DE LA SOCIÉTÉ
Le genre humain a commencé par une famille, et la preuve en est sensible, puisqu'il continue par des familles; et que, si on pouvait le supposer réduit à une famille , il suffirait d'une famille pour le recommencer.
Trois êtres semblables, puisqu'ils appartiennent tous à Thumanité, mais non égaux , puisqu'ils ont des fonctions différentes, père, mère, enfant, constituent la famille : constitution naturelle et nécessaire, puisqu'on ne peut supposer la famille composée de plus ou de moins que du père, de la mère, et des enfants.
La famille est donc essentiellement monogame, c'est-à-dire formée du seul mariage d'un homme ^td*une femme.
La polygamie, ou plusieurs mariages successifs, est non une famille , mais plusieurs familles puisque chaque mère fait la sienne (i).
^ (1) Monogamie^ polygamie^ ne veulent pas dire uae ou plusieurs femmes, mais un ou plusieurs mariages, sans que les précédents aient été dissons par la mort. Aussi, Théodore de Bèze, un des chefs de la réfor* matkm, a intiUilé un tnilé sur le divorce : De PolygamiA «eu DivorUis,
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Nous traiterons des effets de la polygamie en parlant du divorce, qui est une polygamie actuelle ou éventuelle, puisqu'il permet à rbomme d'avoir une ou plufiieuis femmes du vivant des premières.
Ce n'est encore là que la famille, rapprochement d'êtres physiques pour la production d'un être semblable à eux.
Hais le genre humain «e eonripose aon des êtres produits, mais des êtres conservés; la brute vit passagèrement en famille, mais seulement pour la production de ses semblables, et non pour leur conservation, et, une fois la production assurée, le père, la mère^ les petits vivent étrangers les uns aux autres et ne se reconnaissent plus.
Hais, ^ la brute vit passagèrement en famille, pour la production de ses semblables, l'homme, être moral, doit vivre en société pour la conservation des êtres que la famille a produits. L'animal natt parfait , et n'a rien à apprendre , pour sa conservation, des animaux de son espèce ; l'homme nait perfectible, et a tout à recevoir de la société de ses semblables, car il ne peut se conserver au physique ni au moral que dans sa perfection relative ; et, de même que le gland périt s'il ne devient chêne, Fenfant périt s'il ne devient homme.