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pas mieux que d'abandonner le lerrain aux exécuteurs testamentaires , mais il en voulait cent soixante et onze mille trois cent quatre-vingt-dixhuit livres, et Colbert en offrait cent vingt mille livres seulement. Après de longues discussions, la ville fut dispensée d'exécuter les travaux qui, aux termes de la donation, avaient été mis à sa charge ; et, en retour, elle accepta la somme fixée par Colbert. Celle-ci fut payée comptant à Nicolas Boucot, receveur des domaines et octrois de la ville de Paris'.
Le marquis de Coislin se conduisit en grand seigneur , on lui donna seize mille livres qu'il reçut sans compter. Mais M. de Cuénégaud lésina longtemps ; il possédait dans les fossés un espace de quatre cents toises, et prétendait vendre chaque toise deux cent cinquante livres; il demandait en outre une forte indemnité pour la grosse tour de Nesle, qui allait être démolie. Louis XIV intervint ;
et déclara qu'il entendait donner son bien à qui bon lui semblait, et surtout aux gens qui travaillaient pour lui ; que ce château ne servait a rien, et enfin qu'il voulait qu'on ne lui parlât plus de cela. Le lieutenant ajouta qu'il faudrait employer un peu de force. — « Allez, allez, s'écria le roi, et si uu peu île force ne suffit pas, employeaen beaucoup, » Le lieutenant me conduisit alors au Petit- Neslo, et fut en effet obligé d'employer la force pour îti'y installer, i Mémoires de Benvcrtnlo CA'.ini, (i-:l:Ei:::k ;i:;r L. Lcelanché, p. 287.
1 . Itnoisfre des délibérations du conseil de la fondation du collège Manarini. Archives de l'Empire, MM, 462, p. 18 a 5tl.
M. de Guénégaud. courba la tête, laissa chaque toise pour cent vingt livres et accepta en payement une rente de quinze cents livres.
On donna encore vingt-deux mille deux cenls livres a à Jean Rupalley, bourgeois de Paris, » et dix mille deux cent douze livres à l'architecte Lambert, tous deux propriétaires de « places vaines etvagues de l'ancien fossé etporte de Nesle, contrescarpe et fossé d'icelte. »
Le garde-clef de la porte de Nesle, Estienne Leguay, reçut une indemnité de huit cents livres pour a son logement et charge de portier. » Les échoppes qui existaient au pied de la tour appartenaient àla ville. Depuis quarante ans elles étaient louées à Magdeleine Gruin, veuve de Guillaume Sachet « premier vallet de chambre de la reyne Marguerite 1 , » elle les sous-louait à de petits artisans et se faisait ainsi un revenu de mille deux cent quatre-vingt livres ; une indemnité de douze mille livres lui fut accordée.
Les maisons bâties aux environs de la porte de Nesle et qui durent être achetées par les exécuteurs testamentaires, avaient, du reste, peu de valeur. La plus chère fut payée trente-quatre mille livres, elle faisait le coin de la rue de Seine et du quai, et appartenait à François Popincau , procureur au Parlement. Une autre, située petite rue de
1. Sans doute Marguerite: il i; Navarre, prau.icro femme Je Henri [V, marte en 1G15.
Nesle', fut achetée trente millelivresà Pierre Arisle, « premier commis de M. de Brienne, cy devant secrétaire d'Estat 1 . » On donna trente : cinq mille livres à l'avocat Jean Mingot, pour six maisons « faisans l'ancoignure de la rue du fossé de la porte de Nesle et de la rue de Seine, n On accorda encore onze mille livres à Marie Petit, veuve de Christophle Cruchet, juré porteur de charbon s ; vingt mille livres à Jean Onfroy, « conseiller secrétaire du roy ; » douze mille livres à Geneviève Jeallin, veuve de Jean le Comte, « fourrier des centsuisses de la garde du roy ; n et neuf mille cinq cents livres à André Maurice, a sergent à verge au Chastelet; n tous quatre possédaient des bâtiments sur le quai Halaquais. Bernard du Bus, a marchand espicier, n reçut dix mille cinq cents livres pour une maison e seize au coing de la petite rue de Nesle. » Nous trouvons encore vingt-six mille livres accordées à Antoine Tournaire, a scellier; »
1. La petite rue de Nesle occupait le retour d'équerre qui va de l'extrémité de la rue Mazarine a la rue do Seine. Elle conduisait à la porto de Nesle.
a. Henri-Augusie de I.oménie, comte de Brienne; il était encore ministre des affaires étrangères pendant la minorité de Louis XIV.
3. Il 7 avait alors, devant le quai de Nesle, un dépût de charbon. On le vendait à la voie ; chaque voie contenait seize boisseaux; et le prix, dans l'espace de cent ans, varia entre 4 et 5 liv. L'usage était de donner 5 ou li sols au porteur. 11 existait deux autres ports pour le charbon, l'un à la porte Saint-Bernard, l'autre devant la
dix-huit mille livres à Claude Robert, serrurier ; et sept mille livres à Esloy Antheaume, marchand chandelier , dont les maisons étaient situées petite rue deNesIe'.
En somme, les dépenses faites pour l'achat du terrain, les expropriations et les diverses indemnités, s'élevèrent à cinq cent soixante-quatorze mille cinq cents livres*.
On commença aussitôt les constructions. Le plan de Levau ayant été adopté, ce fut lui qui fut chargé d'en diriger l'exécution. Deux autres architectes de mérite, Lambert et Dorbay, furent placés sous ses ordres et conduisirent les travaux. Un arrêté des exécuteurs testamentaires fixa à trois mille livres les honoraires de Levau, qui devaient lui être payés « par chacun an, tant et sy long temps qu'il seroit employé pour conduire et controller les bastimens de la fondation', n Lambert et Dorbay recevaient seulement douze cents livres*.
Nous avons dit déjà en quoi consistait le plan de Levau. La façade du Collège devait former une place demi-circulaire ; au centre s'élevait le portail
1. Compte rendu par M. Mariage, trésorier dit collège lHaeorinj de la recepte et despence des revenus dadii collège. Archives da l'Empire, H, S832
2. Registre des délibérations du conseil de la fondation du collège Maiarim. Archives de l'Empire, MM, 163, p. 77.
y. Compte rendu par M. Mariage, etc., H. 9893. 4. Journal delà despence qui est faite par M. Mariagcpour 1/ collège Masarinj. Archives de l'Empire, II, S8Î4.
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de la chapelle, il faisait face au Louvre et se trouvait dans l'axe de la porte que Levau venait de construire- Enfin, deux pavillons massifs arrêtaient les limites de la place. On a prétendu que le cardinal les avilît fait bâtir a pour masquer la vue de l'hôtel Conti, qui occupait l'emplacement que couvre aujourd'hui l'hôtel des Monnaies, aussi les nonimoit-on pavillons de la vengeance'-, n Ilya deux bonnes raisons pour qu'il n'en ait pu être ainsi : d'abord Mazarin fut tout à fait étranger au choix de remplacement , uous l'avons suffisamment démontré , et ensuite les bâtiments qui composaient l'hô Ici Conti ne prirent ce nom qu'en i610', c'est-à-dire plus de dix ans après que le plan du collège des Qualre-Nations eût été adopté.
Dès l'origine, le pavillon occidental, où l'on avait eu l'intention d'établir le manège et les salles d'escrime et de danse \ porta le nom de Pavillon
S. Mercier, TabUau de Paris, t. V, p. 140.— Ni le manège ni les deux salles ne furent construits, quoique Mazarin en e.'.t formellement ordonné l'exécution. Voyez le chapitre V.— Michel de Marolles, qui écrivait avant l'achèvement des travaux (1677j, dit dans son poème sur Paria :
De quatre nations, on a fait le Collège Naissant des volontei de monsieur Mazarin :
Le fond de sa depenec a coûté maint florin ; On y doit fuire ensuite un celebro rnsneigo.
SI. de Marolle*. Paris ev ilncription seuemcle cl néanmoins usseï ample de celle grande ville, § X1XVIII, p. 9.
des arts, qu'il conserva jusqu'à la Révolution. L'autre fut appelé Pavillon de la Bibliothèque; il fut bâti le dernier et marque très-exactement l'endroit où se trouvait la fameuse tour de Nesle, car la cage de l'escalier qui conduit à la Bibliothèque a été construite sur l'emplacement de la grande porte
Les travaux marchèrent fort lentement. En 1664, rien n'était arrêté encore pour la distribution intérieure des logements; car l'architecte, accompagné de M. Mariage*, alla visiter le collège Saint-Lazare, dit séminaire Saint-Charles, qu'il voulait prendre pour modèle.
Quant aux dépenses, d'après un devis dressé par Levau lui-même, voici comment elles devaient se répartir :
1. Certum fait mdiftcare colîeg.'um in loeo nocuu et Ubero cuj'usmodi erant fourne qvibus prope ripam Seguane Urbem mmitntibu* imperabat turris dicta de Nesle; nique Aie uH lune tempotis surjeta! Tut™ hsc, nune surgit sdificitim Bibliothecs. — Prsfatio catalogi alphabitici bibliotheex Maxarinen, p. 3.
9. Simon Mariage finit • Escuyer, Conseiller et Secrétaire de Sa Majesté, Maison, Couronne de France, el do
et administrer les biens et revenus de l'Abbaye de Saint- Michel en l'IIerm , de recevoir les autres sommes de deniers destinées pour la fondation du iojlvj.-o Voyez
dans le llecurtl de la fondation, p. 17, les lettres patente! qui lui confèrent ces fonctions.
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