CONSTRUCTION
'emplacement choisi, il fallait l'acquérir; et, ici encore, on dut faire appel à l'autorité du roi.
La superficie jugée nécessaire pour l'établissement du nouveau Collège était d'environ trois mille huit cents toises. Levau s'entendit avec le prévôt des marchands et les échevins , et ie prix d'achat de chaque toise de terrain fut fixe à cent vingtsept livres dix sols. Cette estimation ne portait d'ailleurs que sur le sol nu , le prix des lots sur lesquels s'élevaient des constructions devait être
discuté à part, et le montant des indemnités réglé de gré à gré avec les propriétaires.
La ville de Paris se présenta la première. Le roi lui avait donné les fossés de Nesle, sous la condition qu'elle remplacerait l'ancienne porte qui menaçait ruine, et qu'elle continuerait le quai jusque-là '. Le prévôt des marchands ne demandait
Au commencement du règne de Louis XIV, les fossés el les murailles de Paris se trouvaient dans un étal du dégradation qui les rendaient inutiles. Le 7 juillet 1646. le prévôt des marchands obtint du roi des lettres patentée qui accordaient h la ville ces anciennes fortifications pour y établir
l'Université; mais Icb événements politiques firent suspendre ces travaux, et le roi, dans la suite, s'appropria ces emplacements. — La cession dont il est ici question avait été faite en mai 1B59. L'hdtel de Nesle dépendaitde le censive do Saint-tïermain-d es-Prés, et les rois s'en déchargeaient volontiers, afin de ne pas paver la rente dont il était grevé. Le petit Nesle avait déjli été donné par François I" au prévit des marchands ; mais un passage des Jfifmoires de B. Cellini nous montre le cas qu'à cette époque la ville de Paris pouvait faire des donations royales : < J'appris ensuite au roi, dit Cellini, que j'avais trouvé un emplacement qui me semblait convenir parfaitement à nos travaux. — Cet endroit, continuai-je, se nomme le Petit-Nesle et appartient à Votre Majesté, qui l'a uédû au prévdt de Paris ; mais comme celui-ci ne l'utilise point, Voire Majesté peut me le donner à moi qui en tirerai bot) parti pour son service. » — « Ce château est a moi, répliqua le roi, et je sais très-bien que celui ù qui je l'ai laissé ne l'Habite point. Ainsi, prenei-le donc pour vos travaux. ■ — Et aussitôt il enjoignit a un de ses lieutenants do m'en mettre on possession. Cet officier lui représenta que cela était impossible; mais le roi se ficha