DU PRINCIPE CONSTITUTIF DE UL SOCIÉTÉ
tien 9 par le moyen ou le ministère de la mère, qui concourt à l'àGCompliasemeDi de la volonté et de l'action du powoir.
L'enfant tujel à cette volonté et à cette action est, pour la production comme pour la conservation , le produit de Pua et de Tautre, et procède de tous deux.
Ainsi, aux dénominations physiques et particulières dep^, de mèrey d'enfant, communes aux familles même d'animaux, substituons les expressions morales et générales de ptmveir, minigtre, ftyjet, qui désignent l'être intelligent, conviennent à la société et même à toute société, «t ne peuvent convedir qu'à elle.
Pouvoir, ministre, sujet, sont les /^erjomiessocialeSy appeléis PERSONNES, quia per se sonant , c'est-à-dire parée que leur nom seul indique leur rang et leurs fonctions.
Nous pouvons donc à présent opérer avec ces expressions générales, qui représentent toutes les personnes dans toutes les sociétés; rendre, au moyen de ces expressions, raison de tous les accidents des sociétés, et résoudre tous les problèmes qu'elles présentent. C'est ainsi que les géomètres opèrent sur toutes les quantités avec des signes généraux, qui leur servent à exprimer toutes les valeurs particulières, et à résoudre avee des fcNrmules tous les problèmes de l'analyse. Il y a toutefois eette dUiérence à l'avantage de la science politique , que lai signes a, b, x, y, ne disent rien à la pensée, et sont une lettre morte qui ne parle à l'esprit que lorsqu'on a substitué à leur place des valeurs concrètes et particulières; au lieu que les expressions /«tivoir^ minisire, sufety offrent toutes seules àla pensée un sens piécis et déterminé; et de même que les géi^ ■sètres parviennent, par le secours de signes, à des résultais qu'ils n'auraient «pu obtenir ou n^auraie&t obtenus qu'aivec Ai grandes difficultés, eten <4>érant directement «par des démons» initions compliquées d'arithmétique on de géométrie Unéain), inr les quantités particulières de nombres ou d^étendue, je croie que nousipourrons aussi, en opérant avec les expressioiis généiules de pouv9ir,ministre,sujei, donner une solution sati»fiûsnnte de tous «les phénomènes , même les (plus ainguliemy qw présente l'état social, ancien et nioderae;'et,peut-éCfe bous arrivera-t-il, comme aux géomètres, d'être conduits à des ré- •ultats inattendus et d'unefprande importaaee.
•L*lHimme, intéUigenceservie'psTdmcrffan;fs,'etAwt^'tmM ou en communication avec ses semblables, avec lotit ce quH est et tout ce qu'il a, avec son être et son avoir ^ son intelligence
459 DÉMOI95TRATION PHILOSOPHIOUB
et ses organes ; par conséquent avec Texpression oi^aniquede son intelligence y je veux dire la parole, premier moyen de toute conservation , de toute perfection, de toute sociabilité; parole qu il transmet à son enfant, comme il Ta lui-même reçue de ses parents, et ceux-ci , en remontant de génération en génération, de la première famille, qui n'a pu elle-même la recevoir que d'un être hors de l'homme et supérieur à rhomme (I).
L'enfant reçoit donc de ses parents Tinstruction de la parole, et avec la parole la connaissance de tout ce qu'il lui est néces* saire de savoir ou la faculté d'acquérir cette connaissance; car, si on ne lui parlait pas, il ne parlerait pas lui-même, et les sourils-muets ne sont muets que parce qu'ils sont sourds, et n'ont pas entendu la parole.
L'homme nu naît pas, comme la brute, vêtu et armé; il n'a pas reçu de la nature cet instinct de conservation personnelle, qui, sans éducation de leçon, ni même d'exemple, fait discerner à l'animal ce qui lui est utile ou ce qui lui est nuisible, et lui fait chercher sa proie ou éviter son ennemi ; Tanimal, je le répète, naît parfait, et ce que nous lui apprenons est pour nos besoins ou nos plaisirs, et non pour les siens : l'homme naît perfectible; il faut qu'il apprenne à vivre, qu'il juge par son intelligence tout ce qui est nécessaire à sa conservation , qu'il combatte par l'action de ses organes tout ce qui s'oppose à l'ac* complissement de ses besoins ou au développement de ses facultés. 11 faut donc qu'il apprenne tout de ceux qui Tont précédé dans la carrière de la vie, qu'il apprenne à parler pour apprendre à exprimer ses pensées, et pour les autres et pour lui-même; il faut donc qu il écoute et qu'il o^ixse; et jele demande aux matérialistes, qui ne voient dans l'homme qu'un animal un peu mieux organisé que les autres, comment expliqueront-ils ce pouvoir paternel, cette tendresse maternelle, ce respect filial dont la grossière apparence ne survit pas dans l'animal, au temps si court de la gestation et de l'allaitement, après lequel père, mère, petits ne se se reconnaissent même plus, et qui, dans l'homme civilisé, plus encore peut-être dans l'homme sauvage, forment, entre les membres d'une même
(1) Voyez les Beeherche» philosophiques sur tes premiers objets de nos oonnaissances morales^ par l'auteur de cet écrit. Il D*y a, ce semble, rien de mieuK démontré que la nrcessité d'une première transmission da langage, puisque sous nos yeux iVnfant purle indifiëremment toutes les langues qu'U entend parler, et qu'U ne parle pas sll n'en entend aucune.