royal; en conséquence, la plaque en marbre noir, incrustée audessus du portail, rue St-Pierre, sur laquelle étaient gravés, en lettres d*or, ces mots: Lycée itnpérial, fut remplacée par une autre portant ceux de Collège royal.
ao mars 1816. — Arrivée à Orléans d'un régiment suisse de la garde royale, infenterie» i^^: ce corps qui arrivait de Paris était sous les ordres du général d^Ogger; il était composé de trois bataillons de 600 hommes cha* cuiiy qui furent casernés ainsi : le i^*^ bataillon aux Jacobins , sur TEtape; le a* au Grand-Séminaire, et le y à St^Gliarles. (76-77.)
I®' avril 1816. — ^ Le maire d*0rléans ordonne, par un arrêté , la fermeture des spectacles, salles de bal et autres réjouissances publiques pendant la semaine sainte*
Mairie d Orléans,
Le maire d'Orléans, considérant que c'est à l'oubli des principes nioraiix et religieux qui pendant tant de siècles ont fait la f< licite de nos pères que nous devons les malheurs que nous avons éprouvés pendant vingt-cinq ans;
Considérant qu'un de ses premiers devoirs est de ramener, autant que possible, les anciens usages qui peuvent rappeler ces principes^ Arrête :
Art. i**". La clôture de la salie de spectacle aura lieu, comme par le passé, le samedi veille des Ptameatix, et ] Ouverture ne pourra se faire avant le lundi après Pâques.
Art. 2. Les jardins ou salles de bals publics , soil sous la dénomination de bastringues ou autres, seront fermés le même jour et ne pourront ouvrir avant le lendemain de Pâques.
Art. 3* Les commissaires de police sont chargés de rexécntioQ du présent arrêté.
Fait à la mairie, le 1^' ayril 18 16.
Le comte de Kochbplatte. (4*}
1% avril 181 6* — Arrôté du maire d^Orléans^ relatif au receasement des habitaus de la ville j lea nom et prénoms, le numéro de la maisob, la profeisioiii rétat-civil, Tàge des chefs de iamîlle, le nombre des enfans présens, la quotité du loyer, les portes et fenêtres, la désignation des portea cochères ou ordinaires, ropulence^ la richesse, Taisance €1 la pauvreté présumée des nabi tans désignés par ces mots en abréviation, comme ci-dessous:
Peu aisés, roalheureui, pauvres.
p, a* Mû. p, ^4>)
— Grand scandale dans l'église de Sainte-Croix J Orléans. Plusieurs jeunes pens de la ville se cachèrent clans ce temple et s*y laissèrent enfermer la veille du jeudi saint; ils employèrent une partie de la nuit à répandre du gros sable sur le pavé de Tégl iscj dans les endroits que la procession des pénitens devait parcourir à genoux nus. Cette méchanceté faillit être funeste aux âuteon, qui heureusement parvinrent à s*échapper.
Cette cérémonie , oui retrace en quelques points Tancienne pénitence publique, est présidée par le grand-pénitencier. Il conduit les pénitens en procession autour du chœur, en dehors; il les ramène ensuite dans la chapelle de StJean, derrière le chœur, ou est son tribunal et dont ils sont partis, couverts d'une espèce de capote, pour ne pas être reconnus même entre eut : après qu'ils ont baisé la terre et quils se sont prosternés à ses pieds « l'un après Tautre, souvent au nombre de plus de cent , il pro* nonce sur eux Tabsolution, les asperge d*eau bénite et les renvoie en leur disant : Faites pénitence et ne péchea plus. (76.)
18 auril i8i6. — Ordonnance royale qui établit à Orléans des coromissaires-priseurs an nombre de cinq , qui furent de suite installés, et ouvrirent peu de temps après leur salle de vente dans laquelle ils reçurent en dépôt toutes espèces d*objets mobiliers. (77.)
29 a{>nl 18 16. — Arri^té du maire d'Orléans qui obligée les domestiques (K^ d- ux sexes en service dans les aubergi?^, iiiaisoi is ^ai Jiic'bj cahaicls, cales et autres endroits publics, à avoir un livret cote et paraphé par la police. ^4*)
3o am7 1816. — Arrêté du maire d'Orléans qui défend aux marchands de légumes et aux vignerons de s'assembler dans la rue de l'Huîs-de-Fer ou au marché aux 6a* lais^aTec ordre de ne se réunir qu au marché dit à la Volaille. (4)
— Le gouvernement fait remettre à l'église de Notre- Dame de Cléry la belle statue faite , en 162 2 , par Michel Bourdin, célèbre sculpteur Orléanais, pour le tombeau de T.ouis XI. Ce chef-d'œuvre avait été enlevé de Cléry en 1800 et porté dans la capitale pour être déposé au musée des monumens français, rue des Petits-Âugustins. (77.)
Z mai 1816. — Le sieur Loché , emplovf à la mairie d'Orléans, qui avait, en 1793, sauvé le drapeau de la ville, lequel servait dans les anciennes céi énionies de la fcte de la Pucelle, ;iy iiit eu connaissance que le maire avait l'intention de rétablir cette cérémonie avec les usages anciens, en fait, ce jour, la remi.^e au corps municipal, qui le fit reparaître quelques temps après. 11 fut trempé dans du café pour lui donner iaii de vétusté, après avoir été repeint à neuf.
y mai i8i6. — Ordonnance royale qui autorise des missions en Fi ance. Plusieurs missionnaires se répandent dans tout le royaume.
8 mai 1 8i6. *^ Féte de la Ville y ou de la Pucelle d*Orléans, comme Tannée d*avant. U y eut une procession sans le petit Puceau et les anciennes cérémonies, que le maire n'avait pas eu le temps de préparer^ et qu'il fut forcément obligé de remettre à Tannée suivante. Panégyrique par M, Lsdureau, chanoine , à St-Pierre-en-Sentelée.
lo mai 1816. — Arrêté du maire d'Orléans relatif à Tétablissemeot d*un bureau pour le dépôt des objets perdus et pour les renséignemens de ceux qui avaient été trouvés, dont n serait donné avis par la voie des iournaux.
Ce bureau fut placé à la mairie, sous la surveillance du caissier du corps municipal, M. Crjgnon-Bellevue. (40
'2 juLii 1816. — La compagnie de canonniers et sapenrsponiplci i rcuiue, dont l'effectif se montait à plus de deux cepL^ iiumines, d'une trcA-belle tenue, fut, par les soins de
Digitizeo uy ^^ogle
M. Pilté-Grencl , capitaine-comiiiandaul , poussée à la manœuvre jusqu'au poîntde faire l'exercice à feu presque aussi bien que la tr()iti)e de ligne. Pour témoigner à cette be!l<' compagnie la saUsfacLujii qu'il en éprouvait, le capitaine lui donna, le 2 juin i8i6, une féte à sa campagne du Rondon.
Les principales auLoiiUà ju<ll( îaires, civiles et militaires, rétat-majo[ (ir- la garde nationale et beaucoup d'autres personnes y lui ent invitées.
Après avoir été passée en revue, à onze heures du matin^ musique, fifres et tambours en téte, la compagnie sQi LU d Orléans escortant et porlaot tour-à-tour un seperbe buste du roi Louis XYIII^ qui fut eosuite inauguré et placé au fond de ta galerie du Kondon» au-dessus de la porte de la chapeliei où il est encore. Ce buste avait été commandé et dbposé par la compagnie , à Finsu du capi* taine, pour lui en faire la surprise et le cadeau au moment du départ.
D'Orléans jusqu'au château, et passant par Olivet , une multitude innombrable ne cessa de manifester son enthousiasme de toutes les manières. Les cris de.viue le Roi! mille fois répétés^ des guirlandes de fleurs et de feuillage, les décharges de mousqueterie, des rafraîchissemens offerts de toutes parts, tel fut le prélude de cette fête royaliste.
Arrivée au Rondon , après un moment de repos, le capitaine fit faire et commanda Texercice à feu à sa compagnie; elle se livra ensuite aux jeux et amusemeas divers, et notamment à Pesorime, et a trois heures et demie une table de trois cents couverts, placée dans la grande avenue, était occupée par un nombre é^al de convives.
Tout ce que le bon goût peut offrir de plus élégant or^ nait le lieu de ce charmant banquet, que protégeait un temps ma^^aifique et le délicieux ombrage de verdure. La franchise et Tunion régnèrent de tous côtés; aux bruyantes expressions d'une vive gaîté se joignaient des détonnatîons de bombes qui se répétèrent depuis te commencement du dîner jusqu'au moment du départ.
Au dessert, on porta des santés au roi et à sa famille, au capitaine et à la garde nationale; plusieurs toasts furent aussi portés à tout ce qui se rattache au bonheur et à la
prospérité du pays. La musique exécuta des morceaux du plus agréable effet. Le sieur Garnieri perruquier, caporal* fourrier, y chanta des couplets de sa composition.
L'ascension d'un énorme ballon termina les joyeux ébats et les plaisirs de cette journée. La compagnie rentra en ville dans le même ordre et aux mêmes acclamations qu*en allant, et vint rompre les rangs devant la porte de son capitaine à neuf heures du soir.
Le Momtear et beaucoup d'autres journaux ont rendu compte de cette lèle mémorable.
juillet 18 16. — * Liste de MM. les officiers^ sousofi&ciers et gardes nationaux de la ville d'Oriéans qui , d'après Tordonnance du roi du 5 mai dernier , et Tautori* sation accordée par S. A. Monsieur, ont obtenu, par leur fidélité constante envers leurs princes légitimes, leur amour pour leur roi , et les services rendus par leur con* dttite à sa personne sacrée, des brevets pour porter la décoration au liséré couleur fiuille morte^ destinée à les distinguer des autres citoyens.
ÉTAl-MAJijli DU DÉPARTEMENT.
MM. le duc de Civrac, de Villebresme, de Montigiiy, de Yélard, Desfrancs aîné, de Kocheplatte.
ÉTAT-MAJOR DB LA LiciOlf D*ORI*BAll8.
MM. de Bîzemont, Deloynes de Milbert, de Billy, Kainibault-Desroches, Âuvray-Fedou.