ARTICLE II
DE l’iSFUJENCE que LA MORT DU COEUR EXERCE SUR CELLE DU CERVEAU.
J’aurai manifestement fixé quel est ce mode d’influence,
si j’établis comment l’action du cœur entretient celle du
cerveau ; car ici la cause de la mort n’est que l’absence de celle de la vie: celle-ci étant connue, l’autre le deviendra donc par là même. Or, le cœur ne peut agir sur le cerveau que de deux manières, savoir : par les nerts, ou par les vaisseaux qui servent à les unir. Ces deux organes n’ont pas, en eflet, d’autre moyen de communication.
Il est évident que les nerfs ne sont point les agents du rapport qui nous occupe ; car le cerveau agit par leur moyen sur les diverses parties, tandis que les diverses parties n’influencent jamais le cerveau par leur intermède, si ce n’est dans les sympathies. Liez un faisceau nerveux allant à des muscles volontaires : ces muscles cessent leurs fonctions, et rien n’est altéré dans celles de la masse cérébrale.
Je me suis assuré, par diverses expériences, que les phénomènes galvaniques qui se propagent si énergiquement du cerveau vers les organes où les nerfs se distribuent, qui descendent le long du nerf, si je puis m’ex-. primer ainsi, ne remontent presque pas en sens opposé. Armez un nerf lombaire et les muscles des membres supérieurs ; faites ensuite communiquer les deux armatures : il n’y aura pas de contractions, ou au moins elles seront à peine sensibles ; tandis que, si l’armature du nerf restant la même, on transporte l’autre sous les muscles des membres inférieurs, et que la communication soit établie, de violents mouvements convulsifs se manifestent à l’instant. J’ai même observé qu’en plaçant deux plaques métalliques, l’une sous les nerfs lombaires, l’autre sous les membres supérieurs, la communication de ces deux plaques, par un troisième métal, détermine l’action des J membres inférieurs alors dépourvus d’armatures, pendant { que les supérieurs ou restent inactifs, ou se meuvent faii blement.
Ces expériences sont surtout applicables au cœur par rapport au cerveau. Non-seulement la section, la ligature, la compression des nerfs cardiaques sont nulles pour les
fonctions du second ; mais elles ne modifient même qu’indirectement les mouvements du premier, comme nous le verrons.
Nous pouvons donc établir que les vaisseaux sont les agents exclusifs de l’inlluence du cœur sur la vie du cerveau.
Les vaisseaux sont, comme on le sait , de deux sortes : artériels ou veineux , à sang rouge ou à sang noir. Les premiers répondent au côté gauche , les seconds au côté droit du cœur. Or, leurs fonctions étant très-différentes, l’action de l’une des portions de cet organe sur le cerveau ne saurait être la même que celle de l’autre portion. Nous allons rechercher comment toutes deux agissent.
En nommant ces deux portions, je ne me servirai point de l’expression de droite et de gauche pour les distinguer, mais de celle de cœur à sang rouge, et de cœur à sang noir. Chacune, en effet, forme un organe isolé, distinct de celui auquel il est adossé , pouvant même ne point y être joint dans l’adulte. Il y a vraiment deux cœurs , l’un artériel, l’autre veineux. Cependant ces adjectifs conviennent peu pour les indiquer, car tous deux font système et avec les veines et avec les ai*tères : le premier avec les veines de tout le corps et avec l’artère du poumon j le second avec les veines de cet organe et avec le gros tronc artériel dont les branches se distribuent à toutes les parties. D’un autre côté, ni l’un ni l’autre ne sont exactement à gauche ou à droite, en devant ou en arrière. D’ailleurs cette dénomination n’est point applicable aux animaux. Celle à sang rouge et à sang noir, étant empruntée des deux systèmes de sang dont chacun est le centre et l’agent d’impulsion , me paraît infiniment préférable.
§ I. Détermiuer commeut ia cessation des fonctions du cœur à tang rouge inlerrompl celles du cerreau.
Le ventricule et l’oreillette à sang rouge influencent manifestement le cerveau par le fluide qu’y conduisent les
carotides et les vertébrales. Or, ce fluide peut, en y abordant , l’exciter de deux manières : 1® par le mouvement dont il est agité ; 2® par la nature des principes qui le constituent et qui le distinguent du sang noir.
Il est facile de prouver que le mouvement du sang, en se communiquant au cerveau , entretient son action et sa vie. Mettez en partie cet organe à découvert sur un animal, de manière à voir ses mouvements; liez ensuite les carotides. Quelquefois le mouvement cérébral s’affaiblit , et alors l’animal est étourdi ; d’autres fois il continue comme à l’ordinaire, les vertébrales suppléant exactement aux artères liées, et alors rien n’est dérangé dans les fonctions principales. Toujours il y a un rapport entre l’énergie vitale et l’abaissement et l’élévation alternatifs du cerveau.
En général, l’oblitération des carotides n’est jamais subitement mortelle. Les animaux vivent sans elles, au moins pendant un certain temps. J’ai conservé en cet état, et durant plusieurs jours, des chiens qui m’ont servi ensuite à d’autres expériences ; deux cependant n’ont pu survivre que six heures.
Si, à la suite des essais dont je viens de parler, une portion du crâne est enlevée dans un autre an'mal , et qu’on intercepte le cours du sang dans tous les vaisseaux qui vont à la tête, on voit aussitôt le mouvement encéphalique cesser, et la vie s’anéantir.
La secousse générale , née de l’abord du sang au cerveau , est donc une condition essentielle à ses fonctions. Mais appuyons cette assertion sur de nouvel.es preuves.
1® Il est une foute de compressions qui ne peuvent évidemment agir qu’en empêchant l’organe d’obéir à ces secousses. On voit souvent une collection purulente ou sanguine , une esquille osseuse, etc. , interrompre toutes les fonctions relatives à la perception , à l’imagination , à la mémoire, au mouvement volontaire même. Qu’on enlève ces diverses causes de compression , à l'instant toutes les
PAU CELLE UL COEL'U. 435
sensations renaissent. U, est donc manifeste qu’alors le cerveau n’était point déhorganisé, qu’il n’était qu’affaissé , qu’il se trouvait seulement hors d’état d'être excité par le cœur.
Je ne cite point d’observations surces sortes de cas. Tous les auteurs qui ont ti*aité des plaies de tête nous en offrent en foule. Je me contente de remarquer que l’on peut produire artificiellement le même effet dans les expériences sur les animaux. Tour à tour comprimé et libre, le cerveau y est tour à tour en excitement et en collapsus, suivant que le sang le soulève et l’agite avec plus ou moins de facilité.
2® 11 est des espèces, parmi les reptiles, où le cœur ne détermine aucun mouvement dans la masse cérébrale. J’ai fait souvent cette observation sur la grenouille. En enlevant la portion supérieure du crâne, le cerveau, exactement à découvert, ne laisse pas apercevoir le moindre soulèvement. Or on peut, dans cette espèce ainsi que dans celle des salamandres, priver cet organe de tout abord du sang, sans que pour cela les fonctions cessent tout de suite, comme il arrive dans toutes les espèces à sang rouge et chaud.
Les muscles volontaires agissent ; les yeux sont vifs ; le tact est manifeste pendant quelque temps , après que le cœur a été enlevé, ou qu’on a lié la double branche naissant du gros vaisseau que fournit le ventricule unique du cœur de ces animaux. J’ai répété un très-grand nombre de fois ces deux moyens d’interrompre la circulation générale , et le même effet en est toujours résulté par rapport au cerveau.
3® On observe en général, comme l’a remarqué un médecin, que les animaux à cou allongé , chez lesquels, par là même, le cœur plus éloigné du cerveau peut moins vivement agiter cet organe, ont l’intelligence plus bornée, les fonctions cérébrales plus rétrécies par conséquent ; qu’au contraire un cou très-court et le rapprochement du cœur et du cerveau coïncident communément avec l’énergie de celui-ci. Les hommes dont la tête est très-loin
DE LA MORT DI' CERVEAl'
des épaules , comparés à ceux où elle en est près , offrent quelquefois le même phénomène.
Daprès tous ces faits, on peut, sans crainte d’erreur, établir la proposition suivante, savoir que : l’un des moyens par lesquels le cœur à sang rouge tient sous sa dépendance les phénomènes du cerveau consiste dans le mouvement habituel qu’il imprime à cet organe.
Ce mouvement diffère essentiellement de celui qui, dans les autres viscères, comme le foie, la rate, etc., naît de la même cause : ceux-ci le présentent, en effet, d’une manière peu manifeste ; il est au contraire ici très-apparent. Cela tient à ce que tous les gros troncs artériels placés à la base du cerveau, se trouvant là entre lui et .les parois osseuses du crâne, éprouvent, à l’instant où ils se redressent, une résistance qui répercute tout le mouvement sur la masse encéphalique : celle-ci est soulevée par ce redressement , comme il arrive dans les diverses espèces de tumeurs lorsqu’une artère considérable passe entre elles et un plan très-solide.
Les tumeurs situées au cou, sur la carotide, à l’endroit où elle-même appuie sur la colonne vertébrale , à l’aine , sur la crurale, quand elle traverse l’arcade osseuse du même tronc, etc., etc,, nous offrent fréquemment de semblables exemples, et par là même des motifs de bien examiner si ce n’est point un anévrisme.
Les organes, autres que le cerveau, ne reposent point par leur base sur des surfaces résistantes, analogues à celle de la partie inférieute du crâne. Aussi le mouvement des artères qui y abordent, se perdant dans le tissu cellulaire et les parties molles environnantes, est presque nul pour ces organes, comme on le voit au foie, au rein, etc., comme on l’observe encore dans les tumeurs du mésentère et dans toutes celles placées sur les artères qui n’ont au-dessous d’elles que des muscles ou des organes à tissu mou et spongieux.
L’intégrité des fonctions du cerveau est non -seulement
liée au mouvement que lui communique le sang, mais encore à la somme de ce mouvement, qui doit être toujours dans un juste milieu : trop faible et trop impétueux, il est également nuisible; les expériences suivantes le prouvent.
1" Injectez de l’eau par la carotide d’un chien : le contact de ce fluide n’est point funeste, et l’animal vit très-bien , quand cette injection a été faite avec ménagement. Mais poussez-la impétueusement : l’action cérébrale se trouble aussitôt, et souvent ne se rétablit qu’avec peine. Toujours il existe un rapport entre la force de l’impulsion et l’état du cerveau : si l’on augmente seulement un peu cette impulsion, il y a dans tous les muscles de la Ikce, dans les yeux, etc., une agitation subite. Le calme renaît si l'impulsion est ralentie ; la mort survient si elle est portée au plus haut point.
2“ D’un autre côté, si on met le cerveau à découvert, et qu’on ouvre ensuite une artère de manière à produire une hémorrhagie, on voit le mouvement du cerveau diminuer à mesure que le sang qui se perd s’y porte avec moins de force, et discontinuer enfin lorsque ce fluide n’est plus en f(uantité suffisante. Or, toujours alors l’énergie cérébrale, qui se marque par l’étàt des yeux, du tact, des mouvements volontaires, etc., s’affaiblit et cesse à proportion.
Il est facile de voir, d’après cela, pourquoi la.diminution du mouvement encéphalique accompagne toujours l’état de prostration et de langueur, etc. ; effet constant des grandes évacuations sanguines.
On concevra aussi, je crois, très-facilement, par ce qui a été dit ci-dessus, pourquoi tout le système artériel du cerveau est d’abord concentré à sa base, avant de se distribuer entre ses lobes ; tandis que c’est à la convexité de sa superficie que s’observent presque exclusivement tes gros troncs veineux. Cet organe, présentant en bas moins de surface, y est plus susceptible de recevoir l’influence du* mouvement vasculaire, que sur sa convexité où ce mouvement, trop disséminé, aurait eu sur lui un effet peu map-r
qué. D’ailleurs, c’est inférieurement qu’existent toutes les parties essentielles du cerveau. Ses lésions sont mortelles, et par conséquent ses fonctions doivent être très-importantes en cet endroit. En haut, au contraire, on ne trouble souvent que très-peu son action, en le coupant, le déchirant, etc., comme le prouvent les expériences et l’observation habituelle des plaies de tête.
Voilà pourquoi cet organe présente, d’un côté, une enveloppe presque impénétrable aux agents extérieurs, et que, de l’autre côté, la voûte qui le protège n’oppose point à ces agents un obstacle aussi solide. Or, il était indispensable que là où la vie est plus active, où son énergie est plus nécessaire, il reçût du cœur et la première et la plus forte secousse.
Nous sommes, je crois, en droit de conclure, d’après tout ce qui a été dit dans ce paragraphe, que l’interruption de l’action du cœur à sang rouge fait cesser celle du cerveau, en anéantissant son mouvement.
Ce mouvement n’est point le seul mode d’influence du premier sur le second de ces organes ; car s’il en était ainsi, on pourrait, en injectant par les carotides un fluide aqueux au moyen d’un tuyau bilurqué, et avec une impulsion analogue à celle qui est naturelle au sang, agiter l’organe, et ranimer ainsi ses fonctions aûaiblies. Poussés avec une égale force, le sang noir et le sang rouge n’auraient point alors sur lui une action diflérente ; ce qui, comme nous le ven-ons, est manitéstement contraire à l’expérience.
Le ventricule et l’oreillette à sang rouge agissent donc aussi sur le cerveau, par la nature du fluide qu’ils y envoient. Mais comme 1e poumon est le foyer où se prépare le sang qui ne fait que traverser le cœur sans y éprouver d’altérations, nous renverrons l’examen de son influence sur le système céphalique à l’article où nous traiterons des rapports de ce système avec le pulmonaire. [U]
PAR CELLE bu COEIR.
§ n. Détemiiner commeatla cessation des fonctions du coeur à sang noir interroupt celtes du cerveau. v
Il est infiniment rare que la mort générale commence par le ventricule et l’oreillette à sang noir ; ils sont au contraire presque toujours les derniers en action. Quand ils cessent d’agir, déjà le cerveau, le cœur à sang rouge et le poumon ont interrompu leurs phénomènes.
Cependant une plaie, une rupture anévrismale, peuvent tout à coup anéantir leurs contractions, ou du moins les rendre inutiles pour la circulation, à cause de l'écoulement du sang hors les voies de cette fonction.
Alors le cerveau devient inactif, et meurt de la même manière que dans le cas précédent ; car les cavités à sang rouge cessant de recevoir ce sang, ne peuvent le pousser à la tête : plus de mouvement par conséquent, et par là même bientôt plus de vie dans la masse encéphalique.
Il est un autre genre de mort du cerveau qui dépend de ce que le ventricule et l’oreilletle à sang noir ne peuvent recevoir ce fluide : tel est le cas où toutes les jugulaires étant liées, il stagne nécessairement, et même remonte dans le système veineux cérébral. Alors ce système s’engorge ; le cerveau s’embarrasse ; il cesse d’agir, comprimé et par le sang noir qui reflue, et par le sang rouge qui afflue dans sa substance. Mais assez d’auteurs ont fait ces expériences et présenté leurs résultats ; il est inutile de m’y arrêter.
Je vais examiner dans cet article un genre de mort dont plusieurs placent le principe dans le cœur, dans son côté à sang noir surtout, mais qui me paraît porter sur le cerveau son influence principale, et même unique .‘ je veux parler de celui qu’on détermine par l’injection de l’air dans les veines.
On sait en général, et depuis très-longtemps, que dès qu’une quantité quelconque de ce fluide est introduite dans le système vasculaire, le mouvement du cœur se précipite.
l’animal s’agite, pousse un cri douloureux, est pris de mouvements convulsifs, tombe privé de la vie animale, vit encore organiquement pendant un certain temps, et bientôt cesse entièrement d’exister. Or, quel organe est atteint si promptement par le contact de l’air ? Je dis que c’est le cerveau et non le cœur ; que la circulation ne s’interrompt que parce que l’action cérébrale est préliminairement anéantie. Voici les preuves de cette assertion :
1“ Le cœur bat encore quelque temps, dans ce genre de mort, après qué la vie animale, et par conséquent le cerveau qui en est le centre, ont cessé d’être en activité.
2® En injectant de l’air au cerveau par l’une des carotides, j’ai déterminé la mort avec les phénomènes analogues, excepté cependant l’agitation du cœur, agitation produite par le contact, sur les parois de cet organe, d’un corps qui leur est étranger, et qui les excite par là même avec force.
3® Morgagni cite diverses observations ae morts subites, dont la cause parut être évidemment la réplétion des vaisseaux sanguins du cerveau, par l’air qui s’y était spontanément développé, et qui avait, dit-il, comprimé, par sa raréfaction, l’origine des nerfs. Je ne crois pas que cette compression puisse être le résultat de la petite quantité d’air qui, étant poussée par la carotide, suffit pour faire périr l’animal. Aussi je doute (jue cette compression fût réelle dans l’observation de Morgagni ; mais ces observations n’en sont pas moins importantes. Quelle que soit la manière dont il tue, l’air est mortel en arrivant au cerveau, et c’est là le point essentiel. Qu’importe le comment î le fait seul nous intéresse.
4® Toutes les fois qu’un animal périt par l’insufllation de l’air dans une de ses veines, je me suis assuré que le côté à sang rouge du cœur est plein, comme celui à sang noir, d’un sang écumeux, mêlé de bulles d’air ; que les carotides et les vaisseaux du cerveau en contiennent aussi du semblable, et que par conséquent il a dû agir sur cet
organe de la même manière que dans les deux espèces d’apoplexies, artificielle et spontanée, que nous venons de rapporter.
50 Si l’on pousse de l’air dans une des divisions de la veine porte, du côté du foie, il ne peut que difiicilement passer dans le système capillaire de cet organe ; il oscille dans les gros troncs, ne parvient au cœur que tard; et j’ai remarqué que l’animal n’éprouve alors qu’au bout d’un temps assez long les accidents, qui sont subits lorsqu’on tait pénétrer ce fluide dans une des veines du grand système, parce qu’alors le cœur le transmet tout de suite au cerveau.
6° Cette rapidité avec laquelle, dans certaines expériences, l’anéantissement de l’action cérébrale succède à l’insufflation de l’air dans les veines pourrait faire croire, avec une foule d’auteurs, que ce phénomène arrive de la môme manière qu’il se manifeste dans une plaie du cœur, dans la syncope, etc., c’est-à-dire parce que l’action de cet organe, tout à coup suspendue par la présence de l’air qui distend ses parois, ne peut plus communiquer le mouvement au cerveau. Mais, 1® la plus simple inspection suffit pour remarquer la permanence des mouvements du cœur ; 2“ comme ces mouvements sont prodigieusement accélérés par le contact du fluide étranger, ils poussent à travers le poumon et le système artériel le sang écumeux avec une extrême promptitude, et on conçoit par là cette rapidité dans les lésions cérébrales.
7® Si le cerveau cessait d’agir par l’absence des mouvements du cœur, la mort surviendrait, comme dans ta syncope, dans les grandes hémorrhagies de l’aorte, des ventricules, etc., c’est-à-dire sans mouvements convulsifs bien marques. Ici, au contraire, ces mouvements sont souvent extrêmement violents un instant après l’injection, et annoncent, par là même, la présence d’un irritant sur le cerveau ; or, cet irritant, c’est l’air qui y aborde.
Concluons de tout ce que nous venons de dire, que
dans le mélange accidentel de l’air avec le sangdu système veineux, c’est le cerveau qui meurt le premier, et que la " mort du cœur est le résultat, l’effet, et non le principe de i la sienne. Du reste, j’expliquerai ailleurs comment, le premier de ces organes cessant d’agir, le second interrompt son action.