‹ Recherches historiques sur le College des Quatre-Nations d'apres des documents entierement ineditsChapitre 9 sur 62 · CHOIX DE L'EMPLACEMENT · texte numérisé non relu

CHOIX DE L'EMPLACEMENT

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àzarin avait désigné pour ses exécuteurs testamentaires le premier président Lamoignon, le surintendant Fouquet, Zongo Ondedei, évèqne de Fréjus, Letellier et Colbert. L'intérêt que le roi paraissait prendre à la nouvelle fondation stimula leur zèle, ils se mirent aussitôtà l'œuvre,

Mazarin était mort le 9 mars ; dès le 20., une réunion avait lieu chez le premier président. Tous les exécuteurs lestamentairesyassistaient; ils s'étaient adjoint le duc de Mazarin, héritier du fondateur, et le chancelier Boucherai.

On délibéra avant tout sur le choix de remplacement, et le séjour de Nesle fut proposé. Quoique Mazarin n'eût rien usé à cet égard dans son testament le bruit s'était déjà répandu que le nouveau Collège serait élevé sur les terrains vagues dépendant de l'hôtel de Nesle. Dès le 9 mars, G. Patin l'écrivait à Falconet', et Colbert avait regardé sans doute la question comme résolue, car il déclara à ses collègues « qu'il y avoit desia eu commission du Conseil et commissaires nommez affin d'obliger les propricttaires des dernières maisons et places situées à la pointe du Pré aux Clercs

1. > L'établissement dudit Collège sera fait en lu Ville, Cité ou Université, ou aui fauxbourgs de Paris. » Recueil de la fondation du collège Ma=arir,i, p. 6.

2. « On dit que ce collège sera bâti vis-à-vis les galeries du Louvre, sur le bord do la Seine. . G. Pnlin, Lettre du 9 mars 1601. t. III, p. 3i0.

3. Le Pré aux Clercs coûtait tout l'emplacement occupé de nos jours par les rues des Pelits-Augustins, des Marais-Saint-Germain, du Vieux-Colombier, Jacob, de Verneuil, de l'Université, des Saints-Pères et Mazarine.

grandeur par la petite Seine, canal de quatorze toises de large, qui commençait a la rivière, coulait le long du terrain sur lequel s'élève la rua des Pelits-Augustins, et allait remplir les fosses de l'abbaye Saint-Germain-des- Prés; ce canal fut comblé vers 1453. Le grand Pré aui Clercs appartenait déjà à l'Université au commencement du xn i' siècle (voyez un règlement de 1215, et Dubreuil, Théâtre des Anliqvilez de Paris, p. 3851; le petit Pré aux Clercs lui fut cédé en 1368 par les relîgieui de Saint- Germain-des-Pn-s. Sous Henri IV, cet immense terrain, jusque-là consacré aux tumultueuses réunions des écoliers, commença à se couvrir de maisons, de couvents, d'hdtels; et de larges rues y furent percées.

du costé de la Grenouilliere de rapporter leurs tiltres, affln d'en auoir remboursement 1 , « Cent ans auparavant, les mêmes formalités avaient eu lieu au même endroit par l'ordre de François I", qui songea un instant à y établir le Collège de France *.

On trouva que Colbert s'était trop pressé, et son

1. Le quai do la. Grenouillère occupait l'espace compris aujourd'hui entre la rue du Rac et le pont de la Concorde. Il était ainsi appelé, soit i. cause des marais qui l'obstruaient, soit à cause des nombreux établisse-

ivrogner on buvolant dons de méchants cabarets et a la manière des gens de néant. > Dictionnaire de Trévoux, t. IV, p. e-21.) En 1701, Louis XIV ordonna que ce quai serait revêtu de pierres de taille, et que l'on y ménagerait un trottoir de neuf pieds de large (Félibien, Histoire d«Par«, t. IV, p. 114). Ces travaux furent commencés sous l'administration du prévôt des marchanda Doucher d'Orçay ; le quai prit d'abord son nom, qui fut changé bous l'Empire en celui de quai Bonaparte.

2. Registre des délibérations du conseil de la fondation du collège flfaanrmï. Archives de l'Empire, Mil, 462, p. il.

3. Félibien, Histoire de Paris, p. 836 et 810. — G. Briee, Discriptior.de Parti, t. III, p. 43, et t. IV, p. 118. — PiganioldolaForce, Description de Paris, t. V, p. 381, et t. VIII, p. 190. Voici les termes mémea de l'ordonnance royale :

lecteurs et aui professeurs pour vaquer à leurs lectures, avons résolu de leur construire en nOlre logis et place de Nesle, à Paris, un beau et grand collège dea trois langues, accompagné d'une belle et somptueuse église, avec autres édifices, dont les desseins ont été faits. Avons commis Audebert Catin pour tenir le compte et faire les payemens de la dépense nécessaire pour les susdits bati-

projet rencontra «ne vive opposition. Un membre proposa de construire les nouveaux bâtiments sur une place de neuf ou dix arpents qui était située entre les portes Saint-Jacques et Saint-Michel, el qui s'étend ait vers le couventdes Chartreux 1 . Cette idée fut encore repoussée, et l'on se sépara sans avoir rien décide.

A la séance suivante, le sieur Villedot, « intendant des œuvres de maçonnerie du roy, » soumit à l'approbation des exécuteurs testamentaires un nouveau projet tendant à placer la fondation de Mazarin, soit dans les bâtiments du collège du Cardinal- Lemoine 1 , soit au jardin des Plantes. Le premier point fut aussitôt rejeté, « par la raison qu'il ne faut pas esteindre une fondation pour en establir une autre , n mais le second parut fort acceptable. Le jardin des Plantes était de création toute récente ; Richelieu en avait eu la première

entre l/me Safnt-Hj-acinlhe et la rue des Fossés-Saint! Jacques. — La porte Saint-Michel fermait la rue de !» Harpo a son citrémité méridionale ; la fontaine qui vient d'être démolie pour la continuation du boulevard de Sébastopol, indiquait très exactement sa place. La porte Saint-Jacques et la porte Saint-Michel furent détruites en 1684. — Enfin, le couvent des Chartreui s'élevait à l'endroit où commence la dernière moitié du jardin actuel du Luiembourg, et il s'étendait le long de la rue d'Enfer.

2. Le collège du Cardinal-Lemoine était situé rue Saint Victor, un peu au-dessus du séminaire Saint-Nicolas-du- Chardonnet.

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pensée 1 , Mazarin avait beaucoup contribué à l'agrandir, et il offrait alors une étendue de vingt arpents. Fouquet se chargea de demander l'agrément du roi , et Louis XIV arrêta que le jardin des Plantes serait transporté au bois de Vincennes

Le débat semblait donc vidé, quand deux adversaires survinrent. C'était d'abord Vallot, premier médecin du roi * , il obtint que le jardin des Plantes ne serait pas déplacé. C'était ensuite le recteur de l'Université , celui-ci déclara qu'il ne souffrirait point que le Collège fût construit en dehors des limites de l'Université.

Les exécuteurs testamentaires durent s'incliner. L'opposition de Vallot n'était pas décisive, car on aurait pu agir encore sur l'esprit du roi ; mais le recteur s'était exprimé très-énergique ment, et il était tout à fait dans son droit.

L'Université ou le « Païs latin, » comme l'appelait déjà Balaie 1 , formait une des divisions offi-

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