‹ Recherches philosophiques sue les premiers objects des connaissances morales: DémonstrationChapitre 22 sur 68 · B LA CAUSE PREMIERS · texte numérisé non relu

B LA CAUSE PREMIERS

Nous connaissons la Divinité comme cerne, ordre, sageste, raison, puissance, etc., premier moteur du monde ^ des mou vements ou de la matière, législateur suprême du monde dei rapports, ou de la société ; ces idées sont distinctes, et méuK les plus distinctes qu'il nous soit possible de concevoir, puisqoi elles sont la base sur laquelle reposent TédiBce de la sociéi et la conduite de la vie; que les mots qui les expriment, pai tout usités, partout entendus, sont dans le commerce des es prits comme une monnaie courante destinée à faciliter Téchangi mutuel des idées ; et qu'enfin les notions de morale, dont ce idées sont le fondement, sont, même parmi les simples, biei plus répandues que les connaissances de physique. Si mémi nous avions besoin d'aider sur ce point la faiblesse de notr intelligence, nous n'aurions qu'à réfléchir sur ce qui se pass< sous nos yeux , et à rentrer au dedans de nous-mêmes, pou connaître les hommes, pour nous connaître nous-mêmes comme causes secondes d'effets particuliers, moteurs de moa vements partiels, législateurs des lois locales, conune étaa aussi en quelque chose ordre, sagesse, puissance, etc., et nou pourrions en conclure, par une analogie irrésistible, la néces site d'une cause universelle pour l'universalité des effets, d'ui moteur universel pour les mouvements en général, d'un légis lateur suprême pour les lois premières et fondamentales, d'uni raison générale, d'un pouvoir et d'un ordre essentiels, souro des pouvoirs subordonnés de l'ordre local, et règle de la raiso] humaine et particulière.

On peut même s'élever ici à de plus hautes considérations Dieu est présent à tout, et tout, même en nous, nous condui à l'idée de la Divinité ; nos sensations, parce que notre esprit infatigable dans sa curiosité, cherche toujours à remonter d fait en fait, jusqu'au premier fait qui a été la cotise des impres sions qu'il a reçues; nos affections, parce que notre cœur, iné puisable dans ses désirs, veut nécessairement le bien, et mêm< son plus grand bien ; nos jugements enfin, parce que notn entendement s'élève par sa tendance naturelle aux idées gêné raies, et ne découvre en tout le beau et le bon que dans le idées d'ordre, de justice, de vérité, etc.

Ainsi toutes les fois que nous cherchons une cause, que nou désirons un bien, que nous pensons à l'ordre en quelque chose on peut dire que nous pensons la Divinité, même lorsque nou ne pensons pas actuellement à Dieu, parce que nous faîson à un objet déterminé une application de l'idée générale de h

n UL GAvn f Bsmiu.

Dirinité qui est cause première, bien suprAme^ ordre essenUd, justice, Térité, etc. «

On peut même, sans sortir des relations ordinaires de la société, trouver des exemples de cette manière générale de cou* sidérer un objet qu'on n'a pas actuellement et expressément présent à Tesprit. Quand j*obéis à Tautorité, même des agents subalternes d'un gouvernement, je cède^ sans y penser, au pouvoir souverain dont elle émane, et j'ai certainement une idée générale du pouvoir, quoique je puisse ne pas penser expressément à la personne du prince*

Ainsi, sur des objets matériels, l'imagination se figure des parties, elle les dénombre, les mesure et les dispose ; l'enten* dément va plus loin, et il voit l'ordre dans la disposition, l'tn/fni (i) dans le nombre, Vétemité dans la durée; s'il ne voit pas en Dieu la totalité des êtres comme l'a soutenu un philosophe, il voit Dieu dans la généralité de l'être, ou dans les idées générales de l'être, ou plutôt il le pense, et il l'exprime aussi dans la langue des généralités par les mots d'ordre , de sagesse, de justice, de vérité, de perfection, de cause, etc.

Ainsi, ôtez Dieu de l'univers, et vous effacez de nos esprits les idées de cause, de pouvoir, d'ordre, de perfection, etc., et vous bannissezdu langage les motsqui expriment cesidées, ces mots, qui sont autant de noms de la Divinité , et des traductions dans la langue philosophique et rationnelle du mot Dieu , ou de ses équivalents dans les langues usuelles et historiques.

Ainsi , et je ne saurais assez le répéter, nous pensons l'êtze de Dieu dans les idées générales, même lorsque nous ne pensons pas à son existence, ou même que nous la nions par nos idées particulières. Nous l'afiSrmons dans une langue en même temps que nous le nions dans une autre ; nous pensons par lui, même lorsque nous ne pensons pas à lui ; c'est la lumière que nous ne voyons pas et par laquelle nous voyons tous les ob* jets, c'est la vie que nous ne sentons pas et qui fait que nous sentons. 11 est le Dieu caché comme il s'appelle lui-même, Deus aàsconditus; caché dans le monde intellectuel sous le nom de vérité, caché dans le monde physique sous le nom de cause, caché dans le monde moral ou social sous le nom de pouvoir, caché même au fond de nos cœurs dans l'immensité de nos désirs et le vague de nos espérances. En lui , nous vi*

(1) On ne peut s*empècher de remarquer qu'on avait, il y a quelques années , banni Pexpression àHnfifU de l'enseignement g^métrique« et qtt^OB a été obligé d> revenir.

iS

^nM/pniAtullett^le père de hi^; «t)*faiiymisiioiis-i vonSj puisqu'il est le premier auteur du mocnreinatt; -en lui noue mnxtneB, paisqullest'la^touwe de Vétm; tlnipm mmnvs 'mmfêimtrtt^umui (4).

^Ge'iie«ofit point <tesiidées «bstraites , Tntis/eecpii est bia f&tléeeni, desidées simples «et générales. ' Dieu ^ est ^ptéeenti Udute ^la 'nature parées lois<^ eomme'Ieiprince^tipxéMBti <4m!ktes les parties- de scm État par Veiereree de la jmtioe, la«di n^eettonde latforee^ lessoinsde T^miniatTAtion. *Le ponvol même humain et politique estprésent'àitoat/quoiqiieïia'/ini <fonn^deriiomme-prtnee ne «oit réeUe ^taenaîUe qu'aux 'Heu] -qull habite.

^Noosietannàissons doncla oanse première oitla JNviiiiiéy* («ous la eonnmsons par notre entendement ou notre tmeaa (eeule 'laeiilté en no«is qui puisse proprement^ eonaattie. Mai «"«ujourdfhui'ce n'est pas lace qu'on> appelle Gonnallce,«n m <teMlt:plus 'à ses 'propres idées ^' on vent des images,<c'«sUàdiroqu'onne'seoontenteiplvs d^uoe eonnatatance de laismi'e d'entendement'pmpre sur la terrerèi'homm&aeulyet.qtte Vm 'demande'une'eonnaîssan^e eenaiMetat d'îmaginatîoa qui non <«M omnnmine^Tec lesantniaux'sansiraison. On veut une tmm ^premfèmqu^on puisse diseéquer^npac le>scalpél/a|ierMToirni ^miemseope/^nàlyseT dans' un fourneau , pleear sous un réei "Ipirat/dtâtiHer* dans 'unéiambîc , elaeser dmis une^nommils ture^'0u'è9iit«u moins soumettre au eahul, «t*faEroerqn'in (idésê^reid^en^Mre le^fujetid'aiieune deœs ppèratiMis, ci ^fMsene'ps^ la 'connaître, et l'on «mire 'tqu'eUe^ est pour ti« ^foursdénÀée^ H09hif«Higations;<m«i8 toîeqwetdesinaornlîrtf «^ou' plutôt 'des idéologues demandent ^qu'onieur teae emt tuoltve'soasrdes images^ ti par des senaatiaiis^ desobjeA» qui-w C'CombeAt'pas'sous les'sens'^t qui ne «peuvent ètse xançna^p» ^^ns'Veuteildenaeût, et'qd'ilsiSl'èbBdiiftnt/ià .ohereher.des.iai ^pfeêsioMs dfifloages là où »tl faut me 'teoninnier d'aaepranM» (iSWées/iie'SOUt^ls^pasunssi-ineonséqnanis que4e eeraittatiit ^^hji^iensy qûi/pôur conna)tre<letob}él9niatéiâèb/w>se^oaD déliteraient pas 'de '. sensations Met «d^nages, ^enuuirieaniin ("quVmieur'en-donnftt Yidée/ti,^ ai:^iieD<dVAi«SQuniettrel«]piu *|n4élés^à^des'«:rp^rtimeê5j^ perdraieÉt en riiseupemcntsi —h ^ttls^Mr leur esBeiiee^<et'tteMraieÉt«Mni t^ateÉdenentâà 4i ^place de l'imagination.

(1) Actes des Apôtres, ivii, 28.

ticfûbe ittjadoMAtfe.qiM'Oe.quUls'YQiefit 4e >le«i;s jpiaitt$; iW

^taBatainisles et ies^ystcievs, qiû «e s'9ecv|^Qi.qii'<àiwie •ite eaqiëriaiM^s. .Tout .ce jqvie les «asae qaimieikt iimà^ 3t dMB&leiBs ereuaets^. ouïes aulnes disfiéqiier avec leiiK^ ap^ a jMis, ^nelait auouae iiBfreasion aur leurs aspnts, etc. p

•Ce qui 'toompe qli^^ues eapôls , «t leiur penuaade jqite la

aaoae jurenûère de .tOBt ce »quiie»stei néakie jda&a la Wtièra,

'tttae loBiquIoD ne poiiiiaH Ty découvrir, ce aont les fwogf ^

jonniaUa» des Gomiaiiaaiioasi))i]roftine6.daas leachoseis pjiy-

iiquas*atks loisipartfeidièrasrde Toigailisalioa des oocps. èm

jfmnierS'ienipsdarhMiaie/et de.laaoeiété/lovsque/lesJ^ns (îo

ia aaliire éteîeat pai eawuies, lai |>eii^ée les .fvaochi^saU an

quelqae savie^ «t xenHHOitaît à Dieu mtoe^ auteucdeloufteslas

Joîs. Cette. 'préseoae gànéraleideila S^iYiaîté^.fqiii eat un dogme

fMur une laisoo édairée,,étoit,paur laur];waQniiaia»iate^,vai6

prasenoe loeale ; «eiite volonté géaérale^ qui>{»r de&lois;géné-

.«alas43onuBie elle, déienniiiie;tous les événemenfsde ce i^asto

naivaici^ ^taît la^uîie des volontés partieulièFes qui agiasaie^t

Mr tons les êtres ; et eatte Providence uoàverâeUe de qui

léaMineiit ^ en vertu des lois .générées du moQde^^hsraique^ kt

:Duifohe.dea corps célestes ^ l';^drede6 aAiaopsvlesaeeîdeiits

dss.<dimats/la végétation des ^pUnias^. était une diapansaiion

iiaBiédiaite des bienfaits, ou des rigueurs de la Divinité. Jia

tane était le niarQfaepîed.duTa-toilIaut,(les€ieu&s<Hi4)(«viIIon^

la iSaudee et les .éûtairs ses «measagers tf aes Imauts. j)iau

(ébcanlttit Jes cieux^ faisait toembler la teive eX soulevait las

:iliecs. fioiireuX'teinps.aii un «otage, quitne ^soduioait Aujw»-

dliui que daa observations mélétar^c^iques, faisaitjiattrcdas

«mtîmeiiAsiclfféliciis^^tiirracbait à^unKoid'iArnglatotrej eaaiipé

^âHrceenr de la /Fcance, à la tôte d'une damée >viotorieiiae, le

iMBnaiidUyane deidameria paixi ooa anneoiiCi) ?

>Qb BelK>ttve ces «oAmes eroQfanaes e^z le i>QU|de -qui (#at

fW<«:Ufi jmuiiqiielejr^ drAf^tetmeOiâaasrdlU) éiaît«ami%^^4^ '»JM|s.Cl»ai1inaiQ,U.s'éleita un.or4ge époovaaWble aveo taatd'éçlsiuat p de.iQpnanreSy et.uoe décbafge de gvôle .si drue .et «i «nraase.iiia'alle i» Jblessa i^ad PQOibre des^««»»r et bû laa >pluside «ilUe^hQvaiiE.iil .•mrit,aeiitiodiae,pQiir an fiPWWMidaïaaiitide iBiea,,^t>se4aun|aai -ftis .«^t*éiHse^e/{iolrHl^aiaede.Gl)ai»va8^i|ue;i*QD,i^ t^:loia,,Ut|Mroaat>>D|eiLd*dMbfiy<erJia|]|9iKjflat plus AOi.^ Voilk cGiQi|e.dftC iM^^flWU (flui ia;a«t>«u:iiiHarten.4limie,jqni.de ^ta jeiroit :pldlaiopha, dit que vrmmn^liikiVfimmt JSëfimnip^iiairiSut^if^r j^^itatêol^Um^jUià

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ra UL GÀU8I PBXinÈBK.

partout au premier âge de sa société : les philosophes, ou ceui qui croient l'être, les appellent des superstitions, et déclaoïen avec amertume contre des pratiques qui sont presque toujonr innocentes, même lorsqu'elles seraient ridicules; mais ce croyances dont bientôt on ne se plaindra plus, produisaien des sentiments d'amour et de crainte, en même temps que le images qui les accompagnaient animaient le langage et fécon datent les arts; et il y avait à la fois plus de tableaux pou rimagination, et pour le cœur plus de motifs d affections. Ce croyances mêmes ne sont pas fausses, car celui qui a fait le lois est bien véritablement Tauteur de tous les effets qu'elle produisent, a Dieu, dit Descartes, est tellement la cause uni 9 verselle de tout, qu'il en est de la même manière la caus 9 totale. » Ainsi, en politique, on attribue souvent à la volont du prince ce qui se fait par le ministère de ses agents, et ei vertu des lois générales de l'administration. «Tous les phé 9 nomènes de l'univers, dit lui-même l'auteur des Bapporh » ont toujours été, seront toujours la conséquence des pro » priétés de la matière, et des lois qui régissent tous les êtres » C'est par ces propriétés et par ces lois que la cause première s » manifeste à nous : aussi Vanhelmont les appelait dans so] » langage poétique, V ordre de Dieu ; » c'est-à-dire que la caus( première, de quelque nom qu'on l'appelle, se manifeste aa: savants par les lois générales qu'elle a établies pour la conaer vation du monde physique et moral, et à tous les hommes paj les effets qui résultent de ces lois, et qui sont, aussi bien qu4 les lois elles-mêmes, Yordre de Dieu ; et le style de Vanhel mont, que l'auteur des Rapports appelle, par dérision, ui style poétique, est ici parfaitement exact, et plus exacte, qu< la prose sèche et triste des écrivains matérialistes.

Les croyances populaires sur l'action constamment imroé jdiate et locale de la Divinité étaient donc vraies, mais elle n'étaient pas complètes : on voyait le légisUteur, mais on m connaissait pas les lois. Aujourd'hui que les lois sont mieui

prise dS faits la paiXy s'avisa de VaUribuer à un vœu qu'il prétemâi avoir fait pendant un orage affreux 91M son armés avait essuyé dam sa marche : c'est-à-dire que ce prince trouva bon de paraître avoir eu forcé à faire la paix, et de jeter ainsi sur son expédition Todieux d*ai erime qui proToquait les foudres du Ciel. Il aurait, ce me semble, use nal raisonné. Hais Hume juge les opinions du quatorzième siècle itm Tesprit du dix-huiUème, et ce défaut capiul se présente souTeat diM ses ouTrages. àtoc une pareille manière d'écrire lliistoire, U n'ctl riti dans les siècles passés qa*oa ne puisse obscurcir et déflgurar.

n IX GÂU8B ruaai&E. 181

connues en philosophie comme en politique, on méconnaît le législateur en parlant toujours de la loi : s'il y avait trop d'images dans un temps, il y a trop d'abstractions dans un autre. Dieu, pour ainsi ^ se recule do la pensée de l'homme, qui met perpétuellement les lois prétendues générales, qu'il connaît ou qu'il croit connaître, entre son créateur et lui; et àTorce de disséquer, d'analyser, de classer, d'observer les conduits par lesquels les plantes respirent, la formation graduelle des pierres et des métaux dans le sein de la terre, les lois de la végétation, de la fructification, de la génération, la raison de quelques phénomènes, la composition de quelques substances par Tanialgame de quelques agents, il en vient à pla« cer la cause dans cette multiplicité de moyens, et à croire que s'il en existe une autre^ elle e$t pour toujours dérobée â son investigation : comme si toutes les connaissances physiques, quelque avancées qu*on les suppose, pouvaient prévaloir sur cette maxime d'éternelle vérité, ou plutôt sur cet axiome de toute science-et de toute philosophie, ^tV n'y a pas d'effet sans cause, et que l'universalité des effets ou l'univers doit être rapporté à une cause universelle placée hors de tous les effets, comme les effets particuliers ou les phénomènes à une cause seconde ou partictilière, tout à fait distincte de l'effet qu'elle produit. Je citerai à ce sujet une réflexion très-philosophique du P. Halebraache : « Si l'on me demande, par exemple, d'où » vient qu'un linge se dessèche, lorsqu'on l'expose au feu, je

> ne serai p'ds philosophe, si je réponds que Dieu le veut; car » on sait assez que tout ce qui se fait, se fait parce que Dieu le » veut. On ne demande pas la cause générale, mais la cause » particulière d'un effet tout particulier. Je dois donc dire que » les petites parties du feu ou du bois agité, venant heurter » contre le linge, communiquent leur mouvement aux parties » de l'eau qui y sont, et les détachent du linge; et alors on aura » donné la cause particulière d'un effet particulier (l).Mais, si t l'on me demandait d'où vient que les parties du bois agitent ^ celles de l'eau, ou les corps communiquent leurs mouvements

> à ceux qu'ils rencontrent, je ne serais pas philosophe^ si je ^ cherchais quelque cause particulière à un effet général. Je dois

> recourir à hà volonté de Dieu pour rendre raison d'un effet

(1) Que le P. Malebranche assigne on non la véritable canse de la desiec9tion du Unge eiposé au feu, ou J>lut6t de révaporation de Teau, aoa n'est pas noiiis coacluaiit.

S6t DB LA GA«te ntttlÉAg.

» auasi généntl cpie la oommunieation dti nioavMieitt) eC-MA p à dé8 fâctlKës ou qualités particulières de la matière. » Cesl cependant ce que font perpétaeUenfiéntleS'matériaHêtesen «àiev^ chant la cause de tout dans certaines qualités ou piKifiriétéa qu'ils strpposeni à la matière^ qui n'existe pas en général, et qin n'e&i qu'un assemblage de corps partici>lîers^ et en assignsnt ailisi une cause particoKère à devefibts généramt^ expresnoa contradictoire^ etparconséquentidéeimpossîble.Aindî'le peuple^ qui voit Dieu partout^ et son action imniédkile et locale jusque dans les plus petites choses^ assigne sans* intermédlatie vnê cause générale à des effets particufievs; et les matérwlisfes, qui votent la matièi^ partout, assignent une cause particulSèra à des effets généranic. Le peuple^ fbxrte de connaissances pfaj^ siqnes, manque de précision dbns ses opinions, et non pas de raison, parce que toutes les canses partienlièNB et seooMstf sont nécessairement renfermées dans la* cause première et générale; il fait la même faute que ferait celui qui diNtft que le prince lève les impôts, an Keu de dire que les percepteurs lèvent les impôts au nom du prince ; mais les^athées pèchent k la fois dans leur raisonnement, et contre Fexaetitude et cootre ta raison, pa^ce que la cause générale ne peut pas se treuvef dans une cause particulière, qui! nfest eHe-méme qu'un efltet. La philosophie, j'entends la doclrtne qni enseigne la vérité et toMe la vérité, à la fois exacte en physique et vraie en mortàey conforme aux règles du langage dans ses e^^ressions^ patoe qa'elle est conséq^iente dans ses idées, assigne des canses patf^ ticultères à des eflefs pa«tioulit«, et une caase uaiveilMUe à { un^eiTet nniversel ou à^ l'univeA^

j L'aufenr* des Rappér^ » senti ki^ fbtfoe d»ces vérité^ ei^

peupn'éti^ pas entraîné par leurs eonséqueseee, H s^effovee I d'en' rompre \» obsicie. a Aunisle^ dit^l, on mst que ees-dl-

j s verses questions tiennent^Metementtà celle des eauaiss p»»-

i| » mîères, qui ne' peuvent èlre cjonmieâ par cek^ seul qafelieB

s sont premiètfesk^ i» AilleMsil dit ? < iics faiti^jénéraw satfl, j> parée q^ilseowt ; ils ne s^eflpKqumtpoimty et Ifen ntETaMmét :d en assi|pier la eaiise^ s

Ain^; univant ae^ aulenr; lè^ ût&om pfemiè»» ncr fmat^ ëkt connne, ef les fiiitk gérttimaK^ ne peavent éti« etpllqué8;i «Mk d'abord les causes secondes ou les moyens ne sont pas souvent mieux connus> ni les faits particuliers beaucoup mieux expli» qués. LsB' propriétés du uu^ de Tairj, de Teau^ de ta Iilmièroj etc., sont observées, soMl«(fo«MMi^et'k*siiJ0^és'i

DB LA. QàJOAB «WCliBS» 2g3«

enoes. Ces p«>priété8%aoiii de» faitsparticulia» : la. pkf slpe en dtiiiod-i-eUa touîouvs des- ei{>liGations suffisantes}. kNB^failfr pectiauliers ont dfisoaisasipafflieulières : la* physique., tai Goniiatt-^Qe! Les savaatB ua sonUils pas-nadme, etavacr. nisoa, dégiMéfrdas syatàmes- par' lasquals ou. a piéteudu 6^« piiqaeDbaaiMoup de faitspa6(iGuUeFs>etenassigiuir les-oausast et De s'en tiennent-ils pas uniquement aux ttiéorles> qui soni* roidn, la suite et l'enchaiBemant des faits observâa^ car* le sjstàiae précède yd&pésience, et la théorie la suit.

« Les cause» pesmières ne peuvent être connues par. cela.. > aetti qu'elles soAi premières. » Outre que cette manière de, psfler est peu philosophique, et qu'on doit dire la cause pre^ • rnOre et les came» Mûtmdee, parée qu'il ne peut y avoir qu'uoer cause peemière^ et qu'il y a une infinité de causes secondes^. l'équiYoqne roule ici sur le mot ooMuitre, et la propositionest ' viaie oaÙMOMi, selonqu'oarentend d'uBe-connaîssajioe iatelrlesftneUeoa d'entendement, ou. d'une connaissance sensible et. d'imagination. Personne» sans doute, ne peut oonoeltre d'unarcomaissanee' d'imagination, et par tes sens, la cauee première <pit8e dérober à tous, les sens; cas, sielie éiaitsefèêMe^ oaamm^ cause première,, elle serait finie, bornée, susoeptible d'augmenr*taieii ou dedimioution, et ne pourrait donc être cause poer nière: naie toiis.le& hommes», et Fauteur kfr-môme-qiiejd)' oanbats,. la eoiaaaisaattt autoat qii'elle peut étoe conaue-d'uMr rennnianimrn d'entendemeat; cat. auteur, la connaît puâi^' qa'il la namme, et que le moi qui l'exfinina,. entendu par là^ . est égademeaii cfitandià deaaotoesi.. U ceonatt came oomm» il. caMali ordre, pmêemee, noloaté, liberté, eft généralemanti teutestlesiQhoeeamaialeS'qui sontconoueflkSousides^sff^rBSfipiM^ et noa pat dafrimpNssiaiia : ainsi l'on peut bien, due la carnet pmmve eet,. parée» qu^elk» est eame; car se ellet n'était pae^ canae preimèie,*dlasemiA effet oibeauaa saeoiide> etik fiuukaîl^ dttmker ploa^haut la eaiiae pnemièBe. Maifrpat œU seul qu/ellai sslcanse» «b eanaa preBBâàra,U n/est paa possible à.lfespnîide* rna comaeioi» auf.dslà„ ni a» kmeage^ de le neones. Auaaii^ liBMpe la canae prensèsa iKeaisa fiMM eaaaaMre aaa hommas^) elle se nomme elle-même; Je sma^eltii cm sais.;, et daee^oette» lif nÉBitt eatfraawiiaatiieii etl^rs dea wywfaiana hafliaineej eUe fWmr eHe-M*roa» par eatte umUiplieaiian. de^scn iàà^ à ka plii» hamia' pmssaiMei d'Mia; et iei la iBiéta|ifaisiiiie! ffia* esa*' praaiar è^la géaméteia uae laeutiaaq^ ^wàm mm^wtoffU de»

DB LÀ CAUfiS PRSIfliEK.

- Mais si Ton peut dire : La caute est, parce qu'elle e$t (sousentendu) cause, on ne peut pas dire au même sens : Les faits sont parce qu'ils sont, sans sous-entendre aussi le mot faits. Les faits sont y parce qu^ils sont ou ont été faits ; locution qui, toute seule^ exprime l'acte de la création des effets ou faits, puisque le mot faits, facta, en français comme en latin, n'est que le temps passé du verbe faire.

M. de Rivarol dit quelque part que la langue française a une probité inséparable de son génie; il est plus exact encore et plus philosophique de dire que toutes les langues ont une vérité inséparable de leurs expressions^ et toutes celles qui nomment la cause et les effets ou faits attestent par cela seul Texistence nécessaire et indépendante de Dieu, et l'existence accidentelle et subordonnée de tout ce qui n'est pas Dieu. Les faits généraux ou particuliers constituent l'ordre physique ; la métaphysique est la région des vérités : dans celle-ci, on cherche des vérités, dans la physique on cherche des faits. La cause première est une vérité et non un fait. <

Ainsi, je le répète, les effets qui sont toujours des faits particuliers, même le cours des astres, qui n'est que le plus général des faits particuliers, puisqu'il n*est qu'une application à des corps particuliers et finis de la loi générale du mouvement, sont soumis à des lois qu*on appelle générales, quand on les compare à d'autres qui le sont moins; mais qui ne sont ellesmêmes que des causes secondes, relativement à la cause première. Mais le fait général de la création et de la conservation de l'univers ne peut être attribué, en bonne philosophie, qu'à la cause générale ou universelle; et quand il serait vrai que des molécules de matière, en s'agitant, se cherchant et s'accrochant ensemble, auraient formé l'univers, on ne ferait que reculer la difficulté, et il faudrait toujours remonter à la cause qui aurait produit ces molécules et leur aurait donné la première impulsion. C'est même dans la connaissance de ce pi^uiier principe de toutes choses que consiste la perfection de nos esprits; car la perfection d'un esprit fini consiste à connaître le dernier terme de ses pensées sur un objet, et celui où la raison s'arrête avec le raisonnement.

Cette maxime philosophique, que la perfection if un esprit fini consiste à connaître le dernier terme de ses pensées, reçoit une application d'une vérité rigoureuse dans la conduite de la vie. Les hommes en société seraient heureux, si, dans tout ce qu'ils entreprennent, ils connaissaient avec une telle précisioo.

BX lA CkVtK ntMTtlW, S85

jiuqa*où leurs facultés intelleotuelles et physiques leur pei^ mettent d'aller^ que jamais ils ne restassent en deçà de ce point, ni ne fussent au delà. Toutes leurs fautes et tous leurs malheurs ne viennent que de leur ignorance à cet égard, ignorance qui leur fait entreprendre ce qu^ils ne peuvent pas faire, on désespérer de ce qu'ils peuvent, et les place sans cesse entre le découragennent et la présomption.

Ainsi l'esprit de l'bomme est fini en science morale, puisque, arrivé à Dieu^ il ne saurait aller plus loin, et il sera tou« jours imparfait en science physique, puisqu'il ne peut avancer sans que le terme de ses recherches ne recule devant ses pas.

Ainsi, quelque généralité que présentent les principes d'attraction et de gravitation, pour rendre raison des mouvements des corps célestes et sublunaires, l'attraction et la gravitation ne sont elles-mêmes que des causes secondes, des faits particuliers, ou plutôt des faits qui produisent d'autres faits, des lois particulières qui règlent des mouvements particuliers ; et elles n'ont pas dispensé Newton lui-môme de recourir à un premier moteur, cause première du mouvement en général.

A la bonne heure, disent quelques savants plus modérés que les autres; mais, puisque la physique, même la plus générale, , n'est, après tout, qu'une science de faits particuliers, arréton»nons à la connaissance des faits, et gardons le plus profond, le plus respectueux silence sur la cause générale, qui ne peut servir à expliquer aucun fait particulier. Ce raisonnement n'est pas même spécieux; car lors même que la physique, comme science de faits, n'aurait pas absolument besoin de faire men- * tion de la cause générale, la morale, la politique, la philosophie, qui les comprend Tune et l'autre, ces sciences, toutes de généralités, c'est-àdire de vérités et non de faits, ces sciences du/)oiitH>ir et des devoirs, ne sauraient s'en passer. La métaphysique ou la philosophie générale, qui traite des (wincipes et des raisons de toutes choses, n'a plus ni raison ni principe, si elle ne peut attribuer l'universalité des effets à une cause uni^ verselle, placée hors de tous les effets, ainâ que la physique n'aurait plus d'objet, si elle ne pouvait chercher la cause particulière des faits particuliers, qui sont le sujet de ses expénences. La morale n'a plus de base, s*il faut détacher l'idée des devoirs de celle de pouvoir, qui en détermine la nature, en fixe l'étendue, en récompense l'observation, ou en punit Tinfraction. La société politique n'a plus de fondement, si l'auto-

ritt d'esl phwqtie IkidènikiaCiM de llionimB, et ailes lait, qm> en règlent l'exercice^ ne sont plus que de» oonventions tenoh' peniire» acceptée» par l'intMt du moment^. <Mbde»YOlonké» arbitraires impoeées» par la force. Le langase mènia n-a plue de sen») si les termes les plus oppesés entre eam, tels que eaxmy faii$ on effeHy n'expriment au fond que dee medee du. même étre^ et non des êtres différente; et le silence qne \» sciences physiques aftectevaient de gnder sur* celle vérité première serait un scandaib pour la morale et un piège pour la peUtiqne. Mais la physique vondsait emrain se take sur TexiS' tenee de TËtre suprême^ eanaepremîère de tons les eftets, en* tretien universel du genre humain. Parvenue aux confins de son domaine, elle est entialnée au delà par la marche inésisttMe de l'esprit et la force secrète des choses; et oonuDsol cette science^ sans cesse oecupée à observer des fiéiils, poumiftp elle ne jamais a^élever jusqn^anx causes, et considérer Isa osnvres sans- songer à Touvrier ? Aussi, aJHès avoir qpuisé les faits particuliers, et aaaijeé pour* les découvrii^ la matiève jusque dans ses parties les plue imperceptibles, elle fencentm' les ventée génMes; mais , au lieu de reconnaître qu'elle entre ici dans vas pa^ys étranger, et où tout, idé« et langage, est nouveau pour elle, cette soieiice de parûcnhurités e'obsliiie à penser avee ses^ images^ à parier sa langue, et forcée de s'occuper de la» cause génitale,, elle la cbesàie^dBar de» ftnts particuliers, les seuls qu'elle aîl étudiés et qu'eUe' pnaae^cei^ nallre. Elle «nat décomposé la maitière, elle la reeeoDpoae, et de ses formes si fugitives, de ses parties* inertes, dtseolnbles, insensibles, elle hit an toot éternel, inaltérable, aotif, inteHigent; eHe n'a pas voulu d'une cause qui se dérobe è nos seae, elle en imagine* une amtre qui répugne ai la nrison; et, maigié eHe-'méme, passant ^ là morale, eUe Aûtl'inteWgenee de fer^ gBiAisatieiS dtee èlves malérietSy le pouvoir de tettf nombee, lee lois de Imrs ieiérdls', tee deveira de leur» besoins : tristes et pénibles erresRPs, que des savante, qui les^ proposent à rknaginaUiei» des hommes, mettent à hi plaeei dasi vérités sinplseet fentes qui ont éelaM la leisoirde^ tous les iM«|)ie9r

»«ut-élre aussly s^i faut le dire^qaromhisaenBt Bieu laiiton de ITunivers ph^éque, et, ceuMnele nei iee^iwnts dent pnrie le> podte, régner sur us mmde sans habilanls> vmukêejmm m mdè, si, daais^ le créalsur du monde matériel; ne baute pUiobopliie ne voyeit le légîdàtevd» monde moral : les n»* tésMisI»»^ qui^appeltefltqwelqmitoiiiBtnrteur matière, et qui

M alMliiient auasiia' pumancd (pti c»ée et. TiaieUifeiice^ qiiîi dispose, souffriraient sans peine que nous domiaesions: unseaa difféfent à ki mÉmr esipresstoB; ils ne ehevelieraienipas à< en venir mec- nous aux expiieationa^ et j^ourvu que notre JKe» fùl, comme le leur, un être purement; idéal et rd>jet d^une défile côntemptatimi, un- IMeu qoi, renfiermé' en- kii-mémo>. n^eùt rien prescrit ni rien défeàda<, a'exîge&t de rhomme aucim saerifiêe ni anemi culte du gente bumaki; ils Ini passe^ rnent) si j'ose- aiast parler, la création, dont l'inmgination. reealérait! l'époque ixat qu'il lui plairait. Ce n'est pas> à pw>pieineiit porter y ledogm&de 1-exi^ence de Die4iqu'on<attaqiie^ et certes, qomd on avance que ia cause première esl pour toojouis dérobée à> notre investigation» il est indiflérent de là cMire msrtière ou inÉeHigeiiee; et sans doute une matière. cpî crée ses* propres formes, qoisementets'anrange d'eU^néme,» et pap sa propre énergie, n'est pas phis aisée à coneevoir! qu'une soprême inteUgence qui* a tout fait par sa volonté' eft^ tout rtglé par sa> sagesse.

lais ce que les passions- refusent de croire et sf obstinent à' nier, e'est 1» néee^ité de la réalimtùm extérieure de la Divi-' nité, pow fonder une société d'ôtres réels et extérieurs; c'eisi^ la vérité def ses révélations aux hoouases ponr leur appittadsc' ce qu'ils doivent à leurs semblables et ce qu'ils doivent àJen» aatenr : e^eet enfiar s» présence a« oioode, par ses lois moi^ nies, qui ayant été écrites dès les premiers temps, sont,rceBinie» dit Ch. Bomtfet, Pexpressitm même phymquB de sa retorde. U serait Bieu pomr tons les esprits, s'il tt*«vait réglé aoilré chosef que des oiganisalioiis et des* moavementSy et \\ n'aurait pa» été méoomi» ou«délgiiré par- la physique s'il avait* pu sester. étranger à la morale.

La caose première nous est donc connue autaat qu'eUe peat i'élre par Ifesprit bornai»: elle est connue en eUe^méoie et peur ïMte entendement, puisqu'elle est nommée, et que notrai e^riten feit Inapplication par les-idées distinctes d'ordre^ dèv wmisHy de bonté» de puissauee^ dont noua trouvons quelques^ trailae» now>uièmes et dann nos' propres actions^, et hon^dev 2Midafi9<Uélaietitériear d^kisodété» etqui^Mq[»adttîleadu< mille manières dans le langage, et réalisées sous mille formes^ sont hr bsâsdlytoiMe lev^Ms, lattMsou* de leutpcHMPOBf^h régler de ttos lies devofam, le^ fbndeRVeflt de toiJIe scieiéi».

La cause première est connue dfe Timagination parfes éOellr qu'elle a produits, et qui rendent so» gpéiatioa.peraeptait»fc .

tSt BB LA cAun puoniu.

noc sens, et ainsi rentendement conçoit l'idée de la cause, et Timagination reçoit les images des effets.

Aussi quand l'écrivain sacré veut peindre les effets de la création ou les phénomènes de la nature matérielle, son style abonde en figures et étincelle d'images terribles ou gracieuses, toujours vives et souvent sublimes; il personnifie tous les agents naturels, et donne à tout un corps et un langage. Son récit n'est qu'une suite de tableaux, et nous voyons tout ce qu'il décrit. Mais lorsqu'il raconte la création même de l'univers, ce fait général, ou plutôt cette manifestation réelle et sensible de la cause première, cet acte qui ne peut être représenté par aucune image, puisqu'il a fait éclore tous les corps^ et précédé toutes leurs images; cet acte que l'entendement seul peut concevoir, et que l'imagination ne saurait se figurer, tout dans ses expressions est idée, rien n'est image, et un style sans modèle, parce que le sujet en est sans exemple, simple comme la volonté, et fort comme la puissance ; un style, qui lui-même est une création , nous offre en quelque sorte la traduction littérale de la création matérielle : Au commencement , Dieu créa (i ) le ciel et la terre; Dieu dit : Que la lumière soit; et la lumière fut. Mais si l'imagination ne peut se former aucune représentation, aucune figure de la création; Tentendement conçoit, et même avec clarté, que ce qui n'a pas Texistence par lui-même a dû nécessairement la recevoir, et n'a pu la recevoir que d'une cause existante par elle-même , et , outre cette raison générale tirée des plus hautes et des plus distinctes perceptions de Tintelligence, il trouve dans Thomme et son langage, la société et ses lois, les peuples et leurs traditions, les motifis de crédibilité les plus puissants de tous ceux qui peuvent subjuguer la raison humaine.

L'écueil contre lequel viennent échouer la plupart de ceux qui nient l'intelligence suprême comme cause première, ou, ce qui est la même chose, qui veulent qt/elle soit pour tot^ours dérobée à notre investigation , est le désordre qu'ils croient apercevoir dans le monde physique, ou qu'ils aperçoivent dans le monde moral, et quMls ne savent comment accorder avec la puissance ou la sagesse du Créateur. Mais d'abord il n'y a pas

(1) Le verbe ersare t pour radne le mot res, cbose, d'où ett Tenu reofi, luire les cboies, mot qui, prononcé avec raspiraUoo guUurale des Orieataux, a fait kreare^ ou creare. Le mot réaliser a aussi res pour ractoe, eC effecUTcment la création n*est que la réalisation dans le temps des idées ètamellet.do grtiid Architecte.

WB LA, QAVSÈ PBKiniBB* S89

de désordre dans les lots générales qui assurent la durée du monde physique , puisque l'univers matériel n'aurait pu sans miracle subsiter jusqu'à nous , si Tordre qui le conser\'e avait été troublé^ môme un seul instant. Les irrégularitéaparticu* lières^ réelles ou apparentes^ conditions nécessaires de Tordre général, et qui ne nous paraissent des désordres que parce que du point où nous sommes placés, nous ne pouvons considérer dans leur ensemble les lois générales de la conservation du monde, ne sauraient déranger le plan général de la création, puisqu'on voit, par exemple, les fruits de la terre mûrir tous les ans, un peu plus tôt, un peu plus tard, avec les saisons les plus contraires ; les tempêtes purifier Tair, et la dissolution même des corps servir à la recomposition de nouveaux êtres, et entrer ainsi dans le plan général de la conservation des espèces. Il est même bien peu de ces désordres locaux que Thonune ne puisse, par son industrie, prévenir ou réparer ; et le travail , cette redevance générale , cette />r«8^a/t(m de toute la vie, sous laquelle le Créateur a inféodé au genre humain le sol qu'il cultive et qui le nourrit, n'aurait plus d'objet (1), si Thooune ne devait sans cesse corriger l'infertilité locale de la terre, ou diriger vers une fin utile sa fertilité spontanée, en arrachant, à la sueur de son front, les ronces et les épines, et remédier aux dérangements des saisons, à l'insalubrité accidentelle du climat, aux ravages des eaux, même au dépérissement des produits fragiles de son industrie. Mais cette puissance que Thomme a reçue pour corriger une nature malfaisante on rebelle , souvent il Temploie à contrarier une nature bienfaisante. Les gouvernements, qui disposent de la plus grande force, après celle de Dieu, de la force de la société, en emploient beaucoup plus à accroître les richesses artificielles qu'à conserver les biens naturels; trop souvent ils oublient que TEtat a plus besoin de forêts que de manufactures, et que, si le fisc gagne à l'établissement d'une nouvelle branche de commerce ou d'industrie, la société souffre de la perte de quelques arpents de son territoire emportés sans retour par les eaux. S'il est quelques accidents auxquels certaines contrées sont exposées, dont tous les efforts de Thomme, et même tous

(1) Un peuple k qui la nature fournirait spontanément tout ce qui est aéccMaire k la sulisistance de Thomme, et qui n*aurait aucun l>esoin de travailler pour se la procurer, ne parviendrait Jamais k un haut degré de dvUisaUon ni depodleitt.

JIO jn ÏA iûkVn BIIB1CIÈBI.

les^neyeaB daB^owrenieBeBtey ne f&awùi-paètrBiiit^iM^véfpàr 'Mr les fmiMies efl«A8,<^e8t >qufil est pent^étreuvmi de dke^pie ./dans tiD état de* société iplus^sinple etphiApvèsde la^Milme MgiotUe, lliûnune devrait laisser au parcoure 4e8«oiina«i »ces iemsr^^qoidéoeÊfent ieurthabiitmtty'eiq^ele Créateur pe«t- )èlre n'ATftit pas faites fiour être la dememie de créatures b«maines. Ainsi, éaos >un vaste édifiée , toutesies pièces xfvi ie rcompo6ent>ne sont ?pas destinées A Ithabitation du .mettre ;^t , petttr^re estroe «m désordre .^énétaLdans l'administraiion des eËtsts, et dont les passions des bonupes sont .la^première «mh^, ^que des gouvernements, qui peuvent oonquérir des royammes, rAe puissent transporter et «établir ailleurs les habbaiits ^d'iui villaige raenaeé par /la ehute d'une montagne, ou r«niptieii .dfun volcan (i ). Après tout, les maux physiques, naénie les ,plus insupportables, se terminent à la mort, que nous bAtons rious.par nos passions; à laiaioct,'effirayante >sans.deHle peur rima^^tion, maisoiila misen, mémedépouivue dealuaiièws de k.religion, voit moins un aoal qu^unenéoesaitéytet la pMrmière condition de toute existenœmatéDÎelle. Le désorére loojal, l'erreur et le crime, est proprement le seul ^éaaadre.de Jfunivers; mais ce désordre 'est^enooce une suite «éoaasaîre de fia loi ^énèsale H naturelle du libre arbitre , attcibut eseontiel ide Vtmmanité, at même le preoûer titre de la digmléde ifbomme. Et comment pourraitril prétendes au jnévite de la yi&du, s'fil n'avait pas la triste faculté ^pvéSérer le irioe,^ Qulii UA boa comme l'eau est «UquideiOula pieire .peauMleî Q'ieatïasse^ pour justifier la sagesse /et la boulé >(|U)(kéaleur, <ifu'il ^ait )mis dans le cœur, de rjM>mme Je4ésir {général du bien, fdaos son espt it des biwièDesjsufiisantes pouTfle comi«ltie>(da»s ia^aoeiété d^ jeeours efOeaoes pour l'opénar.

:Un prince , qui, pour condnire les voyageurs à sa viyOe .-cnpiitale, fait/peroer desiroutes à travers les forêts, construire des lobausséesisur lesmarais, et des ponts sur Jes rivièms^ inst^il M^poBsaUe de la peirle des iimprudents , <|ui > dédsîgmnt les ^eeoours.qui leur sont offerte, ont .piéférécde a'^égaver dawfd^ .«antiers impraticables^ de passer les Oeu^Mis li hitmg^ an de ^'enfonotf* dans les marais? Cette eompnaaisQii ipeut xuAÊêe nous fournir quelques lumières sur l'accord du libre lœbitre de

(l)/U Mrimi6rnV#t 9iVQs^ iiauwi de c(is,riâanaret«i ses ;b>hitalr> dan^ iliis)qass.c<intrèes, souOreat du ^oisiaaseidejiiusîbil^^ttiiiati»ment UaTaille, depuis longtemps, U les dentekflpr*

.fiuMBae.«rec b lotoalé de BîM.t'ear }b (fttku^,*éÊm^tHe -flqfrpoflition, « ooci/u^ianiKeriaiiB J6ftiniiclB,iat iméfoe-d^iuie «o- Jouté tffkme (s^'ils ^milMt à Jaiir (ioiir^y^)oo|iénr), ^iiiH|iie 'oette volonté J^a éétwwné rà ;de cfBtafe MorifiocstpQuc «mistr Jenr ^vie, «tiqu^il atpiis^tàcei ««ffat, ilas^nayens .tnffttUS»leB;'il anift i^dù, poartlestfafctfr à suivre la reitle qu'il leur:attBicée^ jfèiMrla lihHTté quffl (tOKt ihaaime d'aikr.etde venir oùImvi .hûjfemUe^.e^le^ÛbertÀjqtti oomAiliie k oature de.rhomiiieittt rétat du citoyen ; mais il a dû présenter à leur intelligeoae«9e màan ifbm que ^MÊêUkanteàfi cbam,^X.èL leur; amour tiatiirel poBr enxHntaas ;les Dwtifs d^aspoir ou deeraiate les :fin îpiiiMiil&;.etiniéaerea^wf|Niaant qoSl eùt.pvévu que^quelqpiis •fajrBgeon^refineraiartt de profiter<de HMs^bieiifaits^ U'ii'auniit fo^employer ^ tpour les <y eontraàttdDe , d^ UK^eos ooaatifiB, iiBOs .boMlevciaar îFoitige poUic^^t coBstîiuer (tous îles .siijats •éii» un état d^easkiv^^e ineompatible Avecla-eonatitution 7iiatnralleide rhûmme, et)de rh0aime»«n<8Ocié|é..On pftntea- Buquer encore, daas eet. exemple, la AécesaHé de laraocqiéjntion.dela 'voloatédtt.voyagaur)à la volante djipnnoeL, tat •aoQinieiittceloiKsi dirifeile ohoixàn voyageur saiis^le.M»tramdre, et prévient sa volonté sans:lax/bf oer,

Cattetoeniparaison^me porattimème tout à bit daos'i'esprit^ tetnéme dansb lettre dès.Uvres aaînts quiampelleat la^vîe de VkoKnme^wtv^age, et ae démènent jainaiaijueipaff le Roande -Misybs desseins de Dieu et.b ooodsUe^de rbcânne. JejfiiAs ipiMne'réflazîoa.

On dîcaît qucnous avoiis.deiiK.espritadifféreiito,<at(CCimiiie ideuxioiéthodas oppoaies.de fogemeot^iiiiie pour bs<Aîela4e iplq«iqBe> l'auire«poiir(Ies.chotes.de'monife.

)fin physique, on a fréquemment recours àdes «egeotsiiavilaiUespomr.exptiquerles phénomènes ouibil&iqDf^^ deib :mtaie. Ainsi,. loisqo'on» veut, ptur^wcample, saadre.'caisoiude ib tendanoe qui soUieifteieeclaiBs^orpsjàse mpproaber«uiàdie *fair,-.on;BKlm6tun'flaide»kiabiMeyon:eaadmeideiix;iO^^^ .peie dnisJaimaftiève, ije«iie .dbtpas d6& ^iiatirtff oeaUlar, facae fqiiBfae!iiMitae^preiHdensmamm$e part, mabdes;/<wM»ci«lai/af^ «desAttraclîon&jet des 'répiiUoaB:;>aii altiilwe ii^des .moléoiiba nhiokiiM at jnyaraeptihte^ y!maB9assUlla6îà.toii& <w)s.aeps, à^ ifgwas» détermiafas, des disposîtiaBs «onatante^; on '>a(iumet ancalaal .leunsrmouveiiNiilsiat'lauiB diredians, atxbNitiin 3systèam4d0 oewtaîfTMnoasipbyiqttes la'iélèYe iÊÊriun ipmni lejk^ r fUêbféaipmiéiéidmnid.JiÊrikiÉu4fM^

9tt 9B LA GÂUSB PBBMIÈU.

voir percer. Ce sont le» propres expressions de M. de Hafty, eQ parlant du système de Newton; et certes , s'il est une hypothèse de physique qui mérite d'être mise en parallèle avec le système entier des vérités morales, c'est sans doute celle qui embrasse et explique le monde des mouvements, comme hi morale comprend et règle le monde des actions; celle que nous devons au puissant génie qui a déterminé les lois et analysé les effets de la lumière, cette image sensible de toute vérité.

Et cependant, malgré le nuage qui se trouve sur le fondement même de l'hypothèse de Nev^n, ntr ce point que son génie n'a pu percer, c'est avec raison, sans doute, que ce philosophe, et ceux qui ont adopté ses opinions, ont admis cette force secrète au moyen de laquelle ils ont expliqué toute la mécanique céleste y et dont l'existence leur a paru suffisamment justifiée par le calcul des mouvements réels ou apparents de ces corps immenses, dont la masse, la distance, la vitesse, épouvantent jusqu'à l'imagination, et accableraient la pensée de leur infini^ si l'homme, forcé de plier sous lês méthodes d'investigation qu'il s'est créées , n'appelait la raison de la géométrie au secours de sa propre raison.

L'existence d'une cause première, toute-puissante, souverainement intelligente , qui a tout fait et tout ordonné dans le monde moral et dans le monde matériel, qui a donné des lois à la société des hommes, comme elle en a établi pour la génération des animaux et la végétation des plantes, est aussi le point fondamental de la science morale. L'imagination , qui voudrait se figurer tout, et même ce que la raison seule doit concevoir, trouve aussi sur ce point un nuage que tous ses efforts ne sauraient percer; mais ce point supposé donne aussi la raison de tous les phénomènes du monde moral : il explique l'homme et son intelligence, la société et ses lois, les peuples et leurs traditions; il explique l'inexplicable accord de toutes les sociétés, même les moins avancées, sur les lois fondamentales de Tordre social, malgré la diversité des temps, des lieux, des climats, la variété des événements, l'opposition des mœun et des intérêts; il explique cette idée universelle de la Divinité exprimée dans toutes les langues , cette disposition générale à figurer la Divinité qu'on retrouve chez tous les pépies, ce sentiment unanime de la Divinité manifesté par une action publique dans tous les cultes ; il explique la pensée uniforme de tous les législateurs, au moins jusqu'à ceux de nos joun qui

Iffi LA. GAVSB PBSMIÈBX. S93

ont, avec raison, fait intervenir la Divinité dans les lois qu'ils donnaient aux hommes (4); il explique enfin la croyance in^ mémoriale de toutes les sociétés qui ont appelé la Divinité aux traités les plus solennels des nations comme aux actes les plus familiers de la vie , et qui l'ont regardée comme l'arbitre su* préme des événements, le juge des actions humaines, la puissance vengeresse du crime, et rémunératrice de la vertu.

Cette uniformité dépensées, de sentiments, de croyances, d'actes extérieurs au milieu de toutes les révolutions, et malgré la légèreté de nos esprits, la mobilité de nos jugements, la violence même de nos passions, est aussi un phénomène, un fait visible, aussi certain, aussi constant que le cours des astres et la succession des saisons.

La raison, conduite par l'imagination, admet l'existence d'une gravitation invisible, avec laquelle elle explique les faits apparents ou les phénomènes du monde matériel.

Pourquoi la raison ne veut^elle pas croire, sans le secours de l'imagination, l'existence d'une cause intelligente, inaccessible en elle-même à nos sens, mais qui seule explique les faits certains ou les phénomènes du monde moral? Encore faut-il observer que le problème de physique générale résolu par Descartes et Newton l'a été diversement par ces deux savants; qu'il n'est pas rigoureusement démontré qu'aucune autre hypothèse ne puisse être proposée > et que celle qui a prévalu, toute probable, disons mieux, toute certaine qu'elle est, n'est encore que Ihypothèse d'un homme et d'un siècle , au lieu que le problème de la cause première , semblable en quelque chose aux problèmes résolus par l'analyse, ne peut absolument recevoir que deux solutions, l'une positive, par l'existence d'une intelligence suprême, et qui a pour elle l'autorité de tous les peuples et de tous les siècles; l'autre négative, par le mouvement fortuit et spontané de la matière éternelle, opinion hasardée dans l'antiquité par quelques hommes sans génie et sans morale, et que repoussent également la raison des hommes les plus éclairés, le bon sens naturel de tous les hommes^ et toutes les inductions que Ton peut tirer de l'analogie et de l'expérience.

Il ne faut pas chercher ailleurs qu'en nou3-mémes la raison

(1) Lorsque Numa, par exemple, voulant donner des lois au peuple romain, supposait des entretiens secrets avec une divinité, il trompait llmagination des hommes, mais il n'égarait pas leur raison; caria pensée k de bonnes lois est un entrelieo avec la Divinité de qui elles émanent.

MA lUB Lk G4VS1 matilaB.

de l'ineoBséquMce àa me f ugemenU. Noaf JugetM de la pbysiftte evee notne raisoa, «I de ia morale mwc nés passions. Vous admetUvtt sam peine dea opiaions qui ne deaaadent d'effort fue de la iaeutté de penser, les tourbiifapB de OescaKea •oenine raiimciion.de sea rivat^ le syslène de Ptolémée cemaie cebii de €openMc. Nous repoussons avec cbatinatioD des croyances <|ui exigent quelques sacrifices de la faculté de jMlir, prêts à combattre les vérités physifues les miess con^ taiées, si elles contrariaient aos penchants , ou à aooueiUir les opinions de morale les phis suspectes^ si elles ne ré|Mignaieiii fu'à notre raison.

Dans l'étude des vérifiés physiques, Tesprii eliescbe des ino* tifs de croire ; dans Tétude des vérités morales, le cœur, à notre insu, cJierche des motifs de ne croire pas, et avec cette disposition on trouve toujours assez de motifs d'admettre tes unes et de rejeter les autres ; «et c'est ce qui fait les enthousiastes pour les systèmes de pliysique les plus nouveaux, et souvent les plus étraages, et les incrédules pottr les véâkésde la morale les plus aoeiennes et les plus autorisées.

Lie rapprochement que nous avons fait des syatèmea de physique et des vérités morales nous conduit naluoellement à uae ^haervatioA.

Newton recMnut la aéoeaaiAé d'on élre înleVigent , paemier moteur du mouvement universel, comme une conséfuence de son faypottièse. « U s'élevait , dit M. llaùy, jusqu'à 1 idée d^aa » créateur et d'un premier moteur de la maAière^ enaedemaaa dant h ka^môme d'où vient que ce soleil et leS'Corpa plané* » taires gravitent les uns vers les autres sans aucune matière a dsnse intermédiaire : » et sans doute oette actioi à dùtanct 9i prodigieuse, lui parut tenir de la nature des eeprits autant que de eelle des cc»ps. Effectivement, le système de Newtoa, traduit en poésie, se prêterait, ce semble, mieux que ilout autie à oetie4)|ûfiiian antique qui donnait «un esprit céloite fKmr BMh leur et pour guide à ohaque planète.

Descartes, au contraire, avait fait en quelque aoiie^ nu mouvement des corps célestes, une application du ajfalèmefMirtidilier d'Epicure, et les atomes se mouvant eu tout sensdaas l'espace JM) dURvent guère de la matière subtite, toivUllonnaot en tout sens. Comment se fait-il, d*un côté, que les principes de Newton, si universellement adoptés^ si savamment expliqués, n'aient pas conduit tous les physiciens à la conséquence morale que ce grand bomme en a déduite, «t de l'autre, que

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