HORT GÉNÉRALE
Les expériences dont je viens de donner le détail présentent des phénomènes qui se passent dans un état différent de l'inspiration ordinaire : je sens bien, par conséquent, qu'on ne peut en tirer une rigoureuse induclion pour le passage des substances délétères dans la masse du sang ; mais cependant je crois qu'elles en confirment beaucoup la possibilité, qui d'ailleurs est démontrée par plusieurs des remarques précédentes.
D'après tout ce qui a été dit ci-dessus, je ne pense pas qu'on puisse refuser d'admettre ce passage. En eéet,
et trouve ses vaisseaux remplis d'air. Pechlin dit avoir vu également périr un homme subitement dans les angoisses d'une respiration précipitée, et avoir trouvé ensuite beaucoup d'air dans le cœur et dans les gros vaisseaux.
J'ai déjà eu occasion de disséquer plusieurs cadavres dont la mort avait été précédée d'une congestion sanguine dans le système capillaire extérieur de la face, du cou et même de la poitrine. Ce systèœe présentait un engorgement et une lividité remarquables dans toutes ses parties, et j'ai trouvé en ouvrant les artères et les veines, dans celles du cou et de la tète spécialement, un sang écumeux et méié de beaucoup de bulles d'air. J'ai appris que l'un de ces sujets avait péri subitement dans une affection convulsive des muscles pectoraax ; je n'ai pu avoir de renseignements sur les autres. Au reste^ tons ceux qui ont quelque habitude des amphithéâtres doivent avoir observé ces sortes de cadavres, qui se putréfient très-promptement et avec une odeur insuppoUable. Ils ont remarqué aussi que l'air, dans les vaisseaux, préexistait à la putréfaction.
Je soupçonne que, dans tous ces cas, la mort a été produite parle passage subit de l'air du poumon dans le sang, qui l'a ensuite porté au cerveau ; à peu près comme j'ai dit qu'elle survient lorsque, dani un animal vivant, on pousse beaucoup d'air vers le poumon, et qu'on fait ainsi passer ce fluide dans le système vasculaire.
En rapprochant ces phénomènes des considérations présentées plus haut sur la mort par l'injection de Tair dans les veines, on sera, je crois, fort porté à admettre l'opînlo;! que j'avance, et qui, d'ailleurs, a été celle de plusieurs médecins. On a déjà fait sur ie cadavre divers essais relatifs à ce point. Morgagni en présente le détail ; mais c'est sur l'individu vivant que Ton doit observer le passage de l'air dans le sang, pour en déduire des conséquences sur Tobjet qui noas occupe. On sait en effet quelle est l'influence de la mort sur la perméabilité des parties.
io nous avons vu que la seule transmission du sang noir dans les artères ne suffisait pas pour rendre raison d'une foule de phénomènes infiniment variés que présentent les diverses asphyxies ; 2*» que le simple contact, sur les nerfs pulmonaires, des substances délétères qui forment certaines vapeurs méphitiques, ne pouvait produire une mort aussi rapide que celle observée quelquefois dans ces accidents ; 30 que nous étions conduits conséquemment à soupçonner, d'après le défaut d'autres causes, celle du passage de ces substances délétères dans le sang ; 4» qu'une foule de considérations établissait positivement ce passage, qui se trouve ainsi prouvé, et par voie indirecte et par voie directe.
Ce principe étant une fois établi, voyons quelles conséquences en résultent. La première de ces conséquences est le mode d'action qu'exercent les substances délétères sur les divers organes où les porte le torrent de la circulation.
Rechercher le mécanisme précis de cette action, ce serait quitter la voie de l'expérience pour entrer dans celle des conjectures. Je ne m'en occuperai pas plus que je ne me suis occupé à trouver comment le sang noir agit précisément sur les organes dont il interrompt l'action.
Je me borne donc à examiner sur quel système se porte principalement Tinfluence des substances délétères mêlées avec le sang dans diverses espèces d'asphyxies. Ôr,-tout nous annonce, i" que c'est en général sur le système nerveux, sur celui surtout qui préside aux parties de la vie animale, car les fonctions organiques ne sont troublées que consécutivement ; 2" que dans le système nerveux animal ; c'est le cerveau qui se trouve spécialement affecté ; 3* que, sous ce rapport, M. Pinel a eu raison de classer parmi les névroses différentes asphyxies, celles surtout dans lesquelles il y a, outre le contact du sang noir, la présence d'un délétère. Voici différentes considérations qui me paraissent laisser peu de doutes sur cet objet :
io Dans toutes les asphyxies où l'on ne peut révoquer