OB LA MORT DU GOBUR
à tour, le sang jaillira dans Tun et l'autre cas avec la même facilité, et dans deux temps égaux Tartère versera une égale quantité de fluide. J'ai répété plusieurs fois comparativement cette double expérience sur la même artère ; toujours j'en ai obtenu le résultat que j'indique. Or, ce résultat ne doit-il pas être aussi uniforme dans le poumon? L'analogie l'indique; l'expérience suivante le prouve.
29 Prenez un animal quelconque, un chien par exemple; adaptez à sa trachée-artère mise à nu et coupée transversalement le tube d'une seringue à injection; retirez subitement, en faisant le vide avec celle-ci, tout l'air contenu dans le poumon; ouvrez en même temps l'artère carotide. Il est évident que, dans cette expérience, la circulation devrait subitement s'interrompre, puisque les vaisseaux pulmonaires passent tout à coup du degré d'extension ordinaire au plus grand reploiement possible, et cependant le sang continue encore quelque temps à être lancé avec force par l'artère ouverte, et par conséquent à circuler à travers le poumon affaissé sur lui-même. Il cesse ensuite peu à peu ; mais c'est par d'autres causes que nous indiquerons.
4° On produit le même effet en ouvrant des deux côtés la poitrine d'un animal vivant : alors le poumon s'affaisse aussitôt, parce que l'air échauffé et raréfié contenu dans cet organe ne peut faire équilibre avec l'air trais qui le presse au dehors (1). Or, ici aussi la circulation n'éprouve
(1) Comme dans les cadavres Tair du dedans et celui du dehors «ont à la même température, le poumon n'éprouve, quand il en eM plein, aucun affaissement, lorsqu'on ouvre la cavité pectorale. Ordinairement un espace existe alors entre ses parois et l'organe qu'elles renferment : ce n'est point parce que nous mourons dans l'expiration, car à mesure que le poumon se vide par elle, les cAies et les intercostaux s'appuient sur cet organe ; c'est que l'air pulmonaire, en se refroidissant, occupe moins d'espace, et que les cellules, en se resserrant peu à peu, à mesure que le refroidissement a lieu, diminuent le volume total de l'organe. Un vide se fait donc alors entre les deux portions pectorale et pulmonaire de la plèvre.
point rinfluenca de ce changement subit; elle se soutient encore quelques minutes au même degré, et ne s'affaiblit ensuite que par gradation. On peut, pour plus d'exactitude,
C'est ainsi que, dans certaines circonstances, le cerveau a'affaissant et diminuant de volume après la mort, tandis que la cavité du crâne reste la même, un vide s'établit entre ces deux parties, qui nous offrent alors une disposition étrangère à celle des organes vivants. Si les sacs sans ouverture que représentent le péritoine, la tunique vaginale, etc., ne ressemblent jamais par là à ceux que forment la plèvre et Tarachnoïde ; si toujours leurs surfaces diverses sont conUguës après la mort, c'est que les parois abdominales ou la peau du scrotum, incapables de résister à Tair extérieur, s'affaissent sous sapreabion, et s'appliquent aux organes intérieurs à mesure que la diminution de ceux-ci tend à former le vide.
C'est à ce vide existant dans la plèvre des cadavres qu'il faut rapporter le phénomène suivant, qu'on observe toujours lorsqu'on ouvre l'abdomen et qo'on dissèque le diaphragme. En effet, tant qu'aucune ouverture n'est pratiquée à ce muscle, il reste distendu et concave, malgré le poids des viscères pectoraux qui appuient sur lui dans la situation perpendiculaire, parce que l'air extérieur qui en presse la concavité renfonce alors dans le vide de la poitrine , lequel n'existe jamais pendant la vie. Mais qu'on donne accès à l'air par un coup de scalpel, à l'instaut cette cloison musculeuse s'affaisse, parce que l'équilibre s'établit. Si on vide avec une seringue tout l'air du poumon, la voûte diaphragmatique se prononce davantage.
11 y a donc cette différence entre Touverture d'un cadavre et celle d'un sujet vivant, que dans le premier le poumon était déjà affaissé, que dans le second il s'affaisse à l'instant de l'ouverture. Le tv.Xout des cellules sur elles-mêmes, lorsque l'air refroidi se condense et occupe moins d'espace, est un effet de la contracUlité de tissu ou par défaut d'extension, laquelle, comme nous l'avons dit, reste encore en partie aux organes après leur mort.
D'ailleurs, si le poumon s'affaissait dans le cadavre à l'instant de l'ouverture de la poitrine, ce serait à cause delà pression exercée par l'air extérieur, pression qui expulserait à travers la trachée-artère e3!ui contenu dans cet organe. Or, si pour empêcher la sortie de ce tliiide vous bouchez hermétiquement le canal en y adaptant un tube dont le robinet se trouve fermé, et qu'ensuite la poitrine soit ouverte, le poumon est également affaissé ; donc l'air en était déjà sorti. Faites au contraire la même expérience sur un animal vivant, vous empêcherez toujours l'affaissement de cet organe en prévenant rcxpulaion de l'air.