N'EUT IN PLDS DIGNE SANCTUAIRE
I t JAMAIS LE MALHEUR N'EUT UN PLUS FERME Al'l'l I.
C'est aussi à Adèle Sauvan qu'est dédié le poème du Mérité des / - uinirs. V. cette dédicace en vers, meilleurs que ceux de l'épitaphe. " On lil en note : Mme Sauvan-Le Gouve.
366 CONFISCATION DBS BIENS i>K VERGNIAi l».
donnée par Adèle Sauvan à Jouy s'expliquerait par la sympathie qu'il a toujours eue pour la cause des Girondins et par l'admiration toute particulière qu'il avait vouée à Vergniaud. Compromis dans l'afïaire du général O'Moran »,dont il était l'aide de camp, mêlé aux journées du 2 prairial, du 13 vendémiaire, il a été constamment partisan d'une sage liberté, conséquemment de la Gironde, par opposition aux Maratistes dont il était l'adversaire déclaré.
On pourrait même aller plus loin et se demander si Jouy n'aurait pas connu Vergniaud par M. Sauvan, le père : M. Sauvan, comme on le verra tout à l'heure, était attaché au duc d'Orléans ; Jouy pouvait bien ne pas être étranger à cette maison. Madame de Genlis, qui accompagnait Mademoiselle d'Orléans en 1793, raconte ses rapports avec Jouy à Tournay. (Mémoires, édition Barba, p. 105). C'est aussi à Tournay que se réfugient Dumouriez et le duc de Chartres. Nous n'induisons pas de ce rapprochement que Vergniaud fût de la faction d'Orléans, Dumouriez lui-même n'en était pas 2.
« O'Moran commandait à Tournay. Il fut condamné à mort le 16 ventôse an II (6 mars 1794), sous le prétexte banal de trahison, probablement en réalité, pour la défection de Dumouriez. Nous avons voulu nous assurer que Jouy avait été aide de camp de O'Moran. M. Turpin, ex-archiviste au ministère de la guerre, a bien voulu nous transmettre obligeamment son état de services. Il est ainsi conçu : — Sous-lieutenant le o mars 1781. — Lieutenant au 1er régiment d"infanterie le 15 septembre 1788. — Aide de camp du général O'Moran, le 31 septembre 1792. — Adjudant général (toujours aide de camp) le 28 décembre suivant. — il août 1793, suspendu. Réintégré comme adjudant-général le 4 prairial an III (23 mai 1795).
2 Dumouriez n'avait pas d'autre parti que le sien propre. Il était isolé et c'est ce qui a fait sa perte. Mais il a toujours été l'adversaire déclaré du duc d'Orléans (V.iVera., édit. 1823, vol. II, p. 336 elpassim), et après le 2t janvier cette hostilité a été poussée jusqu'à la plus
Nous disons seulement que ce nom aurait pu servir d'intermédiaire entre Vergniaud et Jouy, qui se seraient rencontrés dans les salons de Sauvan.
Notre conclusion sur ce point est que, si le legs fait à Jouy n'est pas régulièrement prouvé, il est possible et n'a rien d'invraisemblable.
Nous arrivons à la transmission qui a dû s'opérer de Vergniaud à Adèle Sauvan.
Les rapports entre Vergniaud et la famille Sauvan sont certains; M. E. Le Gouvé en avait conservé la tradition ; nous en avons trouvé la preuve directe dans une pièce authentique. Mais disons d'abord ce qu'était Sauvan. A première vue ce n'est pas uue figure historique; son nom est enfoui dans les colonnes du Moniteur, Montjoie le cite à peine en passant. {Conjuration d'Orléans, t. III, p. 250.) Roussel l'estropie, madame de Genlis l'ome't, il mérite cependant d'être étudié à plus d'un titre l.
violente aversion. (V. la déclaration de Dumouriez du 20 avril, insérée dans le Moniteur du 17 mai 1793.) La mort de Louis XVI, que l'on rencontre constamment comme un point de partage entre les hommes de la Révolution, est l'une des causes qui ont jeté Dumouriez dans des résolutions désespérées. Son premier mot a Perevre Proly et Dubuisson, est une imprécation contre la Convention composée de sept cent quarante-cinq régicides. (V. Moniteur an
0 avril 1793 et sa proclamation de Saint-Amand du 2 avril, même
Hnnée ) « L'infortuné Louis XVI a péri sans procédure juridique
et sans tribunal,.... l'indignation de la mort tragique et inutile de
1 ouis XVI .. » Pins tard il se tourna vers Louis XVIII. La prétendue lettre de Dumouriez à Charette nous parait apocryphe. Il professait la plus grande affection et la plus grande estime pour les enfants d'Orléans, notamment pour l'aîné, mais en ajoutant que « s il avait jamais la bassesse de profiter de l'affreuse catastrophe qui avait mis l'Europe en deuil pour aspirer A la couronne, il lui vouerait une haine éternelle et aurait pour lui le même mépris que pourson pore.»