MORT GÉNÉRALE
Forganique, où ils se développent sans doute, comme nous avons dit que cela arrive par le contact du sang noir.
Au reste, n'oublions jamais d'associer dans la cause de ces sortes de mort l'influence de ce sang noir à celle des délétères, quoique nous ayons fait ici abstraction de cette influence. Elle est d'autant plus marquée que la circulation a continué plus longtemps après la première înva^on des symptômes, parce que le sang noir a eu plus le temps de pénétrer les organes.
D'après ce que nous avons dit de l'introduction des délétères dans le sang, et de leur action sur les diverses parties, on se fera aisément, je pense, une idée de toutes les différences indiquées plus haut dans les asphyxies qu'ils produisent. La nature infiniment variée de ces délétères doit produire, en effet, des symptômes très-dijBEérents par leur intensité, par leur rapidité, par les traces qu'ils laissent et dans la vie des organes de celui qui échappe à l'asphyxie, et dans les cadavres de ceux qui y succombent.
Au reste, ces différences tiennent beaucoup aussi à la disposition du sujet : le même délétère peut, comme je l'ai dit, produire, suivant cette disposition, des effets trèsdivers, et quelquefois opposés en apparence.
§ II. Dans le plus grand nombre des maladies, la mort commeDee par le poumoD.
Je viens de parler des morts subites ; disons un mot de celles qui succèdentlentement aux diverses maladies. Pour peu qu'on ait observé d'agonies, on s'est, je crois, facilement persuadé que le plus grand nombre termine la vie par une affection du poumon. Quel que soit le siège de la maladie principale, que ce soit un vice organique ^^n une lésion générale des fonctions, telle qu'une fièvr^ etc., presque toujours, dans les derniers instants de l'existence, le poumon s'embarrasse ; la respiration devient pénible, l'air sort et entre avec peine ; la coloration du sang ne se
son contact. Pourquoi les substances délétères qui, dans Tasphyxie, sont apportées comme le sang par les artères céphaliques, n'agiraient-elles pas de la même manière sur la pulpe cérébrale ?
i^ J'ai poussé par la carotide différents gaz délétères, l'hydrogène sulfuré, par exemple ; j'ai fait parvenir au cerveau quelques-unes des substances connues qui vicient la nature de ces gaz, en les mêlant avec des liquides ; et toujours l'animal a péri asphyxié, soit avec les symptômes de spasme, soit avec ceux de torpeur indiqués plus haut. En général, rien de plus semblable aux asphyxies des différents gaz délétères que la mort déterminée par les substances nuisibles, quelle que soit leur nature, qu'on intro* duit artificiellement dans la carotide, pour les faire parvenir au cerveau. J'ai exposé dans un -des articles précédents plusieurs expériences relatives à cet objet.
5** Tous les accidents qu'entraînent après elles ces sortes d'asphyxies, lorsque le malade revient à la vie, supposent une lésion, un trouble dans le système nerveux, dans celui surtout dont le cerveau est le centre. Ce sont des paralysies, des tremblements, des douleurs vagues, des dérangements dans l'appareil sensitif extérieur, etc., etc.
Concluons, des considérations précédentes, que c'est sur le cerveau, sur le système nerveux cérébral, et par conséquent sur tous les organes de la vie animale qui en sont dépendants, que les principes délétères introduits dans la grande circulation par les asphyxies portent leur première et leur principale influence, et que c'est de la mort de ces parties que dérive spécialement celle des autres. Les divers organes sont sans doute aussi frappés et aflfaiblis directement dans ce cas ; ils peuvent même mourir par le contact immédiat des principes qui y abordent avec le sang ; et, sous ce rapport, leur action est analogue à celle que nous avons dit être produite par le contact du sang noir. Mais tous ces phénomènes sont constamment bien plus marqués dans la vie. animale que dans