‹ Recherches philosophiques sue les premiers objects des connaissances morales: DémonstrationChapitre 47 sur 68 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

m Là imiAlCIlIt DESMTIOUE VT Dl Là HOIIABCBIB fiLBCTIVB.

Un eiempla qui ertseusnoB feus mettra dansle plw giaad jour cettfi (Ustinotioa entre oea deux monarobiM; eer il n'y t de vraie et de bonne théorie politique que eeUe qu'on peut sur-le-cbamp réduire en application.

La monarchie légalement de4K>tiquei telle qu'elle exiile en Orienta et plus près de nous en Turquie , et la wonarehîe élective telle qu'elle existait eq Pologne j aoni celles où deux des trois personnes^ lepaïamr et se^ mmiilrai, sont distttctes» mais ne sont pas homogènes.

Ainsi, en Turquie ^ le pouyoir est hévèditaîre» et les ministresj oflSciers, ou agents, comme on voudi» tes appeler, sont amovibles, et rentrent par un caprice du suHan dana les conditions privées d'où un autre caprice les a Cait sortir.

En Pologne, au contraire, le pouvoir était électif ou viager, et ses ministres, ou la noblesse, étaient héréditaires.

Ces deux causes diamétralement opposées ont conduit cea deux États au même résultat : faiblesse du gouvernement et oppression des peuples, en Turquie, par la violence de l'adr ministration; en Pologne, par sa faiblesse oa sa nullité.

L'éligibilité du roi, qui avait en Pologne remplacé rhérédilé, ne s'y était pas introduite sans motifs. Entourée de voisins barbares toujours armés et perpétuellement agresseurs, la Pologne avait continuellement besoin moins d'un roi que d'un général d'armée ; et les chances de la minorité, de la jeunesse ou de la faiblesse de caractère de son souverain, étaient pour elle un danger de plus. Ces mêmes chances, autrefois sans eonsé^ quences décisives dans les États mieux situés , sont devenues plus menaçantes pour les monarchies là où une politique étroite

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et jalouse a^ sous de vains prétextes ^ supprimé le lieutenant perpétuel et inamovible de la royauté, le premier officier militaire de la couronne, général né de ses armées, dictatear perpétuel, le connétable, et que les rois se sont ainsi coupé le bras qui tenait leur épée; cette épée, qui, entre les mains de simples gentilshommes, avait plus d'une fois sauvé la France, et entre les mains du premier prince du sang, révolté contre son souverain, n'avait pu Tentamer. L'office de connétable était une institution purement défensive , et c*est en cela qu'elle était tout à fait monarchique : aussi il est à remarquer que c'est à la veille des longues guerres et des grandes conquêtes de Louis XIV qu'elle a été abolie.

Hais dès que les Barbares voisins de la Pologne ont été repoussés de ses frontières par Téloignement des Tartares, la décadence de l'empire ottoman et les conquêtes de la Russie, les troubles de l'élection d'un roi , et les facilités qu'ils donnaient à quelques puissances de lui imposer un maître^ se sont fait sentir. aLaPolognedit J.-J. Rousseau, tombait en paralysie B cinq à six fois par siècle, d Sans roi qui ne mourût pas, sans direction uniforme et perpétuelle, sans indépendance, carlindépendance d'une société n'est que l'indépendance de son pouvoir, comme l'indépendance d'un individu n'est que Tindépendance de sa volonté ; sans gouvernement enfin, la Pologne était dans une véritable anarchie; elle n'était un royaume que sur la carte, et une république que sur les protocoles de sa chancellerie. Elle n'était à proprement parler ni monarchie; ni aristocratie, ni démocratie ; elle était tout cela, si l'on veut, ou plutôt elle n'était rien, et les puissances voisines s'en sont partagé le territoire comme un pays abandonné, et qui appartient au premier occupant. Heureuse l'Europe , si les puissances co-partageantes, consultant la politique de la morale, plutôt que celle de leur ambition, se fussent accordées à imposer à la Pologne, et même s'il eût fallu , malgré elle, une famille royale; eussent consacré ainsi, par un grand acte politique, la loi fondamentale de la société, l'hérédité du pouvoir, et n'eussent pas donné.au monde le fatal exemple d'effacer de la carte, et de r^uire à l'état de province, ce vieil et noble enfant delà chrétienté! Heureuses les puissances, si elles eussent laissé entre elles ce grand corps dont l'interposition amortissait les coups qu'elles peuvent se porter! Heureuse, enfin, la Pologne, si ses grands, au lieu de demander une constitatiott à l'auteur du Contrat social^ qui ne pouvait que la jeter

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