DU PRINCIPE G0NST1TUTIP DE LÀ SOCIÉTÉ
famille, des nœuds si étroits, des liens si doux et si forts, aussi durables que la vie des enfants, et qui survivent même à la mort des parents? Je demanderai à ces philosophes qui ont enseigné que l'enfant ne devait rien à ses parents, qui, dans leur union, loin de songer à lui, n'avaient pensé qu'à leur satisfaction personnelle, pourquoi tous ces sentiments d'obéissance et de respect, qui ne semblent pas dans la nature de Thomme et coûtent souvent à ses inclinations? N'en doutons pas, une voix puissante a été entendue d'un pôle à l'autre : « Tu honoreras » ton père et ta mère, » elle retentira jusqu'à la fin des temps, et elle seule a tiré la famille humaine de l'animalité , et Ta élevée au rang de société.
Le père, pour la conservation ou l'instruction do l'enfant, est donc pouvoir, comme il l'a été pour sa production. La mère n'est pas pouvoir^ mais autorité, puisqu'elle a besoin d'être autorisée par un époux , et qu'elle est chargée , par la nature, de la première instruction de l'enfant, comme de sa première nourriture; elle est aide et ministre de l'homme, et dans l'abaissement ou le mépris de tous les pouvoirs, même du pouvoir paternel, qui caractérisent toutes les révolutions, l'autorité maternelle est encore respectée.
Ce sont des faits que nous avons tous sous les yeux, des faits confirmés par les mœurs et la législation de tous les peuples, et dont la raison démontre la nécessité.
Mais trouve-t-on dans l'histoire des premiers âges du monde la preuve et l'origine de cette autorité maternelle, de ce ministère de la mère, de sa dignité, à côté de son époux, enfin de ces relations de pouvoir, de ministre, de sujet , qui forment la constitution de la société domestique ? Ecoutez. Dans le livre où sont racontées les origines du genre humain, et le plus ancien dont nos ayons connaissance, il est dit : « L'homme » quittera son père et sa mère pour s'attacher à sa femme; ils » seront deux dans une même chair; elle est l'os de ses os, et la 0 chair de sa chair. Faisons-lui , dit le Seigneur , une aide » semblable à lui ; » cette aide s'appellera d'un nom qui marque l'homme, virago; sur quoi M. de Sacy observe que co mot ne peut pas se traduire en français et qu'il est tiré de vir, comme pour exprimer le rang de la femme à côté de son époux. Peut-être ministre est le mot qui le traduit le mieux [\).
(1) Les Anglais appeUcnt la femme icomen, homme de mal, de malheur, Je souffrance, de woe, qui veut dire mal, douleur, souffrance, et de mari,
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Qu'on y prenne garde ^ et cette observation revi^idra plus d'une fois dans le cours de cet ouvrage , je n'ai pas eu besoin de recourir à Tauforité des livres saints pour y trouver la preuve de ce que devaient être les personnes de la société domestique ; mais , après avoir constaté comme un fait évident et palpable ce qu'elles sont^ j'ai cherché à démontrer que ces faits étaient conformes à ce que les livres sacrés nous apprennent des origines de l'homme et de la société.
Après avoir distingué les unes des autres, les personnes de k société domestique , nous allons examiner les caractères de chacune d'elles.