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i3 jarwîer i8i6. — Le duc d'Angoulême, revenant de calmer le midi de la France, passe par Orléans pour se rendre à Paris: il y est reçu avec beaucoup (Vein])T cssement. Il repartit le lendemain i\ liuit heures du iiKitin , escorté, de l'hôtel de la préfecture, où il avait couché , à la porte Bannier, par une partie des troupes, de la garde nationale et deshabitans.
Après c« départ, un repas offert par le maire rassembla à l'iiiipinvlste MM. l<!s officiers de la légion dépai iementale et un grand nombre de membres de la garde nationale. Des toasts y furent portés avec un entliousiasme <|ui allait jusqu au déhre^ entre autres au roi, à la famille
— 5do —
royale, au préfet Alexandre de Talleyrand , au maire, au hraYC Cornehize jhtOFon et commandunt de la légion du Loiret et de la place , aux officiers de cette légion , à la
farde nationale d'Orléans» enfin à l'union, de tous les ^irançais.
Le même jour, le préfet fit une proclamation.
ly janvier 1816. — Arrêté du préfet relatif à l'organisation d'un bureau central de la pulice d'Orléans, à la mairie, indépeadaniment des trois commissaires qui existaient déjà.
Le même arrêté portait aussi la nomuiatioii de quatre appariteurs, dont deux pour les quartiers de i*est et deux pour ceux de l'ouest. (3-4.)
A gens de la police d'Orléans,
MM. Legros, commissaire en chef du bureau contrai ; Deioynes, commissaire en chef ^ Hersant-Desmares et Gadot-Grammont, commissaires.
Appariteurs^ MM.Plumesle, Doisneau, Larousse, Guilleau.
— Arrêté du préfet du Loiret relatif aux femmes publiques à Orléans, et à leur division en trois classes,
Savoir :
i'^, Les filles que Ton nomme raocrocheuses; 2"", Les filles en chambres; 3% Les femmes entretenues.
Toutes ces filles et femmes sont tenues de se faire inscrire au bureau central de police et d'y apporter, chaque quinzaine, un certificat constatant Tétat de leur santé, délivré par le docteur Lhuil lier père, chargé de les visiter, et de faire, conduire à la maison de santé celles qui seraient malades. (3.)
1 8 janvier i8i5, — Les commissaires de police et la garde de la place sont chaînés de dissoudre plusieurs petits groupes d'ouvriers qui se réunissaient sur le Martroi, le soir, en sortant de leurs ateliers , pour causer politique et gouverner la France à leur goût^ les nommés Bouché et Bachette sont mis en surveillance pour leur résistance et les propos quils avaient tenus dans cette circonstance. (4.)
ai janvier iSi6. — Anniversaire de la mort de Louis XYI) célébré avec une grande pompe à Orléans, par ordre du maire et suivant une proclaroadon que ce fonctionnaire fit im|»rimer, publier et afficher par toute la commune. Cette pièce était ainsi conçue :
HAIAIB ]>'OBIjUirSi AIIIIIVBRSÂIAB DU 31 lANTIER.
Le maire d'Orléans à ses concitoyens.
Demain samedi est le jour où la France entière sera couverte d'un crêpe funèbre*
Le deuil doit être général, et ce jour sera férié.
En expiation du crime de oe malheureux jour, allons tous nous prosterner aux pieds des autels et demander à Dieu pardon de cet exécrable attentat, dont se sont couverts d'infâmes régicides, proscrits à jamais du sol que nous habitons. Il me suffît de vous rappeler les avis que vous a donnés le premier magistrat de ce département dans sa dernière proclamation , où sont exprimés, d'une manière si énergique, et les devoirs de la religion et ceux dus aux princes que le ciel vient de nous rendre dans sa clémence.
Je me bornerai donc à vous instruire que ce jour , suivant l'ordonnance du roi, devant être férié, Aucun marché ne tiendra ;
Les spectacles seront fermés , ainsi que les salles de bal , danses ou réunions publiques de quelque, nature quelles soient;
Les habitans sont obligés de tenir leurs portes , magasins, ateliers fermés , sans pouvoir y Êiire aucun ouvrage ostensible;
Tous les travaux sur les ports, places publiques et dans les rues, de quelque nature quils soient, sont défendus, à moins d'une nécessité absolue, pour laquelle il faudra obtenir préalablement une permission spéciale de la police.
MM. les commissaires et agens de police sont spécialement chargés de Texécution de la présente ordonnance, et citeront £vant les tribunaux tous les délinquans.
Baron CRiciroif-DÉsoiiMBAux. (4*)
2 2 jaiwier 1816. — Le n° y H du journal de 181 5 , imprimé chez Darnault-Maurant, rue des Basses-Gouttières, le seul journal alors autorisé dans cette ville , ceux de Huel-Perdoux , de Guyot et Jacob ayant été supprimés par ordonnance royale, contenait l'aperçu succlnt des mesures de précautioïi prises pour le débarquement de Napoléon à Tîle Ste-Uëièue, et celles pour sa garde sur ce rocher. (77.)
— Ce jour nous avons lait l'aciiuisition d*une gravure qui arrivait de Paris, et sur laquelle nous avons recueilli les détails qui suivent.
Ii*empereur ayant refusé d'admettre madame de Genlis au nonmre des dames d'honneur de Marie-Louise, celte femme célèbre s'en vengea, à cette époque, en dessinant elle-même et en fiûsant graver le portrait de Napoléon, au bas duquel se trouvait Texplication suivante :
« Il est composé de corps morts pour son ambition ; il « est écrasé par Taigle des alliés ; son constume repré- « sente une carte géographique indiquant les noms des « batailles perdues dans ses dernières campagnes, ainsi « que les fleuves qu'il a passés et qui se jettent dans son « collet, fleuve de sang; la main de justice brise le fil de « ses grandeurs , dont la fragilité est désignée par la Uàïe « d'araignée, et le mot d'Ernirth qui se lit sur le cordon « de sa légion , signifle qu'il a perdu tout honneur. »
Installation du maire d'Orléans*
Aujourdliui ,àune heure après midi, eut Keu dans la salle principale de Thôtel de la mairie d'Orléans Tinstallation solennelle et publique du nouveau nraire de cette ville, M. Florizel-Louis de Drouin comte de Rocheplatte, feite par le conseiller d'Etat honoraire, Alexandre de Tallejrand, député du Loiret et chef de la police générale de ce département, dont il était le préfet.
Cette cérémonie eut lieu en présence des conseillers de préfecture, du maire sortant, des adjoin is, des membres du conseil de la commune , d*un détachement de la garde nationale, de la musique de corps, etc., etc.
Trois discours remarquables remplirent la séance : le
fTcniier, pronouré par M. \o piclet, qui lut d'abord ordonnance royale datée de quelques jours avant, relative à la nomination du nouveau maire , dont il proclama le constant et sincère royalisme, ainsi que les vertus personnelles; puis après, il complimenta le maire sortant, parla de son zèle pour les intérêts du roi , de son désintéressement, ainsi que sur la stricte économie qu'il avait apportée dans l emplot des fonds communaux, et finit par fixer l'attention de l'assemblée sur le bonheur que les Français devaient éprouver de vivre sous le gouvernement paternel de S. M. Louis XVili , leur souverain légitime.
Le second discours fut celui du maire sortant, M. le baron Criguon-Désormeaux, chevalier de Sevenay, membre de ta Légion-d'Honneur , qui conmicnça par des remercîmens adressés au conseiller d'Etat pour les éloges qu'il avait bien voulu faire de sa personne; ensuite il se répandit en invectives contre le gouvernement déchu, et en protestations de fidélité, d'amour et d'enlhousiasme pour celui qui venait d'être restauré j i on remarqua surtout ces phrases :
« Depuis seize ans je servais l'usurpateur Bonaparte dans « l'intention de le tromper.
« Depuis seize ans, le roi mon maître, mon prince légi- « time, était fidèlement instruit par woi de tout ce qui se « passait (hins sa l>onne ville d'Oilcaus , par le canal du « plus biave de ses sujets, M. le lieutenant-général de ses « armées, vicomte d llardoumeau, d Orlrans.
o Depuis seize ans, enfin , j'ai coiitnijué de tous mes « moyens a liàtcr la chute du tvran corse, et a amener la « catastrophe qui a bris(,' sou sceptic de fer, et à le renver- « ser d un liôm^ (juH avait tVauduleusemeot usurpé, etc. « et un giTtnd noinhre de témoins.)
Le troisième tut prcjnonec |)ar le nouveau maire, M. le comte de llocheplatle , (jui ht une proièssioii de foi sur son eoustant royalisme , sur son attachement sans bornes aux Bourbons, ses pnnccs légitimes, sur son inébranlable resolution de rester dans les mêmes sentiniens quand bien juéme Luis, aprèâ quelques complimens
adressés au préfet, qui Tenait de l'instailer, et à l ex maire quil remplaçait, il finit son discours par ces mots : « Je promets de veiller sévèrement sur radministration qui m est confiée, et je déclare en votre préseu ce . Messieurs, que je serai ineexible, inexorable même, toutes les lois que le bonheur de mes administrés et leurs intérêts seront compromis ; je proroeU aussi que mon seul but sera desoutemr leurs droits et ceux du roi, qui vient de m ho- Orîl![nt^O*" de ce bon peuple
Cette cérémonie finit par des cris de 2;2W /ei^o/, vitrent Us Bourbons! et par les airs de Fwe Henri IV et celui de Oupeui-on être mieux qu*au sem de sa famUh? enécutés par la musique delà garde nationale. (4-76-77.)
^féprier Le général Gilly,âgecle qnaranteans, celui qui avait arrêté le duc d'Angoulême à Valence, en i8i5, et !e gênerai Mouton-Duvernet, âgé de quarantecinq ans, tous les deux officiers de l'ex-vieille garde impé- • riale et proscrits, setant sauvés de Paris, déguisés wi paysans , son t signalés au préfet de Talleyrand , dirocteurgeneral de la police du département du Loiret, comme ayant pris In route d'Orléans. Malgré les recherches les plus actives qui lurent faites dans les hôtels, les aubenes les cabarets et uiême les bouchons les plus misérables' aucun des deux fugitifs ne fut pris. (4-77.; *
^/éi^rier 1 8 1 6. - Le général Fressinet, exH>fficier dans la vieille garde, étant proscrit, est recommandé par le ministre de la pohce ge. .erale du royaume (de Gaies) au préfet du Loiret, qm fit faire, sans succès, les perquisitions les plus rigoureuses. (4.) ^
^ — Séance extraordinaire du conseil municipal d'Orléans, dans laquelle ce corps émet le vœu de voir livrer
ÎTn^r, Mn «dnnnitlnUkin pure et ferme fit regret 1er vive-
jiipntsn démission, occasionnée par les événmeos deiSi
'''^^'^^"s fonctionnaire «é-
SScnfiail souvenl ses propres iiUérêls pour ceux d«5 OrlilL^ oui tfeablicroni jamais que si,, ion «erelceïî raSl^ tot pas «n seul inslanl troublée, et qne l'ordre et l"î^niZ8A^.T î nances furent le but auquel il i4 ceïïa de teJSre/ ^
au feu le poriraic en pied de Bonaparte qui était à la mai* lie^ et déduit les motib qui militent pour qu'il ne soit pas ' coneidéré comme objet d*arl« (Voir ei-après k lettre de M. Rabelleau, conseiller dé préfectnre»)
▲omESSS DU Goars muhigipai* n'oALÂàiis.
Extrait du procès- verbal des séances du canseil municipal
de la ville d'Orléans.
Un membre propose au conseil d exprimer, au nom de la Tille» ses sentimens de douleur et d'indignation sur lattentat commis le 21 janvier 1793, par Tassassinat deSa Majesté Louis XVI, et qu'il soit» en conséquenoei pris une délibération contenant une adresse qui serait signée îndi> viduellement par tous les membres du conseil^ et qu'il , soit ouvert au secrétariat de la mairie un registre en tête duquel la délibération à prendre serait transcrite, avec invitation à tous les yrais et sincères royalistes d'y venir ap* poser leurs signatures.
Cette proposition étant unanimement accueillie , un autre membre présente au conseil un projet de délibération exprimant avec énergie les senlirnens de tous les Orléanais, et rapportant à Tappui des faits qui les prouvent d'une manière particulière.
Sa rédaction , mise aux voix, est approuvée à la grande majorité de rassemblée, sauf à s'assurer de l'authenticité des faits niis en avant, et paniculièrcinent de celui qui concerne M. le baron Crignon-Pésormeaux, dernier maire de celte ville.
Le conseil, en conséquence , nomme une commission, composée de MM. Johanet, le marquis de Sailly, Raguenet bt-Albin etl'oijgeron le jeune, pour prendre les renseignemens qu'elle croira convenables, afin de s assurer de Fauthenticite des faits mis en avant, et rédi^^er définitivement l'adresse pour en rendre compte au conseil aujourd hui, à huit heures du sotr^ heure k laquelle le conseil renvoie la séance.
HuUhmresdu soir, M. le marquis de Saillyi au nom# de la eoHuniasion chargée » dans la- séance du matin, 4e prendre des renseigncmens sur les fiiits «ms en o^t dans
^*ftdresse à présenter ^ obtient la parole et rend compte aa conseil que M, le vicomte d'Hanhuineau^ qui na pas qÊÙtté Sa Majesté pendant tout le temps de son émigration^et particulièrement lorsquelle était à Mit tau ^ ieur dé* clara que le fait exposé dans C adresse est de Ut plus exacte ^rité; il leur %k même donné des déta ils circonstanciés* Il propose, en conséquence, que ne fait soit reconnu parle conseil comme authentique. M« le président prie M. Johanet de faire une seconde lecture du projet d*adresse par lui présenté dans la séance du matin.
Sa nouvelle rédaction est mise aux voix par M. le président , en demandant au conseil sil reconnaît Tauthentî- 'citédes faits qui y sont insérés.
Le conseil, à f unanimité , reconnaît l'authenticité des faits et approuve hi rédaction;
Arrête, en conséquence, qoecette délibération particulière sera signée individuellement par tous les membres présens, qu elle sera présentée à ta signature des membres absens , et qu'enfin elle sera, après avoir été inscrite aux registres des délibérations du conseil , déposée au secrétariat de la mairie pour recevoir, à -la suite de la signature des membres du conseil, celles de tous les citoyens de la ville , qui, pour prouver leur dévouement à ia cause sacrée du roi et de sa finmille, et leur horreur pour l'attentat ôommis le ai janvier 1793, désireront les J apposer.
Suit la teneur de l'adresse:
Les fidèles sujets du roi composant le conseil général de la ville d'Orléans, doivent protester solennellement contre lassassinat de leur roi, et déclarer de la manière la plus formelle que toujours cette ville fa désavoué avant et après le ai janvier 1793.
Cette déclaration se justifie d'abord par la bonne opi« lifion qui a toujours dominé dans cette ville, et plus encore par des iaits positifs qu il est permis de rappeler.'
Le conseil général de la commune était en permanence, « et ses séances publiques , par décret de la Convention na* tionale; mais la municipalité, renouvelée par une ligue Jionorable entre le&gens de bien, repoussa en séances publiques, et sur les conclusions du procureur de la commune , les provocations qui lui furent adressées par quel-
ques furieux et des autorités de ia capitale, soit pour évir
ler le jugement du roi soit pour y adhérer.
Ce f ut dans cette ville que partit le premier cri pour la liberté de Paugnstc fille de nos rois.
T. es députésdel an v au corps législatif en tureat exclus comme royalistes le i8 fructidor.
L'accueil fait à tous les amis du roi, réfugiés à Orléans^ et les nombreux ccrtiticats de résidence donnés à ceux qui avaient détendu sa cause, prouvent la continuitc^ du bon esprit, et lors même qiïen 1800 un maire jùt nommé par le gouvevut nient existant , cp magistrat neiitra en fonctions qu\^n adressant à Sa Majtstc T. oui s XVnj^a MittaUf un acte qui contenait V expression, de sa fulc/ité au roi, qui sans tlouie y reconnut aussi les vœux et les senti> mens des liabitans d une ville qui ne pouvait se faire entendre que par l'organe de son maire. Cet acte honore M., Crignon-Dcsonneaux^ qui vient de terminer un exercice de seize années ; mais il est invoqué par tous les gens de bien comme l'expression de l'horreur que leur inspirait lepassé^ et de l'espoir qu'ils conservaient d'un meilleur avenir.
Nous protestons et nous déclarons publiqueraent, pour l'honneur de la ville, que l'attentat commis le 21 janvier 1793 fut dès lors le sujet d'un deuil universel pour la très-grande majorité de la ville, et qu'en le portant aujourdhui nous ne faisons que manifester les sentimens dont nous avons toujours été pénétrés.
Nous terminons en renouvelant les vœux, que nous avons si souvent adressés au ciel pour la conservation de notre dynastie légitime, et en réitérant le serment de notre inébranlable hdélité au roi et aux princes de sa famille dans l'ordre de primogéniture. '
Nous adhérons pleinement à l'adresse présentée au roi. par la chambre des députés, le ai janvier z8i6.
Ia mmiite est signée :
Le comte de Rocheplatle , Johanet» Porcher, Brossard de Nogent, Cotas de BrouTilley Geffrier-l4eiiormand| Laîsnécle VitlcTéqae, Raguenetde St- Albin, Grespîn àp Billy, chevalier de St-Louis^ Miron de Ia Mpthe, de Yeslardf, chevalier de St-Louis \ Marcille*PeUetier > Galiottel