ARTICLE VI
DE L'INFLUENCE QUE LA MORT DU POUMON EXERCE SUR CELLE DU COECf.
Nous avons dit plus haut que les fonctions du poumon étaient de deux sortes, mécaniques et chimiques. Or, la cessation d'activité de cet organe commence tantôt par les unes, tantôt par les autres.
Une plaie qui le met à découvert de Tun et de l'autre côté, dans une étendue considérable, et qui en détermine Faffaissement subit; la section de la moelle épinière, qui paralyse tout à coup les intercostaux et le diaphragme ; une compression très-forte exercée en même temps et sur tout le thorax et sur les parois de Tabdomen, compression d'où naît une impossibilité égale, et pour la dilatation suivant le diamètre transversal, et pour celle suivant le diamètre perpendiculaire de la poitrine; l'injection subite d'une grande quantité de fluide dans cette cavité, etc., etc. ; voilà des causes qui font commencer la mort du poumon par les phénomènes mécaniques. Celles qui portent sur les chimiques leur première influence sont l'asphyxie par les différents gaz, par la strangulation, par la submersion^ par le vide produit d'une manière quelconque, etc.
Examinons dans l'un et l'autre genre de mort du poumon, comment arrive celle du cœur.
§ I. Déterminer commenl le cœur cesse d'agir par Tintcrruption des phénomènes mécadques du poumon.
L'interruption de l'action du cœur ne peut succéder à celle des phénomènes mécaniques du poumon que de deux manières : !<> directement, parce que le sang trouve alors dans cet organe un obstacle mécanique réel à sa circulation; 2** indirectement, parce que, le poumon cessant d'agir mécaniquement, il ne reçoit plus l'aliment nécessaire à ses phénomènes chimiques, dont la fin détermine celle de la contraction du cœur.
Tous les physiologistes ont admis le premier mode d'interruption dans la circulation pulmonaire. Repliés sur euxmêmes^ les vaisseaux ne leur ont point paru propres à transporter le sang à cause des nombreux frottements qu'it y éprouve. C'est par cette explication, empruntée des phénomènes hydrauliques, qu'ils ont rendu raison de la mort qui succède à une expiration trop prolongée.
fioodwyn a prouvé que Tair, restant alors dans les vési- <;ules aériennes en assez grande quantité, pouvait suflSsamment les distendre pour permettre mécaniquement le passage de ce fluide, et qu'ainsi la permanence contre nature de Texpiration n'agit point de la manière dont on le croit communément. C'est un pas fait vers la vérité ; mais on peut s'en approcher de plus près, l'atteindre même, en assurant que ce n'est point seulement parce que tout l'air n'est pas chassé du poumon par l'expiration, que le sang y circule encore avec facilité, mais bien parce que les plis produits dans les vaisseaux par l'affaissement des cellules ne peuvent être un obstacle réel à son cours. Les observations et expériences suivantes établissent^ je crois, incontestablement ce fait.
4** J'ai prouvé ailleurs que l'état de plénitude ou de vacuité de l'estomac et de tous les organes creux en général n'apporte dans leur circulation aucun changement apparent; que par conséquent le sang traverse aussi facilement les vaisseaux repliés sur eux-mêmes que distendus en tous sens. Pourquoi un effet tout différent naitrait-il dans le poumon de la même disposition des parties?
2o II est différents vaisseaux dans l'économie, que l'on peut alternativement et à volonté ployer sur eux-mêmes ou étendre en tous sens : tels sont ceux du mésentère, lorsqu'on les a mis à découvert par une plaie pratiquée à l'abdomen d'un animal. Or, dans cette expérience, déjà faite pour prouver l'influence de la direction flexuewse des artères sur le mécanisme de leur pulsation, si l'on ouvre une des mésentériqnes, qu'on la plisse et qu'on la déploie tour