I. Li fiAION Dl IOii06(jSS
M- le baron Bigot de MoftOcuEs (Pierre-Marie Sébastien) est né à Orléans, le 5 avril 177G. Il était issu d'une noble et ancienuc famille qui a fourni à la Franre des magistrats et des militaires distingués. Son pére était major de vaisseau : son aïeul, UeoieDant- général des armées navales, iaspecteur-général de Fartillerie de marine, est auteur de plusieurs ouvrages estimés sur la tactique navale : il commandait, avec le grade de capitaine, un vaisseau de l'armée de M. de Conflans, lors de la malheureuse bataille livrée par ce général. Il soutint seul pendant trots heures le feu de trois vaisseaux anglais, donna ainsi à Tarrièregarde le temps de se rallier, et la ramena dans le port. Le bisaïeul de M. de Morogues, M. Bigot de la Mothe, conseiller d'État, était intendant-général de la maiine et de la province de Bretagne. Ce fut sous sa diréction qu'eut lieu rétablissement des ports de Brest et de Lorient
M. DK MoaoGuzs, selon l'exempte de ses ancêtres et le vœu de sa famille, se destinait h la marine; il passa ses premières années à l'école militaire de Vannes. Il s'y livrait avec ardeur à Kétude des sciences exactes, lorsque la révolution ( cl ita et vint mettre obstacle à ses projets. L'école de Vannes fut supprimée. M. DE Morogues tourna les yeux vers une autre carrière <1 ans laquelle il pût se rendre utile à son pays. En 1794, il entra à J'£cole des mines, et, sous Yauquelin etHaûy, s'adonna à l'étude de la chimie ,de la minéralogie et de la géologie. Il prit surtout uif goût très- vif pour ces deux dernières scîèucesi et d^ celte époque y il commença à se faire remarquer par les publicatiotts'
dont il enrichit Ja plupart des recaeîls Mtendfiqnes. Ce toi livré enti&«inent à ces travaux paisibles qu*il iraversa nos temps de troubles et qn*il échappa à leurs désastres.
Dans le dessein de voir par lui-mcme les giseroens des miné* faux, d*étudier Tart de les extraire et de compléter, en les appliquant, les notious qu'il avait acquises dans ses études^ il parcourut la Bretagne, les Vosges, 1p Tnra, la Suisse, la Savoie, le Limousin , recueillant partout des liutea. Il les utilisa plus tard lorsqu'il ledigea diflférens mémoires sur des poxal^ de géologie et de minéralogie, qui lui valurent Thonnenr *d*étre caé avec éloge par Brongniard et Govier. Plusieurs de ces mémoires, notamment celd qui eut pour objet les aérolithis, furent accueillis avec faveur |^r TAcadémie des Sciences.
Revenu dans ses foyers, son mariage avec mademoiselle de Monfaudoin le rendit propriétaire de la terre de la Source du Loiret. Il dirigea alors l'activité de son esprit vers l'étude de l'agriculture, et y aj^pliqua ses connaissances. Il entreprit surtout de démontrer et de prouver par son exemple <|ue la culture des terres du Val de Loire et de la Sologne était susceptible d'une grande amélioration. 11 se voua à cette tâche : pendant plusieurs années» ses écrits, ses recherches, ses expériences n*eurent pas d*autre but Le succès couronna ses efforts. Cest à lui qu'on doit en grande partie cet heureux changement et cet élan qui ont amené dans le Val la riche culture et la prospérité qui y régnent aujourd'hui.
Deux mémoires, sur l'appropriation des bois aux divers terrains de la Sologne et sur les principaux moyens d'amélioration qu'elle présente, publiés en 1811, furent suivis, en 1822, d'uu ouvrage méthodique sur les moyens d'améliorer Tagriculture en France et surtout en Sologne. Analysé dans tous les journaux sdentiBques, cet ouvrage fit nommer immédiatement son auteur membre de la Société royale d'Agriculture : il excita et déter-* mina des entreprises agricoles importantes. Des améliorations sérieuses furent essayées en Sologne; les terres y acquirent une plus grande valeur; les bois, et surtout les bois résineux, s*y nmkiplièrent ; des racines nutritives y furent cultivées; l'assolement se perfectionna, il amena plus de récoltes et plus d'engrais. La Sologne entra dans la voie des progrès où die a continué à marcher depuis.
K est peu de parties de Tagriculture que n'ait étudiées M. nx Mo&ocuKs et sur lesquelles il n'ait jeté quelque lumière, produit de sa longue expérieuce.
Dans ces dernières années, quand MM. Pourrat conçurent ndée de faire pour la science actuelle ce qu'avait en son temps
l'abbf' Rozicr, et vouîtirenr publier un Cours complet d'agriculture Pt d'économie rurale, M. df Morocues fut I'ufi (h s premiers aiixtpiels ils s'adressèrent; il rét)oadit avec empressement à cet appel et fournit un grand nombre des articles de l'ouvrage: il eut à traiter surtout les sujets qui exigeaient le plus de recherches et de savoir. Cest à sa plume qtie soot diu dans ce livre les ut^ ûeles Jilé, Céréales, BéUss ovines. Douanes , Impôts, etc.
L'agriculture ii*était pas seulement pour M. de Morocues la science pratique et toute domestique qui se renferme dans l'intcrieur d*tmc rxj)loitation, ou celle qui se borne à répandre plus d'aisance dans une contrée; il la considérait d'un ])nint de vue plus élevé, dans ses rapports avec la prospérité du pays tout entier, avec le connnei ce irilérieui et étranger» avec les besoins des diverses classes du peuple ^ il voulait y ti'ouver un soulagement â toutes leâ misères, un préservatif à tous les dangers. Il porta sur ces matières l'œil et !a méditation du philosophe, et se trouva ainsi conduit naturellement à Tétude de Técononiie poli> tique, cette science si vaste, si jeune encore et si peu étudiée, bien qu'elle compte déjà tant de révolutions et tant d'écoles diverses et opposées.
Ce fut en 1814, au moment dr la ( iiute de l'Empire, que M. de MoROGLKs se livra à celte nouvelle étude. A celte époque d'ébranlement et de rénovation sociale, les esprits élevés et sérieux, se détachant des passions du moment, se trouvaient poussés vers de graves pensées: M. se Mobogues fut de ce nombre. U sentit quelle importance la forme et les principes du gouvernement re> présentatif allaient donner aux études politiques, quelle influence elles exerceraî( nt sur l'avenir de ce gouvernement, et il s'y appliqua avec ardeur.
Ici l'on ne saurait apprécier le savant sans parler eu même temps de l'homme polili(jue; car ce ne fut jamais la science abstraite que cultiva M. de Morogues* ce ne fut jamais, comme il n'arrive que trop souvent, de simples théories qu'il poursuivit; il étudiait pour appliquer, il s'instruisait pour agir; la science, pour lui, c'était le moyen et non le but; ce qu'illui demandait, ce n'était pas l'honneur ou le renom de passer pour savant, c'était le pouvoir d'éclairer, c'était la faculté d'être utile. Être utile, faire le hii n, telle fut sa passion d'homme public , comme sa passion d'homme privé.
De même qu'il avait appliipié ses connaissances agricoles à rameiiuration des pays pauvres, ce fut principalement à l'amé* lioration des classes pauvres et souffrantes de la société qu'il consacra ses études politiques.
A ses yeux, le gouTemement représentatif était l'expression
îles idées qui avaient ameoé notre révolution soeUite ; ce qu'il y
x'oyait, ce qu'il y estimait avant tout, ce qui Ten rentlnir partisan , c'était l'affranchissement des intelligences. Son premier vœu était que ces intelligences fussent au niveau de leurs di oits et comprissent bien leurs devoirs. Éclairer le peuple, l'instruirCf telle fut donc la première chose que M. de Morocues regarda comme nécessaire dans cotre gouvernement devenu libre* Nul plus que lui ne fut Fami, le propagateur de Finstruction pri» maire II Talda et la soutint à Oriéans par tous les moyens en sa puissance. Sous la Restauration , & une époque où le pouvoir était loin de voir avec faveur de pareilles entreprises^ c'est l\ son 2èle éclairé et indépendant, c'est au concours des honorables citoyens qui se réunirent h lui (jue fut due la première éroîe mutuelle fondée dans la villes il concourut également à la création d'une école normale primaire , germe de celle aux dcveloppemens de laquelle il applaudit plus tard et dont il se faisait honneur, même aux derniers temps de sa vie, de présider la commission de surveillance.
S'il voulait que le peuple fÙt éclairé , il ne voulait pas moins ardemment qu'il fût heureux ; îl le voulait et dans l'intérêt des classes pauvres et dans celui de l'ordre social lui-même. C*est sous •ce double rapport qu'il se livra àTexamen du paupérisme, cette plaie des sociétés modernes, qu'il en rechercha les causes avec soin , et s'appliqua à y trouver un remède. Le sort des classes industrielles excita vivement sa sollicitude; il signala et constata "d'une manière exacte l'accroissement dn malaisé de ces classes suivant partout les progrès et le développement de l'industrie; il porta toute son attention sur le résultat d< !'( niploi des machines. Plus que personne, M. pf Mohocufs sentait l'importance et la beauté de la science qui met à la disposition de l'industrie les forces aveugles de la nature et les fait servir au bien-être de la société j ■ce n'était pas seulement comme une nécessité qu'il admettait l'emploi des machines dans nos fabriques, c'était comme un bienfait réel ; il sentait que c'est par elles seules qu'avec moins de frais un peut obtenir une quantité supérieure de produits et qu'en économisant le travail on peut multiplier les objets de consommation tout en en diminuant le prix , que c'est par elles qu'il est pos» sible de soutenir In coucurrenre de l'étranger. Mais il voyait ces bienfaits aLL:oiïi|i;)-iies de malheurs j il voyait les machines amenant, au moment de leur adoption , le manque d'emploi d'une foule de bras, faisant dans l'industrie d'utiles révolutions , mais trop souvent, avant qu'elles eussent produit tout leur effet, devenant filiales à un grand nombre d'existences industrielles. Profiter des bienfaits et prévenir ou soulager les désastres, tel
— 4ii —
était 1 ubjeL (le ses méditations. li cluTcha le palUatit i ces maax, et indiqua, comme y devant porter remède, la protection qu'il réclamait du ^ouvernemeut pour la iielile culture. L'établissemeot de cotoaies agricoles dans les pardes incaites de nos pro* ▼inces fut à ce titre vivement sollicité par lai. Il deoandait qu*à Taide de colonies établies dans nos landes» dans nos bruyères, on créât aux ouvriers des travaux à leur portée et qu'ils trouvassent prêts ati moment où les leurs les quitteraient; que l'industrie agricole y fûJ appelée «\ guérir la plaie faite par Tindustrie manufacturière; et, luttant contre le torrent qui tend à entraîner dans les villes une partie de la pt>pul.iUt»n rurale, il voulait que la portion inoccupée de nos cités trouvât de i'avaulage à éiui^rer dans les champs.
£d plaignant les misères des classes pauvres» il ne perdait pas de vue Tîntérét de la société entière; il ne pensait pas, comne quelques économistes moroses et à vue courte, que la richesse des Uns fût un obstacle au bien-être des autres; et loin de se déchaîner contre le luxe, il voulait qu'on IVncouragedt, et qu'eu le diriî^cant utilement ou l'appelAt au secours et au soulagement de rmdustrîe souffrante. Loin de voir dans le luxe une cause de ruine et de décadence pour les états, il le regardait, et à bon droit, comme destiné soutenir et à accroStre la prospérité du com« merce ; il y trouvait un moyen d'assurer aux ouvriers le salaire et le travail dont parfois les macliines venaient à les priver.
Plusieurs fois il reprit et éclaira ces importantes questions.
Tout en voyant dans le bien-être matériel du peuple une cause d'ordre et de stabilité, il était loin dV pl;uer, comme quelquesuns, la seule garantie de la trancjuillite et de la conservation publiques : il y (icinandait une base preuiière plus étendue, plus noble et plus assurée. Cette base, il la trouvait dans la morale et dans f union de celle-ci avec les principes religieux. Deux ouvrages Importans de M. de Moxoguis, la PoSàiqur reUgieiue et philosophique, 1827, et la Politique basée sur ia Monde, 1834 , sont le développement de cette idée. Après avoir montré les principes de religion et de morale, et les affections de famille présidant à retablisseajcnt, à l'accroissement, l'i la consolidation de toute société, il 1< *> fait voir favorisant le développement de l'esprit humain, eu asjurani la marche progressive, en pacifiant, en affermissant les conquêtes; il les examine dans leurs différens rapports avec réducation, le commerce» riadustrie, les associations, l'esprit administratif, et surtout avec les principes du gouvernement II s'attache principalemenl à démontrer combien cette base est nécessaire au gouvr i ncment représentatif si mobile de son essence , si exposé au cboc des passions»
— 4ia —
L'afTermissement de ce mode de gouvernement en France , était le plus ardent des vœux de M. dk Worogïjes, l'objet le plus constant de ses méditations. Il voulait, nvant tout, rendre nos institutions plus populaires on les accordant avec les besoins des grandes masses de la société.
La nécessité de ccmsdlaer l'élément aristocratique , et d'assurer à la chambre des pairs le rang et rinfliience qu'elle doit avoir, pour le bien général, au milieu de notre société démocratique, le préoccupait vivement. Le mérite personnel , les grands services rendus h l'État lui semblaient les titres nécessaires pour v <*trc admis et les plus propres à acquérir à ce grand corps l'éclat et l«î respect indispensables à son action.
Avant tout, ami de son pays, il n'hésita jamais h proclamer, à proposer ce qui lui semblait juste et utile : le devoir fut sa règle oonstaote, et toujours il le préféra à l'intérêt.
Ce ne fut jamais qu*à ses convictions qu'il obéit , et ses convictions étaient profondes et désintéressées; aussi les adversaires de ses doctrines, et il n'en manqua pas, furent toujours les premiers à reconn.nhe ( n lui la droiture et la loyauté de ses intentions , l'indi fii nd WK f de ses principes. Né dans une classe élevée, à une époque ou elle était encore privilrgiée, ce fut sans rancune qu'il vit s'évanouir les privilèges qu'il était appelé à partager; il adopta franchement le principe de l'égalité, et ses sympathies furent toujours pour la cause populaire: grand propriétaire , la division de la propriété lui semblait utile , et il demandait qu'on protégeât surtout la petite culture; placé dans les plus hauts r.uîgs de la société , ce fut principalement l'intérêt des classes pauvres qui excita son active sollicitude ; nttnrjué luimême par la presse et témoin des excès auxquels elle se livrait, il n'eu resta pas moins le partisan de sa liberté, qu'il regardait comme de l'essence de notre gouvernement.
Ces principes d'un libéralisme aussi prononcé que sage, devaient, sous la Restauration, le placer dans les ranes de l'opposition ; il y figura avec cette modération ferme qui fiisait le fond de son caractère , et dont jamais on ne le vit se départir. Il fut du nombrr âr renx qui tâchèrent en vain d'éclairer, sur ses vrais intérêts et sur les vœux du pays, un gouvernement aveuglé; et quand éclata la révolution de juillet , sans cacher la comf)assion qu'il éprouvait pour d'augustes inforUiucs, il la salua de ses vœux, ' et se rallia sur-le-cbamp à la cause nationale : il soutint le pon- ▼oir qui devenait la condition et la garantie du maintien de Tordre. Fidèle aux principes de toute sa vie, il fut bientite do nombre de ceux qui s'unirent pour proléger cette révolution contre l'abus qu'on voulait faire de ses doctrioes et pour la maintenir dans les
justes bonu» où ks efforts de ses partisans éclairés eC la sagesse
de la nation ont su la conserver.
M. DE MoRocTTKs avait vu heauro?)|) des vœux émis par lui dans ses ouvi .iijcs publiés sotis la R'^staur;Uioii, plusieurs dcsamcliorations qu'ii ui(iu|uait comme des dévclopp» iiK iis iiccessaîres de notre mode de gouvernement , réalisés et consa<:rés par la ré- MlmioB de ISBù. Ce fut pour Im une preirre qull aidait bien mai rcsprit de nos institnticms et bien apprécié leurs rapports a?ec les besoins du pays : ce lui fut un nouvel enoonragemenfc à se livrer d'une manière pins suivie à ses études politiques.
C'est ainsi qu'il se préparait à la haute di^uité qui allait récompenser ses travaux et lui donner un plus noble moyen d'en employer les fruits. Créé chevalier de Tordre de la Légiond Jdonueur, eu \H3'~i , il fut nomme pair de France peu ée temps a^ès. Depuis ce moment, il prit une part active à toutes les diseaSBions qui s*éle¥èreiit devant le parlement, et ni les souffranecs^ ni la maladie même ne Tempdaièrent dy participer.
Le même zèle qu'il avait employé pendant 25 ans, dans les modestes fonctions de maire delà commune de St- Cyr- en-Val , la même ardeur qu'il avait montrée au conseil d'arrondissement, et plus tard au conseil général du Loiret, il les apportait à la chambre des pairs. Rien n'aurait su l'en détourner. Un jeune réfugie polonais , accueilli par lui , l'engageait un jour, au nom de sa santé gravement atteinte , h ne pas se rcntlre au Luxembourg : « Quand vous aurez votre Pologne, lui dit-il, vous saurez alors combien il est douit de remplir ses devoirs de citoyen.» Il se fit porter à la chambre, et ce fut pour la dernière fois: ses forces défaillantes ne lui permirent plus d'y retourner.
Ramené à Orléans, nu milieu de sa famille » il succomba à ses soufTrnnres le lôjuin 1840 , à l'âge de 65 ans.
Les honneurs politiques ne furent pas les seuls qui récompensèrent les travaux de M. nr. IMorooues : lorscpi'on rétablit la classe des sciences morales de l lustitut, il fut Tua des premiers nommé membre correspondant de cette académie. Il est peu de sociétés savantes étrangères dont M. de MoaoGuss n*ait été membre $ il n*en est peut-être pas une en France dont il n*ait été le correspondant ou l'associé.
' La vie privée de M. de Moeogubs était une vie toute d'étude et de fnmille : c'est là surtout que ceux qui l'ont vu ont pu apprécier tout ce qu'il %^ avait de bonté , de loyauté et de force dans son caractère. Tuutiuenté sans relAehe f>ar la goutte, et presque toujours aux prises avec d horribles suuOrances, son humeur semblait inaltérable, et il était d*une sérénité parfaite. Toujours dottx^ prévenant, facile, d'une politesse empressée, quelque
moniont qti'on In trouvât , de quelque chose qu'on vînt î'enrretenir, on le voyait calme, tolérant . itripartial ; s*il se soiivt iiait d*un tort qu'on avait pu avoir envers lui , c'était pour montrer
au'il l'avait pardonné; s'il avait quelque reproche, quelque mot e censure à adresser, c'était avec tant de bienveillance qu'il le faisait, qu'on e6t pIutAt dit qu'il donoail un conseil.
Rompu au travail 9 sobre de paroles, il était ménager do temps ; il n'j avait qu'une occasion où il le prodiguât volontiers, c'est lorsqu'il s'agissait d'obliger. U aemblait« pour rendre service, retrouver la santé et des forces nouvelles : là i! élait infatigable ; il l'était égalernetU dans sa bienfaisance, noblement secondé , dans l'exercice de ces vertus , par la femme si distinguée, à tant de titres, qu'il avait su choisir pour compagne. C'est ainsi qu'il a vécu , honoré de tous , entouré de sa nombreuse famille , dont il était l'exemple et le lien; c'est ainsi qu'il est mort avec le calme religieux d'un homme de bien qui à la ooosdeoce d'avoir fourni une vie utile , pleuré de sa fiimille et de aes amis , emportant l'estime de ses oondloyens et les regrets <le tous les partisans du bien public.
Digitizeo uy ^^oogle
Chevalier de L-i I .cimcmi ri ' Honneur* Procureur General prés la Coni' luivalc d'Orléans
. an Oip-F!-.u> '3»«.
MT a* ' i<* titt toi
, ricli*» - ' :
* if d'y UiaiiMtM; -- 1 VI. E;»
' ;f»prle À S»int-I>or pr»^Mi .•>' tUi »n-
. » . * *^^'4^itée instance aa Porl-au-l'rim':. Lc^ i raïudi» ayant évacué cette ville en 1803 , il alla à l'île de Cuba, avec une grande partie de la population française. De là , il se rendit à Santo- Domingo, auprès du général Ferrand qui commandait la partie espagnole cédée à la France. 11 fut nommé procureur-
TïN Tp-5 TE qL) o o
BARON TIK lîHNTARAKD .
Chevaher do la l.éiMon ri ' llonnt'ur*
Procureur (jenéral presln Cour Kovalc d'Orléans