ÉLOGE PUNÈBBB DE MIRABEAU
littéraires comme Barnave i, mais ici ses appréciations peuvent nous en tenir lieu. Veut-on en effet savoir comment il comprenait la mission d'un Représentant du peuple? La définition théorique qu'il donne d'un législateur nous apprend quel était le type qui lui servait d'idéal en cette matière. Veut-on connaître ce qu'il pense de l'art oratoire, de la dialectique, du goût, de l'improvisation? Chacun de ces points est traité à l'occasion de Mirabeau. Enfin, il nous met dans la confidence de ce qu'il entend par un révolutionnaire, c'est-à-dire, en traduisant ce mot dans notre langage actuel, un réformateur , un chef de parti, un homme politique. De là, l'étendue des extraits que nous avons donnés: nous aurions voulu reproduire la pièce entière, et nous engageons fortement ceux qui désireront étudier intimement Yergniaud à la lire dans son ensemble.
Messieurs, vous m'avez demandé l'éloge de Mirabeau, et j'ai osé céder à votre invitation. Abîmé dans le sentiment dune profonde douleur, j'ai oublié un instant celui de ma toiblesse...
A peine j'ai voulu méditer sur son influence dans noire révolution, et mesurer de l'œil l'immense carrière qu'il a parcourue, je me suis senti frappé d'un saisissement religieux, ébloui de tant de gloire et accablé par la grandeur do mon sujet.
Pressé par le temps, je vous apporte, en désordre,
les idées que mon trouble m'a permis de recueillir.
Je vais vous parler de Mirabeau, non pour le louer;
que feroient mes vaines paroles à sa gloire! elle est toute dans ses œuvres: mais pour nous exciter, s'il en étoit besoin, au patriotisme, par celui qui brûla son cœur; mais pour nous rappcller que si, comme lui, nous voulons mourir
' Voyez Œuvres <ln Barnave, publiées par Mme Germain, sa sœur. Paris, Challamel, 1843, t. IV. Tout ce volume est consacré à la littérature, au style, aux différents genres d'éloquence, etc.