DE A EN
POLICE ARRESTATION
Je suis venu poar te voir, mon ami, mais cela est de toute impossibilité ; je m'en console en décrivant un mot ; mais j'ai Le chagrin d'apprendre que tu ne pourras pas me répondre, n'importe nos cœurs s'entendent et s'entendront toujours.
11 n'y a rien de nouveau que l'arrestation de Duprat, Mainvielu (pour Main vielle) et un autre député des Bouchesdu-Khone, qui sont tes voisins dans ce moment, sans que tu t'en doute. J'ignore quand viendra notre tour; atout événement le sage est préparé.
La cause de l'arrestation de ces derniers est une lettre qu'on dit qu'ils ont écrite dans leur département.
Tout est parfaitement tranquille dans Paris; point de nouvelles de Valenciennes, Custine est gravement impliqué dans la reddition de Mayence ; on produit des pièces, il faut qu'il s'inscrive en faut contre elles, pour pouvoir se justifier. Celui-là seroit-il encore un traître ; attendons.
Je te remets ici un petit billet de notre ami. Nous parlons de toi toute la journée ; j'ai dîné hier dans la rue Chantereine ', on n'a parlé que de vous, une de tes amies qui a une tache rouge à la lèvre te dis mille choses tendres; elle
i Talnia possédait, rue Chantereine, une maison vendue depuis au général Bonaparte. (Arnault, Souvenirs d'un Sexagénaire, vol. II, p. 132.) Cette maison appartenait en réalité à Julie Carreau, première femme de Talma. Julie était fort riche et avait ouvert chez elle un salon oh se rencontraient avant 1789 le vicomte de Ségur et le comte de Nathonne, David et Chamfort, etc.. Depuis, on y rencontra successivement Mirabeau, Omdorcet, Vergniaud, Guadet, Ducos ; c'est là que Talma avait connu les Girondins, dont il avait adopté les principes et dont il honora toujours la mémoire. V. Tissut, Souvenirs historiques sur la vie et la mort de Talma, p. i'6; —
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t'esl prodigieusemenl attachée. Adieu, mon ami, A. L. .1. t'embrassenl mille fois de fous leurs cœurs, elles nul moins de courage que lui. Adieu encore... Si près et si loin... Amitié lemlre, amitié pour la vie.
M. de J., nuire voisin, se souvienl de toi et se recommande à ton souvenir.
Tu amas Senèque sans faute demain.
Nous soussignés, Officiera de paix, certifions la présente conforme â l'originale que nous avons dépose* au Département de Police.
Peur copie conforme l, certifiées par nous, Administrateurs du départemenl de Police,
Makino, Louvet, Godard.
Arnault, loc. cit., et les Mémoires de Louise Fusil, vol. 1, c. x\\ (Test à lui que fut remis le manuscrit contenant le commencement de la défense que Gensonné avait écrite pour le Tribunal révolutionnaire. (V. Chauvot, le Barreau de Bordeaux, ouvrage dans lequel cette défense est publiée.)
Sur Julie Carreau, V. Arnault, loc. e<7.,p. 132 et 135, et les le! lies de Mm0 Ginguené dans notre ouvrage Charlotte de Corday et les Girondins, p. 761-764 et la note. Tous sont unanimes pour la présenter comme une femme de beaucoup, d'esprit et du plus noble caractère.
«C'est dans ces discussions, dit Arnault, en parlant des entretiens qui avaient lieu après souper, que j'ai eu lieu de reconnaître tout ce qu'il y avait de finesse et de force, d'élévation et dô générosité dans l'àme'de sa femme. Elle discutait avec une égale lucidité les questions les plus ardues de la politique et de la philosophie, mais en se tenant également éloignée da pédantisme et de la frivolité, mais sans se l'aire homme, mais en unissant la puissance de la grâce à celle, de l'esprit et de la raison, et tenant la balance entre l'homme d'Etat, l'homme du monde et le philosophé, comme autrefois Aspasie entre Alcibiade, Périclès et Socrate.
«C'est chez elle que j'ai appris à estimer et à plaindre les Girondins, que leur modération a conduits à la mort. »
Il cite comme faisant partie de cette société, Mllc Desgarcins. Il ne parle pas de Julie Candeille, cependant elle appartenait à la troupe des Variétés devenue le Théâtre de la République et formée desdissidens de la Comédie-Française. Talma était du nombre. Elle a donc bien pu être admise chez lui et fréquenter ses salons. Aussi dit-elle non pas qu'elle n'a jamais vu Vergniaud, mais seulement qu'elle aurait peine à reconnaître ses traits. (V. p. 209 ci-dessus.)
1 Moins l'orthographe, qui est celle des copistes.
A LA FOHŒ
Les Administrateurs de Police, Michel et Jobért, avaient fait sortir Vergniaud du Luxembourg le 31 juillet 1793. Le même jour, Michel et Louvet le faisaient transférer à la Force. Son entrée dans cette prison était constatée sur le registre d'écrou, p. 315.