‹ Recherches physiologiques sur la vie et la mortChapitre 77 sur 92 · HOTE · texte numérisé non relu

HOTE

Comme nous Tavons fait pour Tabsorption veinease, nous traiterons seulement des particularités qui distinguent Tabsorption lymphatique, c'est-à-dire des substances qui pénètrent dans les vaisseaux lymphatiques et chylifères, du procédé suivant lequel s'opère cette absorption, enfin du mouvement et de la progression du chyle et de la lymphe dans leurs i^aisseaux propres.

La partie liquide du sang qui a fourni les matériaux nécessaires à la nutrition des organes et qui imbibe les tissus rentre dans la circulation par Tintermédiaire des lymphatiques et du canal thoracique. Le fluide contenu dans les lymphatiques est donc tout simplement du sang sans globules rouges^ et le sang est de la lymphe avec des globules rouges : aussi, d'après Muller, lorsque le sang perd la propriété de se coaguler, la lymphe la perd égalemeut, La liqueur du sang est le principal élément sur lequel s'exerce l'absorption lymphatique dans l'état normal, les globules que contient la lymphe paraissant formés par de petites molécules enlevées au parenchyme des organes. Mais on a quelquefois découvert dans ces vaisseaux d'autres substances encore, de la bile dans le cas d'obstruction des conduits biliaires, des matières calcaires dans certains cas d'affections des os. Du pus même, dit-on, a été trouvé dans les lymphatiques. Nous ne nions pas le fait ; mais alors le pus provenait de l'inflammation de ces vaisseaux eux-mêmes; car si la partie fluide du pus peut être absorbée par ces vaisseaux, les globules purulents ne sauraient y pénétrer du dehors; leur volume est trop considérable, et double même de celui des particules rouges du sang. De nombreuses expériences établissent que les lymphatiques n'absorbent pas les matières colorantes, et que les sels sont les seules substances étrangères qu'ils admettent; encore ce cas se présente-t-il rarement. Maintenant, pourquoi l'absorption lymphatique ne s'exerce-t-elle que sur certains fluides? On ne peut répondre à cette question que par Thypothèse d'une affinité particulière entre ces fluides et ces vaisseaux. En outre de cette affinité, les lymphatiques et leurt glandes font subir une élaboration spéciale aux substances qu'ils ont admises, non-seulement au chyle, comme chacun sait, mais encore aux matières étrangères, ainsi que l'a prouvé Ëmmert.

L'absorption par les vaisseflur ^byliJeres et lymphatiques

ne peut s'expliquer par les lois de la capillarité ni par celles de rendosmose. Elle parait dépendre, dit le célèbre physiologiste que nous avons déjà souvent cité, d'une attraction dont la nature nous est actuellement inconnue, mais dont la sécrétion forme, pour ainsi dire, la contre-partie ; les fluides, après avoir été modifiés par Faction sécrétante, sont repoussés vei-s le seul côté libre des membranes sécrétoires, et ensuite sont mus à tergo par l'impulsion continue du nouveau liquide qui se produit successivement. Cette attraction mérite réellement d'être appelée vitale, puisque les lymphatiques n'absorbent plus après la mort.

La cause principale du mouvement du chyle et de la lymphe dans leurs vaisseaux paraît résider dans la continuation de l'absorption par le réseau radiculaire des lymphatiques ; sans doute aussi leur progression est aidée par la disposition des valvules des absorbants, par l'action aspirante du cœur sur le contenu du canal thoracique, par l'aclion musculaire ; et quoiqu'on n'ait pu parvenir à provoquer des contractions bien évidentes dans les lymphatiques et le canal thoracique, on pourrait peut-être encore, avec Tiedemann et Gmelin, y admettre une contraction progressive et imperceptible.

L'obscurité des causes qui déterminent la marche des liquides dans le système lymphatique doit faire présumer qu'elles n'agissent pas avec une très-grande énergie. En effet , le mouvement de ces fluides est fort lent, surtout si on le compare à celui du sang. On ne peut, au reste, le mesurer que d'une manière foil indirecte et inexacte. Collard de Martigny ayant vidé par la compression le principal tronc lymphatique du cou d'un chien, le vaisseau se remplit de nouveau en sept minutes. Magendie obtint en cinq minutes une demi-once de chyle du canal thoracique d'un chien de moyenne taille.

Si en traitant de l'absorption lymphatique nous n'avons pas parlé de celle du chyle par les vaisseaux lactés, c'est que cette dernière suit les mêmes lois que la première. Les seules particularités qu'elle présente résultent de la nature propre du fluide.

Nous n'avons pas besoin de dire que dans les parties où l'on n'a pas pu démontrer l'existence de lymphatifiues, par exemple dans les os, l'œil, le placenta, l'absorption s'opère nécessairement au moyen des veines; mais pour celles qui reçoivent à

la fois des vaisseaiix lymphatiques et des vaisseaux sanguins, on n'a pu encore déterminer quel est de ces deux ordres de vaisseaux celui qui prend le plus de part à raccoinplissement de cette fonction.

J)e rintroductian des ffoz délétères par la voie jndmùnaire, — Tous les gaz , Foxygène excepté, sont incapables d'entretenir la respiration, par conséquent tous produisent l'asphyxie; mais plusieurs d'entre eux , ainsi que rétablit Bicbat , outre qu ils n'artérialisent pas le sang , exercent sur Téconomie une action délétère. L'azote, le protoxyde d'azote et l'hydrogène sont impropres à la respiration, et ils causent la mort par suite de la non-conversion du sang noir en sang rouge. Dans son excellent Traité de médecine légale^ M. Devergie énumère, parmi les gaz délétères, les gaz ammoniac, oxyde de carbone, acide carbonique, chlore, protoxyde et deutoxyde de chlore, cyanogène, hydrogène arsénié, hydrogène sulfuré, hydrogène carboné, hydrogène protophosphoré et perphosphoré, acide nitreux, oxygène et acide sulfureux.

Il y a bien des degrés dans la faculté toxique de ces différents Quides. Ainsi, par exemple, l'hydrogène arsénié tue aussi sûrement, mais moins vite, que la vapeur du cyanogène. L'absorption de Thydrogène sulfuré, lors même qu'elle s'opère exclusivement par la surlace cutanée , est promptement mortelle. Les effets délétères du gaz acide carbonique se produisent également avec rapidité par cette voie , ainsi que M. Coliard de Martij;ny Ta expérimenté sur lui-même.

Ouelques-uns des gaz que nous venons de citer ne se préparant que dans les laboratoires , c'est dans ces endroits seulement qu ils pourraient donner lieu à des accidents , comme on Ta observé une fois i>our le gaz nitreux. Le plus ordinairement , loi-sque les gaz délétères déterminent des accidents, ils agissent à Tétat de combinaison. Ainsi donc, si , sous le point de vue physiologique , û est mieux d'étudier isolément les t>ffets que détermine chaque gaz en pailiculicr , sous le point de vue pratique, il est préférable de décrire les a^'^^hyxies produites pai* des gaz combinés, dans des conditions et des circonstances oîi ces combinaisons s'opèrent et peuvent devenir funestes. On doit, par exemple, décrire à part l'asphyxie que détermine la combustion du charbon, et celle que produit la va^nnu' qui se d^gc dans la fermentation alcoolique. Tas-

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phyxiepar le gaz de Téclairage, et celle qui résulte de Paction des gaz divers qui se développent dans les fosses d*aisanccs.

De l'impulsion donnée à la circulation dans Veœpiration. — La force de Timpulsion qui chasse le sang dans le système artériel augmente pendant Texpiration. Gela dépend de ce que, dans cet acte, la poitrine se contracte, et fait ainsi subir aux gros vaisseaux une certaine compression. Ce phénomène, déjà noté par Haller, a été apprécié plus exactement par M. Poiseuille, au moyen de Fin génie ux instrument qui lui a servi à mesurer la puissance du cœur. Cet observateur a constaté expérimentalement que rimpulsion de Fondée sanguine était plus énergique à chaque expiration, et devenait plus faible pendant rinspiration : a L'augmentation que l'expiration détermine dans la force par laquelle le sang est chassé est si considérable chez beaucoup de personnes, dit Muller, que le pouls radial devient imperceptible, quand elles font une inspiration prolongée et retiennent leur respiration ; je suis moi-même dans ce cas. Ce phénomène explique jusqu'à un certain point la fable qui attribue à quelques individus la faculté de suspendre à volonté les battements de leur cœur. »

^ De l'introduction de Vair dans les veines. — Ce fait important, que l'injection de l'air en quantité notable dans les veines détermine des accidents promptement funestes, est depuis le xvn« siècle acquis à la science : c'est Wepfer qui le premier en iit Texpérience sur un animal vivant. Un grand nombre d'expérimentateurs la reproduisirent avec le même résultat. Dès cette époque on reconnut qiie la mort dépendait de l'introduction de l'air dans le cœur, dont les parois, distendues outre mesure par le fluide gazeux, ne pouvaient plus se contracter. Telle était donc l'opinion commune, opinion qui avait pour elle l'autorité imposante de Morgagni, lorsque Bichat s'éleva contre cette doctrine, et prétendit que dans ce cas la mort survenait par le cerveau. Depuis lui, quelques expérimentateurs, M. Leroy (d'Étiolles) entre autres, ont attribué à l'emphysème du poumon le résultat fatal de l'introduction de l'air dans le système veineux.

La théorie de Bichat est fausse de tout point; la seconde est vraie dans certains cas, mais on ne doit pas l'adopter exclusivement. Nysten et M. Magendie ont établi par de nombreuses expériences que la mort est subite toutes les fuis que l'on in-

jecte brusquement une grande quantité d*air dans les veines; car alors les cavités droites du cœur sont tellement distendues par la présence de l'air dilaté par la chaleur, qu'elles sont incapables de se contracter pour chasser le sang dans les poumons. Ce n^est pas seulement sur les animaux que Ton a observe ce pbénomène; malheureusement Thomme en a fourni plusieurs exemples tout à fait identiques. En voici deux que cite M. OUivier à Tarticle Air du Dictionnaire de Médecm, 2* édition : « Une jeune fille entra à THôtei-Dieu pour y être traitée d'une tumeur énorme qu'elle portait à la partie postérieure et latérale droite du cou. L'accroissement rapide de cette tumeur décida M. Dupuytren a en pratiquer l'ablation. La dissection était presque achevée; la masse ne tenait plus qu'à un lambeau des téguments de la partie antérieure et latérale du cou^ lorsque tout à coup on entendit un sifflement prolongé, analogue à celui qui est produit par la rentrée de l'air dans un récipient où l'on a fait le vide. La malade est aussitôt prise d'un tremblement général, s'affaisse sur sa chaise et expire. Tous les moyens usités pour combattre la syncope et Faspbyxie furent employés inutilement. A l'ouverture du cadavre, on trouva l'oreillette droite gonflée par de Tair qui lui donnait une tension élastique, et lorsqu'on incisa, l'air s'en échappa en grande quantité sans aucun mélange de sang. Les veines et les artères du tronc et des membres contenaient un sang liquide mêlé à une si grande quantité d'air, que les vaisseaux, piqués de distance en distance, laissaient partout échapper des bulles mêlées de sang : une veine assez volumineuse, logée dans un sillon de la tumeur, et qui s'ouvrait dans la jugulaire, avait été ouverte. Adhérent à la gouttière qui le contenait, ce vaisseau dut rester béant et laisser une voie facile à l'introduction spontanée de Fair atmosphérique au premier mouvement d'inspiration fait par la malade. — Chez un jeune homme tous les vaisseaux du membre supérieur gauche étaient devenus le siège d'une hypeitrophie considérable qui avait déterminé à la fois l'épaississement de leurs parois et la dilatation de leur cavité. Les accidents graves résultant de celte altération nécessitèrent la désarticulation du membre; l'opération était presque terminée, de nombreM»fts ligatures avaient été appliquées, quand on entend tout à ol-up, à deux reprises, un bruit que M. Delpech compare à un renifflcment très-bruyant : au même instant le

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malade éprouve une syncope et meurt. L'épaisseur et la résistance des parois de toute» les veines du membre malade avaient empêché ces vaisseaux de s!affaisser; leur cavité restait béante : aussi pensa-t-on que la mort était due sans doute à la pénétration de Pair dans quelques-uns de ces vaisseaux ; Fouverture du cadavre le démontra. On la fit après avoir plongé le coi^s dans une immense baignoire : des cloches avaient été disposées pour recueillir tous les gaz qui se dégageraient ; il n'en sortit que des cavités droites du cœur, qui en étaient distendues. L'analyse prouva que ce gaz était bien de Tair atmosphérique. 1»

Quand on injecte de l'air dans le système veineux en faible quantité et à plusieurs reprises, les< parois du cœur ne sont pas paralysées; cet organe^ au contraire, se contracte avec plus de vivacité : alors le fluide gazeux, chassé avec le sang dans les poumons, s'accumule dans les dernières ramifications de l'artère pulmonaire. De là embarras de la respiration, toux et sécrétion d'un liquide visqueux et écumeux qui remplit les bronches et qui est en partie expectoré. Cet obstacle mécanique empêchant la circulation et l'artérialisation du sang veineux, la mort en doit être^ au bout d'un temps plus ou moins long, la conséquence nécessaire. Dans ce cas-ci, on ne trouve pas d'air dans les cavités du cœur. La mort arrive donc évidemment par le poumon.

L'air injecté par les carotides agit autrement qu'injecté par les veines, parce qu'alors il n'est pas transmis directement au cœur. Lorsque la quantité d'air introduit est suffisante, on observe tous les phénomènes qui résultent d'une congestion cérébrale intense, el la mort survient dans ce cas comme dans toutes les apoplexies. Si toutefois on vient à injecter dans les carotides de l'air en telle quantité et avec une telle force qu'il parvienne dans les jugulaires, et de ces veines au cœur, le résultat de cette pénétration est rapidement fatal. L'animal périt comme dans les cas où l'air est insufQé immédiatement dans k système veineux.

Enfin, quand on introduit de l'air dans une des divisions de laTcine porte, il n'en résulte ordinairement pas d'accidents fâcheux. Cette différence paraît tenir à l'influence particulière qu'exerce le foie sur les substances qui le traversent. M. Magendîe, en effet, a démontré expérimentalement que çla^lewxs

substances pcideiil leurs propriétés dans leur {Missage à travers

ce uiilk'u.

Distinction des nerfs de la sensibilité et de la contractUiU màmales. — .^Vpuis Bichat, une découverte qui a quelque analogie avec celles ae la circulation du sang a été le signal d*une révolution dans la physiologie et même Tanatomie du système norveux. Nous voulons parler de la distinction des nerfs cérébro-spinaux en nerfs destinés aux impressions et en nerfs destinés au mouvement.

Les nerfs spinaux, au nombre de trente et une paires, Dussent des parties antérieure et postérieure de la moelle épinière par deux racines. La racine antérieure fournit à chaque nerf les fibres motrices, et la postérieure les sensitives. Le nerf qui résulte de cette réunion des ûbi-es de nature difféi-ente, en 3e répandant dans les tissus, y porte à la fois le principe du mouvement et celui du sentiment. Charles Bell n'avait cependant pas démontré par des expéiiences absolument inattaquables ia vérité de sa découverte; mais depuis ses travaux un grand nombre de physiologistes distingués se sont mis à Tœuvre, et la science leur doit de nombreuses et importantes acquisitions. Aujourd'hui il^est assez généralement admis que les nerfs encéphaliques, tout comme ceux qui proviennent de la moelle épinière, se divisent en nerfs moteurs et en nerfs sensitifs. Parmi ces derniei-s mêmes on doit encore distinguer les nerfs de sensations spéciales, c'est-à-dire les nerfs optiques, auditifs et olfactifs ; car ces derniers ne jouissent pas de la faculté de transmettre au cerveau les impressions sensitives générales; ils ne lui poHent que les impressions qui ont rs^port à la fonction particulière de chacun d'eux.

De la transfusion du sang, — Ce n*e$t qu^avec une certaine précaution que Ton doit lire les expériences de transfusion qu a exécutées Bichat, celles principalement où il s'est servi d'une seringue pour pratiquer cette opération. La coagulation du sang a lieu dans ce cas avec une extrême rapidité, et on doit le plus souvent y rattacher les accidents que Ton observe, et que Ton attribue à des causes tout à fait diflerentes. Il faut aussi ne pas ouLlier qu'une certaine quantité d'air peut pénétrer dans le système ciix:ulatoiœ^pendant cette manœuvre. Depuis l'époque oîi vivait notice grand physiologiste, les effets de la ti*ansfusioD ont été étudiés par un grand nombre d'auteui-s, parmi lesquels

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se distinguent surtout MM. Prévost et Dumas, Blundcll, Dicffenbach, Bischoff. Nous allons résumer les principaux l'ésultats de ces recherches.

Prévost et Dumag ont démontré que la faculté vivifiante du sang réside plus dans les particules rouges que dans le sérum. Si, après avoir saigné un animal jusqu'à la défaillance, on lui injecte dans les vaisseaux du sérum pur à la température de 37° centigrades, on ne le fait pas revenir à lui; mais lorsqu^on 86 sert du sang entier d'un individu de même espèce, Fanimal semble reprendre une nouvelle vie à chaque coup de piston, et il se ranime graduellement. On réussit de même en se servant de sang dépouillé de sa fibrine. Le professeur Dieffenbach a confirmé l'exactitude de ces expériences. Or, comme les particules rouges du sang ne subissent pas d'altération quand on lui a enlevé sa fibrine, comme le sang reste fluide et perd sa tendance à la coagulation, qui est le principal obstacle au succès de l'opération, MuUer conseille dans le cas d'hémorrhagie, où il ne reste plus d'autres ressources que la transfusion, d'employer préféiablement du sang privé de sa fibrine. Los recherches récentes du docteur Bischoff donnent une nouvelle importance à cette observation.

Blundell, Dieffenbach et d'autres observateurs ont démontré que le sang d'animaux d'espèces différentes, comme chien et mouton, dont les corpuscules, quoique ayant la même forme, difïèrent pourtant de volume, ne ranime en général que momentanément l'animal soumis à Texpérimentation, et que celui-ci meurt au bout de peu de jours, après avoir offert de l'accélération dans le pouls, une rapide diminution de chaleur, avec des évacuations muqueuses et sanguinolentes.

Mais si l'on transfuse, même en très-minime quantité, du sang de mammifère dans les veines d'un oiseau (les corpuscules sanguins des premiers sont circulaires et ceux des seconds elliptiques), l'oiseau meurt en général instantanément et comme empoisonné. Ce phénomène remarquable n'est pas susceptible d'une explication mécanique; car les corpuscules sanguins des mammifères étant plus petits que ceux des oiseaux ne peuvent asphyxier ceux-ci en obstruant la circulation pulmonaire. Le sang des poissons est également délétère pour les mammifères et pour les oiseaux. Cette sorte d'intoxication semble liée à la présence de la fibrine. En effet, Bischoff, après

S¥oir vérifié rinflaenGe &tale qœ le avig de muninilère exeice âur les oueftux, et vu ceiu-ci périr en quelques secondes avec de violents symptômes aemhtaWes à ceux de rempoisonnement, expérimenta sur du sang de mammifère |«éalableineut dépor^Ué de sa fibrine au moyen du battage. Ayant chauffe i un i1l(^ convenable ce sang ainsi préparé, il Tinjecta dans les veines d'oiseaux, et, à sa grande surprise, Fanimal parut n*en éprouver aucun incouTénient; aucun symptôme (âcbeoi ne se manitesta. Le principe qui rend le sang d^une classe dV nimaux délétère pour une autre classe n*est donc pas, suivant Bischûft, identique avec le principe vivifiant du sang que Tod pourrait supposer propre à chaque rtafiw tandis qu'il serait mortel pour toutes ksantresw Si, en perdant sa filurine, le sang di'un animal quelconque perd sa puissance toxique pour les animaui d'espèces différentes dans les reines desquels on Finjecte, il ne devient pas pour cela susceptiliie de les rappeler à la vie quand une hémorrtiagie les a réduits à un état de mort apparente. 11 n'est capable de pcoduire cet effet que pour ceux de la même classe.

De la drcuiiMm dbes les fcchu dipomtmg d^encèphale et de moelle épmière. — Bichat et tous les physiologistes qui prétendent que les contractions du cœur et la circulation sont complètement indépendantes du système nerveux , s'appuient sur ce fait, que les fœtus acéphales et'amyélencéphalessesont nourris et développés dans l'utérus, quoiqu'ils fussent dépourvus de cerveau et de moelle épinière. Pour répondre à cet argument, nous avons à considérer deux ordres de faits : 1*^ Tétat du système circulatoire; 2» l'état du système nerveui dans cette classe de monstres.

Le cœur manque dans le plus grand nombre des acéphales; Ernest Elben rapporte soixante-douze observations d'acéphales avec absence du cœur, et il regarde cette absence comme caractéristique de Facéphalie. Cette loi pourtant n'est pas sans exception. M. Breschet cite trois fœtus de ce genre chez lesquels le cœur existait. Dans quelques cas d'absence du cœur, il existait encore une aorte et -une veine cave, ou du moins des vaisseaux qui les représentaient. Les anomalies qu'offre le système vasculaire dans cette espèce de monstruosités sont trop variables pour qu'on puisse les décrire exactement d'une mière générale. Le plus souvent, néanmoins, l'appareil cir-

culatoire est simplement constitué par deux systèmes de vais* seaux unis^ non par leurs troncs, mais seulement par leurs capillaires. Selop Monro, le Sang est porté du placenta au fœtus par la veine ombilicale qui se divise et se ramifie dans le corps du fœtus, puis il est repris par les ramifications de Tartère ou des artères ombilicales (car parfois on n'en trouve qu'une seule) qui le rapporte au placenta pour le revivifier. TJedemann donne une autre théorie qui nous parait moins satisfaisante, en ce qu'elle n'explique pas le mode de circulation dans les acéphales dépourvus d'aorte et de veine cave : aussi nous ne l'exposerons pas. Il est inutile d'ajouter que les acéphales n'ont pas de poumons, organe qui du reste se forme liés- tard dans le fœtus. C'est l'absence du cerveau qui a valu leur nom à ces monstruosités. Les cas avérés d'amyéiencéphalie sont d'une extrême rareté. Le cerveau manque toujoui^ lorsqu'il n'existe pas de moelle épinière, mais l'inverse n'a jamais lieu. Il est assez ordinaire que la moelle épinière offre diverses imperfections chez les acéphales, qu'elle soit incomplètement développée et réduite à un fragment, à un tronçon d'où paitent des nerfs qui se rendent au tronc ou aux membres. Dans quelques cas fort rares, on a même constaté la présence de nerfs thoraciques, abdominaux et cruraux, malgré l'absence totale d'encéphale et de moelle épinière. Il n'existe dans la science qu'une seule description d'un fœtus absolument dépourvu de nerfs; par malheur, cette observation, due à Glarke, ne parait nullement décisive.

ce Mais, dit M. Breschet, il est un système nerveux lié intimement aux vaisseaux : c'est le système nerveux ganglionnaire ou nerf trisplanchnique. Il y a des exemples de fœtus acéphales sans nerfs cérébraux et rachidiens, et par conséquent sans encéphale et sans rachis, tandis qu'on n'en connsdt pas de bien avérés d'absence du nerf grand sympathique. »

Maintenant peut-on admettre qu'il n'existait pas de circulation chez les fœtus privés de cœur? Nous ne le pensons pas. Un point quelconque du vaisseau aitériel pouvait jouir de la faculté de se contracter, et ainsi remplir la fonction du cœur, (lui, au reste, présente simplement la forme d'un vaisseau durant la première période de la vie embryonnaire. La présence constante de ganglions et de nerfs du grand sympathique nous semble dans m cas expliquer le problème de la circulation,

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COMPLÉMENTAIBB. 379

Sommer dit que la roideur cadavérique ne survient jamais plus tôt que dix minutes après la mort, ni plus tard que sept heures. Sa durée varie entre une demi-heure et plusieurs jours; la moyenne est de dix-huit à vingt-quatre heures. Bichat pensait que ce phénomène ne se manifestait pas toujours ; Nystea affirme qu'il s'observe constamment. Ainsi la mort causée par l'électricité, par les poisons narcotiques, par la vapeur délétère du charbon, n'empêche pas l'établissement de la rigidité cadavérique. Seulement, lorsque la force musculaire n'est pas aflaiblie, comme chez les asphyxiés, la roideur tarde davantage à se manifester; mais elle persiste plus longtemps, et dure alors jusqu'à six ou sept jours.

Après les maladies aiguës ou chroniques qui ont épuisé les forces du malade, elle se montre fort promptement ; dans le typhus, par exemple, elle existe quelquefois au bou^ d'un quart d'heure. Elle survient également plus tôt et disparait^ussi plus vite chez les nouveau-nés et les vieillards. La destruction du cerveau et de la moelle épinière ne change rien à la promptitude de son invasion ou à sa durée. Une extrême chaleur, en hâtant la putréfaction, fait que la rigidité persiste moins longtemps. Au contraire^ elle est plus forte et se maintient pendant un laps de temps plus considérable lorsque le cadavre est plongé dans l'eau à la température de à i5 degrés centigrades que si on le laisse à l'air libre, même à une température également basse. Enfin Nysten prétend qu'elle ne commence qu'après la cessation de la chaleur vitale, tandis que Sommer dit l'avoir constatée avant le refroidissement.

En général, c'est dans les muscles que l'on place le siège de la roideur cadavérique. Elle se manifeste, en effets lors même que la peau a été enlevée, et une expérience fort simple prouve qu'elle ne dépend pas des articulations. Si on ne coupe point les ligaments d'une articulation en respectant les tendons musculaires, la rigidité continue; elle cesse quand on pratique l'opératiou inverse, c'est-à-dire quand on fait une section transversale des muscles.

Nysten pense qu'elle est due à un reste de contractilité vitale. Mais comment la simple contractilité pourrait-elle donner aux muscles celte fermeté, celle densité, cette tension que l'on observe alors? Car dans cet état ils sont aussi saillants et aussi fortement dessinés sous la peau qu'ils l'étaient sur le vivant

SW non mmteBiTAiMB.

dnruit iBÊ BMNiveinents Tolontaircs. En un mol, qudle cpA soit la HtnalHMi d^un memlvp., ki muscles antagonistes, les eitenseorf el les fléchisseurs présenlent également ces phénomènes putiadiers de roidear et de tension. Un prétendu reste de contractilité organique vitale ne peut r^idre compte de ces fkits. En outre, la fibre musculaire paraît alors acquérir une loroe de cohésion supérieure. Un muscle coupé immédiatement après la mort et encore susceptible de se contracter sous rinfluence des stimulants, qoi se déctiirait quand on y suspendait un poids d^euTiron 2 onces, ne cédait vingt-quatre heures après la mort qu'à un poids de 2 livres. La contractilité organique n^explique nullement ce fait singulier.

Bédard, Trériranus, Orfila, etc., attribuent la roideur cadavérique à la coagulation du sang et des parties fluides da eorps. Sdon M ullq-, cette erj^cation a sur la première Tavantage de rendre un compte plus satisfaisant de c^lains phénomènes. Dans c«tte théorie, en effet, on conçoit aisément comment la coagulation du sang et de la lymphe, après avoir augmenté la cohésion, la diminue ensuite. La masse enticie des liquides commence d'abord par devenir ferme et se pi*end en gelée; mais au bout d'un certain temps, qui varie selon di' verses circonstances, le caillot fibrineux qui emprisonnait Ici partie? flinWs se resserre nn pniul de cliassrr le scmm ds ici iuteislices. Dès ioiY la rigidité tend à disparaître.

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