‹ Recherches historiques sur les Girondins, Vergniaud (volume 2)Chapitre 19 sur 106 · INTRODUCTION'. XVI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION'. XVI

Mirabeau a pris la parole cent cinquante fois en deux années de législature : Vergniaud cent trente fois en vingt mois de session. Le nombre est donc proportionnellement le même. Le texte seul de leurs discours permettrait d'en apprécier l'importance relative. Mais Mirabeau avait des secrétaires, des auxiliaires (1). Vergniaud était seul.

Est-ce à dire que Mme Roland se trompe? Non, car Louvet écrit dans le même sens : « Vergniaud, trop ami v du repos, trop dégoûté déjà de ce club (les Jacobins), si « différent de lui-même, pour qu'il lui vint dans la pensée « que peut-être il prendroit de l'influence en se montrant « quelquefois dans ses assemblées et dans son Comité «principal. (Mémoires inédits de Louvet, p. 36, Départe- « ment des manuscrits , Bibliothèque nationale , F. Fr, « 1730.) »

Et le Journal des Débats de la Société des Jacobins ^ prouve que Louvet disait vrai : Vergniaud ne prend pas une seule fois la parole dans cette réunion, peut-être y a-t-il là l'explication du passage de Mme Roland. On cherche toujours dans Vergniaud un chef de parti, un meneur, un leader, parce que la supériorité de ses talents lui donnait le droit d'aspirer à cette place. Ses amis auraient voulu qu'il prît une part active aux luttes oratoires des Jacobins qui préparaient et devançaient les délibérations de l'Assemblée. Mais lorsqu'on étudie Vergniaud,

(1) Le comte de La Marck en avoue quatre : Pellenc, pour les discours qui exigeaient de la dialectique; Dumont, pour les adresses et les allocutions qui demandent une certaine pompe oratoire: Duroveray, poulies matières de finances; Lamourette, pour les matières qui touchaient à la théologie, et divers jurisconsultes pour les matières judiciaires (t. I, p. 264). Le duc de Levis a dit aussi : « ... Il est certain que la plupart de ses discours ne sont pas de lui... Rien ne prouve mieux la supériorité de cet homme extraordinaire, que le nombre d'écrivains distingués qui s'empressaient de lui prêter leur plume. (Souv. et Portr., p. 218.'

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