‹ Recherches historiques sur les Girondins, VergniaudChapitre 28 sur 135 · MÉMOIRE POUR JEAN-BAPTISTE GAMOT · texte numérisé non relu

MÉMOIRE POUR JEAN-BAPTISTE GAMOT

400,000 pièces et qu'elles ne pourraient être classées avant plusieurs années.

Voici quelques documents sur la famille Coustin de Bourzolles, trouvés au cours de l'impression :

Cataloijiw (/« s Gentilshommes du Pèrigord, publié d'après les procès-verbaux officiels, par MM. Louis de Laroque et Edouard Barthélémy. (Paris, Dentu, 1866.)

Sénéchaussée de Périgucux, Coustin, marquis de Bourzolles, p. 6.

On trouve, à la Bibliothèque nationale, l'ouvrage suivant in-12, L. 27, 2832.

Abrégé de la vie el des vertus de la très honorée Sœur Marguerite- Henri, stte «le Coustin de Bourzolles, Religieuse de la Visitation dans le Monastère de Sainte-Marie-de-Chaillot, décédée le 27 juin 1720, figée de 49 ans et Professe de 28, du rang des Sœurs de la Charité.

Écrite par une Religieuse de sa Communauté, témoin oculaire de ses travaux et de ses vertus, approuvée par les Religieuses dudit Monastère de Sainte-Marie-de-Chaillot.

A Bergerac, chez J.-B. Puysnesge, impr.-libr., mdcclxxx.

Une Épître dédicatoire à M"6 la Maréchale Duchesse de MoUchi, est signée du Marquis de Coustin de Bourzolles, Page du Roi.

La Religieuse en question était sa grand'tante. « Sa famille, qui étoit une des plus illustres et distinguées de la Province du Quercy, étoit depuis longtemps infectée des erreurs de Calvin, parmi malheur commun avec une grande partie de la Noblesse du pays (p. 8). »

V. aussi, au Cabinet du Roi, papiers de Chérin et de d'Hozier, les preuves de noblesse de demoiselle Françoise-Catherine de Coustin de Masnadan. (20 juin 1771, Limosin.)

Les armes de la famille paraissent avoir été : « d'argent à un lion de sable couronné, langue et ongle de gueules. »

56 MÉMOIRES JUDICIAIRES DE » ERG M Ml».

M K.MO lit

L'Abbé GRAILLOT, Avocal au Parlement, appelant comme d'abus d'un refus de visa ',

CONTRE

Messire CHAMPION DECICÉ, Archevêque de Bordeaux, intimé.

Tacere ultra non oportet, ne jam oon verecundiae sed diffidentiae esse incipial quod facimus : et dùm criminationes falsas contemnimue refutare, videamur crimen agnoscere.

Cypriam ad Démet.

M. de La Lande, Avocat Général. — M. Vergniaud, Avocat. M. Tanchon, Procureur.

Supposons un ecclésiastique qui ait passé sa jeunesse dans une de ces maisons où Ton s'instruit et se prépare aux fonctions du sacerdoce.

Supposons qu'à cette époque de la vie où les passions régnent presque toujours en despotes sur le cœur humain, cet ecclésiastique, se rendant remarquable par sa piété, sa vie laborieuse et les succès qui couronnoient ses travaux, ait mérité de ses supérieurs une attention qui honore également son cœur et ses talents.

Supposons qu'après s'être fait recevoir bachelier de Sorbonne, appelé dans le monde au milieu de sa licence par quelques circonstances et des amis qui lui donnoient

sur son avancement des espérances flatteuses, il ait su

(i) Ce mémoire paraît mentionné dans une lettre de Vergniaud

à M. Alluaud, du 29 janvier 178:;.

MÉMOIRE l'oi K L'ABBE GRAILLOT. ,v>7

intéresser à sa destinée des personnes de la plus haute distinction, qu'on lui ait confié l'éducation d'un jeune seigneur, parent d'un Ministre Duc, et que pendant le séjour que sa qualité d'instituteur l'a obligé de faire chez ce seigneur, ne perdant jamais de vue son adoption parmi les lévites, il ait constamment vaqué au ministère des autels.

Supposons qu'attiré dans le diocèse de Bordeaux par la renommée du Prince à qui l'administration étoit confiée, on l'ait jugé digne de seconder un pasteur que ses souffrances habituelles mettent hors d'état de pouvoir donner à sa paroisse tous les soins qu'elle avoit droit d'en attendre, et que pendant le cours de cette mission, les Vicaires généraux lui aient écrit des lettres qui attestent la confiance qu'ils avoient en lui.

Supposons que son zèle l'ait fait ensuite monter dans les différentes chaires du diocèse ; qu'il ait eu l'honneur de prêcher devant le Parlement, l'Académie, et même devant le Prélat qui a succédé à M. le Prince de Rohan : que cependant ne trouvant pas sa vie assez remplie par les travaux de l'apostolat, il ait voulu joindre à l'avantage précieux de pouvoir concourir au bien spirituel des fidèles, le droit honorable de soutenir leurs intérêts civils devant les tribunaux ; qu'inscrit sur le tableau des avocats, il ait assisté à cinq concours ouverts pour des chaires ou des aggrégatures de droit.

Supposez que, dans ces circonstances, ayant obtenu des provisions de Cour de Rome pour un bénéfice simple, il se présente pour demander un visa.

Qu'oublié jusqu'alors par la calomnie, on n'eût jamais songé à le flétrir par aucune accusation contre ses mœurs ou contre sa doctrine, et que néanmoins sa demande fût rejetée avec mépris par les Vicaires généraux .

.'>H MBV0IRB8 ICDICIAlBEfl DE PERGlflAUD.

Supposons enfin, qu'ayanl lait déclarer, par un arrôl du Parlement, ce premier refus abusif, il se présente donc fini ,1 M. l'Archevêque lui-même, avec les provisions d'un nouveau bénéfice pour en obtenir un nouveau visa; rt que deux fois ce prélat porte la consternation par une réponse, qui, quoiqu'on termes moins humiliants que celle des Vicaires généraux, n'en contient jias moins le refus de la justice qu'il sollicitoit :

a Magistrats qui lisez ce Mémoire, vous croyez peut-être que c'est une fiction qu'on vient <!e vous présenter ?Eh bien! détrompez-vous et plaignez l'abbé Graillot: c'est son histoire qu'on a racontée (F. les pièces justificatives).

« Et vous, citoyens qui avez des enfants dans l'état ecclésiastique, vousaviez pensé que, s'ils remplissoient leur devoir avec exactitude, jamais ils ne seroient éloignés par un jugement flétrissant des récompenses de l'Église. Eh bien! détrompez-vous et tremblez aussi sur leur sort. Les malheurs de l'abbé Graillot justifient toutes nos craintes. Il est vrai que la calomnie ne parvient pas toujours à faire immoler les victimes qu'elle a choisies, et gardez-vous de soupçonner la justice des Prélats. Qu'ils se rassurent surtout ceux qui ont le bonheur d'être soumis à la juridiction de M. l'Archevêque de Bordeaux, etc., etc.

« Ils diront : non, celui qui porte ses ouailles dans son cœur, ne nous repoussera pas injustement du bercail ; et même il ne souffrira pas longtemps que les plaintes de l'abbé Graillot se mêlent aux bénédictions qu'il reçoit. Dès qu'il aura reconnu leur justice, il le rappellera dans son sein : il lui pardonnera de s'être mis sous la protection de la puissance séculière, et d'avoir publié ce Mémoire dans lequel l'abbé Graillot ne citera la Loi, que parce qu'en invoquant son autorité, il a cru invoquer celle de M. l'Archevêque lui-même.

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