LA PLANTE DANS SA PHASE DE VIE LIBRE
Germination. —— Placées dans les conditions favorables de chaleur et d'humidité, les graines denos Cuscutes indigènes, C. Europœa.C.Epithyinum, et,en général, celles de toutes les petites espèces (Homostylées), germent au bout d’une huitaine de jours environ ; une température de 10 à 12 degrés leur suffit. Les espèces intermédiaires (Hétérostylées), comme le C. Gronovii, le C. Chinensis, demandent quatre ou cinq jours seulement et la température la plus favorable est de 18 à 22 degrés. Enfin, la germination des grandes espèces (Monostylées) est plus rapide encore : par une température de 22 à 25 degrés, deux ou trois jours suffisent pour que les graines bien mûres du C. Japonica et du C. monogyna entrent en germination. Des graines du C. Japonica par 26 degrés ont pu germer en vingt-quatre heures. Avant la sortie du germe, la graine se gonfle et acquiert environ le double de son volume.
Dans nos climats, c'est dans le mois de mai, en général, que germent les Cuscutes au milieu des champs de Trèfle et de Luzerne; la puissance germinative des graines, pour nos espèces indigènes, paraît être très affaiblie au delà de six années.
L'extrémité radiculaire de la jeune plantule se fait jour à travers le micropyle et s’allonge peu à peu. Elle a la forme d’un petit corps renflé terminé en pointe. L’allongement de ce corps est de peu de durée; la tigelle s’allonge de son côté, en sortant peu à peu de la graine qu'elle porte parfois assez longtemps à son sommet (PI. 1, el, 2,6 4450, do)
Croissance de la plantule. — La plantule a la forme d’un filament mince, terminé à sa partie inférieure par une région légère-
SUR LES GQUSCUTACÉES. 15
ment renflée (PL. 1, fig. précédentes, C. Epithymum, C. Japonica). Cette extrémité s'enfonce dans le sol d’une très petite longueur, parfois deux millimètres seulement pour les grandes espèces, ce qui suffit pour supporter le filament.
Quelquefois cette région renflée, recourbée presque horizontalement, au lieu de s’enfoncer dans le sol, s'appuie simplement sur lui. La plantule, après avoir épuisé les réserves de la graine, s'accroît peu à peu au moyen des matières que retire du sol sa petite racine rudimentaire dont la vie est très éphémère. Avant même de s'être débarrassée de la graine qu’elle porte à son sommet, la tige filiforme commence ses mouvements de nutation, provoqués par la croissance inégale et variable le long des diverses génératrices de la surface. Avant d'être complètement dressée, la tige de toutes les espèces est infléchie à son extrémité en une sorte de cambrure ou de boucle. La fig. 1 représente l'extrémité d’un jeune filament de C. Japonica ainsi recourbé en une boucle qui peu à peu se défait jusqu’au redressement complet de la Fe En a, l’anneau est bien fermé ;