‹ Recherches historiques sur Vaas et LavernatChapitre 42 sur 45 · SEIGNEURIE DU PONCEAU-ALLEAUME · texte numérisé non relu

SEIGNEURIE DU PONCEAU-ALLEAUME

Les constructions féodales disparaissent peu à peu de l'ancienne seigneurie du Ponceau- A Heaume; il y a vingt-cinq ans environ on a détruit plusieurs colombiers, une salle dont les murs étaient couverts de peinture, une tour ronde et la chapelle dédiée à Sainte-Catherine ; dernièrement les croisées dont les fenêtres étaient en croix ont été abattues ainsi qu'une tourelle hexagonale ; les murs de ces divers bâtiments n'avaient pas moins de 0 m 80 d'épaisseur.

D'après un acte authentique, passé le 7 décembre 1459 par Jehan Gobereau et Georges Coupperye, — ce dernier notaire à Oise, — « depuis longtemps Guillaume Boucher laisné, ecuyer, lors seigneur du Ponceau-Alleaume, sis en la paroisse de Lavernat, avoit vendu pour 100 livres tournois aux religieux du couvent de Chàteau-en-THermitage une rente de 8 livres tournois a payer par chacun an aux termes de Noël et delà Saint-Jehan. Habert Boucher, ecuyer, fils de feu Jehan Boucher le jeune, héritier du dist feu Guillaume Boucher, son aïeul , reconnoit et con-

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fesse les choses susdites; mais il se refuse a rembourser aux religieux <24 livres pour les francs fiefs. » Les religieux le poursuivirent et il fut condamné par « honorable homme Me Pierre Guyot, juré et conservateur des privilèges royaux de l'université d'Angers, et aux frais se montant a 4 livres tt> sols 7 deniers. »

« Le dist Habert Boucher, ecuyer, demeurant actuellement au Ponceau, pour estie quitte envers les dits religieux leur vend le lieu du domaine et métairie de la Gaignerie (80 journaulx) dépendant du Ponceau ou Ponceau-Alleaume avec l'étang de Bellecherre, sis a Vaas, joignant les Hondon et le vendeur. Ces objets dépendent partie du fief de Habert Boucher et partie des fiefs de Robert Nepvou (Nepveu) et du seigneur du petit Mangé, pour tant qu'il y a des distes choses tenues d'eux et au dist vendeur un denier de franc devoir requerable sans foy, sans loy et sans amande, pour raison des choses tenues de luy et en son fief et les autres devoirs aux jours et termes accoutumés. »

Gomme cette vente est faite avec droit de rachat, « le vendeur pourra apporter la somme de six vingts écus d'or bons et de loy, poids a présent ayant cours, dedans le terme d'un an a prendre du jour de Noël prochain en un an en outre l'an que la coustume du pays permet et donne aux lignaigiers de venir a retrait et pu payant tous les frais du présent. »

Suivant quelques titres, la seigneurie du Poneeau

appartenait, en 1 467, àMessire Georges de la Roche (de Mayet?); en 1 480 et 1603, à Antoine Bouclier et René Boucher ou Leboucher, tous deux écuyers, qui rendent des aveux pour ce manoir comme relevant de Ghàteau-du-Loir. En 1617, René Leboucher1 devient propriétaire de la métairie de Duguesclin située à Mayet.

Parmi les membres de la famille Boucher ou Leboucher 3 , nous remarquons dans des titres authentiques du xvue siècle : « Magdelaine Leboucher, veuve de Messire Lovis de Segraye;, chevalier seigneur du Poneeau ; Marguerite Leboucher, femme de noble homme Yves Dubus % sieur de la Tour et de la Pointe en Bercay , commissaire ordinaire de l'artillerie du roi notre sire demeurant au lieu de la Pointe, paroisse du Lorouer , actuellement au service de son maistre au siège de Montauban (1621 );

1 René Leboucher, et non du Bouchet , comme nous Pavons écrit par erreur dans nos Recherches historiques sur Mayet et ses environs, 2e part., pag. 23.

2 Appelée aujourd'hui Gandelin. Voy. Récit, hist. sur Mayet et ses env., 1re part., pag. 148.

3 Est-ce la même famille?

4 Louis de Segrayfi , écuj er à Écorpain , est taxé au rôle de r.irrière-ban de la province du Maine en 1675. Est-ce le même?

s On voit Ggurer cette famille aux États du Maine en 1576

el 1614. fCauvin,

SUB LAVERNÀT. 271

Francoys Leboucher, voyer, sieur de la Roche; Pelixe Leboucher et Renée Leboucher. »

Au xvitc siècle, le seigneur du Ponceau payait chaque année à l'abbaye de Yaas : 1° pour «le Petit- Fiel', sis près le chemin de Vaas à Lavernat, au jour de St-Martin , S suis de cens , 8 sols de rente et de dotation, 12 boisseaux de seigle et 2 poules au jour de Toussaint ; 2° pour le clos Julliot ou clos d'Amont Ti sols de cens; 3" et pour le lieu de la petite Gruchetière, 8 deniers de eens et 3 boisseaux de blé. »

A cette époque les familles Boucher ou Leboucher et Segraye deviennent propriétaires de la seigneurie du Ponceau, et vers le milieu du xviue siècle , François Gautier, marquis de Chiffreville , milord Thomond, puis M. Leboindre de Moire, conseiller au présidial du Mans. Ce dernier devait 9 boisseaux de blé, mesure de Mayet ( le boisseau pesait 18 livres ), au curé de Mayet, et 3 sols G deniers à l'abbaye de Château-lHermitage. Cette propriété appartient actuellement à M. le prince Marc de Beauvau ' .

Différents aveux furent rendus par les seigneurs du Ponceau à la Roche-Mayet.

D'après plusieurs historiens , la seigneurie de la

1 Voy. K<tIi. hist. sur Mayet et tes >,n».. 2e part., pag. 79 cl

-il i i v .

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paroisse de Lavernat était annexée au domaine du Ponceau.

La famille qui porte le nom O'Brien est de la plus noble et de la plus ancienne maison d'Irlande; elle tire son origine de Briam-Boraimhe, roi d'Irlande. ( Voy. Mémorial de 1754. — Hist. d'Irlande , par Pierre Walt h. — Hist. d'Irlande , par le docteur Keteng. — Moréri. — De la Chenay-Desbois, etc. )

Milord Thoinond ( Charles O'Brien, lord-comte de Thomond), né à St-Germain eu Lave en 1699, était baron d'Ybrican, lord vicomte de Clare, etc. , au royaume d'Irlande , chevalier des ordres du roi en 1747, maréchal de France en 1757, fait commandant en Languedoc la même année; il épousa en 1755 Marie -Geneviève -Louise Gautier, fille de Louis-François Gautier", marquis de Chiffre ville , en Basse-Normandie, seigneur de Mangé, de la Ferrière, de Champmarin, deBeaumont-Pied-de-Bœuf ! et du Ponceau à Lavernat près Château-du-Loir , lieutenant -général d'armée; de ce mariage naquirent deux enfants : O'Brien, en 1757 pt Antoinette- Charlotte en 1750.

i II fut inscrit au rôle de l'arrière-ban de la province du Maine en 1689.

2 D'après M. Pesche. Ch. O'Brien était seigneur de Beaumontla-Ronce, paroissse de Touraine , et non point de Beaumontpied-de-Bœuf au Maine, comme le dit Lepaipre.

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»( La maison dé Gautier Chiffre ville vient djëPhi- Uppe Gautier, écuyer, vivant en 14S58, et e*es( soutenue avec une grand»' distinction depuis ce temps-là , ayant pris des alliances dans les maisons de Tessé, de Beaumanoir, de Bellay et autres fort illustres. » ( Moreri. )

AU. m es.

Boucher : de gueules à la bande d'argent chargée de trois cloches de sinople , bataillées d'argent.

Boucher : de gueules an lion d'argent ; l'écu semé de croisettes de même.

Gautier : de gueules à la croix ancrée d'argent , liée en cœur d'azur. (La Chen. )

Beauvau : d'argent à. i lions de gueules, canton nés, armés , lampassés et couronnés d'or. ( Dub. )

O'Brieu , lord comte de Thomond : de gueules à 3 léopards l'un sur l'autre , partie d'or et d'argent, qui est O'Brien, écartelé d'or à 3 girons de gueules , les pointes en bas, qui est Sydney ; sur le tout, une étoile de sable. (Manusc. — Le Paige. — Pesche. — Cauvin, etc. )

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