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exprimé le môme vœu; il se trouvait compris dans une formule générale, aux termes de laquelle le nouveau collège devait être soumis à tous les règlements de l'Université, sans exception '.
La manière dont fut accueillie cette idée si sensée, si prévoyante, de compléter, par des cours d'équitation, d'escrime et de danse, l'éducation reçue dans le collège, est un fait réellement curieux. Tous les écrivains modernes qui ont écrit sur celte époque ont reproché au cardinal la légèreté dont, à leur avis, il avait fait preuve dans cette circonstance. Ils sont, jusqu'à un certain point, excusables, puisque les conlcmporains euxmêmes, placés dans le milieu le plus tavoralile pour apprécier Ja sagesse de cette mesure, semblent n'en avoir nullement compris la portée.
Il faut se rappeler qu'au xvu* siècle la noblesse n'avait pas encore généralement adopte l'éducation universitaire. Plus désireuse de former des hommes braves, intelligents et spirituels, que des savants, elle voyait très-bien a quel danger la vie de collège eût exposé ses enfants. Avec raison , eile redoutait pour eux, et l'asservissement à une règle inflexible qui dénature et amollit le caractère, et l'influence énervante d'un travail incessant et forcé, qui enlève à l'esprit sa spontanéité, sou ori^inalil^ et sa grâce. D'ailleurs, l'héritier du nom et des armes de la famille devait, avant tout, prendre les
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habitudes, le ton et les manières du monde dans lequel il était destiné à vivre, et il ne pouvait guère les acquérir qu'à la demeure paternelle.
Mazarin montra qu'il avait senti tout cela, lorsque, Tondant un établissement spécialement destiné à la noblesse, il ordonna, tout cardinal qu'il était, que lequitation, l'escrime et la danse feraient partie intégrante de l'éducation qu'on y recevrait. Sa pensée fut si peu saisie, que les architectes prirent d'abord sur eux de ne pas constmire le manège; puis vint l'Université qui se voila la face, et, d'un trait de plume, annula la volonté de Mazarin. II en résulta que l'établissement, ainsi mutilé, ne répondit plus du tout à son but. Aussi, quoiqu'il présentât de grands avantages sur les autres collèges, quoiqu'il eût été déclaré par Louis XIV fondât ton ROYALE] les grandes familles ne l'acceptèrent jamais, et la noblesse pauvre daigna seule y envoyer ses enfants. De là le peu de noms historiques que nous fournira la liste des élèves qui, dans l'espace de cent ans, y firent leur éducation.
Les exécuteurs testamentaires s'inquiétèrent peu de faire respecter les intentions formelles du cardinal, ils acceptèrent la décision de l'Université; et le roi lui-même, qui, par ses lettres patentes de lu'u'5, avait approuvé la création de celte académie, ordonne, par celles de 1688, qu'elle ne sera pas exécutée.
Le collège ne pouvait entrer en exercice avant
que le cardinal fût venu prendre place au milieu de sa splendide fondation. Mazarin était mort à Vincennes le 9 mars 1GG) '; le lendemain, son corps fut exposé dans la chapelle du château, et le 11 le service religieux eut lieu « sans beaucoup de cérémonies, n dit madame de Molteville 1 , quoique un grand nombre de prélats et tous les membres de la famille Mazarin y assistassent 3 . Les Tbéatins, qui avaient été établis en France par le cardinal, et qui lui devaient la construction de leur église, consacrée sous le nom de Sainte -Anne -la-Roy aie, obtinrent de posséder son cœur; il leur fut livré dans la soirée du 28 mars \ Le corps, qui avait été provisoirement déposé à Vincennes, fut transport en grande pompe, le (î septembre 1084, dans la chapelle du collège '.
C'est quatre ans après seulement, en octobre 1688, qu'eut lieu l'ouverture des classes. Nous n'avons à cet égard d'autres renseignements que ceux qui nous sont fournis par G. Brice; il nous