‹ Recherches physiologiques sur la vie et la mortChapitre 1 sur 92 · DE BI CHAT · texte numérisé non relu

DE BI CHAT

La vie des hommes célèbres' ést^ en général^ pleine de vicissitudes. La gloire qu^dle donoèest le prix deb plus douloureuses agitations. G^est un drame dans lequel les émotions se pressent^ et dont le dénoûment n'a souvent lieu qu'après la mort, lorsque Facteur principal a disparu de la scène. De là ce charme puissant qui nous attache aux récits des biographes^ lorsqu'ils nous font assister aux lut^ tes du génie aux prises à la fois avec le monde et avec luimême.

La vie de Bîchat a été, par exception, exempte de ces vicissitudes. A une époque où la société, remuée dans tous ses éléments séculaires, accomplit la plus radicale et la plus violente des révolutions, tout, dans cette vie, reste simple, paisible, régulier. Né dans une famille aisée, où les sciences médicales sont en honneur, il ii'^ ^voX.^^

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débattre contre la mauvaise fortune. Son génie consiste moins à triompher des obstacles, à vaincre les résistances, qu'à obtenir les plus grands résultats, avec les moyens modestes dont il dispose. Calme au milieu du bruit qui se fait autour de lui, il n'a qu'un but, une pensée, la science. La science Ta conquis tout entier. A peine quelques vives et orageuses passions exigent-elles un tribut de sa jeunesse, elles ne le dominent point; car involontairement, naturellement, par vocation, par éducation, il appartient à la science.

Aussi nulle excursion dans le domaine des événements sociaux n'est commandée à celui qui raconte cette vie si courte et si bien remplie. Point de tourments secrets à révéler, point de déceptions à peindre, point de péripéties dramatiques à retracer. Des travaux opiniâtres, des découvertes utiles, de grandes et fécondes idées à rappeler, voilà sa tâche (1).

BiGHAT (Marie-François-Xavier) naquit le il septembre 1771, à Thoirette, département du Jura, alors province de Bresse. Son père, Jean-Baptiste, qui était docteur en médecine de la Faculté de Montpellier, et qui exerçait sa pro-

(1) Bichat ayant soulevé, dans ses écrits, les plus grands problèmes de la physiologie et de la pathologie , il nous est impossible de développer et de discuter, dans cette courte notice , toutes les idées qu'il a émises sur tant de sujets différents. Quant à celles qu'il a exposées plus* particulièrement dans ses Recherches physiologiqua gur la vie et la mort, nous en avons fait , pour cette édition, l'objet d'une série de notes qui termine le folome.

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fession à Poncin en Bqgey^ Tinitia de bonne heure au langage de la science dont il devait plus tard reculer les limites. « Familier dès ses premières années^ dit Buisson^ son cousin, avec ce langage dont le plus grand nombre n'acquiert la connaissance qu'au moment où il faut s'en servir^ accoutumé à voir Tapplication du précepte avant de connaître les préceptes eux-mêmes^ il eut tout l'avantage de cette éducation d'exemple qui dispose insensiblement l'esprit à un genre déterminé de travail^ en présentant sous un aspect d'agrément et de curiosité ce qui doit être un jour l'objet d'une occupation sérieuse^ éducation si. puissante qu'on regrette tant de fois quand on ne l'a pas reçue^ et qu'on ne méprise que quand on est incapable d'en apprécier les heureux effets. » Sans attribuer à cette éducation l'importance que Buisson semble y attacher^ il est permis de croire qu'elle a pu servir à déterminer la vocation de Bichat^ sans rien ajouter à son génie. Celui-ci aurait pris son essor, indépendamment de cette sorte d'initiation médicale que les biographes ont sans doute exagérée.

Ce fut au coUége de Nantua et au séminaire de Lyon que Bichat reçut son instruction scolastique. On dit qu'il s'y distingua constamment.

En 1791, à l'Age de vingt ans, il aborda, dans cette dernière ville, l'étude de la médecme, ou plutôt de la chirurgie. Le génie chirurgical des médecins français préludant, en quelque sorte, aux sanglantes batailles de la Républicfue et de l'Empire, brillait alors d'un vif éclat, grâce aux.\\om-

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mes qui avaient illnstré notre ancimme Académie de chirvarpe. L'impulâon donnée fat un instant générale et irré- «stiUe. n en résulta que l'anatomie, jusqu'alors trop négligée par les élèves en médecine^ Ait mieux étudiée. Bichat subit cette impulsion^ et sas premiers travaux eurent presque exdunvement la chirurgie pour objet.

Â. Petite à Lyon^ et Desacdt^ àParis^ représentuent glorieusement la chirurgie française. Bichat eut le bcmheur de devenir successivement Télève de prédilection de ces deux maîtres célèbres. L'anatomie^ introductionobligée des études chkurg^cales^ Foceupa presque exclusivement pendant les deux années qu'il passa à Lyon. Bue tarda pas à briller entre tons ses condisciptes^ par son habileté dans les opérations.

Après le trop fiuneux Aéea de 1793, dans lequel il eut Toccaâon de donner deè preuves de courage et de dévouement, Bichat quitta les bords du Rhône, séjourna quelque temps à Bourg, et vint à Paris dafts le but de se perfectionner dans cette partie de Tart de guérir. D parait que son intention était de s'attacher à nos armées en qualité de chirui^en. Le sort en décida autrement, et la science devait le posséder sans partage. Le petit événement qui contribua puissamment à cet heureux résultat doit être rappelé, a C'était, dit Buisson, un usage établi dans l'école de Desault que certains élèves choisis se chargeassent de rc- ' cueillir, chacun à son tour, la leçon publique et de la rédiger ea forme d'extrait. On lisait cet extrait le lendemain.

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