PAPIERS TROUVES CHEZ VERGNIAUD
Je né promet rien, mais je demande à déjeunner demain de bon matin. Je demande aussi des nouvelles de lame et du corps de mon ami que jaime et embrasse de tout mon rieur. (Pièce n° 700.)
Louise fait demander si elle pourra aller ce soir porter le portefeuille, elle souhaite le bonjour au prisonnier l et elle le prie de né pas la bouder. (Pièce n° 701.)
Voila 3 paire de bas, mon ami, je désir qu'ils vous convienne, il est très difficile d'en trouver et par consequant de les avoir bon marchais, vous en avez pour la somme de 30 livres. (Jue dites vous de l'événement du jour, moi je dis aujourd hui comme tous les jours, que je vous aime de tout mon cœur. J'irai vous voir dès que je le pourai. A propos, je veux pour les ports de lettre du taffeta blanc pour remplacer celui que j'ai taché l'autre jour. (Pièce n° 702.)
Votre billet me trouve a table, mon cher ami, je suis la a faire les honneurs à deux ou trois personne qui sonts venus me demander à diner. Je vous repond que mon corps est ici
1 Ces mots pourraient faire penser que les lettres de Louise sont adressées à Vergniaud. Voici comment :
L'inscription mise en tête de ces pièces prouve qu'elles ont été trouvées chez Vergniaux (sic), Ducos, Funfrëde, c'est-à-dire rue de Clichv, n° 337. S'ils y avaient été détenus simultanément, on aurait à se demander auquel des trois la lettre était destinée. Mais Vergniaud seul a été en étal d'arrestation dans ce domicile en juin et juillet. Le bonjour envoyé au prisonnier ne pouvait donc s'adresser qu'à lui et le désignerait comme le destinataire des autres lettres signées Louise.
Boyer-Fonfrède n'a été arrêté que le 3 octobre (Moniteur du 5), quatre mois après Vergniaud, et Ducos s'est constitué volontairement prisonnier le même jour, 3 octobre, à la Conciergerie. (Almanaehdes bizarreries humaines, p. \'M.)
Jlti I'.um: !;s iiMivi.s CBEZ VBRGIUAUD.
mais que mon coeur el mon esprit if vous quitte pas. Je provois i|u'il me Bera difficil de vous voir ce soir, mais oui, faite moi dire demain malin que vous êtes encore libre de me recevoir je tremble ' e1 je désir bien ardement voua presser contre mon cœur. Bon jour ami, bon courage, il intimide !<'•- méchans. (Pièce q° 703.)
Je né vous verai que demain matin, mon cher ami, j'ai des affaires pour ce soir qui né peuvent se remettre. Je vous prie de dire a monsieur Fonfrede 2 de né pas envoier sa voiture, comme il avait eu l'honnêteté de me proposer de l'envoier me chercher a six heure. A demain. (Pièce n° 704.)
Vous déchirai mon ame et mon cœur 3, qui est toujours à vous. Oui, je vous envoie mille baiser, je va aller vous porter moi-même les vœux que je forme pour que vous soiez aussi heureux que vous devez l'être. Bon jour mon ami, quand on a autant d'esprit que de courage, on a pas besoin des encouragement d'une femme, mais jamais on né peu refuser sa tendresse quand elle est aussi sincère que lest celle de Louise pour vous. (Pièce n° 708.)
1 Encore libre... je tremble... expressions qui semblent indiquer qu'on prévoyait la translation des députés arrêtés dans les prisons, sans doute à cause des demandes tendant à cette mesure qui se succédaient à la Convention et aux Jacobins (10-24 juillet; Y. cidessus, les dénonciations de Drouet, de Chasles, p. 204: Moniteur, 1793, t. XXIII, p. 77, édit. Pion).
- Les lettres de Louise ne pouvaient s'adresser à Fonfrede. La question se circonscrirait donc entre Vergniaud et Ducos. Mais Pueos n'a jamais été, prisonnier rue de Clicb y [Y. ci-dessus, p. 213). Vergniaud seul pouvait donc être le destinataire de ces billets.
3 Peut-être en annonçant son incarcération imminente, en demandant à celle à laquelle il écrivait do lui donner du courage?