‹ Recherches historiques sur le College des Quatre-Nations d'apres des documents entierement ineditsChapitre 28 sur 62 · OUVERTURE DES CLASSES · texte numérisé non relu

OUVERTURE DES CLASSES

N 1672, les ouvriers travaillaient encore au pavillon de la bibliothèque et à la chapelle, mais toutes lcsautres construc-

tions étaient terminées. Il était temps de songer à organiser définitivement le Collège.

Une première difficulté se présenta. A mesure que les logements s'étaient achevé s, ils avaient été occupés par différentes personnes qui n'avaient rien de commun avec l'administration du Collège. Le plus embarrassant de tous ces envahisseurs était le duc de Mazarin ; il s'était installé dans le

bâtiment situé entre l'église et la bibliothèque et refusait formellement (le se retirer. Il prétendait établir son droit sur ses litres d'bérilier du fondateur, de patron du Collège, et de collateur des bourses. Ses prétenlions furent examinées en conseil et repoussées.

Colbcrt ordonna alors d'expulser tout locataire étranger à la fondation. Dans le nombre se trouvait un brave professeur nommé Gandouin. Une des salles de l'établissement lui avait été provisoirement accordée, et il y avait réuni quelques enfants de trois à quatre ans, auxquels il se proposait d'apprendre le latin, en les entourant de personnes qui ne leur parlassent jamais d'autre langue 1 . Ce système, d'ailleurs, ne pouvait passer pour nouveau, qu'eu égard à l'âge des enfants que Gandouin y soumettait ; car, au fond, le principe était déjà depuis longtemps admis par l'Université. Les statuts de 1508, qui ne sont, à cet égard, que la reproduction des règlements antérieurs, interdisaient dans les collèges l'usage tle la langue française. Les maîtres ne devaient parler que le latin, et les écoliers étaient tenus de suivre cet exemple, même quand ils causaient entre eux*.

1. >'jceron, Mèmoirn )><;ifr servir <i l'hîstvire drs hommes illustres dans la république des Ultra, t. VI, p . 183.

9. « Nemo scholasticuTum in C'uliojjio linjîin vcrnaeula lo quaUir, srd Lolimis srr.no ,i s sil rainiuî <•! fumiUarii. » Sfaiula facnllalit arliom, a ri. XVI, p. 30.

A In suite de ces petites exécutions, le local se trouva complètement libre. Mais l'établissement ne pouvait entrer en exercice avant d'avoir obtenu deux autorisations : celle du roi d'abord, puis celle de l'Université.

La première était accordée déjà. Par lettres patentes du mois de juin 1065', Louis XIV avait « confirmé, loué et approuvé le contract a dicté par Mazîuïn la veille de sa morl, il avait ordonné qu'il fût a exécuté de point en point selon sa forme et teneur ; » et, plein de reconnaissance pour « l'inimité d'illustres marques d'une ardente affection » que lui avait données le cardinal, le roi entendait « que ladite Fondation lût censée et réputée Royale, et jouît des m es mes avantages, privilèges et prérogatives que si elle avoit esté par Lui l'aile et instituée*. »

L'autorisation de l'Université fut beaucoup moins facile à obtenir. Le 22 octobre 1074, les exécuteurs testamentaires lui présentèrent une requête par laquelle elle était très -humblement suppliée d'admettre dans son sein te nouveau collège'. Une assemblée générale eut lieu au couvent

2. Recttn] de la fondation <It. collège Jfuorûti, p. 12 à 15.

3. Voyez dans le Recueil de la fondation du collège Maïamil. Û Regucste présentée à MM. de l Université de Paris le Si octobre IB"4, pour laggréaalion du collège Mastiriiii. et mise, entre les mains du prucamir seindie de ludde l'iutcrsitc ledit jour.

— rades Mathurins, où , depuis le xiu B siècle, l'Université tenait ses séances ; les doyens des quatre facultés et les procureurs des quatre nations 1 présentèrent successivement leurs rapports. Tous concluaient à l'adoption, mais ils soumettaient en même temps le Collège à des conditions qui en modifiaient l'idée fondamentale et en dénaturaient le principe. On exigea avant tout la fermeture du tliéâtre que la troupe de Molière venait d'établir rue Guénégaud; l'article 19 des règlements de la faculté des arts interdisait, en effet, dans les limites de l'Université, la présence d'établissements de ce genre*. Quant au Collège, il devait se conformer aux statuts généraux de l'Université, et présenter ses statuts particuliers à la censure de la compa-

1. L'Université sg composait do quatre facultés : théologie, droit, médecine, arts. La faculté de théologie avait deux collèges, la maison de Sorbo.me et celle de Navarre. L'école de droit venait (1"H) d'être I r.iiisft'-cvii place Sainte-Geneviève, dans le local actuel. L'école de médecin h était installée rue Sairil-.I imii -ile-licauvais , dans les «aliment* pn ciMuimiii'n t ix r;i|n's pnr l'école de droit. La Jaculté des arts embrassait l'enseignement doa lettres et des sciences en général, et comprenait neuf collèges. Elle était divisée en qualre nations : France, Picardie, Normandie et Allemagne, qui elles-uiémi':; se so luli visaient en un grand n uni lire de provinces ou ] ri bu s; ohaquo nation avait 50s oflieicrs particuliers, un procureur, un censeur et un questeur.

2. • 0'nncs giadiiitures. tibiciiies, siillatvrts, ci Jn's.'ri'uiic.s, ah Académie fmilvi migrent, >.l tffm jjutiies Meijcnii/i; ■ Slalvla facvltatU arlwm, art. SIX, p. SI.

gnie Le principal et les professeurs seraient membres de l'Université, ce qui, contre l'ordre formel de Hazarin *, excluait les Théatins J . On n'y enseignerait ni la théologie, ni la jurisprudence, ni la médecine. Enfin, il n'y aurait ni manège, ni professeur de danse, ni maître d'es-

Celte dernière décision était de la plus haute importance, et à cet égard, il y avait eu presque unanimité au sein du conseil. Le rapport du doyen de la faculté de théologie exigeait ut preedictum Collegium tiullam habeat academiam palaestrieam, et celui du procureur de la nation française portait ut academia palœstrica removealur- Le procureur de Picardie déclara academiam gladialotiam arceri velle, et celui d'Allemagne demanda simplement ui ab eo Coltegio arceantur gladiatores et saltatores. Les autres membres de la commission, sans s'exprimer aussi nettement, avaient

1. • lit cx\eronan CoUegiorum more, Lcgibus, laudalilihvi Jniftfulw, Usibus tt Statulis Academia raijncsal. . . , Cvmei

lié FacuUatllus rommunicoilur. » — Escnplum ex aclis Cni-

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