CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SLR LA MORT
J’ai exposé dans la première partie de cet ouvrage les deux grandes divisions de la vie générale ; les différences notables qui distinguent l’animal vivant au dehors pour ce qui l’entoure, de l'animal existant au dedans pour luimême ; les caractères exclusivement propres à chacune des deux vies secondaires, animale et organique; les lois particulières suivant lesquelles toutes deux commencent, se développent et s’éteignent dans Tordre naturel.
Je vais m’occuper, dans cette seconde partie, à rechercher comment elles finissent accidentellement, comment la mort vient arrêter le cours avant le terme que la nature a fixé pour leur durée.
Telle est, en effet, l’influence exercée sur elles par la société, que nous arrivons rarement à ce ternie. Presque tous les animaux l’atteignent, tandis que la cessation de notre être, qu’amène la seule vieillesse, est devenue une espèce de phénomène. La mort qui survient accidentellement mérite donc de fixer particulièrement notre attention. Or, elle arrive ainsi de deux manières différentes : tantôt elle est le résultât subit d’un grand trouble excité dans l’économie; tantôt les maladies la font succéder à la vie d’une manière lente et graduée.
11 est, en général, assez facile de rechercher suivant quelles lois se terminent les fonctions à la suite d’un coup violent et subit, comme, par exemple, dans l’apoplexie, les
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CONSIDÉKATtONS GÉNÉRALES SUR LA MORT. H9
grande's hémorragies , la commotion, l’asphyxie, etc., parce que tous les organes, étant alors partaitement intacts, cessent d’agir par des causes directement opposées à celles qui les entretiennent ordinairement en exercice. Or, comme celles-ci sont en partie découvertes, leur connais^ sance conduit à celle des autres d’une manière presque nécessaire ; d’ailleurs, nous pouvons imiter sur les animaux ce genre de mort, et analyser par conséquent, dans nos expériences, ses phénomènes divers.
Il est, au contraire, rarement en notre pouvoir de produire artificiellement, dans les espèces différentes de la nôtre, des maladies semblables à celles qui nous allligent. Nous aurions cette faculté, que la science y gagnerait peu : les lois vitales sont en effet tellement modifiées, changées, je dirais presque dénaturées par les affections morbifiques, que nous ne pouvons plus alors partir des phénomènes connus de l’animal vivant, pour rechercher ceux de l’animal qui meurt. 11 serait nécessaire pour cela de savoir ce qu’est cet état intermédiaire à la santé et à la mort, où toutes les fonctions éprouvent un changement si remarquable, changement qui, varié à l’infini, produit les innombrables variétés des maladies. Or, quel médecin peut, d’après les données actuelles de son art, percer le voile épais qui cache ici les opérations de la nature ? Quel esprit judicieux osera dépasser sur ce point les limites de la stricte observation î
Nous aurons donc plus égard, dans ces recherches, au premier qu’au second genre de mort, Celui-d ne nous occupera qu’accessoirement ; il faudrait d’ailleurs, pour bien en analyser les causes, une expérience médicale encore étrangère à mon âge, et que donne seule l’habitude d’avoir vu beaucoup de malades.
La première remarque que fait naître l’observation des espèces diverses de morts subites, c’est que dans toutes la vie organique peut, jusqu’à un certain point, subsister, l’animale étant éteinte } que celle-ci, au contraire, est