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lation dans le cœur à sang rouge et dans les artères, lorsque le poumon y envoie du sang noir ? (Car, lorsque celuici y a coulé quelque temps, son jet s*affaiblit peu à peu, cesse enfin presque entièrement ; et si on ouvre alors le robinet adapté à la trachée-artère, il se rétablit bientôt avec torce.)
Je crois que le sang noir agit sur le cœur ainsi que sur toutes les autres parties, comme nous verrons qu'il influence le cerveau, les muscles volontaires, les membranes, etc., tous les organes, en un mot, où il se répand, c'est-à-dire en pénétrant son tissu, en affaiblissant chaque fibre en particulier ; en sorte que je suis très-persuadé que, s*il était possible de pousser par l'artère coronaire du sang noir, pendant que le rouge passe, comme à l'ordinaire, dans Toreillette et le ventricule aortiques, la circulation serait presque aussi vite interrompue que dans les cas précédents, où le sang noir ne pénètre le tissu du cœur par les artères coronaires qu* après avoir traversé les deux cavités à sang rouge.
C'est par son contact avec les fibres charnues, à l'extrémité du système artériel, et non par son contact sur la surface interne du cœur, que le sang noir agit : aussi ce n'est que peu à peu, et lorsque chaque fibre en a été bien pénétrée, que sa force diminue et cesse enfin, tandis que la diminution et la cessation devraient, comme je Fai fait observer, être presque subites dans le cas contraire.
Comment le sang noir agit-il ainsi, à l'extrémité des artères, sur les fibres des différents organes? Est-ce sur ces fibres elles-mêmes, ou bien sur les nerfs qui s'y rendent, qu'il porte son influence ? Je serais encore porté à admettre la dernière opinion, et à considérer la mort par l'asphyxie comme un effet généralement produit par le sang noir sur les nerfs qui, dans toutes les parties, accompagnent les artères où circule alors cette espèce de fluide ; car, d'après ce que nous dirons, l'affaiblissement qu'éprouve alors le cœur n'est qu'un symptôme particulier de
cette maladie dans laquelle tous les autres organes sont le siège d'une semblable débilité.
On pourrait demander aussi comment le sang noir agit sur les nerfs ou sur les fibres. Est-ce que les principes qu'il contient en abondance en affaiblissent directement l'action, ou bien n'interrompt-il cette action que par l'absence de ceux qui entrent dans la composition du sang rouge, etc., etc.? Là reviendraient les questions de savoir si l'oxygène est le principe de l'irritabilité, si le carbone et l'hydrogène agissent d'une manière inverse, etc., etc.
Arrêtons-nous quand nous arrivons aux limites de la rigoureuse observation; ne cherchons pas à pénétrer là où Texpérience ne peut nous éclairer. Or, je crois que nous établirons une assertion très-conforme à ces principes, les seuls, selon moi, qui doivent diriger tout esprit judicieux, en disant en général, et sans déterminer comment, que le cœur cesse d'agir lorsque les phénomènes chimiques du poumon sont interrompus, parce que le sang noir qui pénètre ses fibres charnues n'est point propre à entretenir leur action.
D'après cette manière d'envisager les phénomènes de Tasphyxie, relativement au cœur, il est évident qu'ils doivent également porter leur influence sur l'un et sur l'autre ventricule, puisque alors le sang noir est distribué en proportion égale dans les parois charnues de ces cavités, par ie système des artères coronaires. Cependant on observe constamment que le côté à sang rouge cesse le premier d'agir, que celui à sang noir se contracte encore quelque temps, qu'il est, comme on le dit, Vultimum moriens.
Ce phénomène suppose-t-il un affaiblissement plus réel, une mort plus prompte dans l'une que dans l'autre des cavités du cœur? Non; car, comme l'observe Haller, il est commun à tous les genres de mort des animaux à sang chaud, et n'a rien de particulier pour l'asphyxie.
Si d'ailleurs le ventricule à sang rouge mourait le premier, comme le suppose la théorie de Goodwyn, alors
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voici ce qui devrait airiver. dans Touverture des cadavres asphyxiés : !• distension de ce ventricule et de Toreillette corresp«ndiinte, par le sang noir qu'ils n'auraient pu chasser dans Taorte; 2* plénitude égale des veines pulmonaires et même des poumons ; 3» engorgement consécutif de l'artère pulmonaire et des cavités à sang noir. En un mot, la congestion du sang devrait commencer dans celui de ses réservoirs qui cesse le premier son action, et se propager ensuite, de proche en proche, dans les. autres.
Quiconque a ouvert des cadavres d'asphyxiés a dû se convaincre, au contraire, 1° que les cavités à sang rouge et les veines pulmonaires ne contiennent alors qu'une quantité de sang noir très-petite en comparaison de la quantité du même fluide qui distend les cavités opposées; 2" que le terme où le sang s'est arrêté est principalement dans le poumon, et que c'est depuis là qu'il faut partir pour suivre sa stase dans tout le système veineux ; 3° que les artères en renferment à proportion tout autant que le ventricule qui leur correspond, et que ce n'est point par conséquent dans le ventricule plutôt qu'ailleurs qu'à commencé la mort.
Pourquoi cette portion du cœur cesse-t-elle donc de battre avant l'autre ? Haller l'a dit : c'est que celle-ci est plus longtemps excitée, contient une quantité plus grande de sang, laquelle afHue des veines et reflue du poumon. On connaît la fameuse expérience par laquelle, en vidant les cavités à sang noir, et en liant l'aorte pour retenir ce fluide dans les poches à sang rouge, il a prolongé le battement des secondes bien au delà de celui des premières. Or f 'dans cette expérience, il est manifeste que c'est du sang noir qui s'accumule dans Toreillette et le ventricule aortiques, puisque pour la faire il faut ouvrir préliminairement la poitrine, et que dès que les poumons ^ont à nu, l'air, ne pouvant y pénétrer, ne saurait colorer ce fluide dans son passage à travers le tissu de ces organes.
Voulez- vous encore une preuve plus directe? fermez la
trachée^artèrepar un robinet, immédiatement avant Texpérience : elle réussira également bien, et cependant le sang arrivera alors nécessairement noir dans les cavités à sang rouge. On peut d'ailleurs^ en ouvrant ces cavités à la suite de cette expérience et de la précédente, s'assurer de la couleur du sang. J'ai plusieurs fois constaté ce fait remarquable.
Concluons de là que le sang noir excite, presque autant que le rouge, la surface interne des cavités qui contiennent ordinairement ce dernier ; et que si elles cessent leur action avant celles du côté opposé, ce n'est pas parce qu'elles sont en contact avec lui, mais au contraire parce qu'elles n'en reçoivent pas une quantité suffisante, ou même quelquefois parce qu'elles en sont presque entièrement privées, tandis que les cavités à sang noir s'en trouvent remplies.
Je ne prétends pas, malgré ce que je viens de dire, rejeter entièrement la non-èxcitation de la surface interne du ventricule à sang rouge par le sang noir. Il est possible que celui-ci soit un peu moins susceptible que l'autre d'entretenir cette excitation, surtout s'il est vrai qu'il agisse sur les nerfs que l'on sait s'épanouir et à la surfaci interne^ et dans le tissu du cœur; mais je crois que les considérations précédentes réduisent à bien peu de chose cette différence d'excitation. Voici cependant une expérience oii elle paraît assez manifeste. Si un robinet est adapté à la trachée-artère coupée et mise à nu, et qu'on vienne à le fermer, le sang noircit et jailht noir pendant quelque temps avec sa force ordinaire, mais enfin le jet s'affaiblit peu à peu ; donnez alors accès à l'air, le sang redevient plus rouge presque tout à coup, et son jet augmente aussi très-visiblement.
Cette augmentation subite paraît d'abord ne tenir qu'au simple contact de ce fluide sur la surface interne du ventricule aortique, puisqu'il n'a pas eu le temps d'en pénétrer le tissu ; mais pour peu qu'on examine les choses attentivement, on ohsorve bientôt qu'ici cette imçélaosde