HOMMAGE D AFFECTION ET DE RECONNAISSANCE
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L’étude de la pellagre a pris depuis quelque temps, surtout en France, une importance exceptionnelle. Le développement chaque jour plus inquiétant que présente l’endémie dans les départements du sudouest, l’apparition de faits nombreux constatés par M. Billod dans certains asiles d’aliénés , et par M. Landouzy dans la Champagne, et rapportés par ces auteurs à la pellagre, expliquent l’intérêt que les médecins français ont porté tout à coup à une maladie considérée, il y a quelques années à peine, comme exotique, et justifient l’empressement que la
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presse médicale et les Sociétés savantes ont mis , depuis peu, à poser sinon à résoudre les principaux problèmes relatifs à cette question.
La Société impériale de médecine de Lyon , dont les travaux accompagnent toujours le mouvement scientifique qu’ils ont plus d’une fois préparé, resta fidèle à ses traditions en décidant , suivant l’avis de M. Rollet, d’inscrire la pellagre à l’ordre du jour de ses discussions.
J’eus l’honneur d’être délégué par la Société dans sa séance du 6 mai 1861 , sur la proposition de M. Rollet, appuyée par M. Diday et par M. Arthaud, pour aller étudier l’endémie pellagreuse de Sainte- Gemmes. Les faits que je recueillis dans cet asile me semblaient très - concluants , mais je voulus donner plus de force à mon opinion en les confrontant avec des cas de pellagre non contestée, j’allai à Bordeaux où les pellagreux arrivaient déjà à l’hôpital Saint-André , et de là dans les Landes , au cœur même de l’endémie. De retour à Lyon , je trouvais sur une démente de l’Antiquaille la confirmation des idées que je m’étais formées à Sainte-Gemmes touchant la pellagre des aliénés et de nombreux faits recueillis tà l’Hôtel-Dieu et au Dépôt de mendicité
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me prouvèrent la justesse des opinions de M. Landouzy au sujet de la pellagre sporadique.
Ainsi, j’avais pu étudier de visu les trois points fondamentaux de l’histoire de la pellagre, la pellagre endémique , la pellagre sporadique et la pellagre des aliénés. Je dus, dès lors , embrasser dans mon rapport la question tout entière, en l’envisageant , toutefois, plus particulièrement au point de vue français. Cependant je me suis occupé, successivement, des endémies des divers pays à pellagre dont j’ai même augmenté le nombre ; puisque , d’après les précieux renseignements que je dois à l’obligeance de M. le professeur Sigmund, j’ai pu traiter, dans un chapitre spécial , de la pellagre hongroise dont nous ignorions encore l’existence. J’ajoute que la partie pathologique n’a pas été négligée, et que j’ai apporté un soin tout particulier à l’étude de la symptomatologie, de l’étiologie et de la prophylaxie.
La Société a consacré quatre séances à l’audition et à la discussion de ce travail. MM. Teissier, Diday, Ar.thaud, Pasquier et Saint-Cyr, dans leurs communications, ont fait valoir des considérations qui, par leur importance , m’ont déterminé à apporter quelques modifications au texte primitif.
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J’ai puisé de nombreux et précieux documents dans l’excellent traité de M. Th. Roussel , dont l’érudition si profonde m’a plus d’une fois épargné des recherches ingrates , mais je me suis efforcé surtout de m’éclairer par ma propre observation ; et je dois remercier ici M. Billod pour la bienveillance avec laquelle il a guidé et facilité mes investigations , M. G. Hameau qui a eu l’extrême bonté de m’accompagner dans les Landes , et M. Gazailhan qui m’a permis avec tant de libéralité de puiser avec une égale profusion, dans sa clientèle et dans sa vaste expérience, les faits et les idées. A Lyon, c’est dans le service de M. Lacour que j’ai pu observer le premier cas de pellagre des aliénés, c’est dans les salles de M. le professeur Teissier qu’ont, été constatés les premiers exemples de la pellagre sporadique de cette région de la France ; et j’ai dû me féliciter du bienveillant empressement avec lequel ces importantes observations m’ont été communiquées. Je dois aussi remercier M. Arthaud et M. Rollet pour les conseils si utiles qu’ils m’ont prodigués.
•Te n’oublierai pas d’exprimer aussi ma reconnaissance à mes collègues de Lyon pour le concours amical qu’ils ont bien voulu me prêter, soit pour rechercher les malades qui m’intéressaient et pour
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recueillir leurs observations, soit pour m’aider dans mes études bibliographiques. .T’ajoute que j’ai retrouvé dans d’autres internats, à Bordeaux, à Angers et à S'ainte-Gemmes cette même bienveillance confraternelle ; et je dois plus particulièrement des remerciments cà M. Salct, interne de l’asile de Maine-et- Loire qui, pendant plusieurs jours, a eu la patience de m’accompagner près des aliénés pellagreux et de me communiquer sur les antécédents de chacun d’eux des détails circonstanciés.
Mais je dois surtout m’acquitter de ma dette de gratitude envers la Société impériale de médecine de Lyon qui a inspiré ce travail, qui l’a accueilli avec tant de bienveillance et qui enfin l’a adopté.
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