Lettres patentes de 1688, article
fini par se convertir en usage, les élèves en étaient arrivés à payer : en entrant, leurs meubles, sauf le lit; plus, soixante-douze livres pour un droit, dit de bienvenue, qui se distribuait entre les sousmaitres et les domestiques. Puis, chaque année, soixante-douze livres pour les étrènnes, un louis d'or pour le blanchissage, trente livres environ pour papier, plumes, encre et livres de classe ; trente livres au moins pour « la chandelle qui sert à éclairer les élèves dans la salle d'étude et dans les chambres particulières ; » < nfin, en cas de maladie, les visites du médecin, du chirurgien et la note de l'apothicaire. Riballier supprima toutes ces illégitimes redevances, mais il arrêta en même temps que les élèves cesseraient de recevoir les cent livres qui leur étaient attribuées par les lettres patentes*.
Nemeitz, dans son ouvrage sur Paris, nous apprend qu'au collège des Quatre-Nartions les écohers « étaient nourris noblement et instruits fondamentalement en tontes sortes de sciences*. » Nous avons dit ce qu'était la nourriture, voyons comment était organisée l'instruction.
Dans nos collèges actuels, chaque classe se com-
1. Registre pour servtr aux délibérations et arrêtés de MM, les inspectev/rs et grandr-maitre du collège Mazarin. Archives de l'Empire. MM, 464.
2. J. C. Nemeitz, Séjour de Paris, c'est-à-dire Instructions fidèles pour les voyageurs de condition, t. Il, p. 392.
pose de cinquante ou soixnnie élèves; au collette des Quatre-Nations , il y avait dix régents pour trente écoliers. Au premier abord, c'était tomlwr dans l'excès conliaire; bâtons-nous donc de dire que les cours étaient suivis par un grand nombre d'élèves externes, qui n'avaient, d'ailleurs, aucun autre lien avec l'établissement. Depuis le commencement du XV' siècle, tous les collèges de Paris ouvraient gratuitement leurs portes au public pendant l'beure des leçons ; les écoliers qui profitaient de cette faveur portèrent longtemps le nom de Martinels\ parce que, comme les hirondelles, ils volaient longtemps d'un endroit à l'autre avant de se filer. Au xvii° siècle, le coUége des Quatre- Nations était celui de toute l'Université qui recevait le plus d'auditeurs de ce genre*. U devait en grande partie celte préférence à son cours de mathématiques, car c'était le seul collège de Paris où les sciences fussent réellemenl enseignées *. La division des classes, leur dénomination même,
1. Les écoliers appelée martmeta t sont ceux qui n'étant eiifermég dnnsnuciin collège, main logeant ou maison boargeoise, sortent de dessous !es jeui du msllred&s que la leçon est Unie. • Crerier . Histoire de lUnivenilé, t. VI, p. aa. — Voyez aussi Félibien, Hàtoire de Parii, t. II, p. 1058.
3. Lerouge, Cwiosité» de Paria, t. II, p. 137. -- Nameilz, S/}ùur de Farii, t. II. |>. 3^.
3. D'après les statuts de 1698, on devait, dans les collégpE, enseigner aui écolïerE, pendant la seconde année de I hllosophie, quelques livres d'Euclide.
étaient exactement celles qui sont adoptées aujourd'hui. L'ordre numérique se soirait sans interruption depuis la sixième jusqu'à la rhétorique; venait ensuite la classe de mathématiques ; puis celles de physique et de logique^ toutes deux désignées sous le nom de philosophie K
Les mauvais traitements infligés par les professeurs à leurs élèves étaient une des plus honteuses traditions de FUniversité. Rabelais^ parlant des écoliers du collège de Montaigu^ déclarait que <& mieulx sont traictez les forcez (forçais) entre les Maures^ les meurtriers en la prison criminelle^ voyre certes chiens en vostre maison*. » Montaigne avait protesté aussi : a quelle manière^ dit-il^ pour esveiiler l'appétit envers leur leçon ^ à ces tendres âmes, et craintives, de les y guider d'une trogne effroyable, les mains armées de fouets !... Combien leurs classes seroient plus décemment jonchées de fleurs et de feuillées^ que de tronçons d'osiers sanglants ' ! «Ce barbare système des peines corporelles fut, dès l'origine, en usage au collège des Quatre-Nations. Un des domestiques de l'établissement, le frotteur en général, faisait l'office de correcteur ; ce titre ne figure cependant sur les registres qu'à partir de 4782*. S'il faut en croire