‹ Recherches, observations et expériences sur le développement naturel et artificiel des maladies turberculeusesChapitre 6 sur 34 · LES · texte numérisé non relu

LES

(1) ne faut pas oublier non plus que le mésentére et les intestins sont pourvas, comme les autres parties du

corps, de yaisseaux absorbans d’une espèce différente ,

ces vaisseaux se trouvent affectés : c’est de cette circonstance que résultent les symptômes les plus douloureux et les plus alarmans. Quand le mésentère échappe à l’affection , on la retrouve encore dans d’autres portions du péri-:. toine ; mais dans ce cas, le malade serait à l'abri des symptômes les plus graves; la vie pourrait encore se prolonger pendant quelque temps au-delà du terme ordinaire assigné à la maladie.

Aux yeux de quelques pathologistes , les effets de Pinflammation sont illimités. C’est à l'inflammation , aidée de la lymphe coagulable, qu'ils attribuent la formation des kystes, des tumeurs, et de ces divers tissus morbides que l’on rencontre tous les jours dans les dis sections ; c’est également l’inflammation qu ils reconnaissent pour cause des phénomènes dont nous nous occupons maintenant; mais il suffit d’un peu de réflexion pour démontrer l’erreur et l’inexactitude de ce principe.

« Les symptômes particuliers qui caractérisent et distinguent cette espèce d’inflammation (des membranes séreuses ) ne sont pas déterminés d’une manièrerigoureuse; cependant il

dont la fonction est de s'approprier ce qui est déposé par les exhalans.

fog est certain qu elle est accompagnée de violentes douleurs et d’une fièvre ardente (1).

» Le méme auteur ajoute que, par suite de inflammation, ces membranes diaphanes s’é.paississent , deviennent Opaques , rugueuses ; . qu’il exsude de leur surface une matiere gélatineuse , purulente , qui cause parfois des adhérences contre nature; d’autres fois, que les cavités tapissées par ces membranes sont remplies d’un sérum trouble, dans lequel flottent des filamens purulens.

» Les symptômes qui accompagnent l’inflammation du péritoine sont un sentiment de plénitude, de tension, de sensibilité générale de boue » accompagne de fièvre et de diarrhée. Le pouls est petit, fréquent et faible ; la plus légère compression cause des nausées et des vomissemens. A l’autopsie , on trouve une espece d’exsudation gélatineuse répandue sur tous les intestins ; la cavité de abdomen est le plus souvent remplie d’un sérum trouble, d'un blanc bleutre , semblable au petit-lait. »

Cette description des symptômes de l’inflammation des membranes séreuses et des résultats rs ia Ce ety ee

Carmicuarn Smitn’s paper on differents kinds of in-

lammation.

qu'elle produit est très-exacte. Je me suis déterminé à citer ce passage, parce que l’auteur fut le premier à introduire dans les recherches de cette nature des vues scientifiques et précises. Il est à regretter qu’elles n’aient pas eu plus d'influence sur les écrits et les raisonnemens de ses successeurs.

Il est évident que rien n’a encore été dit qui puisse s'appliquer strictement à la maladie actuellement en question : elle existe sans être accompagnée de douleur aiguë n1 de fièvre violente. Les caractères qu’elle présente à l’autopsie ne s'accordent point avec ceux que les anatomistes les plus exacts considèrent comme les résultats de l’inflammation.

Ces considérations, qui avaient fortement frappé Bichat, l'avaient entrainé dans quelques contradictions que l’on trouve rarement dans ses écrits. Il avait une idée exacte des caractères particuliers de cette maladie , et quoique dans un endroit il leur assigne pour cause l’inflammation , on le voit aussitôt, comme s’il s’apercevait de sa méprise , leur attribuer une origine différente.

C’est ainsi qu’il s'exprime dans un endroit de son ouvrage :«Sur ces inflammations chroniques avec production d’une foule de petits tubercules blanchâtres , qu’il est si fréquent de trouver sur

ces membranes (Anat. gén. , tom. 4,p. 517), » fl dit un peu plus loin : « Que c’est une maladie qu'il faudrait plutôt ranger dans une classe autre que celle des phlegmasies et que la production des petits tubercules qui l’accompagnent caractérise sur-tout. Les auteurs qui n’ont point assez fixé leur attention snr elle Pont dénommée entérite chronique dans le péritoine , inflammation latente dans la plevre, etc., quoique cependant étrangère à tout objet subjacent, excepté dans les derniers temps, ou elle se propage par le tissu cellulaire , elle ait exclusivement son siege dans les membranes séreuses et soit une affection p ropre à ces membranes comme les éruptions miliaires le sont à la surface cutanée, comme les aphthes le sont aux surfaces muqueuses. »

li y a tout lieu de croire Que cet écrivain est également tombé dans l’erreur lorsqu'il considère cette affection comme étant particulière aux membranes séreuses. Lestubercules existent dans presque tous les tissus , et il y a tout lieu de croire, en quelque lieu qu’on les trouve, que leur origine et leur caractère essentiel sont partout les mêmes. S'ils attaquent le mésentère et le péritone, ils donnent naissance aux symptômes que nous avons décrits ; Si ce sont les poumons ou la plèvre qui en sont le siege, la

marche des symptômes est différente, et cela doit être , à cause de la situation et des fonctions de la partie affectée.

Nous avons vu que l’inflammation , quels que soient sa forme et son mode de terminaison, n’explique pas d’une manière satisfaisante la question que nous examinons. Je joins ici deux cas qui me paraissent très-convenables dans l’état actuel de la question. Je les ai rencontrés depuis que cette partie de mon ouvrage est imprimée : ils serviront à faire voir, 1°. l’origine et la marche des tubercules avec inflammation ; 2°. les circonstances qui accompagnent cet état, et tous les symptômes et les conséquences bien marqués , après le changement de structure particulier à la maladie antécédente.

Priscilla Bullock, âgée de dix-sept ans, le 5 février 1818, se plaignait de douleurs dans l'abdomen , accompagnées de toux fréquente et d’une grande difficulté de respirer ; l'appétit était mauvais ; les alimens aussitôt rejetés qu’ingérés, avec de violens efforts pour vomir ; diarrhée ; sensibilité douloureuse à chaque déjection; le pouls à cent trente; la peau chaude, généralement sèche, excepté la nuit, qu'il survenait des sueurs froides ; la langue d’un rouge vif; les lèvres sèches et gercées ; douleurs vers les épaules et la poitrine. La malade attribuait

cet état à une pluie froide qu’elle avait supportée , il y avait à-peu-près dix semaines. La diarrhée, qui s’était annoncée à cette époque, ma pas discontinué. La rougeole survint, il y a une quinzaine de jours : c’est depuis ce moment que la toux , la gène dans la poitrine se sont manifestées.

Je m'étais prononcé pour une affection du péritoine, compliquée probablement de celle des poumons et de la plèvre, comme chez les nommés Tandy et Aldridge. La cessation complète des symptômes les plus fatigans et les plus caractéristiques m'avait fait douter un instant de l’exactitude de mon diagnostic. On avait réitéré l'application des vésicatoires , l’eau de chaux , la décoction de catéchu ; opium avait entièrement dissipé Virritation de l'estomac et des intestins; les vomissemens et la diarrhée avaient cessé vers le quinzième jour ; la fréquence du pouls était diminuée de beaucoup, ainsi que la toux et la difficulté de respirer : l'appétit était meilleur , La malade reprenait de la chair. Cette circonstance était pour moi une preuve que, quoique le péritoine fut affecté , le mésentère pouvait n’en avoir pas autant souffert que dans les cas précédens.

Ce mieux se soutint jusqu’au 1°”. avril ; mais alors tous les symptômes reparurent avec cha-

eur à la peau; pouls plus fréquent ; douleurs dans la poitrine , dans l’abdomen et particulierement vers la tête, au front et sur les régions temporales : application de sangsues à la tête ; purgatifs. La malade tomba dans un état de stupeur; les pupilles se dilaterent; il survint du spasme, de la roideur dans la plupart des muscles ; cependant l’affection des visceres thoraciques et abdominaux ne paraissait occasionner aucune douleur. On fit la saignée du bras ; on rasa la tête et on ouvrit les deux artères temporales : on employa les purgatifs, les vésicatoires , et le tout sans aucun avantage : la malade mourut le 7.

Le corps futexaminé le lendemain : l'abdomen était dur, tendu, mais non développé ; le péritoine généralement épaissi et tuberculeux ; les tubercules étaient très-nombreux et en dial partie globulaires et pédiculés (penduleux ); ils variaient en grosseur depuis le volume d’une tête d’épingle jusqu’à celui d'une noisette : ceux-ci contenaient une matière molle , jaunatre , caseuse ; d’autres présentaient la dureté, la texture du cartilage : ils étaient petits, distincts , et en très-grand nombre sur les intestins.

À cetétat s’en joignait un autre d’un caractère

tout particulier; je ne l’avais jamais remarqué auparavant d’une manière aussi distincte en sem-

blables circonstances. Les intestins étaient bien adherens les uns aux autres, et avec les parois de l'abdomen, comme dans lesautres cas ; Mais ul était évident que ces adhérences n’ étaient que de résultat d’une inflammation : c’étaient des filamens membraniformes , trés-déliés , d’un rouge foncé, qui attachaient les unes aux autres les circonvolutions des intestins. Ces filamens n’étaient pas de nature a géner beaucoup leur mouvement péristaltique ; leur caractère se faisait distinguer d’une manière particulière de l’affection tuberculeuse ; ces adhérences s’étaient formées beaucoup plus tard ; le mésentére contenait des tubercules, mais il s’en fallait de beaucoup qu'il fit obstrué comme je l'avais vu si souvent. Le foie était très-volumineux , et si gorgé de bile, qu’elle coulait avec abondance sous l'incision ; la plèvre sternale du côté gauche était affectée de la même manière que le péritoine : il n’y avait point de tubercules dans les poumons.

La turgescence des vaisseaux du cerveau la quantité de sérosité, étaient un peu plus considérables que dans l’état ordinaire,

Chez Samuel Haynes, agé de trente-deux ans , les symptômes que présentait cette affection étaient trop peu senêibles pour qu’il y fit beaucoup d'attention , non plus que sa famille ;

cependant ces symptômes me parurent assez graves pour engager le malade à entrer a Vinfirmerie ; mais ce ne fut encore que quelque temps après qu’il se rendit à mes conseils.

Il se plaignait alors de langueur, de faiblesse, d’un sentiment de pesanteur vers la poitrine et le bas-ventre. Il ressentait des douleurs dans les côtés et dans le dos; il ne pouvait trouver une position commode ; l'appétit était mauvais, la langue sale, les évacuations alvines irrégulières : ces symptômes le tourmentaient depuis à-peu-près six mois; mais il avait continué son métier de maréchal jusqu’à l’époque où je le vis pour la première fois.

Dans la soirée du 8 avril, il fut pris de symptômes d’entérite : douleur, sensibilité des intestins, vomissemens , constipation opiniàtre. Au moyen de la saignée, des bains chauds, des purgatifs , de lavemens avec infusion de tabac , etc. , il évacua , pour la première fois, le 12; il parut très-soulagé ; les vomissemens et les douleurs du ventre avaient cessé: on lui permit de prendre du gruau et quelques autres alimens. Le 13, il eut plusieurs selles en diarrhée, dont l’une avait été involontaire ; l'abdomen se météorisa , et il expira quelques minutes après.

L’abdomen , après la mort, était beaucoup

plus développé que dans l’état naturel : en ouvrant les parois de cette cavité, J'arrivai à une masse dense, épaisse , d’un tissu granulé , extrêmement serré : elle avait un pouce d'épaisseur , s’étendait sur toute la surface des intestins , et était entièrement unie avec la portion de péritoine qui tapisse les parois abdominales. Examinée avec attention, cette masse fut reconnue pour être l’épiploon ; en le séparant, avec précaution, des parties sous-jacentes , 1l s’en échappa une grande quantité de sérum , d’un jaune clair. Les intestins étaient dans un état d’inflammation très-intense ; une grande quantité de flocons purulens flottaient dans le fluide épanché ; des tubercules de différent volume, de divers degrés de consistance , étaient attachés à la surface du péritoine.

Le mésentère, gorgé de sang , contenait des tubercules, mais d’un petit volume : on en voyait d’autres également petits, disséminés ca et la sur la surface des intestins.

Par-tout où les tubercules étaient le plus nombreux, se faisaient remarquer une plus grande quantité de petits vaisseaux : ils se con- Vergeaient vers un centre commun, sur le sommet du tubercule. Cependant ces vaisséaux ne paraissaient pas pénétrer dans la substance du

tubercule, ils ne s’étendaient qu’à sa surface ; avec un peu de précaution, on pouyait les en séparer. C’est alors que l’on y remarquait cet aspect d’un bleu perlé et cette dureté cartilagineuse que j'avais observés dans les autres cas où il n'avait existé aucun signe d’inflammation aiguë.

Tous les viscères de l'abdomen étaient sains ; le péricarde, presque vide, était mince, transparent, ferme, comme sil eût été séché au soleil. Il existait de fortes adhérences du côte droit du thorax.

Il serait difficile de trouver deux cas plus propres a éclairer le point en question que ceux que nous venons de rapporter.

Le caractère de inflammation proprement dite et l'affection tuberculeuse étant également indiqués par les traces morbides et par les symptômes , il est évident que chez Haynes l'affection de l’épiploon existait long - temps avant que se fit manifestée l’inflammation aiguë. La maladie tuberculeuse s’étendait au mésentere et a la surface des intestins. Il est probable qu’elle aurait donné lieu aux divers symptomes qui l’accompagnent dans sa forme réguhere, qu’elle se serait terminée dela même manière que chez les autres malades, si l’entérite ne fit survenue.

Le cas de Bullock est peut-être le seul exemple que j'aie rencontré d’une interruption complète de la marche de la maladie, après s’être présentée avec tous les caractères qui lui sont propres. L'état dans lequel on a trouvé les parties après la mort explique en quelque sorte ce phénomène. Le mésentère n’était pas complétement envahi par la maladie; les adhérences inflammatoires paraissaient subséquentes à l'existence de Vaffection tuberculeuse, et, comme dans le cas de Haynes, le | malade avait succombé aux effets de l’inflammation ayant que l'affection tuberculeuse eût parcouru toutes ses phases. Il est à remarquer que la tête était devenue, a la fin, le siége presque exclusif des douleurs, et que c’est dans l’abdomen que se sont trouvées les altérations de tissu. |

Quoique tous ces malades aient ressenti des douleurs, soit aiguës ou autrement , à quelque époque de la maladie , cependant, chez aucun d'eux , les résultats ne paraissaient être ceux d'une affection inflammatoire bien caractérisée ; nous croyens avoir suffisamment prouvé que le changement de tissu du péritoine et du mésentere avait fait d'immenses progres ayant que linflammation s’en fit emparée : c’est encore ce que } on a pu reconnaitre dans les trois cas

où il s’est fait un épanchement long-temps après que s'étaient annoncés tous les symptomes de la maladie. Chez Higgins, la suppuration inflammatoire n’est survenue sous Yombilic qu'après que les adhérences tuberculeuses avaient déterminé l’agglomération de — la plupart des viscères abdominaux : chez Sunnok, la poche qui contenait le fluide ne s’est trouvée oblitérée par l’adhérence de ses parois qu'après la ponction. J'avais prévu, chez M.

Shrapnell, qu'un événement semblable aurait lieu après la paracenthèse : en effet, les douleurs aiguës qui suivirent l'opération mdiquaient l’acces inflammatoire, et le nouvel épanchement qui en devait étre le résultat rendait impossible l’adhérence des parois du sac:

Jusqu'à présent nous n'avons pu indiquer l’origine réelle de cette maladie; il serait peutêtre plus facile de dire d’où elle ne vient pas que d’où elle vient : au moins, ce n’est pas dans nos connaissances actuelles sur la physiologie et la pathologie du système sanguin que nous pourrions trouver l'explication que nous cherchons. Nous sommes donc obligés de diriger notre attention sur quelque autre partie de nos tissus.

Jusqu'ici nos recherches se sont bornées aux symptômes ct aux résultats de la présence des

tubercules dans le péritoine; mais les dissections nous ont prouvé l’existence de cette maladie non-seulement dans les autres membranes du même genre, mais encore dans les autres tissus. Nous avons trouvé des tubercules dans les poumons, dans la plèvre , et on verra par la suite qu'aucune texture n’en est garantie. Leur origine est donc attachée à a Le une des parties élémentaires du corps, à ces parties qui sont répandues par-tout, qui pénètrent dans tous les organes : tel est le système sanguin, tels sont aussi les systèmes nerveux et absorbans.

On considère généralement les maladies des vaisseaux absorbans comme donnant lieu à la plupart des symptômes d’une classe de maladies dont les espèces sont extrémement nombreuses et la plupart incurables : c’est peut-être dans cette classe qu'il faudrait ranger la maladie en question. Nous allons voir si, au moyen des faits et de l’analogie, nous pouvons suivre les traces des caractères morbides assez loin pour être en état de donner une idée satisfaisante sur leur origine.

Lorsque la maladie a son siége dans le péritome, tous les symptômes annoncent un état bide des fonctions de la digestion, de l’absorption et de l'assimilation. Lorsque les tuber-

go cules sont dans la plevre et dans les poumons , rarement le système nutritif est interverti ; il continue sa marche, presque constamment régulière , jusqu’à la dernière période de la maladie.

Sir Everard Home a rappelé dans son ouvrage Sur le cancer un cas frappant de ressemblance avec l'affection tuberculeuse du péritoine ; son origine est clairement démontrée : l’auteur l’attribue judicieusement à une affection morbide des vaisseaux lymphatiques , occasionnée par un ulcère cancéreux du pénis.

Le cadavre, qui fut ouvert neuf heures après la mort, présenta les phénomènes suivans (1) : « La portion de péritome qui tapisse les muscles abdominaux entre le pubis et le nombril était parsemée de petits corps blancs , opaques, d’une consistance solide ; les glandes inguinales étaient malades ; il y en avait deux du côte gauche, du volume d’une chataigne ; du côté droit, trois du même volume : on remarquait une chaine de ces glandes, de différente grosseur ; qui s’étendait depuis le bord sus-cotyledien du bassin jusqu'aux vertebres lombaires. Sur la face antérieure de ces os les glandes formaient une masse solide d'un pouce et demi

(1) Voyez Home, sur le cancer, page 26.

O1 d'épaisseur , qui entourait complétement l'aorte et la veine cave ; on en rencontrait jusqu’à la sixième vertèbre dorsale, qui diminuaient graduellement de nombre et de volume ; on n’en découvrit point au-delà. :

» On remarquait aussi plusieurs de ces grosses masses glandulaires à la racine du mésentère 3 et quelques-unes cà et la sur le mésentèré

sgt méme.

» Le muscle psoas du côté gauche, qui contenait de ces glandes en plus grand nombre , était hérissé de petits corps blancs, ovoides, d’une consistance ferme , du volume d’un grain de millet. Coupé par tranches, le tissu de ce ‘muscle présentait entre les fascicules muscu= laires de petits corps semblables a ceux qui étaient répandus à sa surface : ils dépendaient évidemment de l’état morbide du système lymphatique.

» Sous l’incision , ces glandes présentaient des tissus différens. Celles qui se trouvaient plus rapprochées des aines contenaient une substance blanche , molle, de la consistance d’une créme épaisse; celles qui occupaient une région plus élevée étaient d’une consistance plus ferme et plus solide.

» Le foie était couvert de corps durs, aplatis, de forme irrégulière et de différens vo-

lumes , depuis quatre jusqu’à dix lignes de diamètre. Le tissu de ces corps était de même nature que celui des glandes dont il vient d’être mention. | » Les autres viscères de l'abdomen etaient sains. | | |

» Du côté du thorax : poumons dans l’état naturel ; le cœur plus petit que d'ordinaire. A la partie antérieure du diaphragme il y avait plusieurs tumeurs, du volume d’une chataigne ; on en rencontrait de plus petites sur différens points de la plèvre , et toutes ressemblaient à celles que l’on avait trouvées dans les aines. »

Si l’on examine avec attention le cas que nous venons de citer, et qu’on le compare avec les faits que nous avons rapportés dans la première partie de cet ouvrage, on conviendra que l’opinion vers laquelle nous penchons n’est pas toutà-fait dénuee de fondement. |

Pour faire comprendre nos idées sur ce sujet, il ne sera pas inutile de rappeler au lecteur plusieurs faits pathologiques qui ont été publiés il y a quelques années, qu'il ne se rappelle peut-être pas, ou dont il n’a pas eu connaissance. Ces faits me furent indiqués d’abord par le docteur Jenner : c’est à son extréme obligeance que j'ai di presque toutes les occasions de faire les remarques que je me propose de

consigner ici. Ce sujet l’a occupé pendant longtemps : lorsqu’il faisait ses recherches, il ne se doutait pas que d’autres observateurs avaient , ‘sur le méme sujet, des opinions conformes aux siennes ; mais plusieurs écrivains s'étant OCCUPÉS du même sujet , le lecteur verra, par les extraits que nousallons en donner, qu’ils viennent à l'appui des faits que j’ai rapportés précédemment.

Depuis la découverte des vaisseaux absorbans, la question relative à l’origine des hydatides devenait un sujet tres-intéressant : il y a deja du temps que l’on a cessé de s’en occuper chez nous : nous avons même des hommes très-habiles ét d’une grande expérience, qui semblent ne pas se douter qu’un très-grand nombre de changemens de tissu ne sont occasionnés que par la présence des hydatides , quelle que soit d’ailleurs la source d’où elles tirentleur origine. Notre objet actuel est d’établir ce premier principe, et C’est à mésure que nous avancerons dans notre travail que nous ferons voir les rapports qui existent entre les affections hydatideuses et cette partie de nos recherches.

Les hydatides se rencontrent dans presque tous les tissus du corps; elles sont, à leur état naturel, composées de deux membranes (1), TE eth RE RE NE 2! a UR DN

(1), JENNER a remarqué des variétés sous ce rapport :

l'intérieure plus molle, plus fine que l’extérieure. Ce fluide ne se coagule ni par la chaleur ni par le repos; sa saveur est la même que celle du tissu dans lequel elle se développe ; ’hydatide varie en volume, depuis celui de la plus petite tête d’épingle jusqu’à une étendue qui n’est bornée que par la résistance que lui présentent les parties qui l'entourent ; quelquefois même

elle surmonte les obstacles d’une manière sur prenante. Je me rappelle avoir vu trois grosses hydatides qui s’étaient développées dans les muscles intercostaux, et qui égalaient en volume un œuf d’oie ; elles écartèrent les côtes et vinrent former des tumeurs à l’extérieur du thorax : elles s'étaient également développées du côte de la cavité thoracique. L’une d’elles, qui était située entre la huitième et la neuvième côte du côté droit, comprimait le poumon, le diaphragme, le foie , et avait laissé sur la face convexe de ce dernier viscere une dépression profonde. La matière contenue dans ces hydatides était fluide et très- transparente ; mais

outre les deux membranes dont on vient de parler dans l’hydatide commune, avant que sa transformation soit commencée, on distingue une troisième membrane interne, plus molle , d’un tissu spongieux. Son adhérence à la seconde membrane est si légère, qu’on peut l'enlever facile-

ment avec la pointe d’un stylet.

leurs membranes étaient denses et épaisses :

avant qu'elles fussent ouvertes, elles avaient la consistance d’un corps solide ; on les détacha facilement des parties environnantes , qui étaient parfaitement saines.

Les hydatides récemment extraites du corps se contractent sous la piqure, et lancent leur fluide avec une force considérable à la distance de plusieurs pieds ; lorsqu’elles sont vidées de cette manière, leurs membranes se contractent : celle de la face interne présente des rugosités semblables à celles que l’on remarque à lintérieur de l'estomac des petits carnivores. Cette propriété contractile semble justifier la portion de vitalité qu’on leur accorde généralement, et qui est indépendante de Panimal dans lequel elles se trouvent; mais cette indépendance est tres-bornée, car, excepté les cas où l’on trouve de petites hydatides flottant dans la cavité @hydatides plus volumineuses, il existe toujours quelque adhérence directe ou indirecte entre elles et les parties contigués (1).

Quelquefois une masse d’hydatides recoit sa nourriture par un seul pédicule, de même que

(1) Il semblerait , d’après cette observation , que l’irritabilité de l’hydatide ne dépendrait que de celle du tissu auquel elle est adhérente. ( Nofe du traducteur. )

les grains de raisin se trouvent alimentés par la tige principale de la grappe. D’autres fois elles sont enfoncées daus le tissu des visceres; d’autres fois c’est à la surface qu’elles sont répandues, ou sur les membranes, ou dans le tissu cellulaire, dans celui des muscles. Tels sont les caractères ordinaires de l’espece la plus commune des hydatides à l’état naturel. Quelquefois elles acquièrent une dimension trèsgrande sans éprouver aucun changement de structure : ce qui arrive rarement, car tôt ou tard il s'opère en elles une conversion:

la partie fluide et la partie membraneuse se transforment en des substances de différens ca- - ractères et occasionnent des tumeurs, des tubercules et d’autres désorganisations , dont nous allons parler, et que l’on attribue geénéralement à des causes d’une autre nature.

Ces changemens se font progressivement et non d’une manièreuniforme : cen’estque dansles plus grosses hydatides que l’on peut suivre d’une

manière exacte ces métamorphoses. Elles commencent par un point opaque, qui, dans quelques cas, marche avec rapidité, et dans d’autres plus lentement; enfin leur enveloppe , en prenant plus d'épaisseur et de consistance, perd sa propriété contractile (1); mais cette marche ne

(1) Dans les grands kystes de l'ovaire, que lauteur

s’opère pas régulièrement, elle présente des variétés assez nombreuses. Quelquefois la conversion de l’hydatide produit une substance analogue au cartilage pour la densité et la couleur,

ou bien l'enveloppe présente un tissu osseux, tandis que la matière intérieure conserve son caractère primitif; mais le plus souvent la substance intérieure de l’hydatide offre, dans ses changemens, une grande variété de tissu : tantôt elle a l'apparence d’une substance pul- | peuse, tantôt elle ressemble à du fromage dur, — rapé; quelquefois on y trouve une matière semblable à de la crème épaisse; d’autres fois un fluide noiratre comme du sang mélé avec de l’eau, ou bien c’est un fluide transparent et glaireux semblable à du blanc d'œuf. On y trouve très -fréquemment aussi des concrétions argileuses ou pierreuses.

Lorsque des hydatides en masses se sont développées ensemble, et que dans la marche de leur transformation elles ont formé entre elles une tumeur volumineuse, il arrive quelquefois qu'elles présentent à l’incision les divers carac-

range aussi dans la classe des hydatides, on les sent quelquefois se contracter sous la main ; et cette contraction douloureuse, à cause des adhérences du kyste avec les autres parties , simule assez bien celle de l’utérus dans l’état

de gravidité. (Note du traducteur. )

NI

tères que nous avons désignés plus haut. Je me rappelle avoir vu un exemple de cette disposition dans un cas intéressant que j'avais suivi avec le docteur Jenner , à Cheltenham. On fit la paracentèse trois fois pendant la maladie ; on obtint d’abord un fluide glaireux, plus tard un liquide d’une couleur brune, la dermiere fois une substance semblable à de la creme pour la couleur et la consistance. Apres la mort , on trouva que Vimmense tumeur qui remplissait la cavité abdominale , et qui avait été cause de tant de souffrances, n'avait qu'un petit pédicule, qui s'était élevé de l'ovaire droit(r). Le tissu hydatique originaire se faisait remarquer en quelques endroits ; mais dans les autres, outre les particularités dont il vient d’être mention, nous trouvames des portions de masses qui avaient acquis tous les caractères d’une tumeur squirrheuse.

La totalité de la masse morbide était libre de toutes parts; elle n'avait contracté aucune adhérence avec les parties environnantes , ex-

oi Mase es Dies ete Sree ete malle ee (1) Ces tumeurs se forment dans l'ovaire même, dont l'enveloppe s’accroit dans une dimens'on proportionnée au développement des corps qu’il renferme, et ce pédicule n’est autre chose que de cordon de l'ovaire , qui s’allonge quelquefois de plusieurs pouces.

( Note du traducteur. )

cepté dans les points mentionnés et dans les endroits où la ponction avait déterminé l’adhérence avec le péritoine.

J'ai vu également un cas où l'hydatide transformée offrait sous Vincision des lamines concentriques qui ressemblaient beaucoup à celles que présente un calcul de la vessie. Cette hydatide s'était présentée dans un cas remarquable d'affection de la plèvre et du poumon, dont on trouvera les détails dans la seconde partie de ce volume. (Voyez l'observation de Wingate.)

L'époque de ces transformations est incertame; elles peuvent avoir lieu quelques jours après le développement de Vhydatide, ou ne point avoir lieu du tout, Vhydatide conservant son caractère primitif pendant plusieurs années. La première s’est fait remarquer dans les expériences nombreuses du docteur Jenner sur de trés-jeunes animaux, particulièrement sur les lapins. Lorsqu'il les nourrissait avec certaines substances, on trouvait bientôt le foie rempli d’hydatides. En les examinant , a différentes époques , il fut à même de tracer les diverses gradations déjà mentionnées, depuis la plus lécère bulle de fluide jusqu’à l’épaississement de leur enveloppe, et leur entière con- Version en tubercules de volume et de consis— tance divers. Dans le méme foie il a trouvé

aussi depuis la matière caseuse, compacte, jusqu’au fluide limpide du premier stage.

Quelquefois les petites hydatides se réunissent en masses et finissent par former ce que l'on appelle des tumeurs squirrheuses. Quoique, dans ce cas, leur volume ne surpasse pas celui d’une tête d’épingle, elles suivent la même marche dans leur conversion que les plus grosses. Au premier aspect, les tumeurs formées de cette manière semblent être d’une texture uniforme ; mais en les considérant avec attention, on y remarque des granulations , qui se sont formées de la manière dont nous avons fait mention. |

Quelques-uns des faits précédens servirent au docteur Jenner à expliquer l’origine de la phthisie tuberculeuse. Il envoya au docteur Beddoes deux observations sur ce sujet, que Yon trouve dans son ouvrage sur les dirs factices. Comme je les crois propres à répandre un nouveau jour sur le sujet que nous traitons, et que d’ailleurs elles n’ont point reçu l’accueil qu’elles méritent , nous les joindrons ici.

« Pendant notre courte entrevue, je pris la liberté de vous communiquer mon opinion sur l’origine des tubercules des poumons (au moins dans certains cas); quelques jours apres, je vis sur létal d’un boucher les poumons

iO

d’un jeune taureau, qui me paraissaient affectés de tubercules. En coupant quelques-unes de ces tumeurs, je découvris une nichée (a family ) d’hydatides. Plusieurs de ces tubercules, quoique semblables, par leur caractère extérieur, à ceux qui contiennent des hydatides , renfermaient une espèce de substance fibreuse, brunatre, graveleuse au toucher. Il est évident que, dans ce cas, le tubercule était une demeure cons truite par les hydatides. Je vous dirai avec peine que ces petits animaux destructeurs me paraissent inattaquables dans leur retranchement, n'ayant apercuaucune espèce d’issue qui s’ouvrit a l'extérieur de leur enveloppe; mais cela ne saurait avoir lieu dans le premier stage de leur développement. Ce tubercule naissant (enfant), décrit par Stark, ne serait-il pas une hydatide ? Jl est clairement démontré que les hydatides forment des tubercules dans les poumons de la vache. J’ai fait la préparation de ces parties. Plusieurs observations de Stark sur les tubercules fortifient mes idées sur leur origine, et particulièrement le passage suivant: «On ne voit aucun vaisseau sanguin sur les tubercules des poumons, après l’injection des arteres et des veines pulmonaires , pas même au moyen du microscope ( Medical communications, p. 390). Si, comme je le suppose, ce sont

des corps étrangers, ils ne sont pas plus susceptibles d’étre injectés que les vers qui adhesent aux intestins. Stark considère le tubercule comme un corps dur, compacte, avant qu'il soit parvenu à un volume considérable. Si j’ai bonne memoire, l’espèce d’hydatide qui s'empare du > tissu cellulaire du cochon est solide ou à-peupres telle. Il est assez singulier que les hydatides soient plus communes chez les animaux qui vivent dans l’état de nature que chez l’espèce humaine. Les lièvres , les lapins , les vaches et les cochons en sont continuellement infestés. Il est vrai qu’on ne peut guère considérer le cochon comme vivant dans l’état de nature.

Je ne vois pas que chez les quadrupèdes leur constitution en soit fort altérée. Les animaux engraissent tout autant que ceux qui en sont exempts , lors même qu’ils occasionnent de la suppuration dans les viscères. Dans le foie de la vache, qui produisit des tubercules dans les poumons, on y distinguait plusieurs kystes remplis de pus bien formé ; cependant l'animal était gras , et n'avait aucune apparence de maladie avant d’être tue. »

Jenner a commis une erreur qu’il convient de relever, lorsqu'il dit que le tubercule est une habitation construite par Phydatide. On a déjà vu que le tubercule n’est autre chose que Phyda-

tide elle-même dans un de ses stages de transformation. Il est mutile de faire remarquer Vimportance des faits qui viennent d’être rapportés , tant sous le rapport du sujet que nous traitons que sous celui du nombre considérable d’affections cachectiques occasionnées par la présence des tubercules. On a vraiment lieu d'être surpris que le témoignage d'hommes tels que Boerhaave et de Haën ne se soit pas conservé dans la mémoire de leurs confrères, et que les faits et les observations que ces auteurs ont rapportés sur la nature deshydatides et sur l’origine des tumeurs soient restés si long-temps négligés.

Boerhaave , adoptant l’opinion de Malpighi sur existence des follicules , considérés comme l'appareil glandulaire le plus simple, attribue à leur expansion et à leur action morbide la formation et l’accroissement des diverses tumeurs enkystées que l’on trouve dans différentes parties du corps. Cette question fut l’objet d’une correspondance très-intéressante entre tui et Ruysch. Le dernier nie I’ existence des follicules, et Hewson, d’aprés lui, soutient que ce que l’on considérait comme des cryptæ et follicule n'était autre chose que des circonvolutions artérielles.

L'art d’injecter , moyen qui nous a procuré

d'importantes découvertes en anatomie, a peutêtre fixé l’attention d’une manière trop exclusive sur le système sanguifere, et a été sans doute cause que des objets essentiels , tres-propres a étendre nos vues sur l’économie animale, ont été négligés. Quoi qu'il en soit, les faits sur lesquels j'appelle l'attention du lecteur me paraissent très-importans pour remplir les lacunes qui pourraient se rencontrer dans cette partie de nos recherches : mes citations paraitront peut-être trop étendues ; mais l'intérêt qu’elles présentent me servira d’excuse.

J'ai rapporté une observation de sir Everard Home, pour prouver les rapports qui existent entre les affections lymphatiques et les maladies tuberculeuses. En voici une de de Haen, tres-propre à développer mes idées sur ce sujet, et qui confirme , d’une maniere frappante, les différens faits que j'ai exposés.

Puerum 10 annorum, multis in collo et sub axillis tumoribus scatentem, muco turgidum, ventre tumidum, cachecticum totum, prægressi anni autumno ad me attulerant. Que remedia in usum advocata sunt, hæc postea historie aliorum egrorum dabunt. Puer hydropicus factus, post expletas decem in Nosocomio septimanas, calamitosam vitam terminavit.

Cadaver lustravi cum clarissimo et dexterrimo anatomes Professore Gasser, et exercitatissimo Chirurgo Nosocomii Civici Leber, qui in omnibus dissectionibus semper gratum mihi utileque præbere auxilium solent, tota studiosorum presente cohorte. Aperto abdomine mesenterium tum vehementer tumidum fuit, tum penitus nudum ac conspicuum, intestinis omnibus quasi naturaliter versus ambitum remotis. Tumores mesenterii magni, durique tidem et solitarii, cum peritonæo vero, et ligamentis vertebrarum lumborum, adeo intime concreti 5 AL mesenterium citra dilacerationem haud potuerit a vertebris solvi. Quoad naturam tumorum, in quibusdam medium folliculum occupabat alba materies, aut grisea, unita, equabilis, crassa pulte durior, mollior lardo, et in meditullio vere pulti similis. In aliis materies tum albidior erat, tum etiam inmedit ullio durior.. In aliis tota iterum dura, æquabilis scissilis. In nonnullis veluti calx aqua mista oculis adparebat, digitis nullam exhibens asperitatem.

Denique, in una alterave, vera calcarea materies, dura, tactu aspera, seu in fungosum lapidem concreta. Ad vasa iliaca utraque, ad pericardium , sternum, diaphragma, supra

asperam arteriam ad jugulum, ad axillas,

ubique ejusmodi reperiundi tumores erant.

Multa in thorace et abdomine aqua.

Ad monstrosum nunc collum verso examine, tumores non amplius solitarii, sed et pluribus minoribus, sibi incumbentibus, accumbentibusque, et communi cellulositate circumdati constabant. Membranas alii tenues , crassiores alii, nonnulli denique prope cartilagineas, habebant. Intercurrebant per tumorum intercapedines, supraque eosdem, arteriæ, vene, nervi multi, per tunicarum substantiam dispersi. Tumore prudenter aperto, vasa eadem in minores, quibus, massa major componebatur, tumores, se dividebant : tumorumque multi vasis in collo majoribus tam firmiter increverant, ut sine alterutrorum læsione Separari non possent; vasa tamen illa majora a tumoribus non videbantur notabiliter comprimi.

Encephalon (1) solum ab his malis immune fuit. Ubique in colli tumoribus diversitas materiæ : imo aliquot ante mortem septimanis in-

(1) On trouve fréquemment dans le cerveau les hydatides à leurs différens stages : j’enai rencontré qui étaient attachées à la dure-mére et au plexus choroide ; j’ai remarqué ce dernier cas chez mon trés-regretté collègue Try. Quelques-unes des hydatides étaient tout-a-faitdans leur état naturel ; d’autres étaient transformées et conte-

naient une matière concrète.

gens adparuerat tumor, suppuraverat, dispa~ ruerat. Plerique vero quasi una cartilaginosa substantia erant, vel atheromata. Sedes porro omnium aut glandulæ erant , aut adiposi folliculi (x). |

Les rapports entre les tubercules et les hydatides se trouvent presque démontrés dans Yorbservation suivante; les caractères morbides y sont tracés d’une manière frappante. Ils forment l’anneau qui manquait pour compléter la chaîne des recherches pathologiques qui font l'objet de notre travail. |

l'actu difficilis anatome fuit, eademque adhuc difficilior explicatu. Ita ut qui presens eamdem non viderit , ejusdem legitimam ideam vix formare sibi possit. |

Ut in vita, ita in cadavere nihil non extenuatissimum, solo ventre excepto. Animus erat, ablätis integumentis ac musculis, peritonœum prudentissime aperire; quo in situ immutato et acuminatum tumorem , et totum contemplaremur abdomen. Conamen vero hoc nostrum elusit idem peritoneum, indissolubiliter ac frequentissime, cum contentis in ventre partibus,

.Connatum. Pertundendum ergo ubique fuit, eo- ES ETRE Ra ae cay ee Li un SG TO

G) Vide de Haén, Ratio medendi, cap. Xx, VOL. 1,

que facto gelatum flavum, separatis in loculis inclusum, prodiit undecumque. Digitus singulos intrusus in loculos, aliorum loculorum sepimenta detexit; e quibus pertusis pressisque, liquor priori similis, pre tenacitate vix fluens , prodiit. 2

Lento demum, ac tædioso, sordidoque plane examine, constitit degenerascentem uterum non esse, qui corpus adeo prominens in abdomine produceret, ut forte suspicati, Part. V, pag. 28, eramus. Uterum enim invenimus mole naturali minorem, vaginam autem ejus elongatam et productam ad altitudinem illam, quæ quatuor digitis latis altior pelvi esset. In latere sinistro ovarium durius quidem, sed mole non majus ,

parvaque cum tuba. Uterus apertus facultatem

dabat stylo prudenter subeundi orificium tubæ dextre , atque ita docuit hanc tubam ad latum ab utero digitum mox abire in saccum ingentem sic, ut totum hoc monstrosum abdomen tam in sinistro hypogastrio, ac ventre , quam in dextro, expleret. Crassus præterea hic saccus erat, informis , interne politus, ac glutinosissima sanie repletus.

Deprehendebatur autem idem duos includere tumores ; alterum suo in fundo prope uterum , ovalem , depressum, palmæ manus magnitudine parem, polita membrana vestitum , ast lo-

culis simili glutinosa sanie refertis divisum; alterum in suo dextro latere , rotundum, rubrum, tuberosum, biennis puerl pugnum æquantem.

Cum ovarium dextrum non inveniremus, alterutrum horum tumorum suspicabamur ova— rium esse, vero similius autem eum, qui utero propior; idque ita contigisse, ut tuba primo ovario extenso accrevisset, ac postmodum inferiora ovarit preeternaturaliter circumplexa, idem demum intra suum cavum locasset.

Atque hi quidem tumores ti erant qui in cavo sacco prominebant : ceterum plures cernere erat , minores , majores , unum pugno majorem, intra crassam sacci substantiam locatos , ob idque internam ejusdem externamque superficiem inequalem admodum ac tuberosam efficientes. Erant et hi, haud secus quam priores , sanioso glutine repleti.

Porro in epigastrio erat sacci fundus. Dixeram saccum replere cum dextrum sinistrumque hypogastrium , {um ventrem : non replebat tamen spatium anterius circa umbilicum, infraque eumdem; spatium, inquam, illud, in quo venter quondam adparens acuminatus , graviditatem mentitus erat, ut pag. 28, part. V, relatum est. Erat igitur in spatio descripto alius peculiaris tumor, magno sacco anterius adnatus, capitis humani magnitudinem æquans,

posterius planus, anterius protuberans , compositus quoque numerosissimis hydatidibus , per sua latera mutuo accretis, hincque referens toidem separatos loculos, hic tenues, ibi densos, membranis tuberosos , omnes autem tenacissimo glutine, in alio fuscescente , in alio flavescente, alio iterum viridescente , repletos.

Jamque peritoneum aliud spectaculum dabat. Concreverat siquidem id cum sacco magno, in toto ejusdem ambitu, quo contiguum illi erat ; verum ita ut peritoneum esse crederet nemo nos— trum. Etenim, et qua parte saccum magnum contingebat, et qua reliquum cingebat abdomen, et qua viscera abdominis includebat, gerebat ubique tubercula plurima , que in loculos divisa, eamdem glutinosam materiem continebant : eorumdemque loculorum ope etiam hydatidibus cum magno illo ae glomerato ad umbilicum tumore intime et commistum , et confusum, deprehendimus.

Vix intestina cognovimus. Ea quippe, tam crassa, quam tenuia, adeo inter sese commista erant, adeo concreta et connata, ut primo intuitu nihil minus quam intestina referrent. Vera horum ratio erat quod hydatides in universo intestinorum ambitu, et in utraque mesenterit ac mesocoli superficie excrevissent , inter sese coivissent , ob idque ita omnia intes-

Tit tina inter se mutuo adunassent, conglomerassent, contraxissentque, ut nihil intestinis simile referrent. Sed et hydatidas easdem glutinosissimus ichor , saniesve, expleverat. Interea mirabamur vesicam urinariam loco loca- | tam suo, ita ut a peritonæo suo in loco servata illa, vagina et sursum excrevisset, uti antea dictum, et deorsum relaxata esset » cum prolapsum formasset ; suo tamen cum vesica nexu mansisset immobilis. Forte pondus incumbentis sacct impedivit vesicam sursum pergere , et vaginam sequi : dum e contrario in historia relata, part. IV, cap. 10, pag. 152, degenerascens testiculus dexter, recto intestino immoto, vesicam urinariam viri in cristam ilei sinistri usque dimovisset, adeoque urethram elongasset.

Thoracis angusta valde capacitas. In dextra camera gibbum diaphragmatis distabat a summo jugulo digitis latis quatuor, quinque digitis in sinistra. Pulmones nec mali, nec compacti, nec ullibi pleuræ, nisi versus jugulum, accreti. Cor in dextro ventriculo polypum gerebat magnum , atque album , ascendentem in arteriam pulmonalem in sinistro suo ventriculo duplo minorem , eumque cum alio, qui in auricula, polypo, connatum.

Vasa piæ-matris sanguine turgida. F entriculi laterales , sive superiores cerebri, vix gut-

tulas lymphæ paucas gerebant; egregie licet distenti, magni fornicati. Quid cause , cur, ubi omnia in cranio tam plena , Ut MOX a Compressione externa ablata cerebrum excrescat in fungos, tamen vacuos toties a nobis repertos hos ventriculos non comprimat, non deleat, vis reliqua molis cerebri, sanguinisque appellentis ? Cur in vacuis ventriculis plexus choroideus non perpetuo aneurysmaticus, varicosus , hydaticus (1)?

Les caractères suivans , que je remarquai, il y a quelques années , sur un jeune homme qui mourut a notre infirmerie, se rapportent parfaitement avec ceux qui sont exposés dans la citation précédente. ?

La surface du foie était parsemée d’hydatides , Sa substance en était remplie. Le pancréas était très-développé, et comprimait le conduit commun de la bile, de manière à l’obstruer depuis fort long-temps. La masse morbide avait contracté des adhérences avec toutes les parties adjacentes ; le mésentere était couvert de tubercules; on en remarquait également un grand nombre en divers points de la surface du péritoine.

(1) Vide Ratio medendi, pars septima, cap. xvi,

pag. 279.

En examinant le thorax, on avait trouvé dans le médiastin postérieur un kyste volumineux contenant un fluide jaunâtre ; il existait des adhérences tuberculeuses de chaque côté dela plevre, plus étendues à droite qu'à gauche de la poitrine. De ce dernier côté, il s'était fait un épanchement considérable, qui avait comprimé le poumon. La quantité de fluide du péricarde était plus abondante que dans l’état naturel, et plusieurs petites hydatides étaient attachées à la face externe du ventricule droit du cœur.

Chez cet individu, les symptômes de l’affection abdominale avaient été très - fatigans ; mais il ne s’en était jamais plaint de manière à faire soupconner une affection aussi grave de la poitrine. 3 |

Tout ce que rapporte de Haen, dans son cha- pitre De hydrope cystico et hydatibus, est trèsdigne de remarque; je n’en citerai que ce qui a rapport à la glande thyroïde :

In cadavere horrendam mole thyroideam glandulam nactus , publice dissecui. Mecum auditores aa Male nullum fere genus tumorum dari, quin in hac sola thyroidea inveniretur. Hic enim steatoma , ibi atheroma, alio in loco purulentus tumor, in alio hydaticus, in alio erat coagulatus sanguis, fluidus fere in alio , imo hinc glutine loculus plenus erat, alibi calce

cum sebo mista, etc. Hee autem omnia in una eademque thyroidea glandula. ( Ut supra; P 285.)

On voit maintenant que la question relative a l'origine des hydatides devient moins importante que celle du grand nombre de transformations graves qu’elles occasionnent dans les tissus. Nous n’aurons pas besoin d’entrer dans les détails de la correspondance entre Boerhaave et Ruysch sur cet objet ; il nous suffira d'examiner les faits sur lesquels le premier auteur fonde son opinion.

At quoties tota facies tumoribus formidolosis | equidem tuber! jam ulcerosis , alias vero leprosam scabritiem æmulantibus : sæpe tædossa hee ego ulcera, et tubercula, inspiciens puto , om=nino me deprehendisse, quod omnis hæc malorum cohors sit degenerantium glandularum subcutanearum , et suo incremento, exilioris olim fabrice aucta magnitudine demonstrantium priscam tamen indolem. Neque esse adeo va- .

sorum mutatorum effectum 3 quam proeexis~ tentis naturaliter folliculi dilatatione sola increscentem structuram. Atheromata quoque , melicerides, et steatomata, quam maxime docere plane videntur hanc talium glandularum per cutanea et subcutanea præcipui loca presentiam : prima quippe bina, in primo suo or

tu, parvum modo , idque rotundulum, tuberculum referunt in eo semper loco, ubi tales folliculi naturales preexstitére. Hæret in his semper materies simillima equidem, at crassior modo, ut in sanitate olim solebat in ista contineri glandula. Ubi autem distenta magis augescunt, spissant materiem , aiquæ suæ propriæ, et naturalis membrane crassitiem simul, duritiemque, semper adaugent; unde in enormes frequentissime moles excrescunt 7; unam tamen tantam cavitatem formant simplicis figure , semper tamen vestigium pristini olim emissarii im apice retinent. Quando autem, incisa cute , deglubuntur ab exiguis vasculis, quibus habendo lentescunt, unus exemitur SACCUS simplex, spisso atque uniformi sub involucro tenens simplicem, unitam, lentam > Materiem.

Atque illa quidem, si alba > lenta, pastam, puliemve, referens cognomine græco satis proprio, atheroma audit; si Jlavescens, dilutior massam instar ceræ in melle solute simulans , æque vere meliceris inde fuit appellata. Qui tumores frequentissimi, et Jere ubique in exterioribus, vel et interioribus > Corporis deprehensi, à primo initio in ultimum incrementum usque successive juxta gradus crescendi, et varia interim nata pheenomena , inspecti, adeo clare docent, quod malum hoc sit à materie len-

tescente in proprio suo, nativo, cavo, sensim dilatato, ut liber preejudiciis , reique gnarus , aliter censere nequeat. Et puto sane , te quoque, qui toties hos observavisti, toties examinastt, tumores , longe magis credere, ori eos a distento alveolo membranoso ibi ab ipsa natura formato, quam ut suspicari velis, vel recens ibi nasci, vel ex canali ad extrema sua obstructo, indeque mutato, ita efformari (x).

La citation suivante se rapporte d’une manière plus exacte encore à l’objet en question :

Atque ita quidem harum nos rerum contemplatio ad hydatidas sensum speculatione hac deduxit. Qui sphærici tumores liquida primo turgent lympha , sensim degenerante , Justa varios in colore et crassitie mutata modos. Sunt autem vesicule he undique clause , ab omni vicina parte integræ separabiles A liquorum tamen , et tunc, suum retinentes : adeoque videntur mihi evidentissime demonstrare , quod vesicule tales glandulosæ in imis corporis, ubique presto sint, atque in sua cavitate retineant humorem hune tenuem , remoras ibi passurum, donec tandem deferatur inde sua per emissaria ad loca, quorum usui destinat Crearor. Quum autem hy-

(1) Vide H. Boerhaave Epistola anatomica ad Frede-

; oe ricum Ruysch, p.70.

datides he in omni corporis universi parte interiore, exteriore , repertæ fuerint, atque ipsa sæpe tota in eas transformentur ; probabile fit ubique in ipsis quoque visceribus glandulas serosas et lymphaticas, sed quam minimas, a natura formatas fuisse, usumque, nondum satis explicatum , necessarium habere GUE

Hydatides quoque sive vesicule sero turgen~ tes, per omnem ejus molem extensæ , reperte tbi sunt. Cujus quidem rei tam memorabile ipse exemplum offers (thes. I, pag. 34, 35; thes. VI, pag. 10, 61, 62), whi tam diserte narras videre in cadavere hydropici totum quantum hepar ita mutatum in vesiculas rotundas : materie limosa, vel gelatinosa et pellucida plenas, ut in toto eJus Corpore ne vestigium quidem superesset vene portarum, venæ cave, arterice hepatice , ductuumvwe biliferorum. Atque he quidem vesicule ibi enarrantur obsedisse intima quoque hujus visceris, ut quidem omnis ejus moles in has abierit. Ita se habet res ipsa in morbis his deprehensis in hepate : unde ergo liquido constat, obtinere in intimis, minimisque gus partibus, et recessibus, illa mala, omnino eadem , que propria observata fuerunt contigisse in glandulis simplicissimis corporis jam

(1) Lbid., p. 74.

supra satis, credo, recensita. Nonne igitur admodum inde plausibile apparet, etiam interiorem visceris hujus fabricam habere in se organa similia istis glandulis ? quum morbi in hoc nati sint iidem, neque illi interim aliis in partibus corporis unquam deprehensi sint. Quicunque sane bina hec, que adduxi, rationum pondera accurato librat judicio, reperiet , nist me vehementer fallit animus, non ita inanem argumenti Malpighiani vim, quod a morbis in hoc viscere petit. Neque ignoro tamen, quam subtiliter labefactare coneris et infringere hanc ipsam : dum putas omnes illos enarratos tumores hepaticos equi nasci posse ex degeneratione extremorum vasorum , ita mutantium suas figuras, dum obstructa sunt ad suas ultimas angustias ; ut, amissa specie antiqua canalis, per impeditam, aggregatamque materiem in hujusmodi figuratos globosos, polyedrosve, folliculos transformentur (1).

Il est bien prouvé maintenant que les hydatides sont cause de la plupart des changemens de structure; que les rapports qu’elles ont avec le systeme lymphatique se trouvent tracés d’apres une suite de circonstances analogues qui a presque la force d’une démons-

mE) Laid, p. Gas

tration. Nous déceuvrons , par ces faits, la source d’une foule de maladies chroniques , la plupart tres-funestes, qui ne peuvent s’expliquer par aucune des doctrines maintenant en vogue, sans jeter leurs auteurs dans les contradictions et les inconséquences les plus palpables.

Presque toutes les variétés de physconie ( ou d’obstructions ) se trouveraient comprises dans le genre de maladie que j'ai essayé de faire convaître dans ce chapitre; et les caractères morbides désignés par différens auteurs viennent appuyer et éclairer la doctrine que j’établis sur leur origine.

Il suffit, pour s’en convaincre, de faire l’énumération des variétés de physconie données par Cullen. Il commence par la physconie hydatideuse , et continue par celles qui ont des rapports intimes avec les changemens que les hydatides elles-mêmes éprouvent dans les différens stages de leur transformation, telles que la physconia strumosa, schirrodea, sarcomatica , steatomatosa et fungosa.

Cette coincidence est d’autant plus 3 remarquable , que cet auteur distingué ne paraissait pas avoir l’idée de la source des maladies dont il fait l’énumération.

L’inflammation est caractérisée par certains

signes , par certains symptômes. Mais pour accommoder nos idées aux fonctions de la nature, il est des occasions où nous sommes entraînés à supposer que l’inflammation peut opérer les transformations les plus étonnantes de nos corps, sans avoir été accompagnée par aucun des signes qui en indiquent l'existence. Il est tres-certain | que des théories qui exigent le sacrifice de la plus saine raison ne peuvent être fondées que sur l'erreur; et, comme tout ce qui est erreur, celleci exerce sa facheuse influence sur tous les points qui s’y rattachent. On a été forcé de faire des suppositions gratuites pour appuyer ce qu'il était difficile de soutenir ; on a fermé les yeux sur un grand nombre de faits très -importans que nos prédécesseurs avaient observés, parce qu'ils ne s’accordaient pas avec nos suppositions ; et apres des efforts réfléchis et prématurés, pour simplifier les doctrines pathologiques, on a trop borné les recherches, et on les” a privés de l'étendue et de l’exactitude que demande la vérité.

Que l’on ne s’imagine pas que je veuille porter atteinte au mérite des hommes éminemment distingués de nos jours, qui ont rendu les plus grands services a la science et à l’humanité : l'application hardie et heureuse qu’ils ont faite de leur connaissance du système

sanguifère, pour expliquer la nature de l’inflammation et ses conséquences, afin de prévenir et guérir la plupart des maladies les plus graves, leur a donné des droits incontestables à notre reconnaissance. J’ai voulu dire seulement que les glorieux succès qu’ils avaient obtenus avaient été préjudiciables à l’étude des autres parties - du corps humain, et que des hommes d’un moindre mérite se sont laissé éblouir et entraîner par une admiration et une confiance sans bornes.

Nous prenons pour accordé que l’inflammation proprement dite.a des signes qui la font reconnaître non-seulement quand elle attaque les parties extérieures, mais également quand elle s'empare des organes internes. Si l’on n’admet point cette proposition, il n’y a plus ni précision ni exactitude de diagnostic. Mais ne trouve-t-on pas, tous les jours, des kystes contenant des fluides et des substances de diverses espèces renfermés dans le tissu, ou attachés à la surface des visceres, ou paraissant à l’extérieur du corps , sans qu’il existe aucun symptome inflammatoire sensible ? |

N’en est-il pas autrement dans l’inflammation lorsqu'elle attaque une partie qui nous met à même d'observer sa marche et ses pro- | gres? De semblables cas font une grande vio-

lence aux opinions généralement reçues, et c’est avec raison qu on les a considérées comme -des témoignages frappans des erreurs et de l’incertitude qui règnent dans notre art.

Les observations rapportées dans ce chapitre ont pour but de dissiper les ambiguites qui règnent dans les cas de cette nature; on pourra dire peut-être avec un peu plus d'assurance que l'inflammation n’est pas toujours une cause d’altération de tissu; qu’elle est beaucoup plus souvent le résultat que la cause de cet état. La preuve de cette assertion , aussi concluante que le permet la nature du sujet, nous a été fournie par l'examen cadavérique de Bullock et de Haynes. Il y a tout lieu de croire également que les tubercules du poumon existent avant que se soit manifestée l’action inflammatoire. On reconnaît le scrophule, dans sa forme la plus ordinaire, à l’obstruction, à la tuméfaction des vaisseaux lymphatiques , long-temps. avant qu'il se fasse remarquer d’autres changemens dans les tissus affectés.

Je ne prétends pas nier que, dans les constitutions disposées aux maladies cachectiques , Vinflammation ne soit un des moyens de produire des tubercules dans les poumons ou ailleurs ; mais tout en admettant cette cause comme un événement possible , je suis loin de

croire qu'elle soit une des plus communes : car la prédisposition à de semblables affections ne nuit nullement à notre système; l’inflammation, dans ce cas, donne a la maladie, latente (1) auparavant, une activité qui devient funeste. fl est impossible de pouvoir rendre raison autrement de l'insuffisance du traitement dans les maladies de cette nature. Les moyens qui remédient à l’inflammation dans les autres cas ne sont d'aucun effet dans ceux-ci, et cependant ils devraient agir efficacement, si, en effet, ils ne reconnaissaient pour cause qu’une augmentation d'activité de la part du système vasculaire. Nous voyons tous les jours de ces tristes résultats dans la phthisie pulmonaire. Ce sont de semblables déceptions, dans le traitement des maladies tuberculeuses du péritoine, qui me porterent à me défier de la doctrine qui leur attribue pour cause l’inflammation.

oe

(1) On pourra faire quelques objections sur usage que nous faisons ici de cette expression ; mais elle nous parait particulièrement adaptée pour donner une idée précise de ce qui se passe réellement dans ce cas. Les tubercules , en certains états , existent dans les poumons et ailleurs sans donner lieu à aucun symptôme. A cette période de la maladie , elle est véritablement Zafente, et son passage à l’état actif dépend d’une foule de circonstances que l’on

ne saurait déterminer complétement,

Si l’on a suivi avec moi l’ordre que J'ai mis. dans les recherches précédentes, on peut se faire une idée du jugement que j'ai du porter des faits que j'ai exposés. Je ne pouvais considérer ces affections comme appartenant à la classe des phlegmasies ; elles me parurent bien mieux rentrer dans la classe des maladies qui urent leur origine du système absorbant que de celui du système sanguifère. Si nous conservons quelque espoir de guérir ces sortes de maladies , il faudra bien que nous cherchions quelque autre moyen que ceux qui ne sont propres qu à agir sur le système vasculaire.

Quand je réfléchis à toutes les questions intéressantes de pathologie et de physiologie qui se trouvent étroitement attachées à cette affection, considérée comme appartenant au Système lymphatique, je sens que la tâche que j'ai entreprise ne peut que rester très-imparfaite. Je ne savais d’abord comment rendre compte des phénomènes qui se faisaient remarquer dans l'affection du péritoine ; je partageais opinion qui l’attribue à une inflammation chronique de cette membrane ; mais je l’abandonnai bientôt. Mes rapports avec M. le docteur Jenner, les faits qu'il me communiqua, ceux que je tirai d'autre source , me conduisirent à adopter l’opinion que j’exprime dans cet ouvrage et dont

je n’ai donné qu'une simple ébauche ; mais elle repose sur des vérités de fait qui, elles seules ; mériteraient encore beaucoup d’attention, lors même que l’on rejetterait les M % que j'en déduis.

Jenner, quia fait les recherches les plus minutieuses sur ce sujet, a recueilli sur l’économie végétale et animale des faits très-propres à éclairer les points les plus obscurs de la science médicale. Espérons que le fruit de ces observations aussi exactes qu’ingénieuses ne sera point perdu pour la science. À

Depuis l'impression des feuilles précédentes, jai recueilli deux nouveaux cas, qui viennent ajouter aux faits sur lesquels repose la doctrine établie dans ce chapitre, et ci je crois utile d'ajouter ici.

Le premier eut lieu dans la pratique du docteur Adam, chirurgien de W olton-Underedge, dans ce comté; le second est rapporté par le docteur Hay , dans le dernier numéro du Journal médical et chirurgical d Édimbourg. Ce sont des femmes qui font le sujet de ces deux observations.

Dans le cas rapporté par M. Adam, on trouva douze litres de fluide dans l'abdomen RCE, ploon, tres-épais , était hérissé d’un grand nombre de tubercules offrant aspect d’une masse

de grappes : on remarquait de fortes adhérences entre cette masse et la tunique péritonéale du foie et des intestins, particulièrement dans les régions épigastrique et hypochondriaque gauches ; le mésentère était très-épaissi et ses glandes tres-développées ; la substance du foie était d’une consistance ferme et blanchatre.

La plevre était adhérente aux poumons : ce viscere était rempli de tubercules , dont quelques-uns à l'état de suppuration ; le péricarde était fortement adhérent au cceur.

Je n’eus sur cette maladie que des renseignemens imparfaits ; mais je crois que les symptomes répondaient, dans les points essentiels , a ceux qui s'étaient fait remarquer chez les autres malades. Chez celle-ci l’affection durait depuis deux ans ; mais ce n’était que depuis six mois que la malade gardait la maison : elle avait la respiration courte , une toux fatigante , souvent du frisson, les pieds constamment froids ; le pouls variait ua quatre-vingt-dix à cent vingt : les époques menstruelles étaient régulières jusqu'à environ quatre mois avant la mort.

L'observation du docteur Hay est plus importante, parce qu’elle confirme ce que nous avons avancé sur la transition des hydatides en tubercules ; elles existaient en même temps et dans le même tissu : : Je ne pense pas, d’après

cela, qu’il puisse rester le moindre doute sur ce que nous avons dit relativement à l'origine de ces corps. Je rapporte l’ observation cadavérique.

« La cavité de l’abdomen contenait environ quatre quarts (huit litres ) de fluide épais coagulable, si visqueux, qu'a peme il pouvait s'écouler par la canule du trocar, au moyen de laquelle on se proposait de le tirer. Il était d’un jaune verdatre et presque sans odeur.

» Lorsque les tégumens, les muscles et le péritoine furent ouverts et renversés de la maniere ordinaire , il se présenta une disposition singulière dans les viscères abdominaux. La membrane péritonéale avait éprouvé une altération dans toute son étendue, excepté dans la portion qui couvre la vessie, où elle avait conservé sa finesse et sa transparence ; par-tout ailleurs elle était solide, blanchatre et granulée. A la surface de cette membrane se remarquaient de nombreuses appendices charnues, vasculaires ou tuberculeuses, suspendues comme des grappes dans la cavité de abdomen ; elles variaient en nombre et dans le mode de leur adherence ; quelques-unes étaient attachées par un col étroit, d’autres étaient fixées solidement à la surface. |

» La portion de péritome qui tapisse les muscles abdominaux et le diaphragme était

épaissie par la présence de nombreux tubercules, dont l’un, fixé derrière lombilic, offrait au toucher la sensation d’une hernie ombilicale.

» L’épiploon s'était épaissi et avait acquis la solidité du cuir ; il était couvert de nombreux tubercules et d’hydatides contenant un fluide d’un jaune ambre.

» La surface de l'estomac et des intestins était granulée : on y remarquait ca et la quelques tubercules ; mais le mésentère et le mésocolon en étaient, pour ainsi dire, lardés ; ils étaient entremeleés d’hydatides, dont une, très-volumineuse, était située sous l’arc du colon.

» Le foie était presque entièrement changé dans son tissu et dans sa coloration ; le bord antérieur, frangé, était composé d’un grand nombre de tubercules. Ce viscere blanchatre était d’un tissu plus ferme que dans l’état naturel, et ressemblait à celui des tubercules qui croissent à la surface du péritoine. La substance qui avoisine la vésicule était dans l’état sain; l'organe était de volume ordinaire. |

» La surface péritonéale de la rate était également granulée, et l’on y remarquait aussi quelques tubercules.

» Les reins étaient sains:

» À peine si l’on pouvait distinguer l'utérus ;

sa surface et celle desfigamens étaient tuberculées et tres-différentes de leur état naturel ; une large hydatide en occupait le centre. » ( Vide Édimbourg medical and chirurgical Journal , vol. XIV, p. 624.)

Dans les deux cas cités, l’état du foie différait de celui dans lequel on le trouve ordinairement dans cette maladie; mais je Suis convaincu que cette affection est de même nature que celle des autres altérations de tissu de ce viscère et de même origine que celle du péritoine. J’ai, en ce moment, sous les yeux des portions de tissus des poumons, de la plévre, d’une tumeur de la face externe du sternum ; jen ai également de l’épiploon, du mésentère, du péritoine et du foie, qui avaient éprouvé de semblables altérations. Toutes ces pièces présentaient un tissu ferme granule ; il était presque impossible d’établir de différence dans leur caractère. Je donnerai plus loin la description de la portion de tumeur qui existait dans l’intérieur de la poitrine, dont les propriétés physiques présentaient une ressemblance parfaite avec les tumeurs qui s'étaient développées dans les poumons et dans la plèvre ; je ferai en sorte de démontrer l'identité de caractère de ces maladies, et leurs rapports avec l'existence antécédente d'hydatides, comme je crois l'avoir déjà fait

pour les cas des visceres abdominaux. Peut-étre ne me tromperais-je pas de beaucoup en affirmant que la même doctrine est applicable, mutatis, mutandis, à toutes les tumeurs, a tous les tubercules, de quelque dénomination que ce soit, enkystés ounon enkystés, qui sont for- més par la réunion d’une multitude de tubercules très-petits, comme ceux que j'ai décrits.

DUT UUUTAT TS TV Ua 7 UV) D CE 7,

Page 1