DE LA MORT DU COEUR
tion, etc., phénomènes qui ont leur source principale dans le cerveau, me paraissent jeter un grand jour sur Tindépendance actuelle où le cœur est de cet organe.
6° Tout organe soumis à l'influence directe du cerveau est par là même volontaire. Or, je crois que, nialgré l'observation de Stahl, personne ne range plus le cœur parmi ces sortes d'organes. Que serait la vie, si nous pouvions, à notre gré, suspendre le mouvement du viscère qui Tanime? La mort viendrait donc, par une simple volition, en arrêter le cours ?
Je crois que nous pourrions déjà, sans crainte d'erreur, <îonclure de la simple observation, que ce n'est point immédiatement que le cœur cesse d'agir lorsque les fonctiens cérébrales s'interrompent. Mais appuyons sur les expériences cette donnée fondamentale de physiologie et de pathologie.
lo Si on irrite de différentes manières le cerveau mis à découvert sur un animal, avec des agents mécaniques, chimiques, spécifiques, etc.; si on le comprime, etc., on produit diverses altérations dans les organes de la vie animale; mais le cœur reste constamment dans ses fonctions ordinaires , tant que les muscles pectoraux ne sont pas paralysés.
2° Les expériences diverses faites sur la moelle épinîère mise à découvert dans la région du cou présentent un résultat parfaitement analogue.
3° Si l'on irrite les nerfs de la huitième paire, dont plusieurs filets se distribuent au cœur, le mouvenient de cet organe ne se précipite pas ; il ne s'arrête point, si on fait la section des deux troncs. Je ne saurais trop recommander à ceux qui répètent ces expériences de bien distinguer ce qui appartient à l'émotion , aux sentiments divers de crainte, de colère, etc., nés dans l'animal qui souffre l'expérience, d'avec ce qui est le résultat de l'irritation ou de la section •du nerf.
4"" Outre la huitième paire, le tronc nerveux, qu'on
nomme grand sympathique, fourDit au cœur différents rameaux qui se distribuent dans sa substance, et par lesquels le cerveau peut Tinfluencer , au moins d'après l'opinion commune qui place l'origine de ce nerf dans un de <;eux provenant de cette masse médullaire. Mais j'ai déjà dit que le^ système nerveux du grand sympathique était absolument indépendant de celui du cerveau ; qu'il n'y avait même aucun nerf qui méritât ce nom ; que ce qu'on avait pris pour ce nerl était une suite de communications «ntre un grand nombre de petits systèmes nerveux, tous indépendants les uns des autres, et qui ont chacun un ganglion pour centre, comme le grand système nerveux de la vie animale a pour centre le cerveau. Il me semble que cette manière de voir le grand sympathique jette quelque jour sur l'indépendance où le cœur est du cerveau. 31ais poursuivons l'exposé des expériences propres à constater cette indépendance.
50 Si on répète sur les filets cardiaques du sympathique, filets qui viennent tous directement ou indirectement des ganglions, les expériences faites précédemment sur le nerf vague ou sur ses diverses branches qui émanent du cerveau, les résultats sont parfaitement analogues. Rien n'est troublé dans les mouvements de l'organe : ces nlouvements n'augmenteùt point lorsqu'on irrite les nerfs ; ils ne diminuent pas lorsqu'on les coupe, comme cela arrive toujours dans les muscles de la vie animale.
Je ne présente point très en détail toutes ces expériences, dont la plupart sont connues, mais que j'ai voulu cependant exactement répéter , parce que tous les auteurs ne s'accordent pas sur les phénomènes qui en résultent.
Il est uu autre genre d'expériences analogues à celles-ci, qui peuvent encore éclairer les rapports du cœur et du cerveau : ce sont celles du galvanisme. Je ne négligerai point ce moyen de prouver que le premier de ces organes est toujours actuellement indépendant du second.
J'ai fait ces expériences avec une attention d'autant plus
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Je passe maintenant aux expériences faites sur les aniinaux à sang ronge et ciiaud : eiies seul d autant plus nécessaires que le mode de contractilité des animaux à svig rouge et froid diflère essentiellement du leur, comme on le sait :
i<> J'eus l'autorisation, dans l'biver de l'an vu, défaire différents essais sur les cadavres des guillotinés. Je les avais à ma disposition trente à quarante minutesaprès le suppliée. €liez quelques-uns, toute espèce de motilité était éteinte; chez d'autres, on ranimait cette propriété avec plus ou moins de facilité dans tous les muscles, par les agents ordinaires. On la développait, surtout dans les muscles de b vie animale, par le galvanisme. Or, il m'a toiyours été impossible de déterminer le moindre mouvement en armant soit la moelle épinière et le cœur, soit ce dernier organe et les nerfs qu'il reçoit des ganglions par le sympathique, oa <lu cerveau par la paire vague. Cependant les excitants mécaniques, directement appliqués sur les fibres charnues, en occasionnaient la contraction. Cela tenait-il à l'isolement où étaient depuis quelque temps les filets nerveux du coeur d'avec le cerveau ? Mais alors pourquoi ceux des muscles volontaires, également isolés, se prêtaient-ils aux phénomènes galvaniques ? D'ailleurs les expériences suivantes éclairciront ce doute.
2° J'ai armé de deux métaux différents, sur des chiens et sur des cochons d'Inde, d'abord le cerveau et le cœur, ensuite le tronc de la moelle épinière et ce dernier organe, enfin ce même organe et le nerf de la paire vague dont il reçoit plusieurs nerfs. Les deux armatures étant mises en communication, aucun résultat sensible n'a été apparent; je n'ai point vu les mouvements se ranimer lorsqu'ils avaient cessé, ou s'accélérer lorsqu'ils continuaient encore.
3"* Des nerfe cardiaques de deux chiens ont été armés, soit dans leurs filets antérieurs, soit dans les postérieurs; une autre armature a été placée sur le cœur, tahtàt à sa
surface interne, tantôt à l'externe, quelquefois dans son tissu. La commiinication n'a pas produit non plus des I (louvements très-apparents. Dans toutes ces expériences, il ne faut établir cette communication que quelque temps après que Tarmature du cœur a été placée, afin de ne point attribuer au galvanisme ce qui n'est que l'effet de rirritation métallique.
4° Humboldt dit que, lorsqu'on détache le cœur promptement et avec le soin d'y laisser quelques-uns de ses nerfs isolés, on peut exciter des contractions en armant ceux-ci d'un métal, et en touchant l'armature avec un autre métal : je l'ai inutilement tenté plusieurs fois; cela a paru me réussir cependant dans un/$ occasion.
50 J'ai presque constamment réussi, au contraire, à produire des contractions sur les animaux à sang rouge et chaud, en leur arrachant le cœur, en le mettant en contact, par deux points différents, avec des métaux, et en établissant la communication. C'est le seul moyen, je crois, de produire sur cet organe, avec efficacité et évidence, les phénomènes galvaniques. Mais ce moyen, constaté déjà plusieurs fois, et par M. Jadelot en particulier, ne prouve nullement ce que nous recherchons ici, savoir, s'il y a une influence directe exercée par le cerveau sur le cœur.
J'ai répété chacune de ces expériences sur le galvanisme, un très-grand nombre de fois, et avec les plus minutieuses précautions. Cependant je ne prétends pas, comme je Tai dit, jeter des doutes sur la réalité de celles qui ont offert des résultats différents à des physiciens estimables. On sait combien sont variables les effets des expériences qui ont les forces vitales pour objet. Au reste, en admettant même les résultats différents des miens, je ne crois pas qu'on puisse s'empêcher de reconnaître que, sous le rapport de l'excitation galvanique, il y a une différence énorme entre les muscles de la vie animale et ceux de la vie organique. Rien de plus propre à faire reconnaître cette différence, dans les expériences sur le cœur