‹ Recherches historiques sur Vaas et LavernatChapitre 2 sur 45 · VA AS · texte numérisé non relu

VA AS

Vaas était compris dans la province du Maine el faisait partie de la Gaule celtique. Cette province avait environ 37b' kilomètres de circuit ; elle était formée de la partie orientale de l'ancien Haut- Maine, d'une faible partie de l'Anjou, à laquelle appartenaient les villes du Lude et de La Flèche, et de trois communes de l'ancien Perche , Montmirail, Melleray et Champrond.

La ville de Vaas , c'est ainsi que la nomment ses habitants , est pavée et assez jolie ; elle est limitée par les communes de Verneil-le-Chétif , Lavernat, Montabon , La Bruère, Samt-Germain-d'Arcé , Aubigné, et est arrosée par la rivière du Loir et par les ruisseaux de Launay, de la Thibaudière (nommé

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aussi le Laurier ou le Vieux-Moulin), du Ponceau (appelé également le Bruant ou Moulin-Neuf ) et du Perray ou des Halles.

L'origine de cette petite ville , comme celle de beaucoup de cités, est fort obscure. Les archéologues , les étymologistes se sont donné pleine carrière sur ses commencements ; mais il est vrai de dire que leurs recherches et leurs inductions n'ont donné lieu qu'à des conjectures plus contradictoires les unes que les autres. Voici les étymologies que donne M. Pesche : « Saixt-Georges-de-Vas; Vadatt'um. seu Yedatium. Vadusia, Vallis Boana, Vadatio. aeu Vaas (Cênom.) ; de Vas, Wus, qui signifient, en même temps, vase et chapelle, église, cloître; étymologie doublement convenable pour ce lieu, à raison de son ancien monastère et de sa situation . dans un lieu bas, au milieu de collines qui l'entourent de toutes parts , de l'ouest , au nord et à l'est , et , autrefois , d'étangs et de marais. »

Le nom de cette paroisse se trouve ainsi écrit dans les manuscrits et les anciens ouvrages imprimés : Vas , Vaz , Vaulx , Vault , Vaaux , Vaux , VauLx, Was, Waaz, Vast, Vaast et Vaas. ( Tit. autk. — manusc. Province du Maine , Cuveliers, Cl. Menard, Le Corvaisier,Lobineau, Hay du Chatelet, Hyacinthe Morice, Guyard de Berville, Fontenelle de Vaudoré, etc., etc.)

Vaas ou ses environs ont été habités par les

Celtes ou Gaulois ; le monument situé sur la ferme du Ruaux, et qu'on nomme dolmen, enestla preuve irrécusable '. Il est connu dans le pays sous le nom de Pierre couverte; la table a 3 m 50 de longueur sur 2 m 65 de largeur ; elle est élevée sur quatre autres pierres. On sait que c'est sur ces espèces d'autels que les prêtres gaulois, les druides, déposaient leurs offrandes et immolaient leurs victimes; les druidesses cherchaient dans les entrailles des victimes les oracles qu'elles prédisaient. S'il faut en croire les historiens, elles surpassaient en renommée la pythie des Grecs et la sybille des Romains.

D'après une ancienne légende, Vaas aurait été une capitale; ce qu'il y a de certain, c'est qu'avant qu'Aymon ou Haymon eût fondé son Chàteau-du- Loir, c'était le chef-lieu d'une petite contrée appelée condita Vedacensis , ainsi que le constatent plusieurs anciennes chartes. M. Cauvin dit que la cité des Cénomans fut partagée en neuf conditœ, et que si l'on ajoute au doyenné de Château-du-Loir les paroisses de Beaumont-la-Chartre , de Vaas et d'Aubigné, on aura le territoire qui formait la contrée de Vaas. Le lien de Pruillé en faisait partie, ad villam cujus vocabulum est Proliacus in condita Vedacense.

M. l'abbé Voisin trouve , dans les documents historiques des premiers siècles de l'ère chrétienne jus-

1 Voy. Recherches historiques sur Maijet et ses environs, 1" part. pag. 11 etsuiv.

qu'à l'invasion des Scandinaves et l'avènement de la dynastie capétienne, notre pays divisé par quatorze régions ou conditas, et chaque condita subdivisée elle-même en trois cantons ou vies. Le vie, à son tour, comprenait un nombre plus ou moins considérable « de villas ou communes ' avec des limites exactement tracées. » Il prétend que Vaas 2 fut une de ces régions, et il la compose des trois cantons ou vies suivants: Vaas3, vie canonique ; RuilléN vie canonique; etChemilléjVic public. Enfin le canton ou vie de Vaas comprenait « les villas ou communes » : du Vaas antique, d'une villa près de Bossé, dans la

' M. P. Piolin, dans sou Histoii'e de l'Église du Mans, traduit le mot viens par celui de bourg , et celui de villa par domaine. En effet , ajoute-t-il , ce mot désigne dans les monuments du vie au xe siècle une terre étendue, pourvue de bâtiments d'exploitation, de troupeaux de différentes espèces, et de colons, lides ou esclaves, pour la cultiver. Ce sont dans les vici que les premières églises furent établies; on en construisit beaucoup aussi dans les simples villœ.

2 « S. Julianus.... veniens ad quamdam villam, cujus vocabulum est Proliacus, in Condita Vedacense. Gesta Pont. Cenom.MS. (Bibl. Cenom.) Valleui Boanam in pago Cenoraanico super rivulum Dimidiam in Vicaria Vedacense. Anal. 0. S. B.

3 « S. Julianus.... ecclesias dedicavit.... de Vadatio. Vet. Anal., III, 241.

4 « S. Julianus.... ecclesias dedicavit.... de Ruiliaco. Ibid. — An 832. Et de Ruiliaco. Miscel., 31-960-994. Sigenfredus.... dédit.... casamenta ecclesiae magna, scilicet....atque Ruilliacum \icum. Anal.. 303. — Ecclesùe quae antique ecclesiœ vocari consueverant.... RuilleyuM. Liv. Rouge, MS. » {Les Cénomans.) .

s Lit VAAS. /

paroisse d'Aubigné; « à la Gannetière, sur lu route du Lude, on voit les restes d'un édifice semi-circulaire , qui , selon la tradition locale , l'ut un temple païen , » et d'autres villas qui existèrent sur les coteaux qui dominent le Loir.

Le Vaas Gallo-Romain était à mille mètres environ au sud de la ville actuelle; ses débris jonchent le sol de plusieurs pièces de terre. Quelques historiens pensent que l'église primitive était au hameau des Balles , et que le cimetière était à l'entour : on a découvert, dans ce lieu, des tombeaux, des urnes cinéraires , des armes et des monnaies de Constantin le Grand , frappées à Lyon. Dans les environs on trouve encore les vestiges de plusieurs substructions ( îallo-Romaines ; dernièrement encore l'administration de cette commune faisait élargir la route de Vaas à Chenu ; entre le Loir et les Halles on a déterré des médailles , dés restes de substruction , d'amphores1, de vaisselles rouges vernissées et noires , des briques à rebords et des ossements humains ; tous ces objets appartenaient à l'époque romaine, — nous en avons recueilli quelques-uns. — Dans les champs des Planches , de la Chalopinière , et dans ceux avoisinant , on a trouvé très-souvent aussi des débris semblables; enfin, il y a quelques années, on a mis à nu plusieurs tombeaux en grès coquillier à l'ancien lief de la Tultîère.

1 Mesure pour les liquides chez les Romains.

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