DE LA MORT DU COEUR
et sur les intestins, que d'armer toujours avec le même métal qui sert à Tarmature de ces muscles, un de ceux de }^ vie animale, et d'établir ainsi un parallèle entre eux.
D'ailleurs, en supposant que les phénomènes galvaniques eussent sur ces deux espèces de lîiuscles une égale influence, que prouverait ce fait? Rien autre chose, sinon que ces phénomènes suivent, dans leur succession, des lois tout opposées à celles des phénomènes de l'irritation ordinaire des nerfs et des muscles auxquels ces ner6 correspondent.
Voilà, je crois, un nombre assez considérable de preuves tirées soit de l'observation des maladies , soit des expériences, pour répondre à la question proposée dans ce paragraphe, et assurer que le cerveau n'exerce sur le cœur aucune influença directe; que par conséquent, lorsque le premier cesse d'agir, c'est indirectement que le second interrompt ses fonctions.
§ II. Déterminer fi dans les lésions du cerveau la mort du cœut est causée par celle d'un organe intermédiaire.
Puisque la cessation des fonctions du cœur n'est point directe dans les grandes lésions du cerveau, et que cependant cette cessation arrive alors subitement, il faut bien qu'il y ait un organe intermédiaire, dont l'interruption d'action en soit la cause prochaine. Or, cet organe, c'est le poumon. Voici donc quel est, dans la mort du cœur déterminée par celle du cerveau, l'enchaînement des phénomènes.
i" Interruption de l'action cérébrale; 2o anéantissement de l'action de tous les muscles de la vie animale, des inle^ costaux et du diaphragme par conséquent ; 3° cessation consécutive des phénomènes mécaniques de la respiration; 4° suspension des phénomènes chimiques, et conséquemment de la coloration du sang ; 5° péiiétration du sang noir dans les flbres du cœur ; 6<> afi'aiblissement et cessation d'action de ces fibres.
La mort qui succède aux lésions graves du cerveau a donc beaucoup d'analogie avec celle des différentes asphyxies; elle est seulement plus prompte, par les raisons que j'indiquerai. Les expériences suivantes prouvent évidemment que les phénomènes de cette mort s'enchaînent de la manière que je viens d'indiquer.
1® J'ai constamment trouvé du sang noir dans le système à sang rouge de tous les animaux tués par la commotion, la compression cérébrales', etc. ; leur cœur est livide, et toutes les surfaces sont colorées à peu près comme dans Tasphyxie.
2** J'ai ouvert sur un chien l'artère carotide ; aussitôt du sang rouge s'est écoulé ; l'artère a été liée ensuite, et j'ai assommé l'animal en lui portant un coup violent derrière l'occipital. A l'instant la vie animale a été anéantie ; tout mouvement volontaire a cessé ; les fonctions mécaniques et, par une suite nécessaire, les fonctions chimiques du poumon se sont trouvées arrêtées. L'artère, déliée alors, a versé du sang noir par un jet plus faible qu'à l'ordinaire : ce jet a diminué, s'est ensuite interrompu, et le sang a coulé, comme on le dit, en bavant. Enfin le mouvement du cœur a fini au bout de quelques minutes.
3** J'ai toujours obtenu un semblable résultat en ouvrant une artère sur différentg animaux que je faisais périr ensuite, soit par une section de la moelle entre la première vertèbre et l'occipital, soit par une forte compression exercée sur le cerveau préliminairement mis à nu, soit par la destruction de ce viscère, etc. C'est encore ainsi que meurent les animaux par la carotide desquels on pousse au cerveau des substances délétères. '
4** Les expériences précédentes expliquent la noirceurdu sang qui s'écoule de l'artèrç ouverte des animaux qu'on saigne dans nos boucheries, après les avoir assommés. Si se coup porté sur la tête a été très-violent, le sang sort presque tel qu'il était dans les veines. S'il a été moins fort et que l'action du diaphragme et des intercostaux n'ait été
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qu'affaiblie, au lieu d'avoir subitement cesaé^ la rougeur du sang n'est qu'obscurcie, etc. En générai^ il y a an rapport constant entre les degrés divers de cette couleur d 1 a force du coup.
On se sert, pour l'usage de nos tables, du sang des animaux. Sans doute que le noir et le rouge diffèrent, que l'un des deux serait préférable dans certains cas. Or, on pourrait à volonté avoir l'un ou l'autre, en saignant les animaux après ou avant de les avoir assommés, parce que, dans le premier cas, la respiration a cessé avant l'hémorrhagie, et que, dans le second, elle continue pendant qôe le sang coule.
En général, l'état de la respiration, qui est altéré par un grand nombre de causes pendant les grandes hémorrhâgies, fait singulièrement varier la couleur du sang qui sort des artères : voilà pourquoi, dans les grandes opérations, dans l'amputation, dans le cancer, le sarcocèle, etc., on trouve tant de nuances au sang artériel. On sait qu'il sort quelquefois très-rouge au commencement, et trèsbrun à la fin de l'opération. Examinez la poitrine pendant ces variétés, vous verrez constamment la respiration se faire exactement lorsqu'il est coloré en rouge, être an con* traire embarrassée quand sa couleur s'obscurcit.
En servant d'aide à Desault pendant ses opérations, j'ai eu occasion d'observer plusieurs fois et ces variétés, et leur rapport avec la respiration. Ce rapport m'avait frappé avant même que j'en connusse la raison. Je l'ai constaté depuis par un très-grand nombre d'expériences sur les animaux. Je l'ai vérifié et fait observer dans rextirpation d'une tumeur cancéreuse des lèvres, que je pratiquai l'an
En général, il est rare que le sang artériel sorte aussi noir que celui des veines dans les opérations; sa couleur devient seulement plus ou moins foncée.
Je n'ai jamais trouvé dans mes expériences de rapport entre le brun obscur de cette espèce de sang et la compres»
sîon exercée aa-dessus de l'artère, comme quelques-uns l'ont assuré. II en existe bien un entre la couleur et l'impétuosité du jet, qui s'atfaîbKt en général lorsque cette couleur a été foncée pendant quelques instants. Mais c'est dans la respiration qu'est le principe de ce rapport, qu'on expliquera facilement d'après ce que j'ai dit en différents endroits de cet ouvrage. Revenons au point de doctrine qui nous occupe, et dont nous nous étions écartés.
Je crois que, d'après toutes les considérations et les expériences contenues dans cet article, la manière dont le cœur cesse d'agir par l'interruption des fonctions cérébrales ne peut plus être révoquée en doute, et que nous pouvons résoudre d'une manière positive la question proposée plus haut, en assurant que, dans cette circonstance, le poumon est l'organe intermédiaire dont la mort entraîne celle du cœur, laquelle ne pourrait alors arriver directement.
Il y a donc cette différence entre la mort du cœur par celle du cerveau et la mort du cerveau par celle du cœur, que, dans le premier cas, la mort de Tun n'est qu'une cause indirecte de celle de l'autre ; que dans le second cas, au contraire, cette cause agit directement, comme nous l'avons vu plus haut. Si quelques hommes ont jamais pu suspendre volontairement les battements de leur cœur, cela ne prouve pas, comme le disaient les disciples de Stahl, l'influence de l*âme sur les mouvements de la vie organique, mais seulement sur les phénomènes mécaniques de la respiration, qui dans ce cas ont dû être, ainsi que les phénomènes chimiques, préliminairement arrêtés.
Dans les animaux à sang rouge et froid, dans les reptiles en particulier, la mort du cœur ne succède pas aussi promptemeilt à celle du cerveau que dans les animaux à sang rouge et chaud. La circulation continue encore trèslongtemps dans les grenouilles, dans les salamandres, etc., après que l'on a enlevé leur masse céphalique. Je m'en suis assuré par de fréquentes expériences.
On concevra facilement ce phénomène, si on se rappelle
fff MORT GÈ?iÉRALE
Les expériences dont je viens de donner le détail présentent des pliénonnènes qui se passent dans un état différent de rinspiration ordinaire : je sens bit^n, par conséquent, qu'on ne peut en tirer une rigoureuse induction pour le passage des substances délétères dans la masse du sang ; mais cependant Je crois qu'elles en confirment beaucoup la possibilité, qui d'ailleurs est démontrée par plusieurs des remarques précédentes.
D'après tout ce qui a été dit ci-dessus, je ne pense pas qu'on puisse refuser d'admettre ce passage- En effeïj
et trouve ses va La seaux remplis d' îchlin dît av^oir vu égalcttit^ni
p !Ti r un lio m me i u b it em en t dans goleeeB û' une res fil i a lion pré-
eipiLëe, et avoir trouvé cnsutte bï p d'aïr dans te cœur €tdsni
les gros valiJÈcauï.
J'aî déjà eu ucc^ashïn de disséquer pinsleuTS cadaiies doal la mort avait éié prétéâée d^une congesUoo Èangujne dans ïe sj sièine eaptllalre eité rieur de la face, du cou fît i\e de !a poililne. Ce syaLèiii^ prés en tait un engorgement et une ité remarttuabks dans iouki ses pariles, et j'ai trouvé en ouvrant les artères et lea veines, diioî celles du cou et de la tête Ëpëcialement, un sang écumeux et mêlé da beaucoup de bulles d'air. J'ai appris que run de ces sujets avait pêii subitement tlans une alTuellon convulsive des muscïes pectoraui ; le n'ai pu avoir de renseignements âur les autrea. Au rcste^ tous eeui qui ont quelque habitude des amphithéâtres dolvejit avoir observé ces sortes de cartavrca, qui se putrt^flent trùe-promptement et avec un* ofkur luMjppoMable. lU ont remarqué auasi que Talr, dana lesvai^ seaux, préexistait à la puiréfaction.
Je soupçonne que, dans tous ces cas, la mort a été produite par h passage subit de l'air du poumon dans le sangt qui l'a ensuite porté au cerveau ; à peu près comme j'ai dit qu'elle survient lorsque, dam un animal vivant, on pousse beaucoup d'aîr vers la poumon^ et qu'oc fait ainsi passer ce fluide dans la système vasculaire.
En rapprochant ces phénomènee des considérations présentées pi m haut sur la mort par l*injeclion de l'air dans les veines, on sera, je crois, fort porté à admettre ropiniop que j'avance, et qui, d^ailleaiî» a été celte de plusieurs médecins. On a déjà fait sur le cadavre dlveri eç^sis rein lits â ce poinL Morgagni en présente le détail; malst'ëit sur rindividu vivant que Ton doit observer le passage de Tair dans If i^imL^', pour en déduire des conséquences sur l'objet qui noua occupe, n» sait en (dfet quelle est nufluence de la mort sur la perméabJliW des parties.
§ l<r. » Déterminer si rinterruption des fonctions organiques est ud effet direct de la cessation de l'action cérébrale.
L'observation et rexpérience vont nous servir ici, comme dans Tarticie précédent, à prouver que toutes les fonctions internes sont, de même que l'action du cœur, soustraites à l'empire immédiat du cerveau, et que par conséquent leur interruption ne saurait immédiatement dériver de la mort de cet organe. Je commence par l'observation.
!<" Il est une foule de maladies du cerveau qui, portées au dernier degré, déterminent une suspension presque générale de la vie animale ; qui ne laissent ni sensations, ni mouvements volontaires, si ce n'est de faibles agitations dans les intercostaux et dans le diaphragme, agitations qui seules soutiennent alors la vie générale. Or, dans cet état où l'homme a perdu la moitié de son existence, l'autre moitié que composent les fonctions organiques continue encore souvent très-longtemps avec la même énergie. Les sécrétions, les exhalations, la nutrition, etc., s'opèrent presque comme à l'ordinaire. Chaque jour l'apoplexie, la commotion, les épanchements, l'inflammation cérébrale, etc., etc., nous ofirent ces sortes de phénomènes.
2"* Dans le sommeil, les sécrétions s'opèrent certainement, quoique Bordeu s'appuie sur l'opinion contraire pour prouver l'influence des nerfs sur les glandes. La digestion se fait aussi parfaitement bien alors ; toutes les exhalations, la sueur en particulier, augmentent souvent au delà du degré habituel ; la nutrition continue comme à l'ordinaire, et même il y a beaucoup de preuves trèssolides en faveur de l'opinion de ceux qui prétendent qu'elle augmente pendant que les animaux dorment Or, tout le monde sait, et il résulte spécialement de ce-^ que nous avons dit dans la première partie de cet ouvrage, que le sommeil survient parce que le cerveau, affaibli par l'exercice trop soutenu de ses fonctions, est obligé de les
^6 DE LA MOltT DES ORGATIBS
suspendre durant un certain temps. Donc le relâchemenl des organes in 1er nés n'est pas une suite de celui du cer* veau: donc Tinfluence qull exerce sur euK n'est pas directe ; donc, quand il meurt, ce n'est pas immédiateinenl qu'ils interroHïpent leur action*
3» Le sommeil des animaux dormeurs fait miDux contraster encore que le sommeil ordinaire T interruption de la vie animale, des fonctions cérébrales par conséquent, avec la permanence de la vie organique.
4" Dans les paralysies " i^- dans celles, pat exemple, qui affectent les memunss i Prieurs et les viscères du bassin* à la suite d^une comi m ou d'une compressioa de la partie irifërieure de la e épinièrej la communi-
cation des parties paralysée z le cerveau est ou enliè'
rement rompue, ou au niom is^affiiiblie. Elle est rompue quand totite espèce de sf lent et de mouvement a cessé : elle n'est qu'atï^ihlie quand Time ourautrepm^ priété reste encore. Or, dans ces deux cas, la circulatîoQ générale et cdle capillaire continueut ; Texhalation sV père, comme h l'ordinaire, dans le tissu cellulaire et à f^ surface cutanée \ lalisorptton s'exerce égaU-aient, puisque stios elle rhydropisie surviendrait, La sécrétion peut avoir lieu aussi; rien» en effets déplus fréquent dans les paralysies complètes de vessie qu*une sécrétion abondante d humeur muqueuse à la surface interne de cet orgaiie. Quant à la nutrition, il est évident que, si les divefsfs espèces de paralysies la diminuent un peu^ jamais elles ne l'aiTêlent entièrement.
5** Les spasmesj les convulsions qui naissent d'un* énergie contre nature dans Taction cérébrale, et qui po> tent d'une manière sî visible leur influence sur les foDclions externes j modifient Irès-faiblement, et souvent pas du tout, les exhalations, les sécrétions, la circulation^ îa nutrition des parties où ils se développent. Danscesdi* vers pliénomènes maladifs, c'est une chose bien digne (te remuL-que que le calma où se trouve la vie organique,
comparé aa trouble, au bouleversement^ qui agitent la vie animale dans le membre ou dans la partie affectée.
6» Les fiEtus acéphales ont, dans le sein de leur mère^ une vie oi^anique tout aussi active que les fœtus bien conformés ; ils sont même quelquefois, en naissant, dans des proportions supérieures à l'accroissement naturel. J'ai eu occasion de m'en assurer sur deux fœtus de cette espèce, apportés l'an passé dans mon amphithéâtre : non-seulement leur face était plus développée, comme il arrive toujours, parce que le système vasculaire cérébral étant nul^ le facial s'accroît à proportion ; mais encore toutes les parties, celles de la génération en particulier, qui, avant la naissance, semblent ordinairement être à peine ébauchées, avaient un développement correspondant. Donc la nutrition, la circulation, etc., sont alors aussi actives qu'à l'ordinaire, quoique l'influence cérébrale manque absolument à ces fonctions.
70 Qui ne sait que dans les animaux sans cerveau, dans ceux mêmes où aucun système nerveux n'est apparent, comme dans les polypes, la circulation capillaire, l'absorption, la nutrition, etc., s'opèrent également bien? Qui ne sait que la plupart des fonctions organiques sont communes à l'animal et au végétal ? que celui-ci vit réellement organiquement, quoique ses fonctions ne soient influencées ni par un cerveau ni par un système nerveux?
8** Si on médite un peu les diverses preuves que Bordeu donne de l'influence nerveuse sur les sécrétions, on verra qu'aucune n'établit positivement l'action actuelle du cerveau sur cette fonction. Il n'y en aurait qu'une qui serait tranchante, savoir, l'interruption subite des fluides sécrétés par la section des nerfs des diverses glahdes : or, je ne sais qui a pu jamais faire exactement cette section. On parle beaucoup d'une expérience de cette nature, pratiquée sur les parotides. La disposition des nerfs de cette glande rend cet essai si visiblement impossible, que je n'ai pas môme tenté de le répéter il n'y a guère que le testi-
cule où il est praticable. J'ai donc isolé, dans un chien, le cordon des vaisseaux spermatiques ; les nerfs ont été coupés sans toucher aux vaisseaux. Je n'ai pu juger des effets de cette expérience par rapport à la sécrétion de la semence, parce que l'inflammation est survenue dans le testicule, où s'est ensuite formé un dépôt. Mais cette inflammation même, ainsi que la suppuration, formées sans l'influence nerveuse du cerveau, ne supposent-elles pas It possibilité de la sécrétion, indépendamment de cette Influence? On ne peut, dans cette expérience, isoler l'artère spermatique du plexus qu'elle reçoit du grand sympathique, tant est inextricable l'entrelacement de ces nerfs. Mais, au reste, leur section importe assez peu, attendu qu'ils viennent des ganglions : l'essentiel est de rompre toute communication avec le cerveau, en détruisant les filets lombaires.
Je pourrais ajouter une foule d'autres considérations à celle-ci, dont plusieurs ont déjà été indiquées par d'autres auteurs, pour prouver que les fonctions organiques ne sont nullement sous la dépendance actuelle du cerveau ; que par conséquent lorsque celui-ci meurt, ce n'est point directement qu'elles cessent d'être en activité.
C'est ici surtout que la distinction de la sensibilité et de la contractilité, en animales et en organiques, mérite, je crois, d'être attentivement examinée. En effet, l'idée de sensibilité rappelle presque toujours celle des nerfs dans notre manière de voir ordinaire, et l'idée des nerfs amène celle du cerveau ; en sorte qu'on ne sépare guère ces trois choses : cependant il n'y a réellement que dans la vie animale où l'on doit les réunir ; dans la vie organique elles ne sauraient être associées, au moins directement.
Je ne dis point que les nerfs cérébraux n'aient pas, sur* la sensibilité organique, une influence quelconque ; mais je soutiens, d'après l'observation et l'expérience, que celte influence n'est point directe, qu'elle n'est point de la nature de celle qu'on observe dans la sensibilité animale.
Plusieurs auteurs ont déjà très-bien vu ()ue l'opinion qui place dans les nerfs le siège exclusif et immédiat du sentiment est sujette à une foule de difficultés ; ils ont même cherché d'autres moyens d'expliquer les phénomènes de cette grande propriété des corps vivants. Hais il en est de la question des agents comme de celle de la nature de la sensibilité : nous nous y égarerons toujours, tant que le fil de la rigoureuse expérience ne nous guidera pas : or, cette question ne me parait guère susceptible de se prêter à ce moyen de certitude.
Contentons-nous donc d'analyser les faits, de bien les recueillir, de les comparer entre eux, de saisir leurs rapports généraux. L'ensemble de ces recherches forme la vraie théorie des forces vitales; tout le reste n'est que conjecture.
Outre les considérations que je viens de présenter, il eg est une autre qui me paraît prouver bien manifestement que les fonctions organiques ne sont point sous l'immédiate influence du cerveau : c'est que la plupart des viscères qui servent à ces fonctions ne reçoivent point ou presque point de nerfs cérébraux, mais bien des filets provenant des ganglions.
On observe ce fait anatomique dans le foie, le rein, le pancréas, la rate, les intestins, etc., etc. Dans les organes même de la vie animale, il y a souvent des nerfs qui servent aux fonctions externes, et d'autres aux internes ; alors les uns viennent directement du cerveau, les autres des ganglions. Ainsi les nerfs ciliaires naissant du ganglion ophthalmique président-ils à la nutrition et aux sécrétions de l'œil, tandis que l'optique né du cerveau sert directement à la vision. Ainsi l'olfactif est-il dans lapituitaire l'agent de la perception des odeurs, tandis que les filets du ganglion de Meckel n'ont rapport qu'aux phénomènes organiques de cette membrane, etc.
Or, les nerfs des ganglions ne peuvent transmettre l'action cérébrale ; car nous avons vu que le système nerveux
des paralysies ou des convulsions dans les ner& cérébram des diverses parties, on n'altère d'une manière sensible et subite ni les exhalations, ni l'absorption, ni la nutrition de ces parties.
2® On sait depuis très-longtemps qu'en irritant les nerb des ganglions qui vont à Festomac, aux intestins, à la vessie, etc., on ne détermine point de spasme dans ks £brcs charnues de ces organes, comme on en produit dans les muscles de la vie animale par l'irritation des ner& cérébraux qui vont se distribuer à ces muscles.
3"" La section des nerfs des ganglions ne paralyse point subitement les organes creux, d'ont le mouvement vermi- •culaire ou de resserrement continue encore plus ou moins longtemps après Texpérience.
4^ J'ai répété , par rapport à l'estomac, aux intestins, à la vessie, à la matrice, etc., les expériences galvaniques dont les résultats, par rapport au cœur, ont été exposés. J'ai armé d'abord de deux métaux différents le cerveau et chacun de ces viscères en particulier : aucune contraction n'a été sensible à l'instant de la communication des deux armatures. Chacun de ces viscères a été ensuite armé en même temps que la portion de moelle épinière placée audessus d'eux. Enfin, j'ai armé simultanément et les nerfs que quelques-uns reçoivent de ce prolongement médullaire, et ces organes eux-mêmes : ainsi l'estomac et les nerfede la paire vague, la vessie et les nerfs qu'elle reçoit des lombaires ont été armés ensemble. Or, dans presque tous ces cas, la communication des deux armatures n'a produit aucun effet bien marqué : seulement dans le dernier, j'ai aperçu deux fois un petit resserrement sur l'estomac et la vessie. Dans ces diverses expériences, je produisais cependant de violentes agitations dans les muscles de la vie animale, que j'armais toujours du même métal que celui dont je me servais pour les muscles de la vie organique, afin d'avoir un terme de comparaison.
5* Dans tous les cas précédents, ce sont les diverses por-
lions Ci(] système nerveux cérébral qui ont été armées ea même temps que les muscles organiques. J'ai voulu galva* niser aussi les nerfs des ganglions avec les mêmes muscles» La poitrine d'un chien étant ouverte, on trouve sous la plèvre le grand sympathique, qu'il est facile d'armer d'u» métal. Comme, suivant l'opinion commune, ce nerf se distribue dans tout le bas-ventre , en armant d'un autre métah chacun des viscères qui s'y trouvent contenus, et en établissant des communications , je devais espérer d'obtenir des contractions, à peu près comme on en produit en armant le faisceau des nerfs lombaires et les divers muscles de la cuisse. Cependant aucun effet n'a été sensible.
6' Dans notre manière de voir le nerf sympathique, oft conçoit ce défaut de résultat. En effet, les ganglions intermédiaires aux organes gastriques et au tronc nerveux de la poitrine ont pu arrêter les phénomènes galvaniques. J'ar donc mis à découvert les nerfs qui partent des ganglions pour aller directement à l'estomac, au rectum, à la vessie, et j'ai galvanisé par ce moyen ces divers organes : aucune contraction ne m'a paru ordinairement en résulter ; quelquefois un petit serrement s'est fait apercevoir; mais îi était bien faible, en comparaison de ces violentes contrac» lions qu'on remarque dans les muscles de la vie aninxale. Je ne saurais encore trop recommander ici de bien distinguer ce qui appartient au contact mécanique des métaux,, d'avec ce qui est l'effet du galvanisme.
7** Ces expériences sont difficiles sur les intestins, à cause de la ténuité de leurs nerfs. Hais comme ces ner& forment un plexus très-sensible autour de l'artère mésentérique qui va avec eux se distribuer dans le tissu de ces organes, on peut, en mettant cette artère à nu, et en l'entourant d'un métal, tandis qu'un autre est placé sur un point quelconque du tube intestinal, galvaniser également ce tube. Or, dans cette expérience, je n'ai obtenu non plus aucun résultat bien manifeste.
8*" Tous les essais précédents ont été faits sur des ani-
maux à sang rouge et chaud; j'en ai tenté aussi d'analogues sur des animaux à sang rouge et froid. Le cerveau et les viscères musculeux de l'abdomen d'une grenouille, les mêmes viscères et la portion cervicale de la moelle ^pinière, ont été armés en même temps de deux métaux divers. Rien de sensible n'a paru à l'instant de leur communication ; et cependant les muscles de la vie animale entraient ordinairement alors en contraction, même sans être armés, et par le seul contact d'un métal sur l'armature du système nerveux. Ce n'est pas faute de multiplier les points de contact sur les viscères gastriques que le succès a pu manquer ; car j'avais soin de passer un fil de plomb dans presque tout le tube intestinal, pour lui servir d'armature.
9° Quant aux nerfs qui vont directement aux fibres cha^ nues des organes gastriques, ils sont si ténus sur la grenouille, qu'il est très-diflScile de les armer. M. Jadelol a cependant obtenu, dans une expérience, un resserrement lent des parois de l'estomac, en agissant directement sur les ner& de ce viscère. Hais certainement ce resserrement, analogue sans doute à ceux que j'ai observés souvent •dans d'autres expériences, ne peut être mis en parallèle avec les effets étonnants qu'on obtient dans les muscles volontaires; et il sera toujours vrai de dire que, sous le rapport des phénomènes galvaniques, comme sous tous les autres, une énorme différence existe entre les muscles de la vie animale et ceux de la vie organique.
Voilà, je crois, une somme de preuves plus que suffisante pour résoudre avec certitude la question proposée dans ce paragraphe, en établissant comme un principe fondamental, 1** que le cerveau n'influence point d'une manière directe les organes et les fonctions de la vie interne; 2« que, par conséquent, l'interruption de ces fonctions, dans les grandes lésions du cerveau, n'est point un effet immédiat de ces lésions.
Je suis loin cependant de regarder l'action cérébrale
comme entièrement étrangère à la vie organique; mais je crois être fondé à établir que cette vie n'en emprunte que des secours secondaires indirects, et que nous ne connaissons encore que très-peu.
Si je me suis un peu étendu sur cet objet, c'est que rien n'est plus vague en médecine que le sens qu'on attache communément à ces action nerveuse, action cérébrale, etc. On ne distingue jamais assez ce qui appartient aux forces d'une vie, d'avec ce qui est l'attribut des forces de l'autre. On peut faire, surtout à CuUen, le reproche de trop exagérer Vinfluence du cerveau.
§ II . — Déterrainer si rinterruption des fonctions de la Ti'e organique est un effet indirect de la cessation de l'action cérébrale.
Puisque la vie organique ne cesse pas immédiatement par la cessation de l'action cérébrale, il y a donc des agents intermédiaires qui déterminent, par leur mort/ cette cessation. Or, ces agents sont principalement, comme dans la mort du cœur par celle du cerveau, les orgçines mécaniques de la respiration. Voici la série des phénomènes qui arrivent alors :
1° Interruption des fonctions cérébrales. 2® Cessation des fonctions mécaniques du poumon. 3» Anéantissement de ses fonctions chimiques. 4^ Circulation du sang noir dans toutes les parties, b*" Afiaiblissement du mouvement du cœur et de l'action de tous les organes. &* Suspension de ce mouvement et de cette action.
Tous les organes internes meurent donc à peu près comme dans l'asphyxie, c'est-à-dire !• parce qu'ils sont frappés du contact du sang noir ; ^ parce que la circulation cesse de leur communiquer le mouvement général nécessaire à leur action, mouvement dont l'effet est indépendant de celui que produit le sang par les principes qu'il contient.
Cependant il y a plusieurs différences entre la mort par Taspbyxie et celle par les grandes lésions du cerveau. 1** La
vie animale est assez communément interrompue dans la seconde, à l'instant même du coup ; elle ne l'est dans la première qu'à mesure que le sang noir pénètre le cerveau. 2° La circulation est quelque temps à cesser dansk plupart des asphyxiés, soit parce que la coloration en noir n'est que graduelle, soit parce que l'agitation des membres et de tous les organes à mouvements volontaires Peotretient tant que le cerveau peut encore déterminer ces mouvements. Au contraire, dans les lésions du cervean, d'un c6té l'interruption de la respiration étant subite, h noirceur du sang ne se fait point par degrés ; d'un autre c6té, la vie animale étant tout à coup arrêtée, tous les organes deviennent à l'instant immobiles, et ne peuvent pins favoriser le mouvement du sang. Cette obser\'ation est surtout applicable à la poitrine, dont les parois favorisent singulièrement la circulation pulmonaire, et même les mouvements du cœur, par l'élévation et rabaissement alternatifs dont elles sont le siège. C'est là véritablement l'influence mécanique que la circulation reçoit dans II respiration. Celle née de la dilatation ou du serrement du poumon est absolument illusoire, ainsi que nous l'avons vu.
Au reste, les deux genres de mort, dont l'un commence au poumon et l'autre au cerveau, peuvent s'éloigner ou se rapprocher par la manière dont ils arrivent ; et il s'en faut de beaucoup que les différences que je viens d'indiquer soient générales. Ainsi, quand l'asphyxie est subite, comme, par exemple, lorsqu'on fait tout à coup le vide dans la trachée-artère, en y pompant l'air avec une seringue, il n'y a ni taches livides ni engorgement du poumon ; la circulation cesse très-vite; cette mort se rapproche de celle où la vie du cerveau est anéantie subitement.
Au contraire, si le coup qui frappe ce dernier organe ne fait qu'altérer profondément ses fonctions, et permet encore aux muscles inspirateurs de s'exercer faiblement pendant un certain temps, le système capillaire du pou-
mon peut s'engorger; le système capillaire général peut se pénétrer aussi de sang en diverses parties. La circulation est alors lente à cesser. Cette mort a de Tanalogie avec celle de beaucoup d'asphyxies.
On conçoit par là que la mort dont le principe est dans le cerveau et celle qui commence dans le poumon se rapprochent ou s'éloignent Tune de l'autre, suivant que la cause qui frappe l'un de ces deux organes agit avec plus ou moins de promptitude ou de lenteur. L'enchaînement des phénomènes est toujours à peu près le même, surtout lorsque le premier est affecté : la cause de cet enchaînement ne varie pas, mais les phénomènes eux-mômes présentent de nombreuses variétés.
On a demandé souvent comment mouraient les pendus : les uns ont cru qu'il y avait chez eux luxation aux vertèbres cervicales, compression de la moelle épinière, et par conséquent mort très-analogue à celle qui est l'effet de la commotion, de l'enfoncement des pièces osseuses du crâne, etc. Les autres ont dit que le défaut seul de respiration les faisait périr. J'ai eu occasion de disséquer un pendu où il n'y avait pas luxation, mais fracture de la troisième vertèbre cervicale. J'ai soupçonné, il est vrai, que cette solution de continuité n'était pas arrivée à l'instant de l'accident. La personne s'était elle-même donné la mort: l'agitation du cou ne pouvait donc avoir été trèsconsidérable. C'était sans doute un eâet produit sur le cadavre même, dans une chute, dans une fausse position, etc., ce que je ne me rappelle pas cependant avoir observé sur d'autres cadavres. Au reste, que les pendus périssent par compression de la moelle, ce qui bien certainement n'arrive pas toujours, ou que chez eux le seul défaut de respiration cause la mort, .on voit que l'enchaînement des phénomènes n'est pas très-diftérent dans l'un et l'autre cas. Quand il y a luxation, toujours aussi il y a asphyxie simultanée ; et alors cette affection est produite, d'un côté directement, parce que la pression de la corde iti-
tercepte le passage de l'air , d'un autre côté, indirectement, parce que les intercostaux et le diaphragme paralysés ne peuvent plus dilater la poitrine pour recevoir œ fluide.
En général, il y a plus de rapports entre les deux modes par lesquels la mort du cerveau ou celle du poumon produisent la mort des organes, qu'entre un de ces deux premiers modes et celui par lequel, le cœur mourant, toutes les parties meurent aussi.
On pourra facilement, je crois, faire, d'aprèsce que j'ai dit, la comparaison de ces trois genres de mort ; comparaison qui me paraît importante, et dont voici quelques traits :
IMI y a toujours du sang noir dans le système à sang rouge, quand c'est par le cerveau ou par le poumon que commence la mort ; souvent, au contraire, ce système contient du sang rouge, quand le cœur cesse subitement ses fonctions.
2« La circulation dure encore quelque temps dans les deux premiers cas ; elle est subitement anéantie dans le troisième.
30 C'est à cause de l'absence de son mouvement général que le sang cesse d'entretenir la vie des organes, lorsque leur mort dépend de celle du cœur : c'est bien en partie de cette manière, mais aussi c est principalement par la nature des éléments qui composent le sang, que ce fluide ne peut plus animer l'action des mômes organes, quand leur mort dérive de celle du poumon ou du cerveau, etc., etc.
J'indique seulement le parallèle des phénomènes divers de ce genre de mort ; le lecteur l'achèvera sans peine. ^
Dans les animaux à sang rouge et froid, la mort de tous les organes succède bien plus lentement à celle du œrveau que dans les animaux à sang rouge et chaud. Il est assez difficile de rendre raison de ce fait, parce qu'on ne connaît encore bien, chez les animaux, ni la dififérence du s ing artériel avec le sang veineux, ni le rapport qu'a
le contact de chacun de ces deux sangs avec la vie des organes.
Quand les reptiles^ la grenouille, par exemple, restent longtemps sous l'eau, est-ce que le éang artériel devient noir faute de respiration? Et ces animaux ne meurent*ilspas alors, parce que, chez eux, le oontaet de ce sang est moins funeste aux organes que chez les animaux à sang chaud? ou bien le sang veineux continue-t-il longtemps alors à se rougir, parce que Tair contenu comme un dépôt dans les poumons à grandes vésicules de ces animaux ne peut que lentement s'épuiser, attendu que , chez eux , très-peu de sang passe dans Tarière pulmonaire, qui n'est qu'une branche de Taorte? L'expérience par laquelle nous avons vu qu'on prolonge la coloration en rouge , par l'injection de beaucoup d'air dans la trachée-artère des chiens et autres animaux à sang chaud, semble confirmer cette dernière opinion : mais ceci a besoin , malgré les essais de Goodwyn, de beaucoup d'expériences ultérieures, comme en général tout ce qui a rapport aux trois grandes fonctions des animaux à sang froid [Z].
ARTICLE XIIL
DE l'influence QUE LA MORT DU CERVEAU EXERCE SUR LA MORT GÉNÉRALE.
En résumant tout ce qui a été dit dans les articles précédents, rien n'est plus idcile , je crois , que de se former une idée précise de la manière dont s'enchatnent les phénomènes de la mort générale qui commence au cerveau. Voici cet enchaînement :
i"" Anéantissement de l'action cérébralef; S® cessation subite des sensations et de la locomotion volontaire; 3* paralysie simultanée du diaphragme et des intercostaux ; A* interruption des phénomènes mécaniques de la respiration, de la voix par conséquent ; 5* annihilation des
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phénomènes chimiques ; O*» passage du sang noir dans le système à sang rouge; 7° ralentissement de la circulation par le contact de ce sang sur le cœur et les artères et par rimmobilité absolue où se trouvent toutes les parties, la poitrine en particulier ; 8« mort du cœur et cessation de la circulation générale ; 9<> interruption simultanée de la vie organique, surtout dan$ les parties où pénètre habituellement le sang rouge ; 10*^ abolition de la chaleur animale qui est le produit de toutes les fonctions ; 41^ terminaison consécutive de l'action des organes blancs, qui sont plus lents à mourir que toutes les autres parties , parce que les sucs qui les nourrissent sont plus indépendants de la grande circulation.
Quoique , dans ce genre de mort comme dans les deox précédents , les fonctions soient anéanties subitement, cependant plusieurs propriétés vitales restent encore aux parties pendant un certain temps ; la sensibilité et la contractilité organiques sont, par exemple , très-manifestes dans les muscles des deux vies; la susceptibilité galvanique reste très-prononcée dans ceux deia vie animale.
Cette permanence des propriétés organiques est à peu près la môme dans tous les cas ; la seule cause qui y apporte quelque différence , c'est la manière plus ou moins lente dont l'animal a péri. Plus la mort a été rapide, plus . la contractilité se prononce avec énergie, et plus elle tarde à disparaître. Plus, au contraire, les organes ont fini lentement leurs fonctions, moins cette propriété est susceptible d'être mise en jeu.
Toutes choses étant égales dans la durée des phénomènes qui précèdent la mort générale par celle du cerveau, les expériences sur la contractilité présentent toujours à peu près le même résultat , parce que l'enchaînement de ces phénomènes et la cause immédiate qui les produit restent toujours aussi à peu près les mêmes. L'apoplexie , la commotion , l'inflammation , la compression violente du cerveau , la section de la moelle épinière sous l'occipital,
la compression par ane luxation des vertèbres , etc., sont des causes éloignées très-différentes, mais qui déterminent toutes une cause immédiate constamment uniforme.
Il n'en est pas de même de Tasphyxie par les différents gaz, maladie à la suite de laquelle Tétat de la contractilité varie beaucoup, quoique souvent la durée des phénomènes de la mort ait été analogue. Cela tient, comme nous l'avons vu, à la diversité de nature dans les délétères qui sont introduits par les voies aériennes, et portés par la circulation sur les divers organes qu'ils frappent d'un affaiblissement plus ou moins direct.
L*état du poumon varie beaucoup dans les cadavres des personnes dont la mort a eu son principe dans le cerveau. Tantôt gorgé, tantôt vide de sang, il indique en général, suivant ces deux états, si la cessation des fonctions a été graduée, si par conséquent le coup n'a pas subitement anéanti l'action cérébrale, ou bien si la mort générale a été soudaine. Dans les cadavres apportés à mon amphithéâtre, avec des plaies de tête, des épanchements sanguins du cer> veau, effet de l'apoplexie, etc., à peine ai-je trouvé sur deux le poumon avec la même disposition. L'état d'engor^ gement et de lividité .des surfaces extérieures, de la peau de la tête, du cou, etc., varie également.
La mort qui succède aux diverses maladies commence beaucoup plus rarement au cerveau qu'au poumon. Cependant, dans certains accès de fièvres aiguës, le sang, violemment porté au cerveau, anéantit quelquefois la vie. Le malade a le transport, comme on le dit vulgairement. Si ce transport est porté au dernier degré, il est mortel, et alors l'enchaînement des phénomènes est le même que celui dont nous venons de parler pour les morts subites. <«. Il est un grand nombre de cas, autres que celui des fièvres aiguës, où le commencement de la mort j^eut être au cerveau, quoique cet organe ne soit pas celui qui est affecté par la maladie.
C'est dans ces cas, surtout, où Tétat de plénitude ou de