‹ Recherches historiques sur la ville d'OrléansChapitre 31 sur 33 · DE MONTAMKD · texte numérisé non relu

DE MONTAMKD

MoNTvRAîTD ( Jean-Baplisle-Louis- Augustin Coukt baron de), né eD 1756, au Cap-Français, ile de Saint-Domingue, originaire d'une très-ancienne famille d'Orîéans, fut envoyé en France pour y faire ses études de latinité et de droit. Il trouva dans TaFTilhé des maîtres auxquels il fut conlié, les leçons qui font les bons magistrats et les bons chrétiens 11 profita de ct ue éducation : sa vie en offre la preave. Nommé par Louis XVI , à 22 ans, sur la recounntndation de Madaaie Louise de France, et par dispense d*âge, conseiller- assesseur à la sénéchaussée do Cap, il pasiia en 17Ck) conseiller au conseil siip( rît m ; î! en exerça les fonctions jusqu'à l'incendie du Cap. £n 1793, il fut proscrit, à cause de ses opiniorfs poliriques, par les commissaires dti gouvernement révolutiotiuaire ; sa téte fut mise :\ prix. Il se réfiigia dans la rnde, sur la barque d'un caboteur jusqu'.iu départ d'un navire américain. L'honnête caboteur l'avait reconnu; mais, par délicatesse, il ne le lui fit point apercevoir, et ce ne fut qu'au moment de $*emliarqner qu'il lui dit : Jdieu , 3f. de Montarand, II se retira à New-York, où il épousa, en 1797. la fille de H. Jauvin de Leogane , riche colon , administrateur distingué et courageux , qui s'était également éloigné de la colonie , après avoir pcrdti l'espoir d'r maintenir l'autorité de Louis XVL En 1802, iJ fut rappelé à Saint-Domingue et fait président du tribunal de première instance au Port-au-Prince. Les Français ayant évacué cette ville en 1803, il alla à l'île de Cuba, avec une grande partie de la population française. De là , il se rendit à SantO'Domlngo, auprès du général Ferrand qui oomitiandût la partie espagnole cédée à la France. Il fut nommé procureur-

gênerai près la cour d'appel. A l'époque de la guerre d'Espagne, cette ville fut assigée [ku les Anglais et les Espagnols réunis. MoifTABAHD eut souvent occasion de montrer qu'il joignait aux vertus du magistrat la bravoure d'uo officier. U eut le ooramandement en second de la compagnie administrative qui combattît d'une manière très-brillante. lie blocus dura huit mois ; les habilans et Tarmée éprouvèrent toutes les horreurs d'un siège prolongé. Après une résistance opiniiUrr , les Français capitulèrent. MoNTABAND fut cou'Jnît , eu 18U9, prisonnier à la Jamaïque, et perdit, p;ir suite des désastres de baint Domingue, une fortune considérable. 11 soutint le malheur avec autant de constance qu'il avait mis de courage à défendre son pays, l.eà revers purent détruire sa fortune, mais ne purent changer son cœur. Toujours son caractère fui gai , et son accueil bienveillant Entre plusieurs ti*aits de bienfaisance, nous citerons les deux suivans : Un homme auquel il ne devait rien, se voyant arrêté pour dettes, donna à prendre sur lui une somme as.sez forte. La somme fut payée , et l'imnneur d'un homme malheureux resta intact. Un autre fois il donna tout l'argent qu'il avait eu sa possession pour sauver un de ses amis réduit à une position désespérée. Rentré en France en 181 1 , il voulut se iixer dans la ville

au*avaient habitée ses ancêtres. U fut nommé conseiller à la cour 'Orléans. Le retour des Bourbons lui fit oublier tous ses malheurs. En septembre 1814, Louis XYIII le nomma chevalier de la Légion -d'Honneur. Aux approches du 20 mars, il 8*enrôla dans les gardes î\ pied de la maison militaire du Roi , et prit immédiaiement un service actif Dans les Cent-Jours, il refusa le serment à Napoléon. Il fut nommé, en novembre 1815, conseiller à la cour royale de Paiis, et eu janvier 1JS16, procureurgénéral près la cour royale d'Orléans. Dans ces éaiinentes fonctions qu'il remplit jusqu'à sa mort, et dans lesquelles les moyens de faire le bien et le mal sont si nombreux et si faciles, M» ns MoHTARAND prouva combien le Roi avait ùkit un bon choix. Plein de douceur et d'humanité , le malheur trouvait toujours accès et secours auprès de lui. II employa tous ses efforts pour faire diminuer, à l'aide du recours en grâce, la sévérité des peines qu'il était oblige de requérir. Sa maison était celle des ci)ii>( illers et de tous les juges du ressort de la cour, et, au ton qui régnait danb sa société, on croyait retrouver eu lui un magistrat de nos anciens parlemens. En juin 1816 « Il fit remise au

gouvernement de la somme à laquelle il avait été imposé , dans i contribution extraordinaire de 100»000,000. Le Eol loi fit écrire par M. le chancelier Dambray, pour lui témoigner sa sa> tis&ction touchant cet acte de désintéressement, dans les cir*

coostaiiGcs «Kffidles où se trouvait l'État. Chargé d'un* eorespondance immense, il sut conserver de la dignité dans son stjie

rt exprimer de rinlérêt jusque dans ses réprimandes. Ses exprès* sions claires el précises naissaient d'une ilrae qui n'avait rien à cacher. C'était un magistrat mesurant, sous l'inspiration d'une conscience délicate, les abus qu'il découvrait; un vieux servi- , leur des Bourbons «pprtiumt aux plus égarés combien il est doux de servir de si bons nôidtres; un boname épniuvé par le malheur, «ncottrageiint à supporter avec force et dignité ks chagrins qu'on rencontre dans les révolutions; en un mot, c'étau un homme plein d'honneur et de bonté Plusieurs aocosés avaient été condamnés par arr êt de la cour d'assises du Loiret à la peine citpitale. Après le rejet du pourvoi, le jour de Te xécation arrive, un des condamnés n'est pouit amené au suppliée : on cria à l'injustice. Le procureur général, qui pendant toute sa vio avait donné de si beaux exemples, avait eu le sentiment de l'imiocence de ce dernier. Voulant éviter d*amers regrets , il peiisait à recourir à la sollicitude gracieuse du roi. Il prit sur loi toute la responsabilité, suspendit l'exécution de l'arrêt et tint bon contre les réclamations, les avis et les ordres des lois , et écrivit au garcle- (les sceaux. Il eut la joie d'arracher ce malheureux à U mort et (le voir, pnr la suite, la bonté dans sa conduite justifiée par une disculpation bui toutes les circonstances du crime à jj^çf^ard de cet homme qui existe encore. Dans une autre circonstance ponant la parole contre un homme accuse d une tentative d'assassinat, dont les antécédens excitaient la commisération d une partie de la vilh* , Thabile avocat de Taccusé réclama sa générosité en faveur de son client : « Je ne suis point ici, répliqua M. de « MonTARAND, pour être généreux, mais pour être juste. » L'accusé fut condamné.

Parmi plusieurs fUscnurs remarquables , il est impossible de ne pas citer celui qu'il prononça lors de i'mstallalion de îa cour d'Orléans en 1816, et celui qu'il ht eu 1824 à l'occasion de l'avènement de CliarlesX au trône. Ces deux discours méritent d être placés à c6té de ceux des hommes célèbres dont s'honore la magisirature française. Ce fut le dernier acte de son ministère: il fut atteint d'une maladie dont les commencemens ne présageaient pas une issue aussi funeste. Sentant son mal, il demanda les sac remens, les reçut avec une foi vive, et mourut. Sa veuve et son fils ont fait graver sur son tombeau 1 epitaphe suivante :

Magistrat intègre, rovaliste éprowé.

Ami sAr, liomnic de bien, Il l^est endoruii dait^ le.> bras do la roltgiOD, Lk> 16 ociobre ISSU.

— 4iS —

Les setitHiiens exprimés |»ar la cour d'Orléans sont tels qti1(n'est réservé qu'à un petit nombre de magistrats d*en inspirer de semblables. « La cour royale d*OrIéans ( les diarobres assemblées ), « pénétrée de la plus vive douleurt arrête que le registre des dé-

« libérations contiendra Texpression de sa sensibilité , sur la perte qu'elle vient de faire. Elle regrette dans IM. le prornreur- « gênerai de Montarand, un magistrat intègre, éclairé, coura- «I geux, recommandable par des opinions coostimment roya- • listes et une conduite toujours chrétienne, par une probité, m une franchise et une loyauté dignes des* temps anciens. Elle « reporte sur son fils, auquel la carrière judiciaire a déjii été « ouverte» l'affection qu'elle avait votiée à son respectable père.»

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(*) Pour ne laisser aucun doute sur la signiRcâtion du mot Fabrij La Faille, tome I , page 10 , le traduit lui-même par le mot Du Fauk.

mm DU mi d£ mm.

II paraît étonnant, au premier abord » de trouver dans une bUtoire trOrléaiis une notice sur une famille languedocienne ;

mais cette singulantr disparaît bientôt, qnancî on se rappelle que plusieurs membres de cette mai^^nr! s'illustrèrent d;uis notre ville à diffciTiiles époques, et que le nom Du Fauk est encore porté au un lieu de nous par les desceadans de cette ancienne famille. Ce nom a retenti tant de fois dans l'enceinte des parlemens, et s*est mêlé si soovent aux événemens politiques qui agitèrent le midi de la France, qu'il suffit, pour constater-sa cé*lebrité, de parcourir les annales du Languedoc.

Nous trouvons, dès l'année 1282, un Guillaume FabriC^) ou Du Faure, nommé capitoul de Toulouse avec onze autres habi* tans de cette ville. T/auteiir qui nous a conservé leurs noms, ne nous donne auciui détail sur leur administration; aussi ne présentons -nous ici ce Du Faur que comaie uu premier anneau auquel nous viendrons rattacher plus tard la chaîne brillante des noms qui ont illustré la fiimille dont il commence l'histoire. Cette illustration ne se fit pas attendre: car dès l'an 1310 nous Toyons Raymond Du Faur et un autre capitoul se jeter au-de* vant du peuple au moment où les Toulousains, exaspérés par les apprêts dn supplice de Pons de Rrissar, l'avaient arraché des mains du Lcnrreau, et se préci[)iiaient vers l'église de Saint- Étienne pour massacrer les membres du parlement qui s'y étaient

(*) Pour ne 1, lisser .mctin lîoiite sur la signiticaliOD du mot Fahry^ La Faille, touie I , pagelU, le Uaduit lui-même par le mot De Fauk.

— 4ao —

réfugiés» Du FAva» dans cette circonstance ^ prouva qu'il y a loin du cttar d'un honnête homme au puignard d'un séditieux, car aucun n'osa le frapper, et le parienaent traversant la foule des fiictieux , sortit de Toulouse sous la sauve-garde de ces dt- ux

braves capitouls. A ce trait de courage, nous pourrions ajouter quelques fcuts nioitis brillans, à la vérité, mais qui n'eo sont pas moins honorables.

Telle est, par exemple, la fameuse ordonnance que Pierre De Faur, capitoul eu 1344, obtint de Pliilippe YI contre les sé- ^ nécbaux du Languedoc; ordonnance par laquelle il leur était

défendu d*élever des forteresses prés des grandes villes. Le but* de Pierre Du Faur, en faisant une action qui lui suscita lant d'ennemis, avait été d'empêcher les seigneurs de eelte époque d'attirer autour de leurs châteaux une pnrlie tles liabitans des villes auxquels ils offraient de <j;rands priviléi^es; cari! avait reconnu lui-nième la triste intluence que cet usage avait eu sur la populaliou de J'oulouse qu'il voyait diamnier tous les jours. Nous ne nous arrêterons pas aux actes administratifs auxquels prirent part les deacendans de Pierre Du Faue qui siégèrent an Gapitote pendant les années 1346, 1363 et 1404. Ces actea •ont généralement de peu d'importance , et occuperaient dana cette notice une place qui doit être réservée à des événemens plus mémorables. D'ailleurs il nous sera facile maintenant de faire un choix dans celle multilude de faits qui ont illustré la famille Du Faur , puisque nous sommes arrivés ;\ une éfuxjiu où , sortant pour ainsi dire du berceau^ ce nom va grandu suas une auréole de gloire qui brillera sur lui pendant quatre sièdea. Gralien Du Faue, fils de Jean Du Fauk, sénéchal d'Armagnac, DomVaiucite, fut Ic premier de la Camille qui reçut le mortier de premier pré- J^Mb^wv^cM. aident au parlement de Toulouse » insigne honorable qui plus tard fut porté avec tant d'éclat par ses descendans, et que luimême devait à sa profonde érudition et aux services qu'il nv,nt rendus au roi, comme ambassadeur auprès des Suisses et de l empereur d'Allemagne. Le 20 octobre 1483, il obtint pour les cousioâ germains de Cliarles VIII, dont, il était tuteur, une pension 4» «x ndlle tîvrea de rente. Ce fat la seule ressource qui res^ à eet mdheorais princes apréa la mort de leur père, dont lea biens avaient élé confisqués , et c'est le dernier loavenir que rhistoire nous ait conservé de lui. Il mourut peu de temps après laissant à son (ils Arnaud Du Faur la lâche difficile do «contenir la réputation brillante qu'il emportait ati tombeau. Arnaud ne tarda pas à suivre un si bel exenq>le. Bientôt on le vit siéger à la place où s'était distingué squ père, jusqu'au moment où, victiuie luimême du désintéressement dont il avait fait preuve en demandant

l;i suppression (les j^^aj^es du piiileinctH , il lïit banni de celle assemblée par ses eollè^ues. Jl alla tiiiir ses jniirs (ians la luaisoii fie ses pères, sur le fronton de laquelle il écrivit ces mots d'Horace qui devinrent depuis la devise de la famille : Mattst renas* eentur, Arnaud fiit le chef des trois branches dans lesquelles se ^J^^'l^'^ subdivise la famille Du Faur. Notre but n'étant pas d'établir ici p.3.B.bii0iii«quJ la généalogie de cette maison; nous négligerons la suite des filiation's, pour ne nous occuper que de l'ordre chronologique dans Irqnel vont se présenter les évéoemeus et les noms dont il MOUS reste à parler. ,

Les prcuiiers qui s Of irent à nos reg,irds dans le riche tableau que l'histoire déroule devant nous sont: Louis Du LAiiR, seigneur DE Gbateins, et Gui Du Faua iie PianAc, petitS'fils l'un et Vautre d'Arnaud Du Faub dont nous venons de parler, et tous deux dignes de porter le nom qu'il leur avait transmis. Le premier était conseiller nu parlement de Paris lors de la fameuse mercuriale qui se tint aux Augustins le 15 juin lôôU. Seul avec Anne Du Bourg , il osa dans celle assemblée reprocher au roi le sang ^ français que le fanatisme religieux Ini avait fait répandre. Louis Du Faur poussa même le courage jusqu à dire à ec ja incc qu'il mériluit qu'on lui aj>pliquàt ces paroles que le prophète Élie adressa, dans une semblable occasion, au roi Achab; Qui ôtes- Dau ei. ui$i.d* vous? vous qui portez le trouble dans Israël! Quisest», Jsrae- ^''"^^ t>irni, Hf perturbator 1 11 paya cher celte courageuse sortie; carsurle* ehamp Henri II le fit jeter, ainsi qu'Anne Du Bourgs dans les cachots de la Raslille Quelque temps «près Anne Du Bourg allait cueillir sur rechaTtud une ronronne d'immm-talité , et Du Faur ne dut son saint (pi'à rimmense ci édit de sa lamilir; mais il fut néanmoins ff)rce dr (juitlcr les charges dont il était revêtn, et il se retira à Toulouse, jusqu'au moment ou le ri»i de INIavarre le fil wn ehanoelier et l'envoya avec le titre d'ambassadeur vers «.^gj'*''* "' les princes d'Allemagne. C'est lui qui, au retour de cette honorable mission, négocia une partie des traités qui se firent entre le roi de Navarre et Henri 111; et ce fut à la suite d'un de ces traités, p:M- It (|nt'l Henri donnait au roi de Navarre deux pns- ^a^'cs sur la Loire, Sanmnr et .Jargeau , cjue oe prince coidia le nuuirc a, Jarcommandement de t'ette dernière ville h Jean Du Faur i>f Coitr- p«rdcFi.y.

1 • • I . I i r I f — ei l.e Maire ,

CELLES, celui qui plus tard recouvra les fameuses hasdujiw:» , uut. d'OrUam», dont il fit présent au président de Saint-Jorry, son frère. Jear iP " Do Favr était cousin-germain de l'illustre Gvt Du Fauk m. Pi- Baae qui di*vait ajooler un nom immortel à ceux que lui avaient . laissé ses ancêtres, en se distinguant paiement comme magistrat , comme poète et comme homme d'état. Nous le suivrons suocessivement dans ces difïièrenles carrières.

Gui Du Faur avait à peiîie \in|^t ans qur le célèbre profcssuiir ^ a •ri«i''p*i '^"^"'^ Alciat le proposait déjà pour nK)il«;ic dans les tours de .aY.i>.'ï ' droit qu'il faisait à Padoue. Bientôt il quitta Tllalie, et dès sou arrivée à Toulouse fut nommé conseiller au parlement de cette ville. Il avait alors vingt et un ans. Huit ans plus tard, .en 1557, DomVaiMciir, uous le retFOuvous revêtu delà dignité de juge-mage^ et ce lut i/*v!'p!Tot'.*— en cette (|nalité qu'il assista aux états - généraux que Calhep*m*"' * Médicis réunit h Orléans le 13 décembre 1560.. On lut

dans cette assemblée le eahier des doléances du: .tiers- é l ;i t , que G»ii Du Faur avait rédiij;é lui-même, et qucdom Vaisselle nous a eoiiservé dans les preuves de son histoire du Languedoc. Il épousa vers cette époque Jeanne de Custus, dame de Pibrac, et

{ml alors le nom de Gm Du Faue de Fibeag qu'il conserva dans a suite. Nommé avocat-général au parlement de Paris, en 1565, il eut souvent dans cette charge Toccasion de faire briller son éloqu^ce, et s*y acquit même une si grande réputation , que cinq ans après le roi crut devoir rendre nommage à son mérite en le nommant conseiller-d'état. Il ne manquait pins qn'nn titre à PiBRAC pour dore dignement la brillante carrière qu'il avait parcourue connue magistrat, ei ce litre le roi le lui donna eu le faisant asseoir sur un des premiers troues de la justice. Il fut lem«ui ^»rci uommé pré^doiit au parlement de Paris Tannée 1557. Nous ne du pau» dB Jus nous étendrons pas sur la réputation qu'il laissa après lui daAs cette

ticcC XVII. • ' ■■»

place importante: I histoire loi rend justice, vi nous ne ferions

que répéter ce que tant d'autres ont dit avant nous. Nous allons seulement l'enlever \m instant aux occupations j^raves et sévères de la magistrature, pour le suivre dans res eompositioi^ naïves auxquelles tous les peuples ont rendu justice en les repioduisiint dans leur langue.. Tout le monde counait les ianietix quatrains de PiBRAc. 11 en publia cinquante au commencement de Tannée 1 574; le reste parut quelcjues années après : c'tst une réunion de fleurs brillantes au milieu desquelles disparaît Tanstérité du précepte; le poète, daiis ces productions gracieuses, fait pardonner le moraliste. Les quatrains ne sont pas les seuls ouvrages qui aient illustré la plume de Pjbrac: l'on en publia plusieurs autres encore en 1:)84, parmi lesquels nous avons lu surtout avec iu- BibUniii. Ma- térét uu poéinc assez étendu sur les plaisirs de la vje champêtre.

StoSÎfiM?"^*'* °® ^*^^^^ P'"* maintenant qu'à jeter un coup d'œil sur .PxaaAG, revêtu des fonctions importantes d'homme d'état* Nous le voyons d'abord arriver au concile de Trente en qua- Dom vaiMen*. Kté d'ambassadeur de Chartes IX , et là , défendre les intérêts

f^'"''fflr'*' ^ couronne avec tant d'éloquence et de liberté, que qœlquesuns des Pères ne purent cacher leur mécontentement ; cependant ils adoptèrent presque tous les articles de réformation que Pi-*

Bave leur avait présenté au nom du roî son maître. Le talent qu'il avait déployé dans cette circonsianr»? , lui acquit désormais la confiance de Charles IX et celle du duc d'Anjou, qui l'em- u.tt. dtihou^ inena en Pologne quand il y fut prendre possession de son non- pi^r!!/,"'ill,\ij^, veau royaume. Lorsque plus tard ce prince, séduit par le désir royal*', p. «a. de succéder à sou frère sur le tr6ne de France, quitta furtivement la Pologne, Du Faur db Pibhac, qui était resté dans ce pays, se trouva expose à la vengeance des liabilans; il faillit même en être la victime, et ce ne fut qu'aprcs fies fatigues et des dans^ers incroyablf s qu'il parvint à rejoindre le roi à Vienne et l'accompagna jusqu'à Paris. Effrayé bientôt à la vue des désordres qui bouleversaient la France , il conseilla à Henri III d*y mettre (in en faisant la paix avec les protestans. Ce prince se rendit à cet avis, et chargea de le mettre à exécution celui qui le lui avait donné. Pibrac réussit dans cette entreprise délicate , et la paix fut signée le 10 mai 1677. L'année suivante, ^/fl^l^^ (.ix*. le roî dp > ivarre voidut donner h Pmnw. une preuve de Testime p. w. «t th d« qu'il avait pour lui en le deiD itidaut à Henri HI pour être chan- Pa«eti,'*aisq7.' celier de la reine Mariiueritc, soncpoiise, et Iniservirde conseil dans les positions diliiciicb où elle se trouvait souvent placée par son double titre de sœur du roi de France et delèmaie du vol de Navarre, chef des protestans. Il s*acquît bientôt toute la confiance de cette reine et sut la conserver pendant tout le temps qu*il passa prcï^ d'elle. Enfin, PmRAC était depuis dpux ans chan* ci'lîer du duc d*Anjou, auprès duquel il avait remplacé le fameux président de Thou , lorsque les «n ^lheurs de ce prince, dont U) caractère violent et impétueux ne pouvait souffrir aucun conseil , la triste position des affaires du lirabant et les désordres de la guerre civile lui occasionnèrent un tel chagrin, qu'il tomba dans un état de langueur qui le conduisit insensiblement au tombeau.

Il mourut le 12 mai 1584 , entre les bras de son frère Arnaud,

gouverneur de Montpellier, laissant couvert de gloire le nom cpi'il avait reçu de ses ancêtres et dont ses descendans ne ternirent point l'éclat. Nous v(tvons en effet , pendant le siècle qui suivit la mort de ce grand liomme plusii iu*s membres de sa fa nulle se distinguer encore, soit au milieu des paiicmens , s<»it sur les champs de bataille. L'un d'entre eux, Jérôme Du ï AUR I)F. Mt'fiioires li»? PiREAC occupa pendant quarante ans une de ces places où le Ïw7. iiwiïïèlj! talent, quoiqu*enseveli sous les voûtes d'un cloître, n'en rend pas rojmic, p. <«. moins d'éminens services à la société. Il fut nommé par Louis XIV supérieur de la fameuse abbaye de Snint-Benoisl-sur- Loire , le 24 décembre 1706, après avoir exercé les mêmes fonctions dans

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uaAc leur avait présente au nom du roi son maître. Le talent qu'il avait déployé clans cette circonstance, lui ac(|tiir désormais la confiance de Charles IX et celle du duc d'Anjou, qui l'cni- </^taou» mena en Pologne quand il y fut prendre possession de son nou- pî^^f ïiîipSI' ▼ean royattme. Lorsque plus tard ce prince, séduit par le désir de succéder à sou frère sur le trône de France, quitta furtivement la Pologne, Du Faur uk Pibeac, qui était resté dans ce pays» se trouva exposé ù la vengeance des habitons ; il faillit même en être la victime, et ce ne fnt qn'nprès des fatigues et des dangers incroyables qu'il parvint à rejoindre le roi à Vienne et l'acconipngna jusqu'à l'ari-;. Kffrayé bientôt à h vue des désordres qui bouleversaient la i rance, il conseilla à Henri III d*y mettre fin en faisant la paix aveu les protestaos. Ce prince se rendit à cet avis, et chargea de le mettre à exécution celui qui le lui avait donné. Pibrac réussit dans cette entreprise délicate , et la paix fut signée le 10 mai 1677. L'année suivante, ^ fJîîi^ i.*ix * le roi de Navarre voulut donner à Pirrac une preuve de Testiroe P'?v, «t ri* d« <|u'il avait pour lui en le demarnlmt à flenri III pour être chan- i«,Mia,'«oim' celier de la reine Marguerifr, son épouse, et Iniservirde conseil dans les positions dif[icilc.-> où elle se trouvait souvent placée par sou double litre de sœur du l'oi de France el de femme du roi de Navarre, chef des protestans. Il s'acquit bientôt toute la cou* fiance de cette reine et sut la conserver pendant tout le temps qn*il passa près d'elle. Enfin, PinRAc était depuis deux ans chancelier du duc d'Anjou, auprès duquel il avait remplacé le fameux président de Thou , lorsque les «nalheurs de ce prince, . dont le caractère violent cl imjîétueux ne pouvait souffrir aucun conseil, la triste position des affaires du Rrabant et les désordres (le la guerre eivik- lui occasionnèrent un tel cliai^rin , qu'd tond);i dans un état de langueur qui le conduisit insensiblement aii tombeau.

Il mourut le 12 mai 1584, entre les bras de son frère Arnand,

gouverneur de Montpellier, laissant couvert de gloire le nom qu'il avait reçu de ses ancêtres et dont ses descendans ne ternirent point l'éclat. Nous voyons en effet, pendant le siècle qui suivit la mort de ce grand homme plusieurs membres de sa fa mille se distinguer encore, soit au milieu des |)arleniens , soit sur les champs de bataille. L'un d'entre eux, Jérôme Du Fm r dk jfrmoir*, ac PimiAc occupa pendant quarante ans une de ces places où le fglî^'^èiwiouïèq* talent, quoiqu'enseveU sous les voAtes d*utt cloître, n'en rend pas njàt, p. m.' moins d'éminens services k la société. Il fut nommé par Louis XIV supérieur de 1 > fameuse abbaye de Saint-fienoist-sur-Loire, le 24 décembre 1706, après avoir exercé les mêmes fonctions dans

«iHiilteïiinA Saint- MesmiD depuis 1G92 Pendant près d'un demi-

it. siècle il prouva , par utie adoûoistraiion sage et sévère, que si ^'Ani»it/M!!!' 1^ justice avait trouvé des défenseurs dans la fiimîUe Do F^uRt la «etinw, religion aussi pouvait y compter des protecteurs. Il mourut en 17 33 y et fut enterre dans l'église du monastère, an milieu de la chapelle du nord, où l'on voit encore son tombeau. Pendant que Jérôme Di> I'aur terminait dans l'abbaye de Saint Benoist une carrière [)leine tk; vertus, son neveu Jérôme , comte de Pirrac commençait à en parcourir une brillante sur les champs de bataille, et donnait à ses descendans les exemples qu'ils suivirent plus tard. En effet, on les vit dès ce moment soutenir dans les camps la réputation que leurs ancêtres s'étaient acquise dans les sanctuaires de la justice. Daniel Du Faur, comte de Pi- BRAC fut un de ceux qui s'acquittèrent dignement de cette tài;he honorable. Ancien mousquet dre, i! reçut en 1788 la croix de Sainl-Louis, recompense des sri vn rs qu'il avait rendus à son roi, de même (\\\e son fils obtint plus lard ( elle de sa bravoure, dans la croi.\ de la Légiou-d'IIonueur , qu'il gagna pendant les n.iiir" ^* guerres de l'Empire. Ici se termine la carrière militaire de Daniel Do Faur de PiRRAC. Les orages sanglans de la révolution le forcèrent bientôt à se retirer dans ses terres, jusqu*ao moment où rhorizon devenant moins sombre, lui permit de rendre encore des services à sa patrie comme adjoint à la mairie d'Orléans, et de prodiguer des secours aux malheureux, comme administrateur des hospices La peste qui dévastait m 1814 les hôpitaux de Saint-Char'es et des C.ii)iicins lui foui iiit nue <jccasion de s'acquuier de ce dernier devoir, et il brava plus d'une fois la mort pour soulager les malheureuses victimes qui gisaient paf M . LotuIiT; entassées dansces lieux de souffrance et de désolation* Il conserva, ioiiieV]i,p.$>BL lin reste , jusqu'à la fin de ses jours ces fonctions honorables qu*il avait rempli avec tant de courage, et qui étaient si bien en harmonie avec la générosité de son caractère et la noblesse de

ses seiuint^'ns.

Les iuuites étroites dans ](-(](ielles nous avons voulu nous reuferfner ne nous ont pas pei mis de nous étendre davantage sur la famille Du Fauh j mais l'on verra, d après le résumé qui nous reste à faire , que nous aurions pu ajouter encore de nouveaux détails historiques à ceux que nous venons d'exposer. Quelle ample moisson de faits remarquables doit présenter en effet un famille dans laquelle on compte : quatre évéques dont l'un assistait au concile de Trente, plusieurs abbés commandataires d'une haute réputation , cinq présidens à mortier, dont deux siégèrent avec ce titre au parlement de Paris ^ un avocat- général et deux pré-

«dent des eomiéiet wi même parfement, ^tre cooseinen-d'é- ■ttt et autant dramlMssadeim! Enfin , plosieiin Du Fàtimonl oe*

cupé des postes importans , soit comme gouverneufs dans les Tilles de Jargeaa , de Lamel et de Mont|)e]1ier, soit comme chan»

reliers dans les conseils des reines et des rois. Il nous a fallu faire un choix parmi tant d'illustres p< isonnages; mais l'histoire s*est chargée de transmettre à la postérité les noms de ceiu qui lie iigureat ^pas dans cette notice*

Nom m LA FAMILLE COLAi

1360. — Nicolas Colas était conseiller de Philippe de France, premier duc d'Orléans. Il est la tige de la famille.

35 juin 1389. — Jean Coi as, écuyer, conseiller du duc d'Orléans, porte foi et hommage à ce duc pour les terres (ju'il possédait mouvantes eu plein ûei de la tour et cbàtelienie de Jaaville.

1453 — Procès du duc d'Alençon , rebelle à Charles VU, L*un des jng^s de ce procès fut Teao Colas H , écuyer , seigneur de Marolks et de Courcelles-le-Roi, conseiller au parlement de Paris.

1595, — Prise de La Fère, en Picardie ^ par tienri IV en per^ sonne, après un siège de six mois. La capitulation fut des plus honorables. Le gouverneur pour la Ligue était Jacques Colas, sénéchal de Montélimar, comte de La Fère et de Marie. Il signa la capitulation de son titre de comte de La Fcre, qu*0 tenait du roi dt^pagne, et qu'Henri IV avait offert de lui reconnaître. Il passa ensuite dans les Pays-Bas, où il fut tué en ir>00, à h\ b.itaille de Nienport. Sa femme , Antoinette d'Angcunt s, était dame d'honueur de l'infante Isabelle, archiduchesse d'Auli it he. Après sa mort, ses enfans héritèrent eu Espagne de ses titres et honneur» et d une pension de 10,000 écusd'or. Pour bien apprécier la conduite du comte de La Fère, il £iut bien se rappeler que la Ligue était en France le parti national , le parti de la majorité ; qu'Henri IV ne put monter sur le iràne , malgré ses victoires,

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d'après un Tableau original appartenant

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qu'en subissant la loi de ce parti, c'est-à-dire en se faisant calho • llqiip. Si le comte de La Fère fut intidèle à son souverain légitime , qui oiTrait de le combler d'honneurs , il fut fidèle à ses principes, qui lui défendaient de reconnaître un roi dont la conversion était douteuscp et qu'on n'acœplait que par lassitude des guerres civiles. ,

1651* — Assemblée des ^ats-fénéraux à Tours» Thomas Colas de Marolles» capitaine au régiment de Piémont, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, conseiller d*Éiat et trésorier de France eu la généralité d*OrléanS| est nommé député de la noblesse du bailliage d'Orléans.

1660. — Fondation de la maison des Visitandi nés d'Auxerre, parClaude Colas de Maimusse, mort eo odeur de sainteté.

. 1754. — Mort, an Palais-Royal , de Pierre Colas , seigneur de MaroUes , comte de Rocheplatte , major des gardes du duc

d'Orléans, brigadier des armées du roi, gouverneur de La Marche, rlun'alier de Sr îyouis. La terre ^le Rocheplatte avait été erij^f e pour lui vu cuuit/ ; après sa mort, cc comtéest passé de la famiile Cola» dans la fauulie Urouiu.

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